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Parlez-vous sans-culotte ? Dictionnaire du Père Duchesne (1790-1794)
Biard Michel
TALLANDIER
24,99 €
Épuisé
EAN :9782847345513
C'est mon petit doigt qui me l'a dit", "manger la laine sur le dos", "tirer les vers du nez", "prendre la balle au bond", "il n'y a plus à tortiller", "s'en foutre comme de l'an quarante", "être au bout du rouleau", "manger de la vache enragée"... Qui d'entre nous n'a manié ou entendu, ne serait-ce qu'une fois, l'une ou l'autre de ces expressions? Ces tournures, reflets de la langue populaire du XVIIIe siècle, émaillent les pages du Père Duchesne, le célèbre journal de Jacques René Hébert, paru de 1790 à 1794. Journaliste de génie, à l'avant-garde du combat révolutionnaire, Hébert se fit, à l'apogée de son influence politique, l'écho et le porte-parole des sans-culottes parisiens. A coups de métaphores familières, de jurons désopilants, de situations improbables, il savait faire mouche et mettre les rieurs de son côté, qu'il s'agisse de railler le "daron" (Louis XVI), l'"architigresse" (Marie-Antoinette) ou le "général Blondinet" (La Fayette). Son héros, le Père Duchesne, toujours heureux de "s'en foutre une pile" en "étouffant des enfants de choeur" à la santé de la Nation, voulait "dépapiser Rome", "foutre à la lanterne" les aristocrates et faire monter dans la "voiture à trente-six portières" (la charrette des condamnés) les adversaires de la Révolution. Hébert lui-même allait périr en mars 1794, victime de la "cravate du docteur Guillotin". Les mots du Père Duchesne traduisent, parfois avec outrance, souvent avec justesse, la culture de la rue, le climat politique d'une époque, et sa radicalisation entre 1790 et l'an II. Plus encore, ils témoignent de la richesse d'une langue, de ses évolutions et de ses survivances dans le parler quotidien et 1'"argot" de notre siècle. Biographie de l'auteur Agrégé d'histoire et docteur de l'université Paris I, Michel Biard est professeur d'histoire du monde moderne et de la Révolution française à l'université de Rouen. Il dirige en outre les Annales historiques de la Révolution française. On lui doit notamment Collot d'Herbois. Légendes noires et Révolution (1995), Missionnaires de la République. Les représentants du peuple en mission, 1793-1795 (2002), La Révolution française. Dynamiques, influences, débats, 1787-1804 (avec Pascal Dupuy, 2004) et Les Lilliputiens de la centralisation. Des intendants aux préfets: les hésitations d'un "modèle français" (2007).
Résumé : Printemps 1793. La Convention fait de certains de ses membres des "représentants du peuple en mission" envoyés à ce titre dans toute la France : en ces temps troublés, l'Etat entend renforcer son contrôle sur l'espace national. Pendant près de trois années, ces missionnaires de la République s'emploient, par centaines, à mobiliser leurs concitoyens dans un vaste effort de guerre. Tout en se faisant les agents d'une véritable acculturation politique, relayant symboles et pratiques révolutionnaires auprès d'un peuple qu'il fallait éduquer aux idées de progrès et de raison. Une poignée d'entre eux, comme Carrier à Nantes, allèrent jusqu'à exercer de sanglantes répressions de masse. Cet ouvrage retrace pour la première fois, dans le détail des parcours individuels, l'extraordinaire engagement de ces hommes - leurs convictions aussi, leurs désillusions, leur goût du pouvoir ou leur esprit de sacrifice...
