Notre site web sera en maintenance ce mardi 3 février après-midi. Les commandes enregistrées ne subirons pas de retard de traitement.
La légèreté et le grave. Une histoire du XVIIIe siècle en tableaux
Berly Cécile
PASSES COMPOSES
24,00 €
Épuisé
EAN :9782379334009
Cette histoire du XVIIIe siècle commence avec Le Pèlerinage à l'île de Cythère d'Antoine Watteau et s'achève avec La Mort de Marat de Jacques-Louis David. La naissance de la fête galante versus l'agonie d'un tribun politique. Deux chefs-d'oeuvre qui illustrent, à leur paroxysme, la légèreté et la gravité d'un siècle, deux facettes antagonistes mais complémentaires d'une même époque. Ici le XVIIIe siècle est abordé à partir de dix tableaux qui sont autant de jalons pour le comprendre, pour le saisir dans toutes ses contradictions. La plupart de ces oeuvres n'ont pas seulement été saluées au moment de leur exposition au Salon de peinture et de sculpture, qui se tenait au Louvre tous les deux ans. Parce que ces tableaux sont des chefs-d'oeuvre, ils correspondent chacun à leur époque, ils l'incarnent aussi bien des points de vue artistique, culturel, philosophique, social, économique et, bien évidemment, politique.
Incarnant un XVIIIe siècle parfaitement idéalisé, Marie-Antoinette, trajectoire féminine et royale peu commune, suscite de nombreuses idées reçues. Elle est, au choix, la reine guillotinée, l'Autrichienne, la femme coquette jouant à la bergère, l'épouse infidèle, la mère attentive et moderne, la femme dépensière qui aurait vidé les caisses de l'Etat, la victime de la Révolution... Autant d'idées révélatrices des tensions accumulées à la veille de la Révolution, autant de fantasmes qui perdureront avec le temps. Récemment, elle est enfin devenue un objet historique, un miroir de la société et de ses affects, ainsi que de la place publique accordée aux femmes. La recherche historique autour de la reine et de la femme nous aide ainsi à appréhender un passé complexe, celui de la fin de l'Ancien Régime et de la Révolution française.
Le XVIIIe est le siècle de la lettre. Jamais on est allé aussi loin dans la pratique épistolaire, dans l'écriture de soi, dans le besoin de dire et de se raconter. Ce sont avant tout les femmes qui se distinguent, dans l'écriture, même si elles ne prétendent au statut d'écrivain, de femmes de lettres. A lire Madame du Deffand, Madame Roland et Madame Vigée Le Brun, on comprend bien vite qu'il n'en est rien. Quoi qu'elles en disent ou écrivent. Par la lettre, elles contournent, sans en avoir probablement conscience, les obstacles sociétaux, moraux et littéraires. Madame du Deffand (1696-1780), l'une des salonnières françaises les plus réputées, écrit pour fuir son ennui, véritable maladie de l'âme. Baignée de culture aristocratique, mondaine, lettrée, Madame du Deffand incarne la société d'Ancien Régime dans ce qu'elle a de plus frivole, de plus mélancolique aussi. Madame Roland (1754-1793) écrit, quant à elle, le sentiment puis la politique. Nourrie de philosophie, elle est une idéaliste en tout : en amitié, en amour et même en politique. Madame Vigée Le Brun (1755-1842), enfin, écrit pour rassembler ses Souvenirs, pour les " fabriquer ". Elle écrit pour peindre autrement, avec énergie, douceur, ayant le sens quasi inné de la composition et le goût de gommer, d'atténuer les défauts.
La simple évocation de Marie-Antoinette renvoie à de nombreux clichés: la reine guillotinée, l?Autrichienne, la femme coquette jouant à la bergère dans son domaine de Trianon et au Hameau, l?épouse insatisfaite, la mère attentive et moderne, la femme dépensière qui a vidé les caisses de l?État, la reine martyr, victime emblématique de la Révolution française, etc. Marie-Antoinette, on le voit, accumule de façon exceptionnelle les idées reçues. Elle est une reine et une femme qui a suscité les fantasmes les plus improbables auprès de ses contemporains, et au cours des siècles qui suivront. Incarnant un XVIIIe siècle idéalisé, Marie-Antoinette suscite de nombreuses écritures et réécritures historiques. Chaque époque avec ses propres sensibilités, a créé une Marie-Antoinette qui est, en quelque sorte, un miroir de la société, de ses affects et de la place qu?elle accorde aux femmes dans l?espace public. Les historiens commencent seulement à faire de Marie-Antoinette un objet historique, certes bien difficile à dépassionner tant celle-ci déborde les cadres de pensée de l?Histoire: les créateurs, qu?ils soient cinéastes, romanciers, stylistes, peintres, musiciens... voire même pâtissiers, proposent leur propre interprétation du caractère et du rôle joué ou non par la reine... autant de relectures d?un passé complexe, celui de la fin de l?ancien régime et de la Révolution française.
