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Le mythe bolchevik. Journal 1920-1922
Berkman Alexander ; Haas Pascale ; Abensour Miguel
KLINCKSIECK
29,00 €
Épuisé
EAN :9782252040416
Le Mythe bolchevik est un témoignage rédigé par l'auteur à partir d'un journal qu'il a tenu pendant son séjour en Russie de 1920 à 1922, vraisemblablement le seul de cette période décisive. Son objet essentiel est la vie profonde des millions d'êtres humains qui n'ont vécu que pour la Révolution, dislocation bénéfique, "dislocation totale de la vie". Il pourrait être intitulé "Choses vues et entendues sur la scène révolutionnaire". Rencontres, petits ou graves incidents, portraits (en l'occurrence Kropotkine, Lénine, Makhno) se succèdent ; le visage de la Révolution se complexifie, les apparences évoluent, se défont voire s'effondrent, des inquiétudes naissent. Sous ce polyptique de la Révolution soviétique, on peut distinguer trois moments distincts : l'enthousiasme spontané devant "la plus grande Révolution du monde" et l'indignation quand un orateur anarchiste, brisant l'unanimité heureuse, ose évoquer des conflits possibles entre anarchistes et communistes ; le doute qui naît quant à la nature et à l'authenticité de cette Révolution. N'est-ce pas Kropotkine qui a raison quand il déclare : "Ils ont montré comment la Révolution ne doit pas être faite" ? les doutes qui s'effacent et laissent place à un jugement critique d'autant plus sévère qu'il est amplement confirmé par la répression ouverte et sans scrupule de la rébellion prolétarienne de Kronstadt. Il ne s'agit plus de la dictature du prolétariat mais d'une autre forme de dictature sur le prolétariat. La NEP procède à l'installation d'un capitalisme d'Etat. Le bolchévisme se caractérise par la substitution du Parti aux Soviets de telle sorte que le nom de "république soviétique" équivaut à une usurpation. Contrairement aux attentes des masses révolutionnaires, la Révolution bolchévique, loin d'aboutir à une société émancipée, donne naissance à une nouvelle forme de domination. En termes machiavéliens, de nouveaux Grands, de nouveaux maîtres sont apparus pour dominer le peuple. Bref, la Révolution bolchévique, en tant que Révolution, est un mythe.
Commencé en 1783, achevé d'imprimer "à la maison" en 1797, Monsieur Nicolas ou le coeur humain dévoilé est une oeuvre hautement singulière, l'oeuvre-vie d'un ancien ouvrier-imprimeur cherchant dans la typographie une forme d'expressivité intégrale. Mais c'est aussi l'instrument de légitimation d'un auteur polygraphe jamais totalement reconnu par la République des Lettres, et la réécriture fantasmatique d'une existence hantée par la paternité et l'inceste. Et c'est enfin un texte qui occupe une place unique au sein de ces autobiographies d'hommes du peuple qui fleurissent au XVIIIème siècle dans le sillage des Confessions de Rousseau. Comment lire Monsieur Nicolas, cette autobiographie fleuve d'un petit paysan bourguignon devenu prote puis auteur à part entière, se rêvant "fils de soi-même" ? Telle est la question qui oriente la présente étude, soucieuse de resituer Rétif dans le contexte historique et intellectuel du tournant des Lumières, et attentive à la texture singulière de la fable de soi. Précieux témoignage sur la vie rurale et sur l'imprimerie au XVIIIème siècle, exposé d'une "philosophie", mais aussi étonnante "revie", pour user d'un néologisme rétivien : Monsieur Nicolas est bien ce "livre vivant" au prisme duquel apparaissent d'autres Lumières, fascinantes autant qu'impures.
Dans le grand appartement où elle vit confinée au service de Madame, une femme raconte. Avec une haine teintée de jubilation, elle décrit son servage. Qui est Madame, vieille femme juive rescapée de l'extermination ? Et si la cuisinière était sa fille ? A moins que toutes deux ne soient qu'une seule et même personne. Gisèle Berkman nous donne ici un premier roman vertigineux. Dans le grand appartement où elle vit confinée au service de Madame, une femme raconte. Avec une haine teintée de jubilation, elle décrit son servage, les recettes de cuisine inventées pour complaire à sa patronne irascible. Elle raconte Madame, cette vieille femme qui joue du piano, se rêve en Danielle Darrieux, et tyrannise son employée. La cuisinière note tout. Elle consigne, jour après jour, tout ce quotidien qui l'étouffe. Les jours se traînent tandis que Madame sombre dans la démence. Et les identités s'échangent jusqu'au vertige. C'est comme si la mémoire qui peu à peu se retire de la vie de l'une venait éclaircir les nombreuses questions de l'autre. Qui est Madame, vieille femme juive rescapée de l'extermination ? Et si la cuisinière était sa fille ? A moins que toutes deux ne soient qu'une seule et même personne. Et qui était Monsieur, dont le bureau est interdit d'accès ? Un jour, la cuisinière découvre la photo d'un enfant, le petit Ilia, mort pendant la Shoah, et cette image énigmatique l'obsède, aimante sa vie tout entière. La Shoah, jamais nommée, est le centre obscur autour duquel tout gravite, aussi bien la folie des personnages que le désastre qui s'abat progressivement sur eux. Mais Madame est aussi la chronique d'une émancipation, et celle-ci passe par le langage, par les joies ineffables et amères qu'il procure. Gisèle Berkman nous donne ici un premier roman vertigineux. Le style, la maîtrise de l'écriture et de l'émotion, la gravité du sujet changée en grâce, tout cela fait de Madame un grand texte.
Une des premières et meilleures explications de ce qu'est l'anarchisme par un de ses activistes et intellectuels les plus renommés. Dans un langage clair, Alexandre Berkman dénonce les grands maux de la société: travail salarié, gouvernement, guerre, religion, etc. Il montre comment le capitalisme et ses institutions d'oppression trouvent leur cohérence et endorment les consciences de populations qui les acceptent. Il expose les grands principes de l'anarchisme et décrit de manière rigoureuse le fonctionnement économique et politique d'une société libertaire. Ce livre permet à toutes et à tous de se faire une idée sérieuse et globale du pourquoi et du comment de l'anarchisme.
Résumé : Par modestie, vraie ou fausse, Faulkner a plusieurs fois déclaré que Thomas Wolfe était le meilleur romancier de sa génération. Il entendait par là que c'est lui qui avait visé le plus haut et que, même s'il n'était pas parvenu à réaliser ses ambitions, son échec était plus glorieux que la réussite (relative) de ses rivaux. L'oeuvre de Thomas Wolfe appartient donc à l'empyre de la littérature américaine et cependant, pour diverses raisons, malgré la réputation dont elle jouit aux Etats-Unis et le grand succés qu'elle a rencontré en Allemagne, elle est presque complétement ignorée du public français.
Des débuts de la littérature américaine jusqu'au XXe siècle, les écrivains et les intellectuels américains éprouvèrent le besoin de visiter l'Europe pour évaluer la civilisation dont ils étaient séparés et se situer par rapport à elle. Ils croyaient à l'infériorité intellectuelle de l'Amérique et pensaient que leur éducation ne serait complète que lorsqu'ils auraient pris contact avec une civilisation plus ancienne. La tendance à l'expatriation de l'intelligentsia américaine trouve donc son origine dans les liens traditionnels et culturels qui rattachaient le Nouveau Monde au Vieux Monde.