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Les Habsbourg et l'argent de la Renaissance aux Lumières
Bérenger Jean
SUP
24,00 €
Épuisé
EAN :9782840508724
Stimulé par la lecture de travaux récents, nous avons repris notre réflexion sur les rapports difficiles des Habsbourg d'Autriche à l'argent. Dès sa création en 1526, la Monarchie autrichienne (Autriche, Hongrie, Bohême) fut en effet confrontée à des dépenses militaires disproportionnées à ses ressources (le produit des douanes et des mines). Très vite, elle a su s'adapter en développant une fiscalité modérée et contrôlée par les diètes provinciales, mais aussi en créant des institutions centrales (la Chambre des Comptes de Vienne) qui permettent à l'historien d'avoir des lueurs sur un système si complexe, qu'il a trop souvent découragé la recherche. Par la suite, les Habsbourg ont trouvé des aides chez leurs vassaux allemands ou leurs alliés le dernier généreux donateur n'étant autre que Louis XV qui versa 100 millions de Livres tournois à Marie-Thérèse au cours de la guerre de Sept Ans. Ils ont eu également recours au crédit que leur fournirent banquiers juifs et grands propriétaires fonciers autrichiens. Bref, malgré des moments difficiles, ils furent capables de défendre la Hongrie face au péril turc et d'entretenir une armée de qualité dont les effectifs décuplèrent entre les traités de Westphalie et les débuts de la Révolution française, tout en faisant de Vienne une des capitales européennes de la musique et des beaux-arts. Il nous a paru intéressant de mettre en lumière les côtés positifs des finances autrichiennes plutôt que d'insister exagérément sur certains travers, propres d'ailleurs aux finances d'Ancien Régime en Europe, les difficultés de trésorerie ou les inégalités fiscales frappant certaines provinces (la Basse-Autriche ou la Bohême) et certains contribuables (les exploitants agricoles). Le bilan nous semble plutôt positif puisqu'en trois siècles de la création de la Monarchie autrichienne en 1526 à la mort de Joseph II en 1790, les ressources de l'Etat ont été multipliées par vingt, la dette publique contenue dans des limites raisonnables tout en décuplant les effectifs de l'armée permanente. Néanmoins la structure politique de la Monarchie autrichienne, qui ne fut jamais une monarchie absolue, n'a pas permis, même à Joseph II, de faire des réformes fiscales profondes, les aristocraties locales ayant eu jusqu'au bout le moyen de défendre leurs intérêts économiques. Bien entendu, cet ouvrage n'est qu'un essai car l'étude détaillée en continu de toutes les ressources, de toutes les dépenses dans un système largement décentralisé et riche en documentation, excédait à la fois les capacités d'un seul auteur et la patience du lecteur.
Les exploits guerriers et les mérites politiques de Turenne parlent d'eux-mêmes: adversaire ou allié des meilleurs généraux étrangers ou français pendant la guerre de Trente Ans, vainqueur en Flandre, libérateur de l'Alsace, soutien actif du pouvoir pendant la Fronde (en dépit d'un bref passage du côté des insurgés), il révéla un vrai tempérament de chef et se montra un tacticien prompt à la décision, un stratège bien renseigné et imaginatif, un "entrepreneur de guerre" très attentif aux questions d'intendance. Aussi ses compagnons d'armes, ses amis de la Cour et de la Ville, puis les plus grands penseurs militaires (Napoléon et Clausewitz, rien de moins) n'ont-ils pas tari d'éloges sur son compte? Etait-il bien utile, comme on l'a longtemps voulu, de rehausser son éclat en faisant de lui un gentilhomme d'obscure extraction parvenu au faîte des honneurs par ses seules victoires? Grand seigneur, Turenne est au contraire représentatif de l'évolution politique, sociale et mentale subie par tout un milieu: de très haute noblesse et allié aux lignées princières les plus huppées d'Europe du Nord, il n'eut de cesse d'accroître la puissance et le rang de sa Maison; né huguenot, il se convertit sur le tard, séduit, comme beaucoup de Grands, par la Contre-Réforme. Figure singulière donc, mais également exemplaire que celle de Turenne, incitant l'historien à replacer les guerres du XVIIe siècle et le récit des campagnes dans leur contexte: montée du pouvoir royal et de la bureaucratie de gouvernement, mise au pas de la haute aristocratie, reprise en main religieuse, nouvelle donne diplomatique et stratégique. Cette biographie s'inscrit par conséquent dans le double registre de l'histoire militaire élargie à la géopolitique et de l'histoire sociale. Elle infuse un sang neuf à l'"histoire-batailles".
