Notre site web sera en maintenance ce mardi 3 février après-midi. Les commandes enregistrées ne subirons pas de retard de traitement.
Théorie quantique et sciences humaines
Bitbol Michel
CNRS EDITIONS
24,99 €
Épuisé
EAN :9782271068552
Et si la science physique la plus récente sortait de son domaine d'application traditionnel Si la physique quantique, développée par Planck, Bohr et Einstein, se confrontait aux sciences dites humaines? Tel est le projet de Michel Bitbol et de son équipe dans cet ouvrage hors norme, faisant fi des frontières traditionnelles. Dans les années 1930, Otto Neurath avait proposé de soumettre les processus individuels et sociaux à la seule physique. Loin de ce réductionnisme, Michel Bitbol reprend complètement la question et renouvelle son examen. Quelles affinités peuvent partager ces deux types de sciences? Quel rôle y joue l'homme? C'est la méthode qui rapproche physique quantique et sciences humaines. Dans les deux domaines on ne peut pas séparer la connaissance de l'objet étudié. Le sujet est impliqué dans l'objet de recherche, particulièrement lorsqu'il utilise le langage. C'est à la découverte d'un champ singulièrement neuf que nous invite Michel Bitbol à travers quelques thèmes choisis: la prise de décision, la théorie du comportement, la sensibilité des marchés financiers aux anticipations des agents. la théorie du choix rationnel. Une théorie originale de l'homme pleinement engagé dans son milieu, un tournant décisif dans nos manières de soir le monde. Biographie de l'auteur Michel Bitbol est Directeur de recherche au CNRS au Centre de Recherche en Epistémologie Appliquée (CREA) de l'Ecole Polytechnique. Il a reçu une formation en médecine, en physique et eu philosophie. Il est notamment l'auteur de: Mécanique quantique; une introduction philosophique (1996, Prix Grammaticakis-neumann de l'Académie des Sciences Morales et Politiques), Physique et philosophie de l'esprit (2000), et De l'intérieur du monde; connaissance et relations (2009).
Résumé : Depuis plusieurs années, les "nouveaux réalismes" sont au coeur d'un vif débat philosophique. Ce livre y prend part en faisant la critique de l'une de leurs principales variétés, le " matérialisme spéculatif " de Quentin Meillassoux (auteur, en 2006, de Après la finitude). Il s'oppose à cette doctrine sur trois points. Loin d'être un "étrange savoir" de philosophes ignorant les sciences, l'idée que les connaissances sont relatives au langage, à l'action et à la situation ? voire à ce que l'on vit à présent ? est la clé pour comprendre les théories physiques. Loin de valoir "indépendamment des chercheurs", les faits "ancestraux" dont aucun être humain n'a pu être le témoin (comme le Big Bang) n'acquièrent leur sens que relativement à la recherche actuelle de leurs traces. Loin d'être pensable, l'absolu demeure dans l'angle mort du savoir rationnel. L'absolu n'a d'ailleurs pas besoin d'être pensé pour être envisagé ; il se manifeste comme un saisissement silencieux, comme le choc de percevoir à l'instant la souveraine contingence de ce qu'il y a. En voulant réfuter le constat kantien de la finitude humaine, le matérialisme spéculatif débouche ainsi, contre son gré, sur une finitude plus extrême encore : celle de l'expérience présente singulière. Par sa critique épistémologique, Michel Bitbol rétablit la réflexion philosophique contemporaine sur des bases sûres. Il montre que nulle spéculation, métaphysique ou post-métaphysique, ne peut prétendre à la connaissance. Et il confie l'absolu à l'ouverture contemplative.
Nagarjuna, penseur Indien du IIe siècle, a nié l'existence autonome des choses et réduit à l'absurde le temps et la causalité. Par sa critique, il a ouvert la voie à une prise de conscience fulgurante de ce qu'est le monde quand on sait le voir " tel quel ". Nagarjuna (v. 150-230) est le fondateur de l'école indo-bouddhique Madhyamaka. Il est l'auteur d'une critique dévastatrice des fausses évidences. Mais, pour lui, l'arasement systématique de toutes les idées reçues et de toutes les tentatives d'extrapoler à partir d'elles n'était pas qu'un exercice de virtuosité intellectuelle. Cela devait avant tout servir de propédeutique pour une prise de conscience du monde dans la nudité de sa manifestation immédiate. La Vigrahavyavartani (Mettre fin aux controverses) pourrait lui conférer une position particulière dans l'histoire de la philosophie. Dans ce texte, en effet, Nagarjuna affronte l'objection de contradiction élevée contre son énoncé de la vacuité d'être-propre de tous les étants, développé dans son ouvrage-princeps les Stances du milieu par excellence. Cette objection est pratiquement identique à celle que Platon et Aristote ont adressée aux sophistes, ces penseurs relativistes. Or l'archi-relativiste-sceptique qu'est Nagarjuna a répliqué à l'objection de façon convaincante, puisqu'il a su emporter l'adhésion de tout un courant de pensée. Ce livre comporte une traduction française abondamment annotée et commentée du texte sanskrit de la Vigrahavyavartani, ainsi qu'une introduction détaillée au texte et à son contexte.
