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SUITES ET FINS
BLANCHET MARC
CORMIER
16,00 €
Épuisé
EAN :9782875980311
Ce livre de Marc Blanchet se présente sous la forme d'un murmure infini qui ne s'adresse pas qu'à lui-même. Ce livre est composé de trois ensembles correspondant à trois mouvements de la parole poétique que désigne chacun de ses moments : "Frères, Forteresse, Roses" . S'agit-il d'achever ou de clôturer, des années après, l'effet de présences différées, celles de présences que l'on ne peut quitter, et qui le seront de toute manière, mais après une sévère prise de conscience, à la suite ou au cours d'une réflexion visant une échappée, si ce n'est pour vivre hors de toute assemblée. Cette suite poétique est saisissante. Venant après ses deux derniers livres de poésie - l'un publié aux éditions de La Lettre volée et intitulé Le Pays, en 2021, le second aux édition Obsidiane et intitulé Triste encore, en 2022 - elle s'accorde au plus intime de la vie sans ne jamais charger la langue de quelque représentation anodine comme c'est souvent le cas dans la poésie actuelle. Ce qui transparaît avec force lorsque l'auteur fait appel à l'évocation, aussi manifeste que discrète, des rapports qu'il laisse deviner tendus avec ceux et celles qui auront accompagné ou qui accompagnent encore les faits de mémoire passés ou du présent à l'instant révoqué. Alors que dans ce livre comme dans ses autres livres il ne laisse jamais un je expressif occuper tout l'espace de la parole au point de saturer son lecteur de lubies d'esthètes. Une part vive de l'enfance se trouve sans doute ici évoquée, certes, mais cette proximité avec ce qu'il désigne par le mot frères, lesquels sont appelés à s'évanouir, de telle sorte que leur retour et leur présence, par et dans la traversée des mots, par la magie de ceux-ci, et surtout par leur si fine association, n'ont plus l'heure d'effrayer. Entendons par là que la distance prise par rapport à ce qui aura été vécu, de l'enfance et de tout ce qu'elle aura porté et transporté, ne laisse place à aucune mélancolie. De plus, la parole poétique de Marc Blanchet, dans ce livre comme dans ses livres de poésie précédents, signale une acuité de la perception qui n'est pas sans rappeler l'oeil, et l'oeuvre, du photographe qui accompagnent toute sa démarche de création. Ce qui sépare les formes abstraites, en apparence, de son expression poétique, marquée par la saisie des expériences marquantes, est si mince que l'affirmation de ses replis et la présence de tout ce qui se tient au dehors de soi, chez lui, ne participe d'aucune complaisance. Cette poésie demeure de bout en bout extrêmement lucide face à la vie. La brièveté de ses poèmes, du fait de leur densité, offre peu d'équivalent dans la poésie contemporaine : J'étais sans parole. // Des heures dans la chambre, / avec l'attente pour collier. / Aboyant pour dire oui. // Et complaire.
Après L'Education des monstres et Méditations & autres brièvetés, Marc Blanchet poursuit un cycle de "proses fantasmatiques", orienté dans ce livre vers de courts récits. Il met en scène un auteur soucieux de créer un vaste roman, rapidement dépassé par les morts successives de danseuses qui viennent défaire ses désirs d'être "de son temps". Oeuvre ironique, souvent critique, Valses & enterrements raconte, à travers une écriture fragmentée, la solitude d'un écrivain, la croyance en la chose littéraire et bien des amours perdues.
Ecrit en 1969, Souffle est une pièce de 35 secondes présentée comme un intermède. D'une brièveté absolue, dans l'oeuvre de Beckett comme dans l'histoire du théâtre, elle fait ici l'objet d'une étude littéraire en trois parties : une analyse du texte semblable au déchiffrement d'une partition, suivie de deux temps de réflexion ("exaspération du personnage beckettien" et "du berceau au tombeau"). En intitulant son livre Souffle de Beckett, Marc Blanchet, à travers une pièce singulière, interroge la cohérence du théâtre, des récits et des proses de l'auteur irlandais et témoigne de leur inaltérable vitalité.
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Résumé : " Je crois que Jean-Gille Badaire parle dans ses toiles. Qu'il nous raconte le secret d'une création. En mettant en scène l'enfance et ses craintes, la vie et ses douleurs. Dans l'espace d'une noirceur qui ne veut pas être le fruit du néant. Que de mort en crime, de sexe en abîme, il nous attire vers la vie. Et que vivre, c'est encore et toujours voir. Comme l'alchimiste, même ignorant, se doit de le faire, le peintre sauve notre regard de la cécité en ressuscitant un art de la déflagration. " -M.B.
