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Lectures de Leiris. L'Age d'homme
Blanckeman Bruno
PU RENNES
16,00 €
Épuisé
EAN :9782868479846
Avec L'Age d'homme, publié en 1939, Michel Leiris expérimente une démarche littéraire inédite. Écrire lui permet de se découvrir - s'explorer, s'exposer - et de s'inventer - se construire soi-même par le biais d'anecdotes qui prélèvent des moments d'enfance privilégiés et de mythes qui sollicitent les zones liminaires de la psyché. Quelle qu'en soit la teneur thanatique, le récit autobiographique ne recouvre pas alors un geste de détachement, face à une vie tenue pour passée, mais un acte d'accompagnement existentiel. Échappant au seul ordre des lettres, rejoignant les pulsations du monde physique, la pratique littéraire entend agir sur l'objet qu'elle articule - une vie en cours - et le sujet qui la conçoit - une identité profilée entre le désordre des faits, l'ordre des mots, les contre-ordres de l'imaginaire. Les auteurs des articles rassemblés dans ce volume sont des universitaires spécialistes de littérature française contemporaine et, pour plusieurs d'entre-eux, de l'oeuvre de Michel Leiris. La préface situe l'écrivain à l'intérieur de son siècle en insistant sur la "modernité anticipée" de L'Âge d'homme. Francis Marmande, commentant la figure tauromachique dans l'?uvre de 1939 et sa préface de 1945, identifie d'emblée les grandes postulations du projet de Michel Leiris. De l'essence d'un art à la genèse d'un projet, trois articles étudient ensuite les origines textuelles (Catherine Maubon), intertextuelles (Pierre Vilar) et philosophiques (Jean-Claude Larrat) du livre. Annie Pibarot, Michèle Touret et Lucien Victor en analysent les déterminations génériques (rapport à l'autobiographie), esthétiques (liens avec la dramaturgie), stylistiques (parti pris d'écriture). Plusieurs articles cernent alors les relations instaurées entre structures littéraires et composantes psychiques. Jacques Poirier s'intéresse aux figures de Judith et Lucrèce, Guy Poitry au phénomène scriptural et mental de la bipolarisation ; Asako Taniguchi et Cécile Narjoux reviennent sur les dynamiques subliminaires de l'?uvre, en s'attachant au fonctionnement associatif de la mémoire et aux nombreux récits de rêve qui scandent le livre. En guise de conclusion, Simon Harel part de L'Âge d'homme et pointe les échanges institués entre littérature et psychanalyse au XXe siècle, convaincant ainsi de son caractère novateur.
Blanckeman Bruno ; Samoyault Tiphaine ; Viart Domi
Puisque Eric Chevillard s'obstine au fil de ses livres, à coups de raisonnements absurdes, de refus des conventions narratives et d'invention de formes aberrantes, à construire une oeuvre qui ne ressemble à aucune autre, peut-être est-il temps pour les critiques de s'intéresser à ce cas singulier de folie littéraire et d'étudier ses textes", Pierre Bayard.
Blanckeman Bruno ; Denès Dominique Roussel- ; Mura
Une " chambre d'écho " : la formule d'India song renvoie à l'interrogation que l'écrivain mène sur le principe d'identité, dans cette ?uvre ainsi que dans Le Ravissement de Loi V. Stein et Le Vice-Consul. Identités esthétiques : chaque texte laisse résonner des voix littéraires multiples dont le timbre fusionne dans une rumeur commune et s'amalgame avec des modèles autres (cinéma, théâtre, musique). Seule cette conscience éclatée de la littérature, accordée à la mémoire chaotique des personnages, permet d'instituer des pratiques d'écriture alternatives, en prise sur des expériences existentielles décalées. Identités subjectives, alors : l'écrivain met en scène des sujets projetés à leurs confins et en prospecte l'intimité rétive, qui exige la part de l'ombre - le non-dicible, le sens suspendu - pour pouvoir se représenter. Identités historiques, aussi : une date apparaît, dans India song, à partir de laquelle les trois récits frappés d'atemporalité semblent se mettre en perspective : 1938. Décomposés, un univers éclate, comme les lépreux, une civilisation se suicide, comme Anne-Marie Stretter, un monde va à sa perte, comme Loi. Dans une écriture du traumatisme sans objet fixe, qui tronque les corps et les voix, morcelle les discours et les consciences, désarticule les arts et le logos, il est, par delà la question intime, une mémoire collective qui s'énonce sans se dire, un innommable des récits qui leur confère sa dimension lazaréenne. Cette " chambre d'écho " donne son titre au premier des cinq actes du présent recueil. Anne Cousseau, Dominique Denes, Aline Mura-Brunei s'y intéressent aux entre-chocs de la mémoire et aux altérations de la conscience qui appellent, dans les trois ?uvres, des cheminements esthétiques différenciés. Les deux actes suivants sont centrés sur Le Ravissement de Loi V Stein : l'un cible avec Michaël Sheringham, Bernard Alazet, Sylvie Loignon et Christine Jérusalem certains motifs privilégiés de l'imaginaire durassien ; l'autre décline avec Marie-Hélène Boblet, Joël July et Lucien Victor les modalités de la subversion stylistique propres aux trois récits. Au quatrième acte, Christiane Blot-Labarrère et Madeleine Borgomano analysent les incertitudes liminaires d'une écriture partagée, dans Le Vice-Consul et India song, entre récit littéraire, partition musicale, écran cinématographique, scène de théâtre. Le cinquième acte permet à Véronique Taquin de définir certains traits de l'esthétique cinématographique du cycle indien, et à Jean Cléder de mettre en parallèle la défiguration du sujet dans les récits et la figure imposante/imposée de Duras écrivain.
