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Figures du dehors
Berkman Gisèle, Cohen-Levinas Danielle, Collectif
CECILE DEFAUT
30,00 €
Épuisé
EAN :9782350183084
Depuis plus d'une trentaine d'années, Jean-Luc Nancy explore, avec une incroyable inventivité, les figures d'un dehors qui est aussi bien dehors de la philosophie que limite du monde, extériorité interne du corps étranger que bordure de la communauté. Le dehors? Plutôt le coeur battant d'une pensée dont la puissance conceptuelle et l'acuité critique se développent à l'écoute même du présent - un présent toujours à réouvrir, à déclore. volume recueille les actes des Journées d'étude internationales consacrées en janvier 2009, par Gisèle Berkman et Danielle Cohen-Levinas, aux "Figures du dehors" chez Jean-Luc Nancy, en sa présence. "La politique et ses autres", "Sens du monde et création", "Déconstructions": telles sont, menées par des chercheurs venus de France et du monde entier, les trois déclinaisons de ce dehors qui est proprement, chez Nancy, ce qui nous met au monde.
Très tôt engagé dans les luttes pour l'émancipation humaine, l'anarchiste russe Alexandre Berkman émigre en 1888 aux Etats-Unis. Il y rencontre celle qui sera sa complice d'une vie : Emma Goldman. Elle en fera l'un des personnages les plus attachants de sa formidable autobiographie Vivre ma vie, publiée à L'échappée en 2018. Le succès de ce livre a permis de (re)découvrir celui qui, un jour de juillet 1892, tenta d'assassiner le magnat de l'acier Henry Clay Frick. Malgré son échec, Berkman purge quatorze années de prison, où il survit grâce à son refus de céder devant l'ennemi et à la solidarité de ses codétenus. C'est eux qui lui dessillent les yeux sur les amours masculines, sujet alors tabou qu'il n'hésitera pourtant pas à aborder. A sa sortie, il entreprend un long processus de reconstruction qu'il appelle sa "résurrection". La rédaction de ses mémoires en constitue un passage obligé : son récit foisonnant mêle horreur du présent, rêveries du passé et espoir d'un avenir révolutionnaire. Cette première traduction intégrale en français constitue une fresque bouleversante où se côtoient lyrisme de la littérature russe et parlers populaires des bas-fonds américains, où se croisent des prolétaires opprimés et des révolutionnaires acharnés, où se combinent colère individuelle et grands desseins collectifs.
Le travail de Jean-Louis Giovannoni, depuis l'événement créé en 1975 par Garder le mort qui le fit entrer en poésie, n'a cessé depuis de croître, des fragments de jeunesse aux " romans intérieurs ", en passant par le récit d'enfance en prose, jusqu'au récent Sous le seuil, (éd. Unes, 2016), salué par la critique. Cette oeuvre singulière se caractérise par son attention au poids du langage, à la densité de l'espace et du temps. On a voulu, avec ce numéro, la donner à découvrir à tout lecteur curieux non seulement de poésie, mais de l'étrangeté du monde.
Berkman Alexander ; Haas Pascale ; Abensour Miguel
Résumé : Le Mythe bolchevik est un témoignage rédigé par l'auteur à partir d'un journal qu'il a tenu pendant son séjour en Russie de 1920 à 1922, vraisemblablement le seul de cette période décisive. Son objet essentiel est la vie profonde des millions d'êtres humains qui n'ont vécu que pour la Révolution, dislocation bénéfique, "dislocation totale de la vie". Il pourrait être intitulé "Choses vues et entendues sur la scène révolutionnaire". Rencontres, petits ou graves incidents, portraits (en l'occurrence Kropotkine, Lénine, Makhno) se succèdent ; le visage de la Révolution se complexifie, les apparences évoluent, se défont voire s'effondrent, des inquiétudes naissent. Sous ce polyptique de la Révolution soviétique, on peut distinguer trois moments distincts : l'enthousiasme spontané devant "la plus grande Révolution du monde" et l'indignation quand un orateur anarchiste, brisant l'unanimité heureuse, ose évoquer des conflits possibles entre anarchistes et communistes ; le doute qui naît quant à la nature et à l'authenticité de cette Révolution. N'est-ce pas Kropotkine qui a raison quand il déclare : "Ils ont montré comment la Révolution ne doit pas être faite" ? les doutes qui s'effacent et laissent place à un jugement critique d'autant plus sévère qu'il est amplement confirmé par la répression ouverte et sans scrupule de la rébellion prolétarienne de Kronstadt. Il ne s'agit plus de la dictature du prolétariat mais d'une autre forme de dictature sur le prolétariat. La NEP procède à l'installation d'un capitalisme d'Etat. Le bolchévisme se caractérise par la substitution du Parti aux Soviets de telle sorte que le nom de "république soviétique" équivaut à une usurpation. Contrairement aux attentes des masses révolutionnaires, la Révolution bolchévique, loin d'aboutir à une société émancipée, donne naissance à une nouvelle forme de domination. En termes machiavéliens, de nouveaux Grands, de nouveaux maîtres sont apparus pour dominer le peuple. Bref, la Révolution bolchévique, en tant que Révolution, est un mythe.