Cet ouvrage propose une synthèse sur la fin d?une centaine de membres de la Convention nationale décédés de mort non naturelle. Il permet de découvrir comment sont morts ces hommes qui avaient fait leur la devise "la liberté ou la mort". Fondé sur des archives souvent inédites, il offre une vision neuve sur les luttes politiques et les épurations lors de la Terreur. Après avoir souligné comment l?historiographie s?est emparée de la question de la politique révolutionnaire, avec des visions partisanes, Michel Biard présente les rouages juridiques qui ont permis les mises à l?écart politiques. Puis il évoque les différentes sortes de mort : peines capitales, suicides, assassinats, morts en déportation, en prison ou en mission. Le livre rouvre également le dossier de la panthéonisation, bien plus compliqué que ne le montraient jusqu?à présent les quelques cas les plus célèbres parmi les conventionnels. Ce travail prend constamment appui sur des itinéraires particuliers révélés par les sources policières, judiciaires et médicales. Tous les raisonnements s?appuient sur des détails destinés à donner chair au récit. Enfin, au fil des chapitres, l?auteur s?interroge sur les origines et les conséquences de ces morts, y compris pour les deux siècles suivants.
Société de pensée, ordre initiatique, association philosophique, communauté fraternelle ou simple réseau politique, la franc-maçonnerie demeure, pour beaucoup, environnée d'ombres, de secrets et de fantasmes. Née au début du XVIIIe siècle, d'une fondation britannique dont elle s'est affranchie très vite, la maçonnerie a su développer, en France, une identité originale et multiple. "Religion avortée" selon la formule du mathématicien Lagrange, attachée à des rites et des symboles plongeant dans un ésotérisme parfois déroutant, elle a aussi, et dans un même mouvement, fait place à l'esprit des Lumières en pratiquant les vertus du discours et de la raison critique. C'est pourquoi certains ont voulu y voir l'une des sources intellectuelles de la Révolution française. Au XIXe siècle, elle s'est résolument impliquée dans la vie sociale du pays, ce qui l'a conduite à exprimer des conceptions civiques et parfois politiques pour devenir, entre 1870 et 1940, une véritable "Eglise de la République". Au détour de la Seconde Guerre mondiale, après la terrible persécution subie sous l'Occupation, la franc-maçonnerie française, perdant peu à peu de son influence sur les lieux de pouvoir, s'est enfin définie jusqu'à nos jours comme une puissance morale, défendant la laïcité, la tolérance, la dignité humaine, la liberté de l'esprit. Première étude d'ensemble publiée sur ce sujet depuis une quarantaine d'années, ce livre va à la rencontre de ses pionniers, de ses héros comme de ses adeptes obscurs, en découvrant ses hauts faits comme ses petites misères, ses fulgurances comme ses moments les plus faibles, ses rêves inachevés comme ses accomplissements. C'est en effet de cette mosaïque inimaginable qu'est composée son histoire presque trois fois séculaire.
La croisade contre les Albigeois au XIIIe siècle a profondément modifié le cours de notre histoire. De son issue découle le rattachement du Languedoc à la France. C'est dire l'importance extrême de cette guerre "sainte" prêchée pour la première fois par l'Eglise de Rome à l'encontre d'un peuple chrétien! Menée à l'origine pour extirper du Midi de la France l'hérésie cathare, elle dégénéra vite en guerre dévastatrice de conquête, opposant inexorablement défenseurs de la civilisation occitane et assaillants venus du Nord, c'est-à-dire les "Français". Dans le tumulte des combats, l'atmosphère fiévreuse des chevauchées, des massacres, des incendies où culmine la tragique vision de l'holocauste de Montségur, s'affrontèrent donc pendant un demi-siècle croisés, inquisiteurs, légats du pape et peuple occitan sporadiquement rassemblé sous l'étendard des comtes de Toulouse. C'est l'histoire de ce long et terrible conflit jalonné de bûchers, d'actes d'héroïsme, de dévouements insignes, de duplicité, d'odieux excès, que raconte avec force et sagacité Georges Bordonove.
