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Les lilliputiens de la centralisation. Des intendants aux préfets les hésitation d'un "modèle frança
Biard Michel
CHAMP VALLON
28,01 €
Épuisé
EAN :9782876734623
Dans La Comédie humaine, Balzac pourfend à diverses reprises un modèle français incarné par ceux qui dans chaque département représentent le pouvoir central : les préfets. A ses yeux, la Nation tout entière serait comme prisonnière de " fils lilliputiens " maniés par les représentants d'un Etat " centralisateur ". Brocardés par toute une littérature au XIXe siècle, ces mêmes préfets ont souvent été perçus, depuis Tocqueville, comme les héritiers naturels des intendants. Si cette idée d'une continuité entre les efforts " centralisateurs " de la monarchie dès l'Ancien Régime et l'influence du " jacobinisme " sur la France a été remise en cause par les historiens, force est de constater qu'elle imprègne aujourd'hui encore l'historiographie et le " grand public ". Il est vrai que certaines continuités existent entre les hommes que l'autorité centrale a tour à tour choisis comme représentants dans les provinces, car le contrôle et la connaissance du territoire national restent fondamentaux pour tout pouvoir. Différents personnages se sont ainsi succédé au fil des temps et ont matérialisé en France la présence concrète d'un Etat par nature abstrait. En supprimant les intendants en 1789, la Révolution a pourtant voulu faire disparaître tout intermédiaire entre pouvoir central et pouvoirs locaux. Mais, face à ce vide, sitôt que le pays est entré dans une crise multiforme, elle a dû se résoudre à innover dans l'urgence. Avec force hésitations, la recherche de solutions nouvelles a ainsi fait naître successivement les représentants du peuple en mission, les commissaires centraux du Directoire, puis les préfets. Tous ces personnages ont été l'objet d'appréciations sévères, voire de légendes noires pérennes, tant il est vrai que la critique de l'Etat et de son poids est presque devenue une sorte de sport national. Alors que la France est entrée depuis 1982 dans une phase dite de " décentralisation " et que fleurit un discours capable de vanter les vertus du " global village " mondial autant que les mérites d'une politique de " proximité ", le présent ouvrage entend rappeler ce qu'ont été les hommes du pouvoir dans les provinces françaises du XVIIe siècle à 1800, avec leurs similitudes aussi bien qu'avec leurs profondes différences. Le lecteur y trouvera matière à réflexion sur notre modèle national de res publica, sur ses racines ainsi que sur nombre d'idées reçues.
Agrégé d'histoire, Michel Biard est maître de conférences à l'Université Paris I Panthéon-Sorbonne. Dans le cadre de l'Institut d'histoire de la Révolution française, ses recherches concernent l'histoire politique ainsi que l'histoire culturelle du XVIIIe siècle, notamment de la période révolutionnaire.
Depuis nombre d'années, un débat agite les historiens sur l'origine et la nature des rapports qu'ont entretenu la Révolution française et la Terreur. De nombreux amalgames et approximations historiques, du reste, vont jusqu'à confondre la "terreur" et les terrorismes actuels. Peut-on réduire la période à ses violences ? Y aurait-il une "politique" et donc un "système" organisé dite "de la Terreur" ? Et quel fut alors le rôle des émotions collectives ? A l'occasion d'analyses particulièrement fines et de rappels historiques précis, Michel Biard développe une réflexion ambitieuse pour faire le point sur ces questions, au-delà de tout parti pris idéologique : à cette condition seulement peut-on essayer de comprendre comment, à une époque, la France a pu être en même temps fraternelle et fratricide. Un ouvrage magistral et décisif sur un thème fondamental de notre histoire et propre à éclairer notre tragique actualité.
Résumé : Printemps 1793. La Convention fait de certains de ses membres des "représentants du peuple en mission" envoyés à ce titre dans toute la France : en ces temps troublés, l'Etat entend renforcer son contrôle sur l'espace national. Pendant près de trois années, ces missionnaires de la République s'emploient, par centaines, à mobiliser leurs concitoyens dans un vaste effort de guerre. Tout en se faisant les agents d'une véritable acculturation politique, relayant symboles et pratiques révolutionnaires auprès d'un peuple qu'il fallait éduquer aux idées de progrès et de raison. Une poignée d'entre eux, comme Carrier à Nantes, allèrent jusqu'à exercer de sanglantes répressions de masse. Cet ouvrage retrace pour la première fois, dans le détail des parcours individuels, l'extraordinaire engagement de ces hommes - leurs convictions aussi, leurs désillusions, leur goût du pouvoir ou leur esprit de sacrifice...
Résumé : Dans le monde entier, citoyens, militants et experts cherchent aujourd'hui à repenser nos sociétés et leur rapport à la nature à l'aune d'un usage et d'un gouvernement en commun des environnements et des ressources. Forêts et pâturages, terres et marais, lacs et rivières, pêcheries, systèmes d'irrigation : partout on redécouvre, expérimente, promeut leur gestion collective, avec l'espoir d'un avenir plus soutenable et plus démocratique. Ce monde des communs est à inventer, mais il hérite aussi d'une longue histoire que ce volume voudrait éclairer. Quelle place ceux-ci ont-ils occupée, en France et dans son Empire, sur la longue durée depuis le XVIIe siècle ? Comment les communs ont-ils évolué en lien avec les mutations de l'Etat et des marchés ? Quelles ont été leurs trajectoires dans le contexte des territoires colonisés par la France ? Et comment restituer toute la complexité des formes de gouvernement collectif des environnements, au-delà d'une conception parfois trop idéalisée des communs ? Une équipe d'historiens présente ici leurs résultats d'enquête sur tout ce pan encore trop méconnu de l'histoire sociale, écologique et politique de nos sociétés.
Les débats autour de la désinformation, des fake news et de la post-vérité risquent d'occulter une crise peut-être plus radicale que la crise de la vérité : la destitution de la réalité elle-même. Cette destitution commence avec la volonté prométhéenne de transformer la nature en environnement, et donc de détruire celle-ci. Elle prend bien d'autres formes, hétérogènes et indépendantes les unes des autres en apparence, mais qui en fait conjoignent leurs effets. L'artificialisme, le simulationnisme, le présentisme, le prédictionnisme, le fictionnisme, le négationnisme, le complotisme et le nihilisme sont les huit formes de destitution de la réalité analysées dans cet essai. Comme l'avait vu le psychanalyste Jacques Lacan, c'est la psychose qui guette l'humanité.
Résumé : Les figures souvent grotesques créées par James Ensor s'animent. Elles évoquent la mer du Nord, Ostende la ville balnéaire et ses habitants évanouis, le retour du carnaval ou le célèbre Bal du Rat mort. Libérées des tableaux où leur apparition continue à nous surprendre, elles haussent parfois le ton entre les murs d'une baraque abandonnée, se répondent et s'affrontent. Elles aimeraient régler de vieux comptes. Elles interpellent un visiteur à la nature incertaine. Tout à la fois ancrées dans leur époque et hors du temps, les voix interrogent, avec une ironie d'outre-tombe, la disparition des corps qui un jour les habillèrent. Avoir connu semblable mascarade est-il possible ailleurs qu'en un rêve où l'on croisera les ombres de Proust, Rilke, Roth, Celan ou Perec bien vivant, installé à la terrasse d'un café ?