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La République autrichienne de 1919 à nos jours
Bérenger Jean
KLINCKSIECK
21,00 €
Épuisé
EAN :9782864605836
L'Autriche de 1971 est un petit pays de 7 millions d'habitants dont l'histoire du dernier demi-sicle appelle trois constatations : 1) Le contraste entre la premire et la seconde Rpublique. tat profondment dsquilibr en 1920, ses dirigeants n'ont su lui donner ni la prosprit ni la paix sociale. Le chmage, la dictature clricale en ont fait une proie toute dsigne du nazisme. En revanche, depuis 1945, le climat politique a chang, tandis que la prosprit conomique assurait le plein emploi et une aisance relative. 2) La naissance d'un patriotisme autrichien. L'annexion nazie a convaincu les Allemands d'Autriche de l'originalit de leurs pays et, paradoxalement, Hitler a fait beaucoup pour l'indpendance autrichienne. Les Autrichiens ont-ils aujourd'hui une conscience nationale, alors qu'ils sont de langue et de culture allemandes ? Question qui se rsout au moins par la ngative : ils savent bien qu'ils sont diffrents des Allemands, de l'Est ou de l'Ouest. 3) La vocation particulire de cette frange marginale du monde germanique. Enracine dans son pass de grande puissance et lie sa culture allemande, elle devrait servir de trait d'union entre le monde germanique et le monde slave. Cependant, traumatise par l'occupation sovitique, la Rpublique autrichienne est peut-tre trop exclusivement tourne vers l'Occident, quitte faire de Vienne une ville-frontire plutt qu'un carrefour de l'Europe danubienne.
Originaires de Suisse alémanique, les Habsbourg ont élargi leurs possessions au Bassin danubien dès la fin du XIIIe siècle, avant d'affirmer, au XVe siècle, leur destin européen (en obtenant pour de nombreuses générations la dignité impériale) voire, avec Charles Quint, leurs prétentions à la monarchie universelle grâce à l'Espagne et à ses possessions puis de demeurer jusqu'en 1918 (avec des hauts et des bas) une puissance de premier plan (notamment en jouant pour l'Occident le rôle de bouclier face à la menace ottomane). Les Habsbourg d'Autriche régnèrent toujours, en Europe centrale et orientale, sur des nations déjà existantes, la hongroise, la polonaise ou la bohême, ou bien gouvernèrent des Etats qui n'étaient que des fragments d'une nation plus vaste (Naples et Milan pour la nation italienne, la Styrie, le Tyrol ou la Basse-Autriche pour l'allemande). Indifférents au concept d'Etat-nation, ils lui ont préféré celui de monarchie supranationale dans laquelle la fidélité au souverain constituait le lien fondamental entre les peuples et tenait lieu de patriotisme. Ce concept, rétrograde en apparence, avait l'avantage de ne les identifier à aucune culture ni à aucune nation privilégiée. Il leur permit, au contraire, de respecter les langues vernaculaires, les cultures, souvent les religions, les autonomies des peuples qui s'étaient plus ou moins volontairement placés sous leur tutelle. C'était la meilleure garantie de ce que l'on peut appeler le ' droit à la différence ' des minorités. L'autre secret de l'' archimaison ' fut de savoir collaborer avec les forces sociales dominantes _ Eglise et noblesses puis grande bourgeoisie d'affaires _ tout en créant progressivement une classe d'hommes nouveaux _ fonctionnaires et officiers _ en attendant de s'accommoder du suffrage universel et des sociaux-démocrates acquis à son maintien à condition qu'elle accorde plus d'autonomie aux divers groupes ethno-linguistiques. Cette histoire d'une maison souveraine se veut tout autant politique et sociale que culturelle et économique. Elle permet de comprendre comment cette construction originale a fonctionné, contribué à l'équilibre européen, facilité l'évolution de plusieurs nations et aussi pourquoi, sans avoir démérité, elle a été condamnée en 1918 par des vainqueurs incapables de lui substituer un système plus juste et plus efficace... Professeur à la Sorbonne, Jean Bérenger est spécialiste d'histoire militaire et des pays d'Europe centrale et orientale à l'époque moderne. Parmi ses ouvrages récents, il faut citer son Turenne (1987).
Résumé : Le 12 novembre 1918, l'empereur Charles, dernier monarque régnant de la dynastie des Habsbourg, abdique et meurt en exil. De la Succession d'Espagne (début du XVIIIe siècle) à la Première Guerre mondiale, l'empire des Habsbourg s'est hissé au rang de grande puissance européenne, durant le siècle des Lumières d'abord, puis d'empire multinational au début du XXe siècle. Jean Bérenger traite des trois derniers siècles d'existence de cet empire original, fondé en 1273. Outre les souverains qui marquèrent leur temps, tels l'impératrice Marie-Thérèse ou François-Joseph, l'oeuvre de la monarchie est abordée dans tous ses aspects, économique, politique, social. Avec ce second tome se clôt la fabuleuse épopée de l'histoire des Habsbourg.
Résumé : Stimulé par la lecture de travaux récents, nous avons repris notre réflexion sur les rapports difficiles des Habsbourg d'Autriche à l'argent. Dès sa création en 1526, la Monarchie autrichienne (Autriche, Hongrie, Bohême) fut en effet confrontée à des dépenses militaires disproportionnées à ses ressources (le produit des douanes et des mines). Très vite, elle a su s'adapter en développant une fiscalité modérée et contrôlée par les diètes provinciales, mais aussi en créant des institutions centrales (la Chambre des Comptes de Vienne) qui permettent à l'historien d'avoir des lueurs sur un système si complexe, qu'il a trop souvent découragé la recherche. Par la suite, les Habsbourg ont trouvé des aides chez leurs vassaux allemands ou leurs alliés le dernier généreux donateur n'étant autre que Louis XV qui versa 100 millions de Livres tournois à Marie-Thérèse au cours de la guerre de Sept Ans. Ils ont eu également recours au crédit que leur fournirent banquiers juifs et grands propriétaires fonciers autrichiens. Bref, malgré des moments difficiles, ils furent capables de défendre la Hongrie face au péril turc et d'entretenir une armée de qualité dont les effectifs décuplèrent entre les traités de Westphalie et les débuts de la Révolution française, tout en faisant de Vienne une des capitales européennes de la musique et des beaux-arts. Il nous a paru intéressant de mettre en lumière les côtés positifs des finances autrichiennes plutôt que d'insister exagérément sur certains travers, propres d'ailleurs aux finances d'Ancien Régime en Europe, les difficultés de trésorerie ou les inégalités fiscales frappant certaines provinces (la Basse-Autriche ou la Bohême) et certains contribuables (les exploitants agricoles). Le bilan nous semble plutôt positif puisqu'en trois siècles de la création de la Monarchie autrichienne en 1526 à la mort de Joseph II en 1790, les ressources de l'Etat ont été multipliées par vingt, la dette publique contenue dans des limites raisonnables tout en décuplant les effectifs de l'armée permanente. Néanmoins la structure politique de la Monarchie autrichienne, qui ne fut jamais une monarchie absolue, n'a pas permis, même à Joseph II, de faire des réformes fiscales profondes, les aristocraties locales ayant eu jusqu'au bout le moyen de défendre leurs intérêts économiques. Bien entendu, cet ouvrage n'est qu'un essai car l'étude détaillée en continu de toutes les ressources, de toutes les dépenses dans un système largement décentralisé et riche en documentation, excédait à la fois les capacités d'un seul auteur et la patience du lecteur.