Quel rapport y a-t-il entre le " problème difficile " de la philosophie de l'esprit, celui de la conscience, et le principal problème d'interprétation de la mécanique quantique, popularisé par l'expérience de pensée du chat de Schrödinger ? C'est que tous deux mettent localement en échec les oppositions de type sujet-objet dont fait usage la théorie de la connaissance. La conscience primaire n'est pas détachable du fait d'être vécue, et le phénomène en physique microscopique n'est pas désolidarisable du contexte expérimental dans lequel il se manifeste. Les deux problèmes ont cependant été rendus inextricables par un refus habituel de tirer toutes les conséquences de cette remarque. Conditionnés par le préjugé selon lequel le mode descriptif-constatif d'utilisation du langage est universel, la plupart des protagonistes du débat, aussi bien dualistes que matérialistes, ont traité la conscience comme un quasi-objet, et l'" état quantique " comme un attribut d'objet. De là sont nés l'aporie de la relation (de coexistence, d'émergence, ou d'identité) qu'est censé entretenir le quasi-objet conscience avec l'objet cerveau, et le paradoxe d'un chat imaginaire dont l'" attribut " surprenant consiste à être mi-mort mi-vif. De là est venue également une compréhension lacunaire du sens des essais de solution les plus plausibles, comme la décohérence pour le paradoxe du chat de Schrödinger. Une dissolution commune des deux problèmes est alors tentée à travers une conception élargie du langage (associant les enseignements de Wittgenstein à ceux de la pragmatique), et une généralisation de la méthodologie des sciences (consistant à compléter les procédures de la caractérisation objective par celles de la coordination intersubjective).
Michel Bitbol repense dans ce livre la théorie de la connaissance pour l'adapter aux découvertes de la science du XXe siècle. La physique contemporaine rend cette démarche nécessaire: elle porte de moins en moins sur des choses et de plus en plus sur des relations. Si bien que l'image baroque de relations flottant en l'air sans appui sur les choses, d'un "sourire de chat sans chat" pour paraphraser Lewis Carroll, se fait jour de manière insistante. Comment comprendre des relations qui préexistent aux objets ou aux propriétés qu'elles unissent? Une analogie est mobilisée pour élucider ce mystère: si la droite et la gauche se définissent par leur relation mutuelle, c'est que cette relation est orientée à son tour relativement à notre corps. Ici, comme en physique quantique, seul un supplément de philosophie relationnelle permet de résoudre les énigmes des relations. Seule la reconnaissance de notre situation à l'intérieur du réseau interconnecté du monde lève les paradoxes nés du rêve de le voir comme de l'extérieur. Le problème est qu'une résistance culturelle, dont le fil est retracé de Platon jusqu'à Russell, fait obstacle à l'indispensable radicalité de la pensée des relations. Une thérapie de cette résistance est cherchée dans la philosophie de Nâgârjuna, penseur indien du 11e siècle, auteur de référence de l'école bouddhique de la "voie moyenne". Car cette philosophie, loin de minimiser la corelativité des phénomènes et leur absence (ou vacuité) de nature propre, la prend pour prémisse de sa tension éthique vers une manière d'être ouverte et disponible. Une réflexion originale permettant de comprendre comment une épistémologie peut avoir partie liée avec la quête existentielle.
