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Dissidences N° 16 : L'extrême gauche saisie par les lettres
Beuvain Christian ; Lanuque Jean-Guillaume ; Thoma
BORD DE L EAU
20,00 €
Épuisé
EAN :9782356875600
De Nous voulons tout de Nanni Balestrini à Underworld USA de James Elroy, en passant par Le Père de Blanche-Neige de Belén Gopequi, Das Luxemburg-Komplott de Christian von Ditfurth ou L'Homme qui aimait les chiens de Léonardo Padura, les exemples contemporains de traitement du réel révolutionnaire à travers le miroir de l'imaginaire artistique sont légion, touchant aussi bien la littérature "blanche" que les "mauvais" genres, roman noir (Nous Cheminons entourés de fantômes aux fronts troués de Jean-François Vilar) et science-fiction (Les Dépossédés d'Ursula Le Guin). C'est à ce kaléidoscope fictionnel que ce volume de Dissidences souhaite s'intéresser, en prenant la littérature dans sa totalité en tant que miroir, révélateur ou passeur de l'extrême gauche. Sont ainsi abordées les mutations du sujet révolutionnaire, telles qu'elles peuvent être repérée ; dans la littérature noire américaine, ou les romans El Padre de Blancanieves de Belén Gopegui et Les Renards pâles de Yannick Haenel ; la guerre d'Algérie traversant le prisme De nos frères blessés (Joseph Andras) ou de la revue Action poétique ; le militantisme maoïste, dont une des sorties privilégiées pourrait bien se faire par l'écriture littéraire, celle de Charles Paron ou des anciens établis. Deux contributions reviennent également sur des réminiscences de l'ancien efficace communiste, que ce soit à travers les uchronies prenant 1917 comme focale, ou le roman espagnol d'envergure qu'est La Caverna del comunismo d'Andrés Sorel. D'autres articles se penchent sur les traitements fictionnels récents d'une Révolution française toujours brûlante ; sur les écrits poétiques de Gérard Chaliand ou sur ceux d'Aragon, Auden et Brecht analysés par Florian Mahot-Boudias ; sur l'autopsie des années 1970 et des espoirs incandescents de changer le monde, entre autres, par la lutte armée, pratiquée par Mathieu Riboulet, Ulrike Edschmid et Alban Lefranc. Enfin, la clandestinité du PCMLF aux lendemains de Mai 68 est soumise au feu de la critique en varia. Autant de réflexions qui constituent une invitation à saisir la littérature comme vecteur révolutionnaire, dans le cadre d'une politisation de la fiction plus que jamais d'actualité.
La végétalité est ici pensée comme un phénomène de représentation qui travaille les formes de l'Art Brut. La végétalité s'entend comme modalité d'apparaître d'une multiplicité de féminins et oeuvre à l'incarnation des corps créateurs mus par un désir d'existence. Ce concept se déploie dans la diversité de notions et de formes - dimension ornementale, parure, matière, dessin, textile, rhizome - qui rythment les créations textiles de Jeanne Tripier et de Juliette Elisa Bataille, les robes créées par Marguerite Sirvins, Jeanne Laporte-Fromage et Madge Gill et l'oeuvre dessinée d'Aloïse Corbaz. La poussée végétale qui bruisse en chacune de ces oeuvres nous amène alors à imaginer et rencontrer les corps en situation de création et soumis à la clôture de l'espace asilaire européen au XXe siècle.
Beuvain Christian ; Moulain Stéphane ; Rapin Ami-J
La collection Dissidences, qui fait suite à la revue (créée en 1998) du même nom, Dissidences (Bulletin de Liaison des Etudes sur les Mouvements Révolutionnaires), a pour objectif de concourir à une approche dépassionnée et scientifique des mouvements révolutionnaires sous toutes leurs formes, politiques, artistiques, sociales, etc. Créer une dynamique, rassembler les chercheurs, leur fournir des outils de travail, les guider dans le paysage éclaté des sources, recenser et stimuler la production de travaux inédits, faire avancer la compréhension des mouvements révolutionnaires sont ainsi quelques-uns de nos objectifs, et ce à travers un croisement de diverses disciplines. Chaque volume s'organisera donc autour d'un dossier thématique visant à l'exploration d'une partie de ce champ d'étude. Pour ce premier volume, nous avons choisi de nous intéresser à l'articulation entre révolution, lutte armée et terrorisme. En dehors d'une large bibliographie, d'une réflexion générale sur les stratégies révolutionnaires et d'une analyse des relations entre trotskysme et terrorisme, diverses aires géographiques sont abordées : l'Europe avec l'Espagne (ETA, le MIL) et l'Allemagne (la RAF), l'Amérique latine (Bolivie, opération Condor) et l'Amérique du nord (les Black Panthers et le terrorisme d'extrême gauche).
