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A travers ton corps
Bevilacqua Alberto ; Cavallera Carole
DIFFERENCE
20,30 €
Épuisé
EAN :9782729114831
L'Amant de Lady Chatterley est un des romans les plus célèbres du XXe siècle. Mais on ne sait guère que les découvertes érotiques de Constance Chatterley dans les bras de son garde-chasse ont été imaginées par Lawrence lors de ses nombreux séjours en Italie et en particulier après les semaines qu'il passa au bord de la mer de Ligurie avec son épouse allemande, Frida von Richthofen. Mieux encore : le personnage de Mellors aurait été largement inspiré à l'auteur par un superbe Italien, Angelo Ravagli, qui fut l'amant puis le troisième mari de Frieda à la mort de Lawrence. Telle est la révélation surprenante qui constitue le point de départ d'À travers ton corps. À Spotorno où séjournèrent David et Frieda, dans la villa même qu'ils y avaient louée, Bevilacqua retrouve l'ancien officier des bersagliers, laissé pour compte de l'histoire officielle. Au fil des conversations, le mythe du personnage romanesque fait place à la réalité d'un homme stupéfait de son destin, avide de le comprendre et que Bevilacqua accompagne dans sa découverte, comme un metteur en scène aide l'acteur à saisir son rôle. Mais le romancier ne sort pas indemne de cette enquête qui le plonge dans une étrange osmose avec les souffrances et les tourments de son illustre prédécesseur anglais. Croisement de deux confessions impudiques, rencontre, par-delà les années et la mort, de deux écrivains, À travers ton corps est une réflexion magistrale sur la création, l'identité et l'érotisme.
En 2015, Portrait va à la rencontre de personnes dont les vies sont traversées par plusieurs cultures. Certaines, pour des raisons économiques, politiques, changent de pays depuis des générations, d'autres se penchent sur leur histoire familiale et découvrent des mondes insoupçonnés. Sortir du monde que l'on connaît n'est jamais chose simple, loin s'en faut, mais il semblerait qu'il n'y ait pas meilleur chemin pour entrer dans le sien. Celui où sont installées nos singularités. L'ethnopsychiatre Tobie Nathan s'intéresse à l'invisible : "On dit "cinglé". On a perdu l'invisible qui vous cingle. Ce qui m'intéresse est cet invisible qu'on ne reconnaît qu'aux manifestations extérieures". Elias Sanbar, ambassadeur auprès de l'Unesco, se bat depuis quarante ans pour que la Palestine, le pays où il est né mais n'a jamais vécu, ne soit pas effacée des cartes géographiques. Gladys Marivat, elle, voyage pour s'extraire de sa vie et la rendre ainsi plus riche. Elle partage cette expérience dans son carnet de bord de Berlin au Ladakh. Henriette Walter, professeure émérite de linguistique, tombée, très jeune, en amour pour les mots et les langues, continue, à 80 ans passés, d'être émerveillée par le monde. Enfin dans le portfolio, extrait de Fifty Shrinks, Sebastian Zimmermann, montre, chose rarissime, des psys, ces explorateurs des mondes intérieurs, dans l'intimité de leur cabinet.
Gwen, une jeune femme récemment frappée par un deuil, et Aaron, blond, rassurant et avocat, passent leurs vacances sur une île sans nom, éloignée de tout. Mais sont-ils vraiment seuls dans cet endroit paradisiaque ? La tension monte crescendo, jusqu'à un coup de théâtre inattendu.
Lorsqu'en avril 1946, le jour de Pâques, une révolte éclate dans les murs de la prison San Vittore à Milan, l'Italie - police, gouvernement, opinion publique - peut croire à un soubresaut assez naturel dans un univers carcéral surpeuplé. Constitué d'anciens fascistes de la République de Salo, d'anciens partisans réduits, par la pauvreté, à des délits de droit commun, de femmes et d'adolescents partageant leurs misères et leurs turpitudes, le peuple prisonnier ignore lui-même, lorsqu'il se mutine, qu'il va dangereusement ébranler les premiers gouvernements post-fascistes. De cette histoire vraie dont les archives de presse rapportent la stupéfiante violence, Alberto Bevilacqua a fait un roman construit autour de la figure fascinante du meneur de la rébellion, Ezio Barbieri. Vaurien des bas quartiers de Milan, chef de la redoutable " bande de l'Aprilia noire ", bandit de grande classe dont les pirouettes et provocations mettent en rage les institutions imperméables à son charisme, Barbieri transforme au fil des jours la mutinerie en saine révolte contre l'État corrompu et ses partisans malhonnêtes. Conteur sans égal de l'histoire politique italienne du XXe siècle, créateur de légendes qui restituent, plus justement que la chronique, la vérité des héros, Bevilacqua signe avec La Pâque rouge un portrait flamboyant, épique, de perdant magnifique.