Résumé : Début 2016, pour la première fois depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, Mein Kampf ressort en Allemagne dans une édition scientifique. Dans le même temps, l'éditeur historique de la traduction française annonce son intention de republier l'ouvrage dûment accompagné d'un appareil critique. Comment expliquer la postérité de ce pensum dont les divagations racistes et complotistes apparaissaient déjà comme telles à l'époque ? La réponse à la question ne serait-elle pas à chercher dans la forme plutôt que dans le fond de cet ouvrage ? En plus d'être le manifeste du national-socialisme, Mein Kampf ne serait-il pas en effet l'archétype d'un genre littéraire bien particulier, celui adopté par des leaders amenés à devenir autocrates, et mêlant propagande, manipulation et autobiographie ? En s'immergeant dans le livre, Albrecht Koschorke fait ressortir les procédés visant à rendre irréfutables les propos avancés, attire l'attention sur la construction de l'ouvrage, les transitions des expériences personnelles aux stigmatisations globalisantes, les changements de registres d'écriture, désintrique les niveaux de lecture et éclaire les divers publics visés. Une approche originale qui, dans la perspective de la prise du pouvoir, s'intéresse moins à la "doctrine" postulée de Mein Kampf qu'à sa "poétique" conjuguant autoritarisme et inconsistance intellectuelle.
Pour nos contemporains les pirates et les corsaires se résument aux aventures flamboyantes de marins dans la mer des Caraïbes ou aux attaques de farouches brigands au large de la Somalie. Moins réductrice, la réalité est à la fois multiple, passionnante et souvent plus riche que la fiction. L'Histoire des corsaires et des pirates propose un tableau de ces phénomènes maritimes sur la longue durée, jalonnée de figures mythiques comme Drake, Surcouf, Duguay-Trouin, Dragut, Barberousse, Koxinga. Elle est un voyage dans le temps, des raids maritimes vikings au Moyen Age à la piraterie pratiquée en Asie de Sud-Est de nos jours. Elle est aussi un voyage dans l'espace à travers les mers et les océans, de la Méditerranée aux Antilles, en passant par la mer de Chine et les rives de l'océan Indien, sans omettre le continent américain. Un intérêt est également accordé à l'ancrage de la piraterie dans nos mémoires, à l'élaboration de mythes et à leurs prolongements dans les mondes virtuels du cinéma, de la BD et des jeux électroniques.
Résumé : Que lisait-on dans la France des années noires ? Comment expliquer la "faim de lecture" propre à la période de l'Occupation ? Quelle fut la part prise par le régime de Vichy dans la circulation, la diffusion, l'orientation des livres publiés ? Et celle de la Résistance dans la propagation des écrits clandestins ? Comment accéder à l'intimité des millions de lecteurs qui, cherchant à s'évader hors d'un quotidien éprouvant, trouvèrent alors refuge dans un ailleurs fait de phrases imprimées ? Stratégies et pratiques des éditeurs, querelles autour du patrimoine littéraire, réorganisation corporative de la chaîne du livre, listes d'interdictions et spoliations de l'occupant, écrivains partagés entre collaboration, accommodement, évitement, insoumission : Jacques Cantier signe la première histoire totale du livre et de la lecture entre 1939 et 1945, des politiques de censure mises en oeuvre par Vichy à l'ébullition culturelle de la Libération. Archives publiques, critiques littéraires, notes de lecture mais aussi écrits du for privé permettent de retrouver les traces intimes des actes de lecture : écoliers de la France rurale cherchant à élargir leur horizon, adolescents parisiens en quête d'initiation, prisonniers de guerre tentant de maintenir une vie de l'esprit, victimes de la persécution antisémite en quête de réarmement moral... Jacques Cantier montre qu'en dépit de la défaite, de la peur et des privations, la France continue à lire et à être le théâtre d'une foisonnante vie littéraire et intellectuelle.
Vauchez André ; Armogathe Jean-Robert ; Richard Vi
Résumé : Le sort tragique des martyrs chrétiens a entraîné une vénération de leurs dépouilles, qui s'est étendue aux saints moines et moniales et aux fondateurs d'ordres religieux. Peu à peu, une galerie de " grands témoins " s'est constituée, rassemblant des milliers de saints : martyrs et confesseurs, moines et docteurs, pieux laïcs et saintes femmes. Par le témoignage de leur vie, leur prédication ou leurs actes de charité, les saints ont rempli le paysage cultuel du christianisme : lieux-dits, prénoms, patronymes... jusqu'aux gares et aux stations de métro, les noms des saints sont devenus familiers. Entre légende et histoire, ce grand dictionnaire entreprend de les faire mieux connaître avec plus de 300 entrées, d'Aaron à Zénon de Vérone : saints et bienheureux catholiques et orthodoxes, d'Orient et d'Occident, mais aussi grands témoins anglicans et protestants. Un dictionnaire monumental et unique afin de mieux comprendre, au plus près de la vérité historique, la personnalité, les écrits et la postérité de ces hommes et de ces femmes dont la vie a été retenue comme exemplaire par leurs contemporains et dont la mémoire est parvenue jusqu'à nous.