Si les trois fils de Philippe le Bel, qui régnèrent de 1314 à 1328, sont connus grâce aux livres de Maurice Druon et à la série qui en a été tirée - Les Rois maudits -, que savons-nous réellement de la vie et de l'action des derniers Capétiens ? La fiction a certes retenu les frasques de leurs épouses dans la tour de Nesle ou la supposée malédiction lancée depuis son bûcher par Jacques de Molay, mais la place de leurs règnes mérite en réalité d'être réévaluée. Pour comprendre la politique de Louis X (1314-1316), Philippe V (1316-1322) et Charles IV (1322-1328), et la dynamique qui entraîne la fin d'une dynastie qui régna sur la France pendant plus de trois siècles, l'auteure s'empare des pièces à la disposition de l'historien. Elle montre alors qu'en parachevant l'oeuvre de leur père, les trois frères ont, chacun avec leur personnalité, posé les fondements de la France des Valois et comptent eux aussi parmi les artisans de la construction de la monarchie française.
Personne ne comprend au bon moment ", écrit Goethe dans Le Divan. Serait-il ainsi trop compliqué de comprendre la grandeur d'un empire, la République, l'octroi de la citoyenneté, la figure de l'étranger, l'Algérie, le Moyen-Orient, les Arabes, les musulmans, les cités contemporaines, la Marche des Beurs, l'Attentat, l'assimilation ? Comment est-on passé, depuis 1989, du " beur " au " musulman " puis à " l'islamiste " ? Telles sont les questions posées par Saber Mansouri dans cet essai aussi original qu'accessible, et non dénué d'humour. Alors refaire la France, ce n'est pas la culpabiliser. C'est initier sa renaissance sans lui demander une réparation financière des crimes commis pendant la colonisation, sans fantasmer un " grand remplacement " pour gagner le pouvoir, mais en exigeant d'elle l'estime de ses propres citoyens, ceux qui prient et ceux qui ne croient plus. C'est gouverner sans raconter d'histoires en somme, avec l'unique philosophie vertueuse : l'estime des siens, de tous les siens.
L'histoire des cinq premiers siècles de l'Islam, de la mort du Prophète (632) à l'émergence des sultanats turcs (XIe siècle), en passant par les conquêtes arabes, la mise en place du califat, l'éclosion et la chute des dynasties abbasside, omeyyade ou almohade, tel est le propos de Gabriel Martinez-Gros. Mais pour sortir d'une histoire de l'Islam vue d'Occident, et sans tomber dans l'illusion d'une histoire mondiale qui aboutit inévitablement à la réaffirmation du triomphe de l'exception occidentale, l'auteur convoque les quelques rares voix qui nous parviennent encore du fond de l'histoire islamique. Ces voix, ce sont celles des historiens arabes médiévaux, dont Ibn Khaldun et Ibn al-Athir. Ainsi se dessine une toute autre perception tant de l'Islam que de l'Empire, où les dynasties se consolident dans la première génération de leur existence, atteignent leur floraison dans la deuxième, vieillissent et agonisent dans la dernière. C'est donc à une triple réflexion que nous invite l'auteur : d'abord sur l'histoire de l'Islam, ensuite sur la dynamique impériale, enfin sur l'écriture de l'histoire. Un chef-d'oeuvre.
Guillotiné le 28 juillet 1794 à l'âge de vingt-six ans, en même temps que Robespierre, Louis-Antoine de Saint-Just a suscité la fascination de tous les historiens de-la période révolutionnaire et inspiré de nombreux philosophes, artistes et écrivains. Membre du Comité de salut public, auteur de rapports qui contribuèrent à bouleverser le cours de la Révolution, organisateur de la victoire aux armées, penseur des institutions républicaines et incarnation d'une Terreur fanatique, celui que Michelet surnommait l'archange de la mort a tout d'un personnage singulier. Alors que sa dernière biographie a été publiée voici plus de trente ans, Antoine Boulant s'appuie sur les travaux les plus récents et de nombreuses sources d'archives pour brosser un portrait aussi rigoureux que nuancé de cet acteur de premier plan de l'histoire politique française.