Comment les acteurs, dans le cadre de leur travail, définissent et perçoivent la rationalité économique et quelle place occupe-t-elle dans le rapport au travail ? A partir de deux univers opposés apriori, le secteur de l'industrie automobile et l'hôpital public, cette recherche tente de comprendre ce que l'économie fait au travail. Elle appréhende la rationalité économique comme une composante de l'activité et analyse comment les acteurs l'intègrent, s'en arrangent ou la contestent. Les deux univers retenus proposent différentes facettes de la rationalité économique, tour à tour perçue comme une entrave au travail, elle abime l'activité ; comme une de ses composantes qui ne saurait supplanter les règles de l'art et les savoirs faire ; et enfin comme une dimension morale qui permet de mettre fin à l'activité, elle fixe les limites entre ce qui est raisonnable et ce qui ne l'est pas. Ces trois manières d'éprouver la rationalité économique se combinent plus qu'elles opposent. Elles viennent d'abord rappeler que le rapport au travail n'est pas seulement donné par des éléments objectifs de la situation. Le travail est aussi le fruit de l'action des acteurs capables de rendre compte de ce qu'ils font.
Passer de l'immobilité à la plus rapide possible des mobilités : cette obsession humaine est immémoriale. De tous temps les humains ont cherché à se mouvoir le plus vite possible, à quitter le statut d'êtres immobiles, posés là quelque part à la surface du monde, pour conquérir celui d'êtres mouvants, en déplacement — un déplacement autant que faire se peut exceptionnel par sa vitesse. par la distance parcourue en un éclair, par la capacité à faire valoir l'espace contre le temps et le temps contre l'espace. Le dragster, dans cette entreprise anthropologique, est le vecteur par excellence approprié. Qu'il compte deux, trois ou quatre roues, cet engin mécanique né avec le XXe siècle est conçu pour l'accélération et pour elle seule. Le dragster, ce sont des prises de vitesse insensées, un parcours sur piste, en ligne droite, réduit au minimum (quelques centaines de mètres tout au plus) et, pour son pilote, des sensations à la fois brutales et complexes. Brutales, car le corps du dragstériste, lors du "run", peut encaisser en quelques secondes 7 G — sept fois la charge de son propre poids — ou plus encore. Complexes, car la compétition dragstérienne vise cet objectif aussi héroïque qu'absurde, annuler le temps écoulé en ne gardant que l'espace conquis.
Comment expliquer qu'un mode d'organisation capitaliste - fondé sur un principe d'accumulation continue - autorise la perpétuation d'activités qui obéissent à une autre logique et paraissent lui poser des limites ? Pour résoudre cette énigme, l'ouvrage évalue les clés de lecture disponibles et formule de nouvelles propositions. Pour nombre d'auteurs, le capitalisme procède de forces économiques naturelles et autonomes, accompagnées ou canalisées dans un second temps par quelques politiques publiques. Il se heurte parfois à une résistance - que le terme serve à désigner une force d'obstruction passive ou une capacité de mobilisation. L'ouvrage invite à inverser la perspective et à considérer plutôt les rapports de force politiques qui débouchent sur la représentation d'un ordre économique naturel et qui expliquent le développement du capitalisme. Il examine sur ce mode les activités des entrepreneurs, mais aussi les affrontements entre chercheurs et les luttes qui ont cours au sein des administrations publiques. Dans leur ensemble et par leur articulation, différents champs composent ainsi les structures politiques de l'accumulation. Dans certains cas et sous certaines conditions, des activités non capitalistes s'en trouvent dans le temps confortées : de multiples agents les perçoivent comme extérieures à l'ordre économique naturel ; ils anticipent leur disparition et se persuadent qu'il suffit de laisser la nature accomplir son oeuvre. Nul ne travaille à leur élimination ni ne pousse à l'organisation d'un mouvement qui en prendrait la défense. Pour mesurer la portée de ses propositions, l'auteur retient l'exemple de l'agriculture en Roumanie : il s'efforce d'expliquer la coexistence sur ce terrain de grandes exploitations capitalistes et de petites propriétés qui entretiennent des pratiques d'autoconsommation, sans prêter à la moindre forme d'accumulation. Au-delà de ce cas d'étude, l'ouvrage affiche une visée pédagogique et offre une présentation actualisée des théories du capitalisme. Il pose par ailleurs les bases d'un nouveau programme de recherche en économie politique.
Le jardin occidental prolonge l'imaginaire de la maison et de l'intimité mais ne s'y limite pas. Il entoure. Ce faisant, il est un trait d'union entre soi-même et les autres, le lieu d'expérimentations de relations au vivant et d'ordonnancement d'un bout d'univers. Cultiver son jardin. Au coeur de cette activité ordinaire s'entremêlent des problèmes techniques, esthétiques, cosmologiques, économiques, politiques. Ici, rien n'est pur. De l'antiquité grecque à nos jours, l'histoire retracée dans cet ouvrage nous l'enseigne : derrière les haies, se déploient une fantaisie active et une variété de façons d'apréhender "l'usage de la nature". Aujourd'hui, plus que jamais, bousculant l'ordre institué, s'inventent d'autres modes d'intervention humaine. Une métaphysique par les mains pour une éthique renouvelée ?