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Du courage. Une histoire philosophique
Berns Thomas ; Blésin Laurence ; Jeanmart Gaëlle
ENCRE MARINE
20,00 €
Épuisé
EAN :9782350880242
Après la longue mise en veilleuse par les Modernes de tout " discours sur les vertus ", force est de constater un retour de la notion de courage dans les discours contemporains : non seulement dans le champ médiatique, prompt à ériger de nouveaux temples pour des héros d'un jour, mais plus encore dans un certain discours politique qui appelle les individus tantôt à la performance, tantôt à la responsabilisation de soi. Face à ce retour qui agit à la manière d'une injonction, cet essai veut se réapproprier la notion de courage par les chemins de son histoire philosophique, de manière à indiquer les présupposés et les conséquences de ce nouvel appel commun à l'héroïsme individuel. Le courage est-il un acte héroïque, tel que mis en scène dans l'Iliade d'Homère, ou réside-t-il dans une patience discrète, valorisée par les chrétiens ? Doit-il être pensé comme modération, dans la lignée de la morale d'Aristote, ou comme excès politique à la façon machiavélienne ? S'agit-il d'une vertu individuelle, comme le suppose l'éthique grecque, ou d'une vertu collective et anonyme telle qu'une tradition républicaine plus romaine le suggère ? Est-il défini par l'action, comme chez Arendt, ou par la réflexion, comme chez Platon et Kant ? S'il est action, celle-ci doit-elle être pensée dans son caractère radicalement politique ou, au contraire, comme le réclame Dewey, dans son contexte social ? S'il est par contre réflexion, celle-ci n'est-elle pas alors d'abord celle du philosophe sur sa propre actualité, comme le suggère Foucault ?
Dans les pensées libres de Machiavel et de Montaigne, la loi est essentiellement inscrite dans la diversité, la violence, le conflit et la possibilité même de sa corruption. Mais malgré cette historicité, la question du fondement de l'autorité de la loi est posée, dans toute son incertitude, et peut donc être suivie pas à pas dans les textes de ces deux penseurs, que Thomas Berns resitue dans une gigantesque fresque de la perception pré-moderne du politique. Or, chez Machiavel comme chez Montaigne, la réponse à cette question de la loi s'articulera essentiellement - même si dans des sens précisément opposés - au moment de l'origine de cette dernière. A leur suite, et en se mettant donc volontairement en marge des approches fondatrices traditionnelles de l'autorité, Thomas Berns cerne le débat politique le plus profond mais aussi le plus enfoui par les prétentions unifiantes de la philosophie politique : un débat qui oscillerait entre un mouvement de retour constant de l'Etat vers son originaire le plus conflictuel, indiqué par Machiavel, et un mouvement d'oubli décisif, mais donc conscient, de ce même originaire, réclamé par Montaigne. De la sorte, avec Machiavel et Montaigne, c'est aussi tout l'impensé de l'histoire dominante de la philosophie politique, en particulier telle qu'elle est représentée aujourd'hui, qui peut être repensé.
Le droit des gens moderne est présenté d'habitude comme une mise en forme juridique de ce qui jusqu'alors, dans la théorie de la guerre juste médiévale (de saint Augustin à saint Thomas) apparaissait comme une réflexion sur le péché, comme une théorie morale. La période moderne serait ainsi le moment charnière du passage des théories de la guerre juste à celui, objectivé et salvateur, de la guerre questionnée dans ses formes, dans sa régularité, avec les limitations strictes de la violence que cela induit. Comment le droit des gens prend-il forme autour de cette ambition, et jusqu'où peut-on considérer qu'il s'agit là d'un mouvement unitaire et proprement moderne ? Qu'advient-il de la justice de la guerre lorsqu'elle se confronte à sa formalisation juridique ? Dans quelle mesure l'approche plus formelle qui se dessine ouvre-t-elle à des possibilités nouvelles de régulation du conflit ? Les textes réunis dans ce volume cherchent à répondre à ces questions à partir de sources philosophiques et de problématiques variées. Des précurseurs aux figures emblématiques du droit des gens moderne, de Vitoria, Grotius, Hobbes, Leibniz ou Kant à Maistre et Hegel, de ses racines antiques et médiévales à l'idée de son crépuscule advenu avec la Grande Guerre, le tout ponctué par un dialogue critique avec Carl Schmitt, ce recueil interroge les théories de la guerre juste à l'aune de la modernité et de "son" droit des gens, et réciproquement.
De la libre concurrence au rapport de couple, en passant par la logistique, la stratégie militaire, la génétique ou la santé mentale, rien re semble échapper à la communication et l'information. Ces dernières deviennent l'expression d'une réalité de plus en plus générique et recoupent un nombre croissant de domaines d'expérience. La communication est l'objet central de l'économie : le "capitalisme cognitif ". Elle équivaut au social : la "société de l'information u. Elle serait le seul vecteur de régulation politique et le garant de la démocratie à l'ère post-idéologique. Elle serait l'élément commun des sciences de la vie, des sciences mathématiques et des sciences humaines... Le fait que la communication apparaisse ainsi comme l'unique horizon éthique et que les techniques qui lui sont inhérentes deviennent la solution de toute action est le point de départ à partir duquel ce livre entend développer une initiation philosophique, elle-même mue par deux principes : refuser toute instrumentalisation de la philosophie parla technique et toute réduction de la technique à un niveau instrumental. Cette initiation se développe tout d'abord en parcourant quelques figures majeures de la philosophie de la technique, comme Heidegger, Simondon et la tradition cybernétique ; ensuite en exposant les fondements de l'idée selon laquelle l'espace public est un espace de communication, de Kant à Habermas ; enfin en analysant la mise en difficulté d'une telle idée parla théorie du performatif, d'Austin à Derrida. Sur de telles bases, il sera possible de diagnostiquer une société qui fait de la transparence son idéal et dans laquelle, techniquement, tout peut désormais communiquer et chaque information être traitée statistiquement de manière automatique.