Originaires de Suisse alémanique, les Habsbourg ont élargi leurs possessions au Bassin danubien dès la fin du XIIIe siècle, avant d'affirmer, au XVe siècle, leur destin européen (en obtenant pour de nombreuses générations la dignité impériale) voire, avec Charles Quint, leurs prétentions à la monarchie universelle grâce à l'Espagne et à ses possessions puis de demeurer jusqu'en 1918 (avec des hauts et des bas) une puissance de premier plan (notamment en jouant pour l'Occident le rôle de bouclier face à la menace ottomane). Les Habsbourg d'Autriche régnèrent toujours, en Europe centrale et orientale, sur des nations déjà existantes, la hongroise, la polonaise ou la bohême, ou bien gouvernèrent des Etats qui n'étaient que des fragments d'une nation plus vaste (Naples et Milan pour la nation italienne, la Styrie, le Tyrol ou la Basse-Autriche pour l'allemande). Indifférents au concept d'Etat-nation, ils lui ont préféré celui de monarchie supranationale dans laquelle la fidélité au souverain constituait le lien fondamental entre les peuples et tenait lieu de patriotisme. Ce concept, rétrograde en apparence, avait l'avantage de ne les identifier à aucune culture ni à aucune nation privilégiée. Il leur permit, au contraire, de respecter les langues vernaculaires, les cultures, souvent les religions, les autonomies des peuples qui s'étaient plus ou moins volontairement placés sous leur tutelle. C'était la meilleure garantie de ce que l'on peut appeler le ' droit à la différence ' des minorités. L'autre secret de l'' archimaison ' fut de savoir collaborer avec les forces sociales dominantes _ Eglise et noblesses puis grande bourgeoisie d'affaires _ tout en créant progressivement une classe d'hommes nouveaux _ fonctionnaires et officiers _ en attendant de s'accommoder du suffrage universel et des sociaux-démocrates acquis à son maintien à condition qu'elle accorde plus d'autonomie aux divers groupes ethno-linguistiques. Cette histoire d'une maison souveraine se veut tout autant politique et sociale que culturelle et économique. Elle permet de comprendre comment cette construction originale a fonctionné, contribué à l'équilibre européen, facilité l'évolution de plusieurs nations et aussi pourquoi, sans avoir démérité, elle a été condamnée en 1918 par des vainqueurs incapables de lui substituer un système plus juste et plus efficace... Professeur à la Sorbonne, Jean Bérenger est spécialiste d'histoire militaire et des pays d'Europe centrale et orientale à l'époque moderne. Parmi ses ouvrages récents, il faut citer son Turenne (1987).
