Notre site web sera en maintenance ce mardi 3 février après-midi. Les commandes enregistrées ne subirons pas de retard de traitement.
Fétichismes
Bergen Véronique
KIME
14,00 €
Épuisé
EAN :9782841747597
Rien de plus diffracté que le concept de fétichisme qui se rapporte au registre religieux, à l'échange des marchandises, au continent du désir et de l'érotisme. Cet essai entend rompre avec la capture anti-fétichiste du fétichisme qui a été hégémonique de Hegel à Marx et Freud. Il s'agit d'analyser les fétichismes en les émancipant de la valence de croyance illusoire, d'aliénation, de perversion qui leur a été apposée. Pour explorer les univers fétichistes, l'on partira d'une part de la schizo-analyse de Deleuze et Guattari et d'autre part d'une approche pragmatique ancrée dans les discours tenus par les acteurs de la scène fétichiste. Quelles sont les spécificités de l'objet fétiche, sa logique, son économie ? Qu'en est-il de ses liens avec le corps, le désir, la loi, le temps, la perte ? Quels modes de subjectivation, quelles formes d'activisme politique, de libération des normes les néo-fétichismes permettent-ils ? Autant de questions qui se verront déroulées. Il n'y a pas d'anti-fétichisme qui ne soit un fétichisme.
Dans le nouveau roman de Véronique Bergen, des chiens célèbres apparaissent tour a tour : Loukanikos, le "riot dog" des insurrections grecques contre l'austérité, Blondi, le berger allemand d'Hitler, Laïka, victime de la conquête spatiale, le chien d'une tribu Yanomami confronté à l'extermination des Indiens d'Amazonie ou encore ceux de Marie-Antoinette. Comme autant de témoins de la folie humaine, ils interrogent le futur de notre espèce : Tous doivent-ils donc être sauvés ? ou aucun ?
Résumé : Des théoriciens majeurs de l'Histoire dans lesquels les anarchistes ont loué un rôle de premier plan (révolution mexicaine, révolution russe, guerre d'Espagne...). les grandes idées et les conquêtes de l'esprit libertaire sont ici convoquées dans un récit satirique et corrosif. Mouvement occulté et méconnu, l'anarchie connaît un actuel regain qui témoigne de sa fécondité dans notre monde contemporain en crise.
Résumé : Cet essai interroge Portier de nuit, chef-d'oeuvre de Liliana Cavani, qui suscita bien des controverses à sa sortie en 1974. Il questionne l'esthétique de la cinéaste, la lecture qu'elle produit du nazisme, le lien d'amour qui lie un ancien bourreau et sa victime. A partir de la notion de "zone grise" forgée par Primo Levi, il ausculte la figuration des pulsions, les dédales de la mémoire, la représentation de situations extrêmes ainsi que le jeu transcendant de Charlotte Rampling et Dirk Bogarde. Lors des polémiques que le film engendra, la voix de Michel Foucault s'éleva. L'ouvrage de Véronique Bergen déconstruit la lecture foucaldienne et réarticule la question de la figuration de la Shoah à partir des positions de Claude Lanzmann. En analysant Portier de nuit, le livre approche l'oeuvre d'une cinéaste que Pasolini qualifiait d'"hérétique et de révolutionnaire". La caméra de Cavani sonde les mouvements du désir, des forces transgressives et les points de crise de l'Histoire. Dans Portier de nuit, elle découpe deux figures en marge, Max (Dirk Bogarde) et Lucia (Charlotte Rampling) dont l'amour fou, jugé malsain, déclaré pathologique, est condamné par tous durant la Deuxième Guerre mondiale et lors de leur retrouvailles douze ans après la Libération.
Faye Emmanuel ; Lassègue Jean ; Rastier François ;
Bien au-delà de la seule philosophie, le débat à Davos en 1929 entre Cassirer et Heidegger a marqué l'histoire des idées. Il a même donné naissance à des récits passablement légendaires qui négligeaient le contexte historique précis. Un nouveau regard s'impose, à la lumière des oeuvres publiées depuis lors. Les vingt-cinq tomes de l'édition allemande de référence de Cassirer ne sont disponibles que depuis 2007. S'y s'ajoutent les dix-sept tomes du Nachlass depuis 2017. Des 102 volumes de la Gesamtausgabe de Heidegger, édition de référence mais sans garantie scientifique, moins d'une dizaine reste programmée, mais d'ores et déjà la publication des cinq premiers volumes des Cahiers noirs a permis d'engager une relecture critique de l'ensemble. C'est donc à présent seulement que l'on peut véritablement évaluer les projets contrastés des deux auteurs. Leurs enjeux intéressent notamment le statut de la rationalité et des sciences, en particulier celles de la culture, aussi bien que le statut de la technique parmi les formes symboliques. Et tout autant, l'opposition entre la démocratie et la théologie politique ; entre la légitimité du cosmopolitisme et l'ontologie identitaire ; enfin, entre la possibilité même d'une éthique ou son rejet de principe. Tous ces thèmes contradictoires exigent aujourd'hui une révision critique, non seulement rétrospective, mais aussi ancrée dans le présent. Car au-delà même de la philosophie, des courants de pensée et des forces politiques en Europe et dans le monde poursuivent ces deux voies qui s'opposent aujourd'hui.