D'un essai enlevé sur les caricatures à un autre, magnifique, sur le plaisir de peindre, en passant par une analyse du gouvernement parlementaire et des problèmes économiques, Winston Churchill partage avec son lecteur les sujets divers et parfois inattendus qui l'occupaient dans l'entre-deux-guerres. On avait découvert un écolier turbulent, un soldat courageux et un écrivain prometteur dans Mes jeunes années. On retrouve ici un homme tout aussi aventureux, dont l'expérience s'est considérablement enrichie, la vision du monde et de la société sensiblement affinée et dont la vivacité de style reste un grand plaisir littéraire. A travers cette collection de pensées, de souvenirs, de réflexions et même de prédictions se dégage une philosophie profonde et originale.
Goebbels Joseph ; Canal Denis-Armand ; Thiérard Hé
Son nom est synonyme de mensonge et de manipulation. Joseph Goebbels (1897-1945), propagandiste en chef du Parti et de l'État nazis, artisan de la guerre totale et ultime dauphin de Hitler, passe pour le Diable en personne.Ce «monstre» a tenu son journal de 1923 à 1945 : un document unique en son genre, témoignage exceptionnel de l'intérieur du nazisme. Ce livre présente au public français 860 journées des années 1923-1933. Il fait suite au volume 1943-1945 et précède deux volumes sur la période 1933-1942, à paraître en 2007. Ces passages sont presque tous inédits, car issus de l'édition allemande des plaques de verre conservées à Moscou et éditées depuis 1992 par l'Institut d'histoire contemporaine de Munich.Le Journal témoigne d'abord de l'ascension d'un criminel, emblématique de la montée du nazisme. À 26 ans, Goebbels est un auteur raté, qui vit aux crochets de son père. À 35 ans, il est le plus jeune ministre de l'histoire de l'Allemagne. C'est un homme extrême, complexe, mais aussi d'une effrayante banalité. Il célèbre la vie et aspire à la mort. Il s'apitoie sur son sort et rêve d'extermination. Le pied-bot, le fils à sa maman (il écrit : «Mère est si gentille avec moi», comme il dira plus tard : «Hitler est si gentil avec moi»), ce pédant anti-intellectuel, se voit en «guerrier déchaîné» d'une foi nouvelle, en poète néoromantique (ses vers médiocres en témoignent), en «fanatique de l'amour». Ses jugements littéraires et cinématographiques sont d'une éprouvante nullité.Le Journal souligne les contradictions du nazisme, amalgame invraisemblable de racisme, de nationalisme et de conscience sociale. Goebbels en est le porteur. Il est entré à l'aile gauche du Parti, celle des frères Strasser, pour qui capitalisme et «juiverie» étaient un seul et même ennemi. Il se voit en émancipateur des travailleurs, en Robespierre ou mieux, en Marat, mais il accepte l'argent et la société des patrons. Il appelle au meurtre des communistes et des socialistes, mais il dévore les Mémoires de Bebel et s'indigne que Marx, dans Le Capital, montre si peu de compassion pour le sort des ouvriers anglais. Il aime la brutalité plébéienne des SA, mais il écrase leur révolte en 1930, comme il approuvera la Nuit des longs couteaux.Le Journal, enfin, dépeint la mort d'une démocratie. L'acharnement politique en est tout autant responsable que le contexte économique ou politique. Goebbels parcourt sans trêve l'Allemagne entière, il quadrille la société allemande, des princes déchus aux chômeurs. Il allie les campagnes de presse agressives (son journal s'intitule Der Angriff, L'Attaque), les meetings soigneusement orchestrés, les violences contre les Rouges, les Roses, les Juifs. Il fait d'Hitler, «Chef» (en français dans le texte) d'un petit mouvement, le Führer d'une nation.Ce livre est une leçon d'histoire pour le présent. Ou comment un peuple hautement civilisé, vivant en démocratie, s'est jeté volontairement dans les bras d'hommes déterminés mais ordinaires, porteurs d'une idéologie meurtrière mais non sans faille.