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Le hors-venu. Contes brefs
Bensimon Jean
L'HARMATTAN
19,00 €
Épuisé
EAN :9782343097565
Le conte serait-il archaïque et essentiellement destiné aux enfants ? Une âme enfantine sommeille pourtant en chacun de nous, et ce genre — distinct de la nouvelle, qui s'enracine davantage dans le réel — nous amène à descendre jusqu'aux tréfonds de nous-mêmes, loin de la réalité rationnelle et des constructions rassurantes. A ce titre, le conte est au coeur de la modernité. Pourquoi "contes brefs" ? La brièveté peut suffire à nous faire pénétrer dans le chaos intérieur. Refuser le délayage, rechercher au contraire l'ellipse, le raccourci, l'allusion, c'est faire confiance au lecteur. A travers une soixantaine de contes, Le Hors-venu nous parle du double que nous tenons sous clé au fond de nous car inconvenant — ce qui rend vaine la question "Qui suis-je ? " —, de notre rapport à l'animalité, de la difficile quête d'origine — serait-ce la voix d'un paradis perdu ? — et de bien d'autres peurs, rêves et nostalgies soigneusement cachés.
Cette histoire nous plonge dans une petite ville d'Algérie, Médéa, pendant les années 40, les rues désertes à l'heure de la sieste, les eucalyptus, les jujubiers, les jeux entre copains, les louveteaux... Une enfance dans un drôle de département français. C'est aussi une enquête. Un mystère règne dans la famille du narrateur, un drame se tisse et se détisse chaque jour dans l'ombre fraîche de la maison : qui est vraiment la mère, cette femme pas- sant de l'abattement à des flambées de colère effrayant sa famille ? Jus- qu'où peut bien aller sa ressemblance avec Médée, la magi- cienne de l'Antiquité qui tua ses enfants ? Entre Médéa et Médée, entre le grand soleil et les zones d'ombre, peut-on revenir dans un passé très ancien, le revivre ? Peut-on venir à bout de la soumission d'autrefois, de la honte, de la haine... de la solitude affective ? Un récit écrit pour tous ceux qui se sont sentis écrasés par la figure maternelle. Baignant dans le merveilleux qui imprègne Médéa et dans des croyances archaïques, il ressuscite une socié- té aujourd'hui disparue. Ainsi, l'entreprise autobiographique s'élargit en une recherche à caractère ethnographique. N. K.
Ce recueil est une nouvelle édition entièrement refondue de L'Autre maison, paru en 2000 dans la collection Ecritures. Sur les 74 récits, 33 seulement ont été retenus, et réécrits. Contes ou nouvelles ? Fantastique ou climat légèrement étrange '? Peu importe la terminologie puisque nous sommes presque toujours aux limites du réel et du rêve, dans ces profonds souterrains du dedans où tout vacille, laissant émerger du chaos des peurs, des sentiments inavoués, des points de vue dérangeants, qui pourtant ne nous sont pas vraiment étrangers. Nous sommes d'ores et déjà sur " l'autre rive ", celle où la raison n'a plus cours. Ici, sept tulipes noires peuvent jaillir dans l'obscurité d'une cave où trois hommes s'interrogent sur l'ombre et la lumière. Là, une collectivité s'adonne à un concours de déshonneur. Ailleurs, le visiteur d'une exposition de masques s'entend reprocher par l'un d'eux d'être plus masqué que lui, tandis qu'un solitaire va consulter la sibylle afin d'apprendre le secret qui lui permettra d'aimer...
L'entre-deux n'a pas bonne réputation. Il est le sort des femmes, des hommes de l'écart, du dilemme, qui vivent le cul entre deux chaises. De ceux qui, n'ayant pas d'assise, béquillent entre le zist et le zest, le dedans et le dehors. En porte-à-faux. L'auteur relève le défi en quatorze récits empreints de poésie, à la fois profondément semblables et dissemblables. Contradictions intérieures, choix de vie hasardeux, difficulté à aimer, forces irrationnelles... un monde étrange et familier avec parfois, implicite, un questionnement philosophique. Tel personnage s'interrogeant sur son identité se lance dans la quête difficile d'un lieu. Tel autre hésite entre vie animale et vie humaine. Un troisième se demande s'il appartient à la communauté. Et une femme étoile peut-elle vivre sur terre ? ... Autant de figures qui affrontent l'entre-deux, le surmontant ou pas, et flottent en quête d'un ancrage. Des destins à la lisière. Ces récits, où le vertige se mêle à l'humour, sont inscrits dans une époque fluctuante, entre deux cultures - l'ancien monde et le nouveau. Un métissage malaisé. Dans la modernité.
