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Le terrain des sciences humaines. Instructions et enquêtes, XVIIIe-XXe siècle
Blanckaert Claude
L'HARMATTAN
38,00 €
Épuisé
EAN :9782738445193
Dans les sciences de l'homme, le "terrain" tient à la fois du lieu physique, de la technique et du rituel académique. C'est encore un savoir-faire. Dans la mesure où la démarche d'enquête est devenue l'arbitre de la validité théorique de l'anthropologie, la sociologie ou la géographie, les circonstances de l'observation et les formes d'enregistrement des données méritent un examen attentif et une mise en perspective historique. Il s'agit d'analyser, sur des études de cas, comment des directives de recherches, des questionnaires et des instruments normatifs transforment le statut de l'observateur entre le XVIIIe et le XXe siècle. Les pratiques réelles du terrain permettent de comprendre à la fois l'évolution d'un genre cognitif et la sociologie de son institution. La codification du travail empirique, à travers des instructions et des manuels, nous met en effet dans l'obligation de tenir à égale distance deux instances fondamentales, deux moments parfois confondus, de l'expérience de terrain : en amont, le savoir-voir, en aval le faire-savoir. Pour l'historien des sciences humaines, l'intérêt des enquêtes réside dans cet entre-deux où se négocient la compétence personnelle du chercheur, instruite mais chargée d'affects ou de préjugés idéologiques, et sa restitution narrative au service d'une communauté professionnelle. Tel est le destin du voyage scientifique, l'expédition à la mode ancienne ou le "terrain" moderne, qu'il reflète les exigences d'un champ disciplinaire, comme ses présupposés. L'ouvrage veut donc contribuer à cette élucidation, en dessinant les contours possibles d'une épistémologie de la curiosité.
La France possède 47% du marché mondial des produits de luxe. Fierté nationale, convoitises internationales. Tout le monde en rêve, tout le monde en veut. Et dans les souks d'Istanbul - et ailleurs - les (fausses) Lacoste se vendent comme des petits pains; sur dix produits contrefaits dans le monde, sept sont français! Ainsi estime-t-on le chiffre d'affaires de la contrefaçon à quelque 6 milliards par an! C'est donc un véritable arsenal juridique international que l'industrie du luxe a dû imposer pour se protéger. Autre problème: que devient un produit de luxe à l'heure de la grande distribution? Peut-on vendre une montre Cartier en libre-service? Et à l'heure du télé-achat? Mais comment ne pas tomber dans le refus de vente? Le luxe, c'est aussi la glorification du travail manuel, la noblesse de l'apprentissage et enfin et peut-être surtout un art de vivre; ne parle-t-on pas d'admettre dans le fameux Comité Colbert le boulanger parisien Poilâne ou le fabricant de sorbets Bertillon?
Blanckaert Claude ; Léon Jacqueline ; Samain Didie
Les termes de modèle et de modélisation sont, depuis quelques décennies, omniprésents dans la littérature scientifique et en particulier celle des sciences du langage, de l'homme et de la société. Quel sens donner à ce phénomène ? Même si dans certains cas, c'est la définition "classique" telle que proposée par la philosophie des sciences qui est utilisée, à savoir le modèle comme instance intermédiaire de validation empirique d'une théorie, le terme de modèle se substitue souvent à ceux de théorie, système, schéma ou méthode et reçoit des acceptions variables visant à combler le fossé entre enquête empirique et réflexion théorique. La modélisation, quant à elle, tient souvent moins à la mathématisation des savoirs qu'à des modes distincts de mise en oeuvre tels que figurer, interpréter et simuler. Cet ouvrage se propose d'établir un état des lieux et des usages. Qu'appelle-t-on modèle ? Faut-il restreindre ce terme à un certain type de généralisation ? Les sciences humaines, ou certaines sciences humaines, ont-elles développé des types de modélisation spécifiques ? Comment les modèles sont-ils produits, empruntés, abandonnés ? Cette réflexion sur les modèles et la modélisation, menée sur les plans historique et épistémologique dans des domaines variés tels que la linguistique, l'histoire de la grammaire, la philosophie du langage. la géographie, la psychologie, l'économie, l'histoire de l'art, a permis d'ouvrir un espace commun pour ces disciplines et plus généralement pour l'ensemble des sciences humaines.
Le musée de l'Homme a été conçu par Paul Rivet comme un " musée laboratoire " combinant de manière " révolutionnaire ", selon Claude Lévi-Strauss, les activités de conservation, d'exposition, de recherche et d'enseignement. Investi dès son origine d'une véritable mission civique, voire politique, au sens élevé du terme, ce haut lieu de l'histoire scientifique et culturelle est un établissement profondément original, plaque sensible des questionnements sur l'Homme dans sa diversité. Son histoire est ici présentée dans sa longue durée, son cadre socio-historique - en particulier celui du colonialisme et de la résistance au fascisme -, à travers ses réalisations et ses dynamiques. Sont privilégiées les lignes de force qui ont caractérisé sa politique de recherche et d'expositions depuis le musée d'ethnographie du Trocadéro de 1878 jusqu'à sa refondation en 2015. Dans ce livre, placé sous la direction de Claude Blanckaert, s'entrelacent l'histoire de l'institution, celle de l'émergence de disciplines comme l'anthropologie, la préhistoire ou l'ethnologie, celle aussi des femmes et des hommes qui en ont été les acteurs, parmi lesquels André Leroi-Gourhan, André Schaefiner, Yvonne Oddon, Germaine Tillion, Jean Rouch, et bien sûr Paul Rivet et Georges Henri Rivière, ses fondateurs. Lieu d'histoire, de mémoire, lieu de fidélité aux principes voulus par ses créateurs en 1937, le musée de l'Homme est devenu un symbole. Ce livre lui rend hommage.