Chaque poésie est tenue pour singulière, soit. Cependant certaine parole poétique se distingue par une capacité d'attention telle, par une force de rayonnement à ce point irrépressible, à partir de circonstances souvent au plus près du quotidien, au plus proche de l'expérience sensible, comme pour faire face à l'inattendu, à l'imprévisible, parfois pour témoigner du presque rien ; mais un presque rien si considérable qu'il bouleverse tout le rapport que l'on entretien avec le monde qui nous entoure, qui nous habite, que nous respirons, et qui respire en nous. C'est que la perspective qu'une telle poésie développe et engage cherche l'adresse de l'autre, du lecteur, pour le rejoindre et le toucher. Sans quoi la parole poétique est vouée à tourner sur elle-même. La poésie de Soline de Laveleye évoque cette nature du quotidien si insistante, tout ce "ronronnement des choses" , selon ses propres termes, comme pour se maintenir en elle, en cette réalité qu'elle ressaisit par les mots, par la parole poétique, permettant ainsi d'accéder aux pulsations du corps, inséparables en ses textes de l'imagination et de la pensée. Celles des sensations tout autant, et celle de l'espace en sa clarté comme de ses obscurités, non moins. Une manière, et peut-être la seule, de "rendre le monde visible" , pour le saisir ; et au milieu de chantiers en action, pour y ajouter. Alors que chez cette auteure aucune complaisance n'est épargnée face au monde à "apprivoiser" et tel qu'il va ; face à ses dérives ressenties dans les plus infimes moments de l'existence. Cette poésie impulse une dimension critique, un regard à distance, un recul nécessaire à notre acuité, à cette lucidité qui nous est devenue indispensable pour ne pas dire, essentielle, pour vivre à l'époque nôtre.
Ce recueil tente de marquer une certaine inadéquation de l'être au monde. Inadaptés au lieu, inaptes à l'autre et séquestrés dans la parole qui est le bruissement de notre espèce. C'est aller nus dans le noir. Reste le poème. Pas le vent de ce qu'on voulait dire, mais la nécessité des failles que les mots maintiennent béantes et du silence auquel ils exhortent.
Ce livre s'ancre dans la poésie en s'ouvrant sur la rencontre entre deux univers, l'univers musical et mental de Serge Gainsbourg, et l'univers secret de Bambou. Il s'agit d'une fiction poétique autour de ce tandem Serge Gainsbourg-Bambou qui entend moins apporter une pierre de plus au mythe Gainsbourg qu'interroger de façon intimiste les zones de résonance entre deux êtres tendus vers l'extrême. Il n'est point question d'une traversée de l'oeuvre de Gainsbourg mais d'une traversée de son rapport au verbe, aux femmes, à la mort. Le second volet de ce livre offre une suite poétique où l'auteure explore des contraintes de diverses natures - phonétique, syntaxique, stylistique... -, la règle de base importe moins que le bougé qu'elle produit dans l'ensemble du texte. C'est dès lors l'écart qu'elle catalyse à l'intérieur même du récit, les mouvements centrifuges et les effets déstabilisateurs qu'elle induit. Toucher aux conventions par l'inoculation d'une règle altère le poids d'évidence que nous conférons aux premières et dégage le geste constructiviste dont elles sont les retombées. C'est ainsi que l'adoption d'une contrainte déséquilibre le corpus de règles instituées, que l'adjonction d'une loi libère l'aléatoire. Le recours au lipogramme, à l'homophonie... vaut par la redistribution des paysages qu'il provoque. Les opérations de soustraction ou de prolifération de lettres, le transfert de procédés extra-littéraires dans le champ de l'écrit que ce recueil met en oeuvre ne ressortissent donc pas à l'esprit de formalisation, à son seul souci d'explorer les instruments dont il dispose. Il n'est, en effet, de jeu sur la structure qui ne soit un jeu sur l'événement. Il n'est d'intervention sur les codes de base qui ne soit ébranlement de l'agencement en son ensemble. Il se dégage de cet ensemble une sensualité peut commune et qui ne s'enferme pas dans des formules : nous controns l'avancée des souffles de l'enfance / par une danse nuptiale / sexe contre sexe.