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Dans l'entre-deux
Bensimon Jean
ORIZONS
20,00 €
Épuisé
EAN :9791030902891
L'entre-deux n'a pas bonne réputation. Il est le sort des femmes, des hommes de l'écart, du dilemme, qui vivent le cul entre deux chaises. De ceux qui, n'ayant pas d'assise, béquillent entre le zist et le zest, le dedans et le dehors. En porte-à-faux. L'auteur relève le défi en quatorze récits empreints de poésie, à la fois profondément semblables et dissemblables. Contradictions intérieures, choix de vie hasardeux, difficulté à aimer, forces irrationnelles... un monde étrange et familier avec parfois, implicite, un questionnement philosophique. Tel personnage s'interrogeant sur son identité se lance dans la quête difficile d'un lieu. Tel autre hésite entre vie animale et vie humaine. Un troisième se demande s'il appartient à la communauté. Et une femme étoile peut-elle vivre sur terre ? ... Autant de figures qui affrontent l'entre-deux, le surmontant ou pas, et flottent en quête d'un ancrage. Des destins à la lisière. Ces récits, où le vertige se mêle à l'humour, sont inscrits dans une époque fluctuante, entre deux cultures - l'ancien monde et le nouveau. Un métissage malaisé. Dans la modernité.
Cette histoire nous plonge dans une petite ville d'Algérie, Médéa, pendant les années 40, les rues désertes à l'heure de la sieste, les eucalyptus, les jujubiers, les jeux entre copains, les louveteaux... Une enfance dans un drôle de département français. C'est aussi une enquête. Un mystère règne dans la famille du narrateur, un drame se tisse et se détisse chaque jour dans l'ombre fraîche de la maison : qui est vraiment la mère, cette femme pas- sant de l'abattement à des flambées de colère effrayant sa famille ? Jus- qu'où peut bien aller sa ressemblance avec Médée, la magi- cienne de l'Antiquité qui tua ses enfants ? Entre Médéa et Médée, entre le grand soleil et les zones d'ombre, peut-on revenir dans un passé très ancien, le revivre ? Peut-on venir à bout de la soumission d'autrefois, de la honte, de la haine... de la solitude affective ? Un récit écrit pour tous ceux qui se sont sentis écrasés par la figure maternelle. Baignant dans le merveilleux qui imprègne Médéa et dans des croyances archaïques, il ressuscite une socié- té aujourd'hui disparue. Ainsi, l'entreprise autobiographique s'élargit en une recherche à caractère ethnographique. N. K.
Après Le Hors-venu (L'Harmattan, 1998), Jean Bensimon nous propose d'autres nouvelles et contes d'une grande diversité, balançant entre réel et irréel. Il nous fait pénétrer dans ces profonds souterrains de la conscience où vacille la raison. Nous y nargue un animal inquiétant qui prétend être nous, à moins que ce ne soit quelque ogre contemporain pressé de nous dévorer, sept tulipes noires peuplant l'obscurité ou un voyageur hagard en quête du lieu originaire qui se dérobe ou encore le rire éclatant de la réconciliation avec la vie... L'auteur, par ailleurs, n'hésite pas à détourner des mythes et des œuvres littéraires aussi illustres que coriaces. Le résultat s'avère tantôt grave avec " Pygmalion ", tantôt souriant et ironique avec " Le lièvre et la tortue " pour ne citer que deux exemples. Il y a fort à parier que ces histoires brèves à l'écriture dépouillée trouveront leur écho chez le lecteur qui voudrait ôter le masque imposé par les convenances ou la réalité apparente.
Le journal d'Henri Heinemann est, par excellence un document littéraire : il en a la sensibilité et, souvent, la beauté. Du mitan au viellissement, il y décline un magnifique don d'observation et d'analyse. Des hommes, des femmes, illustres ou inconnus, traversent son existence. Cependant, l'essentiel de cette matière est fait de l'amour qu'il porte aux livres. Claude martin, l'un des éminents spécialistes d'André Gide, emploie, dans sa préface, le mot de "monument" à propos de L'éternité pliée.
Dans la première partie de Les deux pères, Josy Adida-Goldberg retrace sous forme de chronique l'histoire de sa famille - de l'arrivée à Constantine de son ancêtre, juif tétouanais, Salomon Adida, vers le milieu du 19e siècle, au départ d'Algérie de sa famille en 1961. On y trouve des morceaux d'histoire captés par l'enfant et la jeune fille. Dans la deuxième partie, la narratrice retrace la relation d'une transhumance depuis Constantine, en passant par Strasbourg puis Paris. C'est aussi une expérience intérieure: les contingences et les interrogations en articulant la trame. Dans la troisième partie, enfin, elle donne la parole à son époux défunt. Et avec émotion, elle lui fait dire ce qu'il s'est obstiné à taire. Récit attachant qui évoque une Algérie disparue, il témoigne d'un itinéraire et de l'acclimatation d'une famille, arrachée à son lieu d'origine par al guerre. C'est aussi un document sur la migration et l'intégration des juifs d'Algérie sur le territoire métropolitain. Benjamin Stora, historien et politologue, professeur d'Histoire du Maghreb à l'INALCO, dit en quoi Les deux pères transcende le simple récit autobiographique.