Dans tous les pays du monde, lorsque le vigneron élève son vin dans une barrique, la porosité du bois qui en constitue les parois laisse s'évaporer une partie des liquides dans une proportion que l'on ne saurait négliger. On appelle cette évaporation: "la part des anges". Jour après jour, le paysan compense cette part des anges en ajoutant du vin. On appelle cette compensation: l'"ouillage". La plupart des grands vins qui réjouissent nos coeurs sont nés dans ces conditions. Une institution de soin, médico-sociale ou d'éducation, c'est un être vivant comme l'est aussi un vin. Ici les anges sont les rêves, et si les institutions écartent cette part du rêve, cette part offerte au rêve, elles s'étiolent, se referment, et ne produisent plus les effets escomptés. Ce rêve, c'est la régulation qui le fournit ou plutôt qui l'entretient. Si aucun régulateur ne vient plus accomplir cet ouillage dans le tonneau institutionnel, alors la pratique s'évente, s'aigrit, et finalement se mue en vinaigre. Pour vivre, une institution a besoin de cette part du rêve qui semble être une perte de prime abord; mais cette perte est indispensable, à l'instar des vins les plus précieux, pour lui assurer structure et qualité. Cette perte est en définitive un gain. Voilà l'état d'esprit qui m'a guidé pour écrire ce livre. J'ai voulu analyser les rouages de ce que l'on appelle régulation, supervision, ou encore analyse des pratiques selon deux points de vue différents: rendre compte d'une pratique d'une part, sans toutefois tomber dans la banalité du simple témoignage; et proposer des supports théoriques pour en éclairer les bases, pour tenter d'écrire les prémisses d'une théorie de la régulation.
L'auteur se propose de dire les contenus du bonheur, en tant que celui-ci est l'activité toujours possible et toujours pensable d'un sujet libre, et une réalité à la fois extrême et accessible. Il s'agit aussi d'établir les conditions d'accès à ce bonheur et de déployer en même temps les actes qui le constituent. Car le bonheur d'être est plus qu'un "état" de conscience ou une condition "sociale; il est l'unité synthétique de quelques formes actives de la joie. La méthode employée ici n'est pas séparable de la doctrine. La phénoménologie en première personne décrit ici le sujet comme libre désir et comme réflexion fondatrice; cette phénoménologie est existentielle parce qu'elle est opérée par l'existant pour l'existant, se saisissant comme sujet actif. Trois étapes, formant les trois axes de la joie, sont analysées: la joie de se fonder soi-même en une première puis en une seconde fondation, la joie d'amour dans un registre tout autre que banal et dont se font l'écho Segalen, Thérèse d'Avila, Saint-John Perse ou Rilke, et enfin les formes poétiques et les formes actives de la jouissance du monde. L'ensemble de ce mouvement se déploie comme un Voyage qui est à la fois progression conceptuelle réflexive et itinéraire d'existence, expérience d'être. L'enjeu en est non seulement la signification du désir, mais encore le présent et l'avenir de la philosophie. Par l'analyse de la joie qui anime toute l'existence concrète, s'éclairent à la fois la juste révolte contre l'horreur et la validité de la jouissance et de l'espoir. Se dessine en même temps une philosophie du sujet en première personne, qui est aussi une philosophie de la liberté heureuse. S'exprime enfin la portée éthique et substantielle du cheminement d'une oeuvre conçu comme l'affirmation de l'être et du sens."
Cette autobiographie est celle d'un philosophe du bonheur. Mais elle n'est pas un traité ni une démonstration, elle est le récit concret d'une vie singulière. Cette vie est en même temps sa propre invention, saisie et voulue comme telle. Elle met en scène les actes de rupture, les créations et les fulgurances qui sont en fait le déploiement même du Désir et de la liberté. Dans le mouvement concret de la vie, dramatique ou comblée, prend place aussi le mouvement de la réflexion. L'auteur suit le fil mnémonique de sa propre pensée et rend compte du travail et de la gestation de chacun de ses livres. L'oeuvre qui a exprimé et construit la vie heureuse est ici éclairée en retour par cette vie même. Une vérité, ni morale ni psychologique, prend forme peu à peu: au-delà de toutes les idéologies du siècle, une philosophie du sujet et de la liberté peut être à la fois le miroir d'une vie et la source même de cette vie. C'est la pensée de la liberté heureuse qui crée et la liberté vraie et la joie.
Toute ma philosophie a sa source dans mon coeur" écrit Vauvenargues ; et Auguste Comte affirme "la prépondérance du coeur sur l'esprit" et entend instaurer le "règne du coeur". De là, ces Conversations avec Vauvenargues, Auguste Comte et d'autres auteurs, autour de la notion de coeur - comme ce qui dans l'homme est le plus sensible à autrui, à sa peine, à sa souffrance - et autour de tous les sentiments ou vertus qui ont leur racine dans le coeur, telles que la fidélité, la gratitude, la ferveur, la pitié, la générosité, l'admiration, mais aussi et surtout l'amitié et l'amour.