Le philosophe Charles Appuhn s'est adonné à l'ingrate lecture de la "Bible du peuple allemand" , selon l'auréole de la propagande officielle de 1933 car Mein Kampf offre une vue sans égal non pas seulement sur Hitler, mais sur l'idéologie et les projets politiques de l'hitlérisme. La "destruction des Juifs d'Europe" (selon le titre que Raul Hilberg donna à la somme qu'il consacra à cette destruction) n'est pas seule à y être programmée mais de façon fanatiquement répétée, celle de l' "ennemi de toujours" , la France. Quant à l'Est et aux peuples Slaves, le sort que Hitler annonce constituer également une nécessité vitale pour l'Allemagne, revient à les anéantir aussi afin que la population allemande puisse s'approprier leurs territoires (Drang nach Osten). Il s'agit bien, là ou jamais, de ce que Alexandre Koyré a appelé dans ses Réflexions sur le mensonge une "conspiration en plein jour" . La traduction et la présentation des extraits les plus "significatifs" , selon les termes de Charles Appuhn permettent de disposer en France dès 1933 de cent soixante-dix pages lumineuses en lieu et place des quelque huit cents pages de l'allemand verbeux de Hitler. Aussi bien, il faut y insister, cet Hitler par lui-même est en France la première divulgation autorisée. Elle ne sera interdite qu'en 1943. Sans entrer dans le labyrinthe des avatars éditoriaux, l'originalité courageuse de l'éditeur Jacques Haumont apparaît d'autant mieux qu'en 1933 on disposait certes de nombreux articles en français consacrés au parti national-socialiste, à la montée du nazisme et à la politique allemande, en général tout en ignorant ce manifeste nazi qu'est Mein Kampf. Rappelons que le premier volume, dans lequel Hitler se livre à son autobiographie, fut publié à Munich en 1925, suivi en 1926 du second qui, cette fois, expose les idées et le programme hitlériens. Or, Hitler, en accord avec Eher Verlag, son éditeur, en interdit toute traduction française.
Qui était vraiment Gustave Flaubert ? On le savait en proie à de grandes contradictions, mais qui aurait pu dire que cette critique permanente de la Bêtise, cette souffrance de l'écrivain à la tâche, cette obsession du style étaient le résultat de névroses, d'un rapport des forces psychiques entre revendications pulsionnelles et inhibitions ? Et si la "grande synthèse" poétique à laquelle il aspirait tant n'était que le regret ou le constat de l'absence d'un Moi unifié ? Patrick Mathieu, en étudiant la Correspondance et les oeuvres de Flaubert, nous fait découvrir un auteur en constant décalage avec lui-même, jouant double-jeu dans le théâtre de la vie, et dont la souffrance affichée, revendiquée, n'est pas qu'artistique : elle puise ses origines au fond de son être, dès son plus jeune âge, dans un dégoût permanent de la vie qu'il tentera difficilement de masquer avec sa "marotte" , la littérature. C'est que Flaubert porte en lui le faix de secrets, selon lui "indisables" , de nature sexuelle, et il a choisi de les révéler de façon cryptée par le biais de la médiation littéraire : pour ce faire, il portera publiquement une autre croix, celle de la Littérature, maîtresse exigeante, fondant ainsi malgré lui le nouveau mythe de l'écrivain dévoué au labeur du style et vivant en martyr la Passion de l'Art.
A l'occasion du centenaire Proust, la maladie personnelle de Marcel Proust est venue occuper la scène biographique sans toujours apercevoir toute la dimension idiosyncrasique de l'oeuvre. Car l'asthme dont souffre Marcel Proust comme une maladie chronique est redoublé ici par celui du Narrateur : son corps souffre autant de la maladie d'amour que de la maladie physique, à moins que la première n'ait déclenché la seconde. Pour cela le thème de la maladie est essentiel car il vient manifester le temps dans le corps ; il met aussi en péril la permanence du moi au point d'apercevoir qu'il n'était constitué que du temps passé, incorporé. Notre étude nous conduira ainsi d'une critique de la médecine comme science du corps objet à l'avènement du thème de la guérison. L'écriture de A la recherche du temps perdu comme métamorphose de toute maladie, facilite cette conversion du vécu intime de l'amour en vécu phénoménologique dégageant l'essence de l'amour. Forme d'exorcisme, l'écriture permet à tout un chacun de se reconnaître. Le narrateur nous ressemble puisque son récit nous touche en atteignant la condition commune, celle de la souffrance.