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Oedipe en monarchie. Tragédie et théorie juridique à l'âge classique
Biet Christian
KLINCKSIECK
60,00 €
Épuisé
EAN :9782252029565
Comment écrire un Odipe, en France, sous la monarchie d'Ancien Régime ? Comment représenter l'histoire d'un roi fautif, d'une reine incestueuse et d'enfants illégitimes ? Et pourquoi, malgré tout, affronter ce sujet qui met en cause Dieu, la loi, le roi, l'Etat et la famille ? Plus de trente auteurs pourtant s'acharnent, entre 1614 et 1818, à donner leur avis sur ce redoutable mythe. Chacun donne sa solution pour en éloigner l'horreur. A travers l'étude des traductions et des adaptations théâtrales d'Odipe-Roi, cet ouvrage entend montrer que la question oedipienne, à cette période, se réfère au droit. Droit de gouvernement et droit civil sont ici convoqués pour comprendre les enjeux d'une tragédie scandaleuse : sans places précises, sans roi qui soit vraiment roi, sans père qui soit véritablement père, sans fils digne de ce nom, comment rendre compte d'une société, fût-elle tragique ? Odipe dans les siècles classiques pourrait bien finalement être un rite pour les auteurs comme pour les spectateurs, une cérémonie qui veut à la fois poser et éloigner les terreurs propres à la famille et à l'Etat.
Cet ouvrage est une synthèse qui entend rendre compte de la vie et de la mort d'un genre : la tragédie. Il s'ouvre sur quelques rappels de ce qu'étaient les tragédies grecque et latine, poursuit par une analyse précise de la tragédie aux XVIe et XVIIe siècles, avant de dépeindre, enfin, l'enthousiasme au XVIIIe siècle pour ce genre littéraire, qui finit par décliner et disparaître. Pour traiter de la tragédie, il faut d'abord mettre à part la question du tragique, qui ne s'accorde pas nécessairement à celle de la tragédie. La définition du tragique est une notion relative au système philosophique qui l'édicte, bien plus qu'une notion littéraire. La " tragédie classique " est l'une des tendances de la tragédie sous l'Ancien Régime. Ce livre en détermine les constantes établies en code et note les différences d'interprétation de ces constantes par les théoriciens eux-mêmes et par les praticiens, sans oublier que d'autres types de tragédies remportent, à la même période, de brillants succès. Et comme il est ici question de spectacle, ce texte observe aussi ce qu'était pratiquement le théâtre de cette époque. Il est alors possible de découvrir qu'au XVIIe siècle s'est édifiée une des grandes tendances de l'art moderne : dépassant la célébration et l'éblouissement grâce à l'art de la disposition, cette esthétique de la distance donne au spectateur et au lecteur le double plaisir de réfléchir et de s'émouvoir.
Ce volume consacré au théâtre français du XVIIe siècle, grand siècle de l art dramatique, accorde une large place à trois figures du théâtre et de la littérature, Corneille, Racine et Molière, mais fait aussi la part belle au théâtre baroque, aux genres lyriques et à toutes les formes nouvelles d une période qui doit être considérée aussi bien pour ses classiques incontournables que pour toutes ses fécondes expérimentations. Complet, il reproduit près d une centaine d extraits accompagnés d analyses littéraires, dramatiques et historiques. Novateur, il enrichit la lecture des grands textes du regard inédit de metteurs en scène aussi importants que Didier Bezace, Declan Donnellan, Dario Fo, Jacques Lassalle, Daniel Mesguich, Ariane Mnouchkine, Christian Schiaretti, Jean-Pierre Vincent... L Anthologie de L avant-scène théâtre se décline en quatre autres volumes: Moyen Âge / Renaissance, XVIIIe, XIXe et XXe siècles.
Résumé : Qui est ce DON JUAN dont l'histoire, depuis près de quatre siècles, hante la littérature et la morale de l'Occident ? Un héros impie, qui séduit les femmes à tour de bras, défie la société et ses institutions, la famille, la religion, Dieu, la mort, et qui, toujours puni, le paie de sa vie ? Les premières pièces de théâtre qui lui sont consacrées présentent l'aventure d'un homme qui s'affronte aux valeurs intangibles, représentées en dernier recours par une statue. Tirso de Molina titre Le Trompeur de Séville et le Convive de pierre (vers 1625), mettant les deux protagonistes sur un pied d'égalité -mais il se trouve que le Trompeur est vaincu ! Molière insiste sur l'instant de la rencontre : Dom Juan ou le Festin de pierre (1665) ; Mozart, sur les jeux dangereux du pouvoir et de la séduction : Don Giovanni (1787). Devenu un mythe, Don Juan sert toutes les causes et tente bien des humains... Christian Biet, qui lui porte un intérêt certain, vous fera découvrir ce que ce provocateur n'est sans doute pas ce qu'on croit !