Dans un style léger et précis, agréable et vigoureux, on trouve ici une présentation inhabituelle de la psychanalyse, loin des jargons et enracinée dans la pratique clinique. L'auteur est fidèle à Freud par le choix d'une langue simple et par le recours à la littérature. Cette manière c'est aussi un choix politique : la psychanalyse est citoyenne ou elle n'est qu'imposture. Ce livre parle de la folie pour parler d'amour. Parce que de quoi s'occupe un psychanalyste sinon de l'amour ? En quoi consiste son travail sinon à préparer ceux et celles qu'il rencontre à cette catastrophe salutaire, ou à réparer blessures, ravages et stigmates de l'absence d'amour ou des amours ratés ? Pour parler d'amour, le choix de Dostoïevski s'impose. Dostoïevski est, par excellence, l'écrivain de la démesure du réel d'une vraie rencontre. La grandeur ou la misère des personnages fondamentaux de son oeuvre accompagne la découverte qu'ils font de l'inconscient. Que les personnages soient construits à partir du trauma de la rencontre avec l'inconscient est certainement une des raisons principales de leur pérennité. L'auteur s'appuie sur ces personnages pour aborder des points essentiels de la clinique : le trauma, le fantasme, la perversion, la folie.
Cet ouvrage collectif s'articule autour de la question de l'esthétique dans la pensée de Jacques Derrida. Ce projet, intitulé Derrida et la question de l'art: le défi de l'esthétique, réunit une dizaine de contributions d'éminents spécialistes de la philosophie et de l'esthétique derridienne dont, notamment, Marie-Louise Mallet, Ginette Michaud, Marc Crépon, Jean-Luc Nancy. Ce projet s'efforce de mettre en relief la spécificité absolument contemporaine de l'approche derridienne des arts: aussi bien dans la peinture que l'histoire du dessin, mais aussi le cinéma, la poésie, l'architecture postmoderne, la musique, en passant par la littérature et la photographie.Marie-Louise Mallet: - Comment ne pas parler de musique? Peter Szendy: - L Oreille de Derrida. Ecouter, ausculter, ponctuer Jean-Philippe Milet: - L artifice littéraire « une folie doit veiller sur l écriture » Charles Ramond: - Derrida lecteur d Artaud: la déconstruction à sens unique Danielle Cohen-Levinas: Une interruption pensive: Derrida devant Celan Marc Crépon: - Partages de la singularité: Derrida lecteur de CelanSerge Trottein: Pour une esthétique des parerga: lire Derrida avec Kant Jérôme de Gramont: - Par quelle offrande sans nom? Derrida, Kant et la restance en peintureJean-Michel Rabaté: - Derrida, Husserl et Joyce: ou comment oeuvrer à l"infini? Vincent Houillon: - L" intraitable épochè de l'oeuvre d art: Derrida, Heidegger, Husserl Andrea Potestà: - L"exhibition de l" absent: Derrida, Heidegger et l'inorigine de l"oeuvre d artMarta Segarra: - De l" esthétique « féminine » au regard de travers Joana Maso: Illustrer, photographier. Le point de suspension ou l"image chez Derrida Ginette Michaud: Ombres portées. Quelques remarques autour des skiagraphies de Jacques Derrida Mireille Calle-Gruber: - Du deuil photographique dans quelques textes de Jacques DerridaBenoit Goetz: - Derrida. De architecturaFernanda Bernardo: - Croire aux fantômes. Penser le cinéma avec Derrida"
Attribué à Pascal, le Discours sur les Passions de l'amour traite essentiellement de l'amour passion, conçu à la fois comme une émanation et un dépassement de la raison, ce qui n'est pas sans recouper maints Fragments des Pensées. Il est présenté ici sous la forme de huit chapitres suivis, rendant ainsi justice au terme de " discours " inscrit dans son titre. Abordant l'épineuse question de la provenance d'un tel texte - qu'on considère, aujourd'hui, plutôt comme un apocryphe - la Préface, non moins que les Notes, en viennent à étudier ce Discours aussi bien dans son intertexte : les Pensées de Pascal, Les Passions de l'âme de Descartes, une brochure pirate intitulée L'amour de Jacques Lacan - que dans sa postérité : les Lettres de Julie de Lespinasse, De l'amour de Stendhal, Fragments d'un discours amoureux de Roland Barthes.
Comment redonner vie à ces deux notions, dont la désuétude fait penser à Baudelaire : Vois se pencher les défuntes années, Sur les balcons du ciel, en robes surannées, mais qui de ce fait méritent quelque égard, tant elles occupèrent les philosophes du passé ? Faut-il choisir entre le dualiste, qui s?écrit "j?ai un corps" et affirme la séparabilité de l?âme et du corps, et le moniste qui dit leur inséparabilité, et s?écrit : "je suis mon corps" ? Nous proposerons qu?entre le dualisme et le monisme il soit urgent de ne pas choisir, et que le corps se situe à la limite de l?être et de l?avoir, limite toujours mouvante, tant il est vrai qu?il est des moments du jour où il nous semble que nous avons un corps, et d?autres où il nous semble que nous sommes notre corps. Car le corps en bonne santé, oubliable et silencieux, n?est pas le corps souffrant, inoubliable et auquel on est comme assigné. Car le corps regardé n?est pas le même que celui qui ne l?est pas. De sorte qu?il ne faudrait pas prendre ce qui phénoménologiquement apparaît pour des réalités ontologiques ! Inspiré par les traditions aristotélicienne et chrétienne, cet essai se voudrait une contribution à une anthropologie résolument philosophique, et au fond une méditation sur la pensée de Pascal selon laquelle "l?homme n?est ni ange ni bête", ayant entre angélisme et bestialité "ses allées et venues"?