Après un renouvellement des études qui a touché d'autres domaines des sciences sociales (la politologie, la sociologie), l'histoire de la police connaît aujourd'hui des évolutions profondes. La diversité des situations historiographiques qui prévaut en Europe, les acquis récents de la recherche, ont conduit à privilégier dans cet ouvrage à la fois une dimension résolument comparatiste et un réel décloisonnement chronologique et disciplinaire. C'est la première fois qu'en France, un tel bilan international est proposé, une telle confrontation est tentée dans la longue durée, réunissant historiens, sociologues, juristes et politistes à l'échelle de l'Europe. Pour tous les spécialistes qui ont accepté d'ouvrir le dialogue, il s'agit d'interroger les formes de la professionnalisation policière dans des espaces politiques variés, avec leurs évolutions, leurs ruptures ou leurs éléments de continuité. Il s'agit de comprendre quels échanges ont existé entre les modèles adoptés par les uns et par les autres, quelles voies a pu prendre la construction des identités professionnelles. Cela revient aussi pour une part à interroger les fondements de la légitimité politique et sociale des interventions policières. Cela y compris dans les périodes de crise, lorsque la police réfléchit sur elle-même, pour justifier ou adapter son action, pérenniser son existence, accroître ses moyens et ses pouvoirs. Autant qu'une mise au point inédite, cet ouvrage se veut point de départ d'une réflexion renouvelée et pluridisciplinaire sur ce chantier de l'histoire des polices.
Sept cents ans de crimes et châtiments. Le crime fascine, passionne... et fait vendre. Or, depuis l'engagement de Voltaire dans l'affaire Calas et celui des " intellectuels " dans l'affaire Dreyfus, l'histoire et les historiens ont toute leur place pour enquêter sur cette " passion française ". Du procès de Gilles de Rais à l'assassinat de Jacques Roseau - la dernière victime de l'Algérie française -, en passant par le procès du régicide Damiens, l'affaire des " chauffeurs " d'Orgères, celle de Joseph Vacher, qualifié de " Jack l'Eventreur français ", des soeurs Papin ou encore de la tuerie d'Auriol, c'est en somme à un voyage à travers sept siècles qu'invite cet ouvrage. Un retour sur des affaires, grandes ou petites, célèbres ou inconnues, oubliées ou mythifiées - du Moyen Age à la Ve République - que relate avec brio l'équipe réunie sous la direction de Jean-Marc Berlière.
Entre le 20 août et le 22 septembre 1944, dans la tourmente de la Libération de Paris, près de quarante cadavres sont repêchés dans la Seine. Les corps portent au cou, attaché par une cordelette de soie, le même pavé de grès. Qui sont-ils ? Jean-Marc Berlière et Franck Liaigre ont mené l'enquête. Tous les chemins les ont conduits à l'Institut dentaire, sinistre centre clandestin de séquestration et d'exécution où plus de deux cents personnes furent incarcérées et torturées entre le 20 août et le 15 septembre 1944. Qui tenait ce centre ? La Milice ? La Gestapo ? Non, des FTP de la dernière heure qui profitèrent de ces troubles journées pour régler quelques comptes sanglants. Un livre d'histoire qui se lit comme un roman noir.
