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Littératures classiques N° 95/2018 : La question du répertoire au théâtre
Biet Christian
PU MIDI
24,99 €
Épuisé
EAN :9782810705627
Le répertoire implique un point de vue sur l'histoire du théâtre, et une volonté de rendre cette histoire présente, vivante. Il est, par définition, significatif et organisé, et signalant ainsi un point de vue sur le théâtre comme figurant une spécificité particulière, nationale le plus souvent, et en rapport avec une langue, ou une manière de faire ou de se reconnaître dans des productions passées, un type d'intervention sur le monde, un jeu de formes-sens capable d'être transcrit d'un moment historique à un autre. Ainsi, répéter publiquement une pièce, c'est l'inscrire dans un répertoire. Dès lors, se pose la question du canon : pourquoi cette pièce-ci ou celle-là, où la jouer, comment la traiter ? Outre les articles qui cherchent à définir ce qu'est le répertoire aux XVIIe et XVIIIe siècles en France, le dossier propose des contributions sur le répertoire français en Russie et en Allemagne, et sur les premières traductions-adaptations de Molière en arabe. Il permet enfin de (re)lire sur ces questions des textes de metteurs en scène proches de nous, comme Jouvet ou Bozonnet.
1. La tragédie antique 2. La tragédie au XVIe siècle et au début du XVIIe siècle3. Le spectacle tragique au XVIIe siècle 4. L?esthétique de la distance5. Impact politique et tragédie française de l?âge classique6. Corneille et Racine 7. La tragédie au XVIIIe siècle
Comment écrire un Odipe, en France, sous la monarchie d'Ancien Régime ? Comment représenter l'histoire d'un roi fautif, d'une reine incestueuse et d'enfants illégitimes ? Et pourquoi, malgré tout, affronter ce sujet qui met en cause Dieu, la loi, le roi, l'Etat et la famille ? Plus de trente auteurs pourtant s'acharnent, entre 1614 et 1818, à donner leur avis sur ce redoutable mythe. Chacun donne sa solution pour en éloigner l'horreur. A travers l'étude des traductions et des adaptations théâtrales d'Odipe-Roi, cet ouvrage entend montrer que la question oedipienne, à cette période, se réfère au droit. Droit de gouvernement et droit civil sont ici convoqués pour comprendre les enjeux d'une tragédie scandaleuse : sans places précises, sans roi qui soit vraiment roi, sans père qui soit véritablement père, sans fils digne de ce nom, comment rendre compte d'une société, fût-elle tragique ? Odipe dans les siècles classiques pourrait bien finalement être un rite pour les auteurs comme pour les spectateurs, une cérémonie qui veut à la fois poser et éloigner les terreurs propres à la famille et à l'Etat.
Résumé : Qui est ce DON JUAN dont l'histoire, depuis près de quatre siècles, hante la littérature et la morale de l'Occident ? Un héros impie, qui séduit les femmes à tour de bras, défie la société et ses institutions, la famille, la religion, Dieu, la mort, et qui, toujours puni, le paie de sa vie ? Les premières pièces de théâtre qui lui sont consacrées présentent l'aventure d'un homme qui s'affronte aux valeurs intangibles, représentées en dernier recours par une statue. Tirso de Molina titre Le Trompeur de Séville et le Convive de pierre (vers 1625), mettant les deux protagonistes sur un pied d'égalité -mais il se trouve que le Trompeur est vaincu ! Molière insiste sur l'instant de la rencontre : Dom Juan ou le Festin de pierre (1665) ; Mozart, sur les jeux dangereux du pouvoir et de la séduction : Don Giovanni (1787). Devenu un mythe, Don Juan sert toutes les causes et tente bien des humains... Christian Biet, qui lui porte un intérêt certain, vous fera découvrir ce que ce provocateur n'est sans doute pas ce qu'on croit !
Droit et littérature ". Une telle alliance ne devrait plus surprendre et il semble pourtant qu'il soit encore nécessaire de faire le point sur ce champ de recherches. L'époque choisie est ici l'Ancien Régime, et plus particulièrement le XVIIe et le début du XVIIIe siècles. On y voit que, pour produire et composer leurs fictions, les auteurs littéraires, qui sont aussi, et fort souvent, juristes de formation ou de métier, s'appuient sur les procédures judiciaires et empruntent les règles du droit pour élaborer leurs intrigues. Et c'est encore à partir de données juridiques qu'ils déterminent leurs personnages. Cette mise en rapport théorique et pratique des deux champs juridique et littéraire nous indique, à travers une série d'études de " cas " la manière dont la littérature représente le droit, analyse les fictions sur lesquelles il repose, et les met en cause afin de prendre place dans les débats sociaux, esthétiques, politiques et juridiques du temps. Les textes littéraires semblent ainsi s'enraciner dans la matière juridique : la littérature interprète le droit, c'est une de ses fonctions. Elle est à la fois une illustration fictionnelle de ses règles et de ses procédures, un moyen de les mettre en question, d'en déterminer les failles, un espace esthétique projetant de nouvelles conduites sociales et un lieu de négociation infiniment " moderne ".
Condamné pour meurtre, Jacob est innocenté après plusieurs années de détention. Il retrouve la liberté, mais le monde extérieur lui paraît aussi fermé et hostile. Il s'interroge sur les causes de sa condamnation et sur l'existence d'une main mystérieuse qui régit l'ordre du monde "au-dessus" des lois morales écrites par les hommes. La réflexion sur les questions existentielles, morales et ontologiques fait de cette pièce une grande parabole sur la condition humaine.
Ce recueil, construit comme un dialogue entre universitaires, psychologues et psychanalystes, cible la complexité des liens qui unissent l'amour à la sexualité, décrivant et analysant la névralgie de leur articulation. La partition du sexe et de l'amour est soumise à travers les chapitres à l'épreuve des contextes psychopathologiques actuels, interrogeant le féminin, la dépendance, la mort, la temporalité, la procréation et la création. Cet ouvrage sur amour et sexualité est aussi une déclaration amoureuse à la psychanalyse et la psychologie clinique, ces disciplines qui courageusement accueillent, dans l'intimité de leurs séances, la complexe singularité du sujet pour permettre ce qu'Elisabeth Roudinesco nomme une "révolution de l'intime". Les auteurs rappellent les variations de l'amour et cherchent à les conjuguer à différents temps et modes : aimer, être aimé, s'aimer, sans oublier ses modalités d'expression sous transfert. Les situations cliniques originales qui y sont présentées partagent cette complexité de l'amour, décrivent ses dérives, ses ratages, et décortiquent ses liaisons et déliaisons avec la sexualité.
Les grottes de la Renaissance sont des constructions artificielles évoquant par leur architecture et leur décoration les cavernes naturelles, en se référant aux nymphées de l'Antiquité. Elles ont été bâties à l'intérieur de grandes demeures ou dans des pavillons isolés au milieu des jardins, d'abord en Italie puis dans toute l'Europe du Nord à partir du milieu du xvie siècle. Commande royale ou princière, ces grottes rivalisent par leur richesse ornementale : sculptures, rocailles, coquillages, jeux d'eaux... Des recherches récentes ont permis de redécouvrir quelques-unes des plus importantes réalisations en Allemagne, au Luxembourg, en France et en Italie. Les travaux de restauration menés par des architectes, les fouilles archéologiques, les études historiques conduites dans de nombreux fonds d'archives renouvellent nos connaissances sur ce sujet.