Quelles sont les principales évolutions du roman, en France, de la fin du XVIIIe siècle à la première décennie du XXIe?Quels écrivains et quels ouvrages ont contribué à faire du roman un genre majeur toujours vivant?Quelles relations successives le roman entretient-il avec l'histoire, les idées, les mentalités, les valeurs de son temps?Cet ouvrage étudie les différents modèles esthétiques par lesquels le roman affirme sa puissance culturelle et qui s'emboîtent les uns dans les autres au gré d'une histoire tumultueuse. Il s'appuie sur des panoramas littéraires et l'étude des oeuvres qui ont marqué les temps forts de cette histoire.
Du 3 au 10 juillet 2006 se sont tenues à Cerisy-la-Salle les premières rencontres internationales consacrées en ces lieux à l'?uvre littéraire et la figure intellectuelle de Marguerite Yourcenar Le présent ouvrage en constitue les actes. Plusieurs articles étudient les positions de Marguerite Yourcenar dans le concert des idées de son temps. c'est-à-dire de ses époques successives (début des années 1920/f in des années 1980) Ses essais. ses récits. ses lettres en portent la trace. dans le domaine esthétique et politique. sur le terrain des m?urs comme sur celui des grands enjeux de société Se profile l'image d'un écrivain singulier qui. s'exprimant à côté des grandes vagues de la modernité. invente un rapport à la tradition libre de tout académisme. et d'une intellectuelle atypique qui. sans adhérer aux idéologies progressistes de son temps. manifeste par ses prises de position et ses choix d'existence un rejet altier de tout traditionalisme D'autres articles étudient les différentes facettes du temps qui constituent l'intérêt prismatique de l'?uvre coupe historique des romans. ouverture généalogique des mémoires. amplitude mythique des nouvelles et des drames. mesure diariste de la correspondance La littérature permet à l'écrivain de déployer un souci d'érudition critique - une archéologie du savoir - et une réflexion sur les invariants ontologiques - un hors-temps de la pensée pure. orienté vers l'approche de " l'assertion humaine ". Ce travail d'abstraction vise moins à occulter le monde contemporain qu'à l'asseoir en profondeur d'une durée réfléchie. Temps d'un siècle. des arts. de soi. des Lettres les séquences de cet ouvrage déclinent ainsi les différentes diagonales du temps qui constituent pour Marguerite Yourcenar un imaginaire romanesque autant qu'une éthique de penseur
Une histoire du peuple de Bretagne, de la Préhistoire à nos jours. Les histoires de Bretagne ne manquent pas... Mais celle-ci adopte un point de vue inédit : celui des paysans, des ouvriers, des marins, celui des hommes et des femmes sans histoire, sans papiers. Elle porte attention aux plus humbles, pas seulement aux puissants ; s'intéresse à la vie concrète et aux rêves qui s'y enracinent, pas seulement aux couronnements et aux batailles ; risque d'autres chronologies ; ruine quelques évidences... La crise économique de l'âge du fer, l'arrivée des Bretons en Armorique, la condition paysanne pendant la féodalité, la révolte des Bonnets rouges, la traite négrière, la Révolution et la Chouannerie, le développement du chemin de fer, l'émigration bretonne, la Grande Guerre, la Résistance, la crise du modèle agricole breton, Notre-Dame-des-Landes... Autant de moments de notre histoire examinés d'un oeil neuf. Emergent ainsi de nouvelles figures, émouvantes ou pittoresques, jusque-là noyées dans l'anonymat des siècles. Et de nouveaux sujets : manger à sa faim, lutter pour sa dignité, découvrir de nouveaux horizons, accéder au savoir, devenir citoyen... Pas de jargon, un rythme de lecture facile : cette histoire a été rédigée avec le souci de s'adresser au plus grand nombre tout en obéissant à la rigueur du métier d'historien. Ce livre a été rédigé par trois historiens et un journaliste : Alain Croix, Thierry Guidet, Gwenaël Guillaume et Didier Guyvarc'h. Ils sont les auteurs de nombreux autres ouvrages dont, chez le même éditeur, l'Histoire populaire de Nantes.