Blanckaert Claude ; Fischer Jean-Louis ; Rey Rosel
Historien des sciences, Professeur à l'Université de Paris I et directeur d'études à l'EHESS, Jacques Roger, qui fut également responsable du Centre de Synthèse et du Centre Alexandre Koyré, consacra de très nombreux travaux à l'histoire des sciences naturelles et biologiques. Sa thèse, Les Sciences de la vie dans la pensée française du XVIIIe siècle, plusieurs fois rééditée, lui valut une audience internationale. Il venait de publier une magistrale biographie de Buffon, un philosophe au jardin du roi. Les études réunies ici, témoignages amicaux de chercheurs français et étrangers, traduisent la vitalité d'une discipline qu'il s'était attaché à développer en France, ainsi que l'étendue de ses domaines de recherches. Regroupées autour de quatre thèmes, "Interpréter la nature" , "Sciences de la vie : médecine et biologie ; les transformismes" , "Science et Société : la responsabilité du savant" , "Histoire de l'homme, science des hommes" , elles illustrent la complexité des liens entre Nature, Histoire et Société.
?Quels sont les secrets d'une vocation ? Par quels chemins mystérieux voyage-t-elle ? Devenir galeriste, est-ce un appel, un destin, ou le résultat des hasards successifs ? A priori, être galeriste c'est vivre entre l'économie et l'esthétique, c'est être partagé entre les échanges et le coeur. Quel impératif l'emporte et comment passer du numéraire à l'esprit, du matériel au spirituel ? A travers quelques anecdotes et faits saillants d'une carrière de vingt ans, l'auteur tente de répondre à ces questions.
Perrat Benoît ; Pitte Jean-Robert ; Guillot Pierre
Résumé : Grand chef cuisinier aux côtés des Escoffier, des Rambert et des frères Rouzier notamment, le Bressan Benoît Perrat (1873-1957) exerça son art dans les restaurants de tout premier ordre (Lyon, Genève, Paris, York, Berlin, Dresde) puis dans les cours princières et royales d'Europe centrale de la Belle Epoque (Saxe, Bavière, Roumanie, Hongrie). Contraint par la Grande Guerre à quitter ceux qu'il avait somptueusement servis, il retrouve ses terres natales et s'installe quelque temps après à Vonnas (Ain), la "Mecque de gueule", où il tiendra jusqu'à la Seconde Guerre mondiale toujours avec panache et distinction, jusqu'au raffinement ultime, la table et le Grand Hôtel Moderne. Il y rédigera sa célèbre "rhapsodie culinaire et gastronomique", Cornus en Bresse (1932) ? rééditée en 2002 ? et en 1938 sa Hongrie gourmande, restée inédite et publiée ici pour la première fois. Ce recueil surprenant assemble une centaine de ses recettes magyares récolées au gré de ses rencontres, de ses pérégrinations, de ses affectations et de ses enchantements. Récolées... ! C'est peu dire. Benoît Perrat y atteste surtout le "véritable esprit de la gastronomie qui est un patrimoine vivant, en évolution constante, ouvert à toutes les influences extérieures qui sont découvertes, apprivoisées, domestiquées, puis intégrées". C'est donc à une savoureuse déclinaison des riches spécialités danubiennes, parfois "métissées de Bresse", que Benoît Perrat convoque ses lecteurs, au premier rang desquelles le fameux gulash, et bien sûr le paprika, piment-roi de la cuisine magyare. Il les invite surtout à mettre avec lui la main au fourneau puis la serviette au cou.
La maladie d'Ehlers-Danlos est une maladie héréditaire qui touche, de façon diffuse mais très variable, l'ensemble du tissu conjonctif, c'est-à-dire la quasi-totalité des tissus du corps humain, à l'exclusion du système nerveux. Le diagnostic est possible, avec certitude, sur un regroupement significatif de signes cliniques et la présence d'autres cas familiaux. La transmission est systématique à tous les enfants de parents dont un, au moins, est atteint. C'est un argument pour éviter l'accusation erronée de violences sur un nourrisson qui présente des ecchymoses ou des fractures spontanées. Toutes les personnes avec un Ehlers-Danlos peuvent avoir des anévrysmes qui sont à rechercher systématiquement. Ce n'est pas une maladie rare mais au contraire très fréquente (2 % de la population française). Ce n'est pas une maladie orpheline puisque des traitements efficaces ont pu être mis en place pour atténuer les conséquences fonctionnelles, principalement des orthèses dont des vêtements compressifs spéciaux et l'oxygénothérapie intermittente. Ce livre vient apporter les réponses que des centaines de milliers de patients attendent pour expliquer leurs souffrances et les multiples situations de handicap qu'ils rencontrent au quotidien, le plus souvent dans l'incompréhension parfois hostile de leur entourage et de leurs médecins.
Immobile face à sa femme, il attend les premières séries de l'après-midi. Six mois qu'elle est partie. Elle n'a jamais donné de nouvelles et lui, comme un con, il garde sa photo sur la télé. II s'entend lui chuchoter "ils m'ont viré, tu te rends compte, ces salauds", et il est sûr d'apercevoir aux commissures de ses lèvres l'ébauche désolée d'un sourire. Ici, on voudrait s'aimer et on ne sait pas bien comment ; on parle sans toujours trouver les mots ; on s'accroche au quotidien comme on peut. Au fil des quinze histoires qui composent ce recueil, on croise des individus qui donnent parfois l'impression de marcher à côté de leur propre existence. Le propos est grave, souvent drôle, toujours tendre.