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Les récits indécidables : Jean Echenoz, Hervé Guibert, Pascal Quignard
Blanckeman Bruno
PU SEPTENTRION
22,00 €
Épuisé
EAN :9782757400104
Où en est la littérature narrative française depuis les années 1980 ? Pour le savoir, cet essai étudie l'oeuvre de trois écrivains déterminants et leur projet respectif : l'investigation ironique des usages contemporains et des coutumes littéraires par Jean Echenoz ; la volonté propre à Hervé Guibert de se connaître, qui le conduisit à transgresser les contours convenus de l'autoportrait, à prospecter les envers de l'humain décor ; l'assimilation d'une érudition des plus éclectiques par Pascal Quignard, et son actualisation en fonction d'obsessions rémanentes. Représentatives par leur distinction même des différentes orientations littéraires en cours, ces trois oeuvres permettent aussi de dégager quelques tendances esthétiques. Des formes classiques de fiction ressurgissent, dans la parfaite mémoire des avant-gardes qui les ont tout au long du siècle dernier contestées : simultanément les romans énoncent et dénoncent le romanesque. Un renouvellement des pratiques autobiographiques s'observe aussi, qui refuse toute approche constituée du Sujet et déstabilise l'idée d'identité autant qu'il aide à la constituer. Récits indécidables, pour ces raisons : à toute position formelle, thématique, sémantique fixe, ils préfèrent les postures mouvantes, volontiers paradoxales. Cette nature ambiguë en fait par excellence des passeurs pour temps indécis. L'esthétique littéraire contemporaine, loin des frivolités qu'on lui reproche parfois, porte ainsi à la légère une réelle densité, culturelle et ontologique.
Blanckeman Bruno ; Samoyault Tiphaine ; Viart Domi
Puisque Eric Chevillard s'obstine au fil de ses livres, à coups de raisonnements absurdes, de refus des conventions narratives et d'invention de formes aberrantes, à construire une oeuvre qui ne ressemble à aucune autre, peut-être est-il temps pour les critiques de s'intéresser à ce cas singulier de folie littéraire et d'étudier ses textes", Pierre Bayard.
Avec L'Age d'homme, publié en 1939, Michel Leiris expérimente une démarche littéraire inédite. Écrire lui permet de se découvrir - s'explorer, s'exposer - et de s'inventer - se construire soi-même par le biais d'anecdotes qui prélèvent des moments d'enfance privilégiés et de mythes qui sollicitent les zones liminaires de la psyché. Quelle qu'en soit la teneur thanatique, le récit autobiographique ne recouvre pas alors un geste de détachement, face à une vie tenue pour passée, mais un acte d'accompagnement existentiel. Échappant au seul ordre des lettres, rejoignant les pulsations du monde physique, la pratique littéraire entend agir sur l'objet qu'elle articule - une vie en cours - et le sujet qui la conçoit - une identité profilée entre le désordre des faits, l'ordre des mots, les contre-ordres de l'imaginaire. Les auteurs des articles rassemblés dans ce volume sont des universitaires spécialistes de littérature française contemporaine et, pour plusieurs d'entre-eux, de l'oeuvre de Michel Leiris. La préface situe l'écrivain à l'intérieur de son siècle en insistant sur la "modernité anticipée" de L'Âge d'homme. Francis Marmande, commentant la figure tauromachique dans l'?uvre de 1939 et sa préface de 1945, identifie d'emblée les grandes postulations du projet de Michel Leiris. De l'essence d'un art à la genèse d'un projet, trois articles étudient ensuite les origines textuelles (Catherine Maubon), intertextuelles (Pierre Vilar) et philosophiques (Jean-Claude Larrat) du livre. Annie Pibarot, Michèle Touret et Lucien Victor en analysent les déterminations génériques (rapport à l'autobiographie), esthétiques (liens avec la dramaturgie), stylistiques (parti pris d'écriture). Plusieurs articles cernent alors les relations instaurées entre structures littéraires et composantes psychiques. Jacques Poirier s'intéresse aux figures de Judith et Lucrèce, Guy Poitry au phénomène scriptural et mental de la bipolarisation ; Asako Taniguchi et Cécile Narjoux reviennent sur les dynamiques subliminaires de l'?uvre, en s'attachant au fonctionnement associatif de la mémoire et aux nombreux récits de rêve qui scandent le livre. En guise de conclusion, Simon Harel part de L'Âge d'homme et pointe les échanges institués entre littérature et psychanalyse au XXe siècle, convaincant ainsi de son caractère novateur.
