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L'atelier des idées. Pour Michel Delon
Berchtold Jacques ; Frantz Pierre
SUP
59,00 €
Épuisé
EAN :9791023105704
Les idées traversières de Michel Delon créent, dans ce livre de mélanges, des circuits, des connexions, parfois des lignes d'erre ou des discrépances. Elles éveillent partout des échos parmi ces études qui lui sont offertes. On peut y lire des travaux sur les auteurs qui l'ont intéressé toute sa vie, Diderot, Sade, André Chénier, Crébillon, Casanova, sur les phénomènes et les courants littéraires et culturels qui ont eu sa prédilection, le libertinage, les Lumières. Ces idées éclairent les formes, la poésie, le théâtre, le roman, les essais. Elles portent la marque d'une profonde actualité autant que de leur historicité, agissant à la manière des meilleures mises en scène de théâtre, qui se saisissent d'un texte et l'éclairent aujourd'hui. On rencontrera donc aussi Baudelaire, Artaud, Nodier. L'atelier des idées, ici présenté, est d'abord l'oeuvre des mots, opérant à la manière des rameaux retirés des solutions salées, dont parlait Stendhal. Les idées, de ce fait, ne sont nullement idéales ou idéelles. Elles ne sont pas dans la littérature et n'existent pas ailleurs ou autrement que dans l'écriture, car c'est ici, comme on verra, la littérature qui pense.
Goethe fut tôt au contact de la culture française lors de ses années de formation à Strasbourg. Il subit, comme tous les contemporains de l'Europe aristocratique et féodale, le choc de la Révolution française et sa participation à la campagne de France (défaite de Valmy, 1792) le traumatisa de façon décisive. Après des affinités rousseauistes, Goethe change, et son oeuvre produite dans la nouvelle capitale de l'Aufklärung, Weimar, établit un classicisme proprement allemand mais puisant dans l'Antiquité. Goethe, responsable de bibliothèque, de théâtre et d'opéra, fait par ailleurs connaître aux germanophones les chefs-d'oeuvre des génies français de la littérature, du théâtre (pièces de Racine et Voltaire), de la musique et de la peinture. Des auteurs étranges de la francophonie sont réhabilités (Rabelais) et des auteurs innovateurs du présent sont découverts (Diderot). La réflexion sociale, éthique et politique née du choc de la Révolution française se cristallise dans la pièce La Fille naturelle. Sous le régime du protectorat de la Confédération du Rhin, Goethe rencontre Napoléon (grand lecteur du Werther) en octobre 1808 et envisage d'adapter, en guise d'hommage à ce génie de l'action volontaire et visionnaire, un portrait en Jules César. Le Faust, auquel Goethe est associé à partir de 1808, rencontre en France un écho particulier (Delacroix et Gérard de Nerval).
La Fondation Martin Bodmer, collection de manuscrits et d'imprimés unique au monde, consacre pour la première fois une exposition au genre du théâtre. Elle dévoile dans Masques et Théâtre les trésors de sa bibliothèque : incunables (premières éditions des tragiques grecs), éditions originales rares (de Shakespeare, Corneille ou Molière), livres d'art illustrés (Antigone par Hans Erni) et manuscrits autographes (Büchner, Musset). Cette sélection exceptionnelle entre en dialogue avec les masques singuliers que l'artiste Werner Strub (1935-2012) a créés pour les metteurs en scène contemporains les plus prestigieux : Giorgio Strehler, Maurice Béjart, et bien sur Benno Besson dans l'inoubliable Oiseau vert de Carlo Gozzi (Comédie de Genève, 1982). Masques et Théâtre est une plongée dans la fabrique du théâtre, un parcours passionnant à travers ses textes fondateurs.
Henri Lafon, professeur de littérature du XVIIIe siècle à l'université Sorbonne nouvelle-Paris 3, nous a quittés prématurément en 2006. À l'occasion d'une journée d'hommage le 17 mars 2007, de nombreux chercheurs ont étudié son apport capital à la connaissance du roman des Lumières et les voies critiques fécondes qu'il laisse en héritage. Les études rassemblées font étroitement écho à ses ouvrages majeurs : Les décors et les choses dans le roman du 18e siècle et Les espaces romanesques de Mme de Villedieu à Nodier, qui ont permis de laisser émerger une histoire du roman rénovée et un inventaire inédit de l'imaginaire du XVIIIe siècle. Les meilleurs spécialistes de la littérature du XVIIIe siècle se risquent à prolonger ces perspectives : recomposant des éléments du décor ou de l'espace, les quinze essais rassemblés montrent à leur tour comment objets et espaces valent par les relations qu'engagent les personnages avec eux.
Berchtold Jacques ; Lavezzi Elisabeth ; Martin Chr
Rédigées par une douzaine de spécialistes de Rousseau (universitaires confirmés ou jeunes chercheurs) les études présentées ici se proposent d'aborder les six premiers livres des Confessions sous des angles variés et novateurs, mais pensés pour être utiles aux candidats à l'agrégation. Ont été privilégiées à la fois des approches synthétiques faisant le point sur des questions centrales de l'oeuvre et des approches inédites. On découvrira ainsi des contributions réinterrogeant la genèse et le projet de l'autobiographie, examinant l'origine et le résultat de cette " entreprise qui n'eut jamais d'exemple et qui n'aura point d'imitateur ", et analysant la tension entre l'irréductible singularité et l'inévitable sociabilité, des enquêtes sur la question des moeurs, sur la voix et les voix dans les six premiers livres, ou encore sur les effets du portrait de soi tant sur l'auteur lui-même que sur le siècle suivant.
Le premier 19e siècle, dans l'immédiat héritage, problématique, de la Révolution française, est un moment décisif où se reconfigurent les rapports de la littérature et de la morale. Préparée en cela par le rationalisme des Lumières, la Révolution a mis à bas un système social et moral hiérarchisé ; désormais l'individu, promu sujet raisonnable et responsable, se voit imposer de redéfinir son identité, sa place et sa fonction. L'ouvrage se propose de brosser un panorama de la reconfiguration de la question morale dans cette période charnière, particulièrement riche et complexe.
Tout en montrant la nouveauté radicale du bolchevisme, et les techniques de Staline pour faire régner sa tyrannie, ce livre fait ressortir les continuités de l'histoire russe et ses constantes (idéologie, pratiques du pouvoir, place et influence de l'empire, conceptions et méthodes de politique étrangère, utilisation de la propagande). L'ouverture des archives de l'URSS et leur abondance a enrichi la connaissance de ce monde autrefois fermé et rend indispensables certaines clés de compréhension : elles faciliteront aussi l'abord de la Russie post-communiste et son passé difficile à surmonter.