Perrat Benoît ; Pitte Jean-Robert ; Guillot Pierre
Résumé : Grand chef cuisinier aux côtés des Escoffier, des Rambert et des frères Rouzier notamment, le Bressan Benoît Perrat (1873-1957) exerça son art dans les restaurants de tout premier ordre (Lyon, Genève, Paris, York, Berlin, Dresde) puis dans les cours princières et royales d'Europe centrale de la Belle Epoque (Saxe, Bavière, Roumanie, Hongrie). Contraint par la Grande Guerre à quitter ceux qu'il avait somptueusement servis, il retrouve ses terres natales et s'installe quelque temps après à Vonnas (Ain), la "Mecque de gueule", où il tiendra jusqu'à la Seconde Guerre mondiale toujours avec panache et distinction, jusqu'au raffinement ultime, la table et le Grand Hôtel Moderne. Il y rédigera sa célèbre "rhapsodie culinaire et gastronomique", Cornus en Bresse (1932) ? rééditée en 2002 ? et en 1938 sa Hongrie gourmande, restée inédite et publiée ici pour la première fois. Ce recueil surprenant assemble une centaine de ses recettes magyares récolées au gré de ses rencontres, de ses pérégrinations, de ses affectations et de ses enchantements. Récolées... ! C'est peu dire. Benoît Perrat y atteste surtout le "véritable esprit de la gastronomie qui est un patrimoine vivant, en évolution constante, ouvert à toutes les influences extérieures qui sont découvertes, apprivoisées, domestiquées, puis intégrées". C'est donc à une savoureuse déclinaison des riches spécialités danubiennes, parfois "métissées de Bresse", que Benoît Perrat convoque ses lecteurs, au premier rang desquelles le fameux gulash, et bien sûr le paprika, piment-roi de la cuisine magyare. Il les invite surtout à mettre avec lui la main au fourneau puis la serviette au cou.
Au matin du 22 mars 2016, en se rendant à son bureau, Caroline Choplin monte dans le dernier wagon de la rame de métro qui s'arrêtera brusquement à la station Maelbeek. Elle ne le sait pas encore, mais ce choix involontaire lui sauvera la vie. Trois ans après le double attentat qui a frappé la capitale belge, elle revient sur les émotions ressenties ce matin-là et celles des jours et des mois qui ont suivi le choc.
Comme à son habitude, Marie est la première à se proposer pour venir faire les courses avec moi, deux autres jeunes du groupe nous accompagnent. C'est un soir du mois de novembre, il fait froid, nous parlons du temps, va-t-il neiger ou non? L'ambiance est détendue, je raconte une anecdote personnelle Marie, assise à côté de moi se tourne brusquement et me lance froidement "On n'en a rien à faire de ta vie!" Sur le coup je me tais, je ne comprends pas l'agressivité de ses paroles, je passe à autre chose mais au fond de moi je suis blessée. Que s'est-il passé? Pourquoi de telles attitudes, la sienne, la mienne? Pour quelles raisons cela me touche-t-il autant?.
Dans un contexte économique caractérisé par la mondialisation où les fusions, délocalisations et liquidations d'entreprises sont autant de risques pour les managers, la ressource principale de l'entreprise reste la connaissance. Véritable capital technique, social et culturel, il convient de la préserver, de l'enrichir et de la transmettre. Le capital mémoire de l'entreprise ouvre la voie au management des savoirs, à la gestion des connaissances et à l'ingénierie de la mémoire organisationnelle qui, chacun dans son domaine, cartographient les compétences et les savoirs que recèle l'entreprise et en définissent les enjeux stratégiques. Loin d'être un tout homogène, la mémoire de l'entreprise emprunte à de multiples sources, individuelles ou collectives, se pourrit de cultures conflictuelles et se fixe sur des supports composites - simples récits d'anecdotes, documents de presse ou institutionnels (affiche, film d'entreprise, banque de données...). Par-delà les clivages culturels, les querelles de territoires, les tactiques du secret, les justifications plus ou moins excusables de l'oubli, cet ouvrage montre en quoi la mémoire constitue, pour l'anticipation stratégique et la construction identitaire des collectifs de travail, un facteur-clef dé la communication d'entreprise. L'exemple des Chantiers de l'Atlantique de Saint-Nazaire illustre toute là complexité et la richesse du capital mémoire d'une grande organisation.