Réédition en format semi-poche du grand dictionnaire sur Marguerite Yourcenar ! Ouvrage collectif à dimension internationale, Le Dictionnaire Yourcenar propose en 325 entrées une présentation analytique de l'oeuvre, de la figure intellectuelle, des prises de position publiques, des temps forts de l'existence de Marguerite Yourcenar (1903-1987). Femme de Lettres française née en Belgique et naturalisée américaine, elle s'illustre durant six décennies dans l'ensemble des genres littéraires tout en doublant son oeuvre par une intense activité épistolaire. En retrait d'une modernité incarnée par le surréalisme, l'existentialisme et le Nouveau Roman, la première femme élue à l'Académie Française déplace toutefois bien des usages et se trouve en phase avec un XXIe siècle dont elle annonce certaines évolutions culturelles : le jeu entre fiction et non fiction, le renouvellement de l'écriture de soi hors du modèle autobiographique, la revendication écologique dont elle compte parmi les pionnières, l'exigence d'une littérature du monde à laquelle cette éternelle voyageuse associe un idéal d'universalité.
Ecrivain-météore, Hervé Guibert disparaît en 1991 à l'âge de 36 ans, atteint par un sida dont il compose en pionnier les premiers récits littéraires. Leur succès tend à éclipser l'oeuvre singulière de cet écrivain proche de Foucault et ami de Barthes. Ce dossier offre l'occasion de redécouvrir Guibert par l'étude de trois textes génériquement distincts - un recueil de nouvelles (L'Image fantôme, 1983), un récit d'enfance (Mes Parents, 1986), un journal (Le Mausolée des amants, posthume, 2001) - qui contribuent à l'avènement d'une pratique alors nouvelle, l'autofiction. Un entretien avec Marie Darrieussecq permet de mesurer son influence sur une génération nouvelle d'écrivains.
La FMD poursuit ici deux démarches. La première consiste à inscrire dans la durée la journée d'étude grâce à la publication de ses communications. La seconde consiste à assumer sa vocation de transmission de l'histoire et de la mémoire dans la société civile en montrant la vitalité de la recherche, qui ouvre sur un dialogue interdisciplinaire enrichissant entre historiens, sociologues, médecins, enseignants, archivistes et bédéistes, complété ici par le regard de la société civile organisée que représente le CESE.
Résumé : Le rôle historique du cinéma est de nous avoir donné le visible une seconde fois, en ajoutent le temps à l'image. Il reste pourtant dans tout film une large part d'invisible : c'est elle qui est ici décrite, et explorée. Le cinéma en effet nous rend conscients de l'ambiguïté fondamentale de notre relation au visible. Sa force documentaire, comme son jeu inné avec la fiction, lui ont permis de convoquer les invisibles essentiels du monde, et aussi bien, des effets psychiques qui mettent en péril la visibilité du visible. Il nous autorise à croire que nous voyons vraiment quelque chose d'autre que le monde des apparences. Ce livre ne fait ni la théorie, ni l'histoire de cette doublure du visible que transporte le cinéma, mais en donne un panorama complet, attentif à ne jamais trancher abstraitement, mais à toujours s'appuyer sur des exemples concrets, et nombreux.
Hoppenot Eric ; Baudelle Yves ; Morzewski Christia
Ce volume propose des lectures inédites d'une partie relativement peu connue de l'oeuvre de Blanchot (hormis Thomas l'Obscur), ses premiers romans, Aminadab, Thomas l'Obscur et Le Très Haut. Les études proposées analysent les différents romans notamment dans leur contexte historique et philosophique. Elles mettent également en exergue la singularité esthétique d'une des oeuvres les plus originales du XXe siècle.
Créé pour soutenir Vladimir Poutine, le parti Russie unie domine largement le paysage politique russe depuis plus de quinze ans. Résurgence du parti communiste de l'Union soviétique ou instrument entre les mains des dirigeants : quel rôle joue-t-il ? L'enquête, basée sur des entretiens et des observations auprès des représentants du parti, montre la situation inconfortable d'une institution qui ne cesse de se développer tout en restant sous le strict contrôle du pouvoir exécutif central. Elle apporte un éclairage nouveau sur les mécanismes de la domination politique à l'uvre dans la Russie de Poutine en insistant sur la place centrale occupée par les références étrangères dans la vie partisane : idéologie inspirée de la pensée conservatrice occidentale, primaires, dispositifs managériaux. A l'heure où les démocraties occidentales connaissent des transformations profondes, le cas de la Russie permet de poser un regard décentré sur la relation problématique entre un dirigeant et sa majorité.