Résumé : L'empereur Léopold Ier de son vivant appelé " Léopold le Grand ", est aujourd'hui un mal aimé de l'historiographie, bien qu'il ait été, avec Louis XIV et Guillaume III d'Orange, l'un des grands souverains européens de la seconde moitié du XVIIe siècle. Né en 1640, fils cadet de l'Empereur Ferdinand III, l'archiduc Léopold Ignace fut élu et couronné " Empereur romain " à Francfort en 1658. Sous son règne, la monarchie autrichienne prit place parmi les grandes puissances européennes. Il sut tirer parti de la reconstruction économique de ses États pour améliorer les finances publiques et créer une redoutable armée de métier. Il rétablit l'autorité de la Maison d'Autriche en Allemagne et combattit les rebelles hongrois, tout en respectant les privilèges politiques et confessionnels de la noblesse. Le grand tournant de son règne fut en 1683 la défaite des Turcs devant Vienne, qui permit à Léopold de reconquérir la plaine hongroise et la Transylvanie. Cependant il ne put ni résoudre la succession d'Espagne à son avantage ni réaliser l'unité de ses États en ramenant tous ses sujets dans le giron de l'Église catholique. Bon père et bon époux, il ne fut lui-même ni un guerrier, ni un monarque absolu, mais il sut s'entourer de ministres et de généraux capables. Il brilla surtout comme compositeur de musique et fit de Vienne un des hauts lieux de la culture européenne, en particulier dans le domaine de l'opéra. C'est là qu'il mourut en 1705, pendant la guerre de la succession d'Espagne, qu'il avait déclenchée.
L?histoire de l?empire d?Autriche mérite d?être étudiée en tant que telle, car c?était une grande puissance européenne avant 1918. Cette monarchie multinationale, multiculturelle et multiconfessionnelle, appelée après 1867 Autriche-Hongrie ou Empire austro-hongrois était un défi au mythe de l?État-nation, même si l?on y respectait la langue, la religion et la culture de chacun des sujets. Les Français, après avoir longtemps critiqué l?Autriche « prison des peuples », ont redécouvert avec « Vienne fin de siècle », l?extraordinaire contribution de la patrie de Sigmund Freud et de Gustave Mahler à la culture européenne du début du 20e siècle, tandis que d?autres travaux montraient l?importance de Budapest, de Prague ou de l?économie. C?est pourquoi nous présentons à un public sans préjugés une histoire de l?Empire austro-hongrois, difficile d?accès par sa diversité, la multiplicité de ses langues et de ses cultures. Si les aspects politiques au sens large (en particulier la question des nationalités) y tiennent une place importante, nous prenons en compte dans une trame chronologique les aspects sociaux, économiques et culturels. Jean BÉRENGER, professeur émérite à la Sorbonne, est spécialiste de l?histoire de l?Europe centrale à l?époque moderne.
Le progrès technique est-il issu du seul esprit de scientifiques, ou le résultat d'un encouragement politique ? La "révolution scientifique" à l'oeuvre entre le XVIe et le XVIIIe siècle donne lieu à un foisonnement sans précédent d'innovations scientifiques et techniques, mettant en scène un fructueux dialogue entre science(s) et pouvoir(s). L'ouvrage propose des mises au point historiographiques sur des thèmes encore peu explorés : débats autour de l'attraction magnétique, naissance de la médecine du travail, intervention royale dans la recherche d'une méthode de calcul des longitudes, ingénierie des aménagements portuaires...
Tout en montrant la nouveauté radicale du bolchevisme, et les techniques de Staline pour faire régner sa tyrannie, ce livre fait ressortir les continuités de l'histoire russe et ses constantes (idéologie, pratiques du pouvoir, place et influence de l'empire, conceptions et méthodes de politique étrangère, utilisation de la propagande). L'ouverture des archives de l'URSS et leur abondance a enrichi la connaissance de ce monde autrefois fermé et rend indispensables certaines clés de compréhension : elles faciliteront aussi l'abord de la Russie post-communiste et son passé difficile à surmonter.
Carraud Vincent ; Bayle Claire ; Meyer-Bisch Gabri
L'un des traits caractéristiques de Leibniz est son rapport, positif, érudit et essentiel à toute la tradition philosophique antérieure. Le rapport qu'il assume à celle-ci peut s'entendre par analogie avec les parties célèbres où les joueurs d'échec apprennent leur art : un bon joueur, instruit de l'histoire des échecs, reconnaît aux premiers coups l'ouverture choisie par son adversaire. Il s'épargne ainsi supputations et hypothèses. Se trouvent ici non seulement restitué ce que Leibniz a pensé des auteurs antiques et médiévaux mais encore analysé son bon usage de l'histoire de la philosophie. "