Résumé : Les historiens mènent l'enquête et se penchent sur 18 affaires criminelles, du Moyen Age à la Ve République - de Gilles de Rais à Jacques Roseau, la dernière victime de l'Algérie française. Le crime fascine, le crime passionne et le crime fait vendre. Or depuis l'engagement de Voltaire dans l'affaire Calas, et celle des " intellectuels " dans l'affaire Dreyfus, l'histoire et les historiens ont toute leur place pour enquêter sur cette " passion française ". D'autant que l'enquête, c'est-à-dire la recherche des traces et indices pour l'établissement des faits, de la vérité, constitue justement le quotidien de la recherche historique. L'historien a tout loisir de replacer l'affaire dans l'échelle des temps, de suivre, d'analyser la naissance et la propagation des mythes et rumeurs, en bref tout ce que le fait criminel donne à lire d'une époque, de ses angoisses, de sa sensibilité, de ses phobies. On le sait, aujourd'hui encore, le blasphème peut être mortel, mais on a oublié que le vol de linge était passible de la potence sous l'Ancien Régime : qui ne s'indignerait aujourd'hui de la condamnation à mort d'un voleur de mouchoir ? Le "crime" ne se limite pas au meurtre ou à l'assassinat. Sa qualification, sa condamnation, sa définition, sa réprobation varient en fonction des lieux et des époques, il entre en résonnance avec son temps dont il dit, mieux que tout, la nature profonde. Du procès de Gilles de Rais à l'assassinat de Jacques Roseau - la dernière victime de l'Algérie française -, en passant par le procès du régicide Damiens, l'affaire des "chauffeurs" d'Orgères, celle de Joseph Vacher, qualifié de " Jack l'éventreur français ", des soeurs Papin ou encore de la tuerie d'Auriol, c'est en somme à un voyage à travers sept siècles qu'invite cet ouvrage. Un retour sur des affaires grandes ou petites, célèbres ou inconnues, oubliées ou mythifiées - du Moyen Age à la Ve République - que relate avec brio l'équipe réunie sous la direction de Jean-Marc Berlière. Sommaire : Les affaires criminelles : Gilles de Rais en procès ; Le Procès de Damiens : un procès unique en son genre ; L'affreuse aventure de Calas : crime ou suicide ? Antoine Louis mène l'enquête médico-légale ; La Beauce à feu et à sang ? Les " chauffeurs " d'Orgères, autopsie d'un mythe ; Les Sauvages du Palais Royal : une affaire de moeurs en 1790 ; L'affaire Dautun : crimes et rumeurs sous la Première Restauration (novembre 1814) ; Le braconnier assassin : l'affaire Montcharmont (1850-1851) ; Retour sur le crime d'Hautefaye. Dordogne, 16 août 1870 ; Joseph Vacher, " un Jack l'éventreur français " ? (1893-1898) ; Jules Durand : un crime judiciaire, une histoire havraise (1910) ; L'énigme des servantes aux mains sanglantes. L'affaire des soeurs Papin, Le Mans, 1933 ; L'attentat de l'Etoile : la Cagoule entre en scène (11 septembre 1937) ; Le tueur en série et les commissaires : l'affaire Weidmann (1937) ; L'assassinat de Marx Dormoy : questions sur un attentat politique (juillet 1941, Montélimar) ; Meurtre en Françafrique : l'assassinat d'Outel Bono (Paris, 26 août 1973) ; La tuerie d'Auriol : un crime politique au coeur de l'été 1981 ; Jacques Roseau, la dernière victime de l'Algérie française (Montpellier, 5 mars 1993).
Résumé : 1906 : Armand Fallières est élu président de la République. Cet homme affable et rassurant, porteur des idéaux de la gauche républicaine, est un ferme adversaire de la peine capitale. Il grâcie systématiquement les condamnés à mort, tandis qu'un projet abolitionniste est déposé en novembre à la Chambre des députés. L'affaire semble en bonne voie quand survient le crime d'Albert Soleilland. Le 27 janvier 1907, ce petit bourgeois déclassé, vivant de menus larcins et errant d'un meublé à l'autre, viole et assassine la fillette de ses voisins et amis, Marthe Erbelding, onze ans. La culpabilité de Soleilland ne fait pas de doute : il est condamné à mort. Mais le caractère atroce du meurtre provoque un déchaînement des passions, surtout lorsque le coupable est grâcié. La presse se déchaîne, mettant en scène une opinion anti-abolitionniste qui fausse le débat sur la peine de mort, finalement maintenue. L'historien Jean-Marc Berlière présente ici un dossier d'une grande richesse, tiré des Archives de la préfecture de police. On y trouvera le rapport détaillé de la brigade criminelle, les aveux de Soleilland, qui éclairent les circonstances du crime et la personnalité de l'accusé. On y verra aussi que certaines préoccupations ne sont pas nouvelles : en 1907, déjà, le débat sur l'insécurité et l'efficacité de la police faisait rage. Les articles enflammés des journalistes et les lettres souvent haineuses du public montrent comment la presse et l'opinion - sollicitée pour la première fois avec une telle ampleur - ont fait pencher la balance dans un débat politique extrêmement sensible.