Pourquoi établir des liens entre des images de films radicalement différents, au-delà des auteurs, des pays et des époques ? Parce que ces images convoquent des motifs visuels qui hantent le cinéma depuis ses origines : la fenêtre, la nuque, l'escalier, le miroir, le labyrinthe, le téléphone, le chat, le cri, et tant d'autres... Ces motifs ont des affinités profondes avec le langage et le récit cinématographiques. Ils sont de ce fait universels, pluriels, ambigus, et chaque cinéaste est incité à les adopter, les transformer et les réinterpréter. Les motifs de cinéma ont une grande agilité à se mouvoir : migrer d'un film à l'autre, d'un cinéaste à l'autre, d'une époque à une autre. Par le jeu des reprises et des différences, ils imprègnent la mémoire émotionnelle du spectateur et ouvrent une nouvelle perspective à l'histoire du cinéma. Les soixante motifs analysés et le millier de films cités donnent la mesure de l'impact visuel et narratif de ces images séminales, souvent reliées à la tradition picturale. Ce livre établit des liens comparatifs entre des créateurs qui ont confronté leur art à un même motif, permettant ainsi d'identifier leur singularité, leur rapport intime et personnel à ce motif, et leur rapport à l'histoire commune des images cinématographiques. Une des ambitions principales de cette riche collection de textes, adossés à des photogrammes choisis par les auteurs eux-mêmes, est de susciter l'émergence d'une possible théorie du motif en cinéma.
Au Moyen-Age le pouvoir se conjugue aussi au féminin. A rebours de la conception française du rôle des princesses de haut rang définie par la loi salique, les comtés de Flandre et de Hainaut sont, entre 1244 et 1503, le lieu d'exercice d'un pouvoir par les femmes. Marguerite de Constantinople, Marguerite de Flandre, Jacqueline de Bavière ou encore Marie de Bourgogne ne sont pas seulement filles, épouses, et mères : elles sont avant tout des femmes régnantes. Outils de validation et de pouvoir, leurs sceaux permettent de définir les contours de leur pouvoir politique et la singularité de leur statut. Par leurs spécificités iconographiques, héraldiques et emblématiques, les sceaux des princesses soulignent la place des femmes au sein de leurs lignées et comtés. Ce corpus sigillaire inédit, mis en regard avec les actes au bas desquels ils sont apposés (chartes, mandements, quittances), révèle les effets concrets de leur gouvernement. A travers l'histoire des pratiques de l'écrit et des représentations, ce sont les pratiques politiques des comtesses de Flandre et de Hainaut qui sont interrogées. In fine, cet ouvrage sur le pouvoir des femmes et les femmes de pouvoir se veut une contribution à l'histoire des femmes et du genre. Préface de Olivier Mattéoni
Le Bon Marché, les Galeries Lafayette, le Printemps, Le Bazar de l'Hôtel de Ville : ces enseignes aux noms évocateurs désignent des grands magasins. Temples de la consommation et symboles d'une société qu'ils ont contribué à produire, ils attirent depuis la fin du XIXe siècle des clients à la recherche d'affaires, parfois, et de distinction, souvent. Mais les grands magasins sont aussi des lieux de travail. Or, de ses travailleuses, on connaît peu le quotidien, sauf à se contenter des observations faites il y a plus de cent trente ans par Emile Zola dans Au Bonheur des Dames. A partir d'une longue enquête de terrain par entretiens et observation participante, cet ouvrage invite le lecteur dans les rayons d'un grand magasin prestigieux, que l'on appellera le Bazar de l'Opéra, afin d'y découvrir le travail de la vente (ses techniques, ses contraintes, mais aussi ses réjouissances) et les trajectoires de celles qui l'effectuent. Son objectif est de contribuer à la compréhension d'un travail, celui de la vente, et d'un ensemble de la société française, celui des employés de commerce.