Toi qui m'écoutes est le très bel hommage d'un fils, l'auteur, à sa mère morte en 2003. De cette femme frappée par une terrible dépression, il rassemble des souvenirs fragmentés, les moments de basculement dans la folie, les séjours en hôpital psychiatrique... la guérison enfin, qui fait flamboyer le crépuscule de sa vie et rend au fils aimant le bonheur d'une mère présente et complice. Au fil du récit dont les embardées semblent l'écho de cet esprit dérangé, Bevilacqua réussit à nier la réalité de cette perte insupportable - pas à surmonter sa douleur, mais à s'approprier sa mère au point qu'il la sent vibrer en lui. Portrait autant qu'autoportrait, Toi qui m'écoutes déborde le récit autobiographique et s'épanouit au c?ur du romanesque ; l'écrivain l'emporte sur le fils, les prémisses de la création littéraire sur les prémices de la vie. A cette mère brutalisée par l'existence, Alberto Bevilacqua offre une transfiguration légendaire qui l'installe à jamais dans la paix des personnages de roman.
Vingt et une nouvelles où, à chaque fois, se joue, le temps d'un éclair, le sens de la vie. Anecdote, hasard, rencontre, pour qui sait les déchiffrer, projettent un faisceau de lumière sur les mobiles souterrains qui déterminent l'existence. Après L'Embranchement des heures, en 1991, Le Double du calendrier, en 1993, L'Angle de vue, en 1997, Philippe Jones persévère, en orfèvre, dans l'art du bref.
C'est un "autoportrait" que nous offre le grand écrivain marocain dans cette évocation de ses années de formation et de son parcours. "Dans le chemin vers soi-même, on peut dire: je, ou bien: moi, je. A condition d'être à l'écoute de son inconscient. Le moi n'est ni haïssable, ni adorable. C'est un masque singulier d'altérité. Au cours de la composition de cet opuscule, j'espère avoir sacrifié la variété mobile de l'égotisme à quelques lignes directrices, livrées par la force des choses aux accidents de la vie et aux jeux du langage. Tel aura été cet essai qui s'est aventuré entre l'autobiographie, le témoignage et le récit intellectuel." Biographie de l'auteur Abdelkéhir Khatihi écrit ses premiers poèmes à douze ans. Le français devient sa langue d'écriture et il poursuit des études supérieures à la Sorbonne, où il obtient un doctorat en sociologie en 1965. A son retour au Maroc, il mène une intense activité: chercheur, écrivain, enseignant et syndicaliste. En 1971, Maurice Nadeau édite son premier récit, La Mémoire tatouée. Son oeuvre plurielle (en littérature, sciences sociales, critique d'art), traduite en plusieurs langues, a été consacrée par des Prix nationaux et internationaux. Trois volumes de ses ?uvres ont paru à La Différence en janvier 2008.
Rabindranath Thakur dit Tagore (1861-1941). Né à Calcutta dans une famille de lettrés opposés au système des castes, Tagore devient célèbre à seize ans en rédigeant une oeuvre qu'il fait passer pour celle d'un poète indien du XVIIe siècle. Il écrit aussi la première nouvelle en langue bengalie. Après des études de droit en Angleterre, il revient au Bengale en 1880. Infatigable voyageur, engagé en faveur de l'indépendance de l'Inde et d'un changement de la condition des femmes, il reçoit en 1913 le prix Nobel de Littérature qui assoit durablement son oeuvre parmi les plus importantes de la littérature mondiale. Ayant touché à tous les genres (poésie, romans, théâtre, musique et même peinture) c'est néanmoins sa poésie qui fit l'admiration de André Gide, Maurice Maeterlinck, Pierre Jean Jouve, Henri Bergson, Thomas Mann, Bernard Shaw et de beaucoup d'autres. La poésie est la première parole. Mythes, épopées, oracles, voix des mystères et des mystiques, puis de l'amour, de l'indignation, de la révolte, de l'espoir ou de l'humour, de la vie quotidienne et de la solitude. Introuvables ou retraduites, classiques ou contemporaines, familières ou méconnues, ce sont ces voix innombrables que la collection Orphée souhaite faire entendre parce que plus que jamais elles sont nôtres.
Abdellatif Laâbi est un écrivain imprévisible. On dirait que sa devise est de ne pas être là où le lecteur l'attend. Le présent ouvrage en est la parfaite illustration. S'agit-il d'un livre de mémoires, d'un journal intime, d'une relation de voyages, d'un récit avec un dosage ingénieux d'autobiographie et de fiction de soi? A moins qu'il ne s'apparente au genre des confessions, dans le sillage de saint Augustin et de Rousseau? Voilà autant de vraies-fausses pistes où Laâbi, le sourire en coin, engage le lecteur. Son souci? Faire en sorte que ce dernier mette ses pas dans les siens, devienne témoin et partie prenante de la nouvelle aventure littéraire et humaine qu'il lui propose. Imprévu, de l'aveu de l'auteur, ce livre interroge avec un humour parfois ravageur nos modes de perception, de lecture, et nos questionnements. Traversée fulgurante des saisons de la vie, quête spirituelle, témoignage à vif, il nous replonge (chose cette fois prévisible venant de Laâbi) dans les convulsions de notre époque et ses combats salutaires.