Entre le XVIe et le XVIIIe siècle, la liberté de conscience a été conçue, en latin et dans une poignée de langues européennes, comme une possibilité de croire, de changer de croyance ou de ne pas en avoir. Elle a ainsi reçu une acception distincte de celle de la liberté religieuse ou de la liberté de religion. Lors de son inscription dans la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme, adoptée sans vote négatif par l'assemblée générale des Nations Unies en décembre 1948, ce droit individuel a néanmoins suscité des réserves ou oppositions qui ont empêché sa déclinaison constitutionnelle par des Etats membres. Une génération plus tard, la contestation de la liberté de conscience s'est trouvée renforcée au nom de la reconnaissance de sensibilités culturelles différenciées, au nom d'une lutte contre l'apostasie - parfois associée au blasphème ou à l'insulte contre des religions - ou au nom de la défense de l'unité d'un corps. Cette enquête historique s'inscrit dans le temps long des sociétés humaines. Etablie sur des sources linguistiques diverses, elle vise à saisir l'émergence d'une notion au sein de communautés spécifiques, du Bassin méditerranéen à la Chine et à l'Amérique, à comprendre les motifs d'adhésion et de rejet formulés par plusieurs centaines d'auteurs, à déterminer les modalités d'expansion de cette liberté, de sa traduction dans des langues qui n'en avaient pas dessiné les contours, ainsi qu'à appréhender les ressorts des remises en question contemporaines. Explorant, entre autres, les registres de la philosophie, de la théologie et du droit, cette recherche met en exergue la force et la fragilité d'une des libertés fondatrices de la modernité, historiquement située, louée ou décriée. Préface de Yadh Ben Achour
A Rome, religion et pouvoir sont étroitement imbriqués, comme le montre le relief en couverture du volume : autour de l'autel, le dieu (Mars en l'occurrence) et le magistrat veillent de concert à la clôture des opérations du census qui, tous les cinq ans, définissaient la place de chacun dans la communauté civique. Cet ouvrage permet de mieux appréhender les rapports entre religion et pouvoir dans le cadre des collectivités romaines, de la deuxième guerre punique à la fin des Sévères. Avec les pratiques rituelles pour fil conducteur, il privilégie trois problématiques : les institutions, les acteurs dans leurs espaces et pratiques, et les changements face à l'évolution des situations historiques. L'enquête est nourrie des renouvellements historiographiques opérés depuis deux générations dans l'histoire des religions comme dans l'histoire politique et sociale du monde romain.
Epiphénomènes d'une mutation sociétale, fruit de l'économie numérique, les tiers-lieux interpellent les décideurs publics territoriaux sur l'attitude à adopter, de l'intérêt bienveillant à une tutelle complète. L'ouvrage réunissant une équipe pluridisciplinaire de chercheurs présente un matériau empirique original sur cette réalité émergente, encore mal connue : celle de la multiplication des tiers-lieux dans les villes et hors des centres métropolitains. Il pose de nouvelles questions, encore peu traitées dans la littérature, en s'intéressant à la trajectoire sociale des fondateurs d'espaces de coworking, aux nouvelles manières des jeunes générations de travailleurs du numérique de conjuguer leurs aspirations de liberté et d'épanouissement dans les domaines professionnel et privé, ainsi qu'à leurs nouveaux rapports à la collaboration, au travail, au territoire, à la mobilité et aux questions écologiques.
L'histoire des poches de l'Atlantique reste largement méconnue, fragmentée en de multiples récits locaux décrivant largement les combats et les combattants ou les souffrances des civils, sans analyser les enjeux politiques et militaires, sans présenter l'avant et l'après. Cet ouvrage ne prétend pas à l'exhaustivité, mais revient sur des thématiques méconnues ou des réalités souvent complexes. L'ouvrage s'organise en cinq parties : une première revient sur la constitution et l'histoire de ces fronts en distinguant deux réalités très différentes, les poches bretonnes et celles du sud-ouest.Une seconde partie s'intéresse aux enjeux de ces ports forteresses pour les belligérants, les Allemands et les Français. Les assiégés et les assiégeants sont au coeur de la troisième partie, en posant le regard sur les exemples concrets de Lorient et de Saint-Nazaire, mais également sur les combattants, les FFI, les forces françaises et les troupes de l'Est. La quatrième et la cinquième partie renouvellent l'histoire des poches en abordant des sujets originaux, la Libération et sa planification, l'épuration, la restauration de l'Etat, la reconstruction, en particulier par l'exemple de Saint-Nazaire, puis la mémoire et les commémorations.Cet ouvrage apporte une vision différente et originale de l'histoire singulière de ces poches de l'Atlantique.