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ENTRE ACTE ET SENS LA THEORIE PHENOMENOLOGIQUE DE LA SIGNIFICATION
BENOIST
VRIN
26,00 €
Épuisé
EAN :9782711615469
La théorie de la signification a joué un rôle central dans le développement de la phénoménologie. Jocelyn Benoist essaie d'en donner un exposé systématique, y décelant le paradoxe que représente l'influence décisive d'un auteur qui n'utilise pas le concept d'intentionalité (Bolzano), relu et réinterprété par Husserl au moyen de ce même concept. L'œuvre de Husserl se situe au croisement de Bolzano et de Brentano, d'une pensée du sens et d'une pensée de l'acte, de l'objectivisme logique et de la description psychologique et pragmatique : c'est le principe de lecture adopté ici. Cette enquête sur la théorie de la signification de Husserl conduit à revisiter tous les lieux classiques de la philosophie du langage et de la logique contemporaine, mis en vedette depuis par la philosophie analytique : théorie du sens, de la grammaire, de la vérité, de la proposition, du nom propre, de l'indexicalité, des performatifs, etc. On mesure ainsi le point auquel la pensée de Husserl était déjà installée de plain-pied dans ces problématiques, et ce qu'elles-mêmes ont, aujourd'hui, à gagner à un retour sur elle.
Ce livre mène un examen critique de la notion d'intentionalité, tant dans son versant phénoménologique que dans son versant analytique. Partant d'une réflexion sur les actes de langage, il en transpose en partie, mais en partie seulement, le modèle aux actes mentaux, en réinscrivant ceux-ci, à l'image de ceux-là, dans le tissu de contextualité réelle qui est le leur. L'idée majeure du livre est qu'on ne peut séparer la pensée du monde, et placer celle-ci sous le régime exclusif de la visée, libre d'effectivité. Il faut rendre la visée à ses échecs et réussites possibles, et l'interroger dans le cheminement qui est le sien à même le monde. Ainsi l'auteur recherche les voies d'une nouvelle théorie de l'esprit, placée sous le signe d'une espèce de réalisme d'inspiration phénoménologique - où le réalisme est autant principe de critique de la phénoménologie que son accomplissement. Cette enquête sur les fondations d'un possible réalisme, à la fois linguistique, perceptuel et structural, prend primairement la forme d'une interrogation sur les limites du sens, entre philosophie du langage et philosophie de l'esprit. Biographie de l'auteur Jocelyn Benoist est Professeur de Philosophie contemporaine et de la connaissance d l'Université de Paris-I Panthéon-Sorbonne.
Benoist Stéphane ; Gautier Alban ; Hoët-van Cauwen
Voici vingt-cinq façons de rendre compte des mémoires des empereurs romains Trajan et Hadrien (98-117 et 117-138 de notre ère). Elles nous offrent de multiples variations et angles d'approche pluridisciplinaires, et se placent sous le patronage illustre de l'oeuvre de Marguerite Yourcenar, Mémoires d'Hadrien (1951). Elles participent de surcroît à la commémoration des mille neuf-cents ans de la mort du vainqueur des Daces et des Parthes et de l'arrivée au pouvoir de son fils "adoptif", prince philhellène que la romancière avait élu, afin d'aborder les rapports entre mémoires humaines et Histoire. La littérature des périodes ancienne, médiévale, moderne et contemporaine est convoquée par les études ici rassemblées, tout autant que les arts et les nombreuses formes de représentations et illustrations des aventures humaines de ces deux princes placés naguère en tête de cet âge d'or de l'histoire romaine, le fameux siècle des Antonins, revisité depuis à toutes les époques qui se sont succédé.
Histoire érudite et sensible du pouvoir impérial romain, cet ouvrage s'articule en trois axes principaux - espace, temps, figures - qui condensent toute l'originalité des travaux de Stéphane Benoist. Il s'agit tout à la fois d'étudier le prince en sa ville, d'interroger sa conception du pouvoir impérial dans l'espace urbain, ses interventions dans la Cité, comme de comprendre comment les pratiques cérémonielles et fêtes impériales ont consolidé un pouvoir politique en formation et sacralisé la fonction de l'empereur. Mais aussi de saisir ce que Stéphane Benoist nomme "? le métier d'empereur ? ", à travers l'étude de certaines figures impériales, de Néron et Julien, en dressant les contours du pouvoir normatif du prince, garant des lois, et en expliquant l'évolution de sa place dans les institutions religieuses de la Cité. L'auteur saisit les permanences, césures, inflexions sur la longue durée, d'Auguste à Constantin, du premier siècle avant notre ère au tournant du ive ? siècle de notre ère. Les articles de ce recueil, soigneusement pensé et articulé, intègrent des ajouts, notamment bibliographiques et la confection précieuse d'index des sources, des noms, des lieux et des notions.
Généralement cité pour mémoire, Francis Hutcheson (1694-1746) mérite d'être lu dans le texte. La question de la nature et des rapports du Beau, du Bien, du Vrai et du Juste se pose à lui dans un contexte renouvelé : il s'agit, dans le cadre de la théorie lockienne des idées, et contre la rationalité pratique d'un Hobbes ou d'un Mandeville, d'aller plus loin que Shaftesbury pour sauver la morale du relativisme. Identifier, au coeur de la vertu, la spécificité du sens et du sensible face aux calculs de la raison, telle est la tâche que Hutcheson s'est assignée. Sa postérité, de Hume et Kant, qui lui doivent beaucoup, s'étend jusqu'à la philosophie analytique, qui voit en lui l'initiateur original de questions actuelles.
Nombreuse, infiniment ondoyante et diverse, cette pensée n'est qu'une charité toujours active dont le mouvement incessant tend vers des objets qui nous échappent ou vers les aspects inconnus de ceux que nous percevions déjà. Comment suivre une telle pensée sans être cette pensée même (...)? ". Le présent ouvrage tente une réponse en même temps qu'il pose la question. Considérant que les écrits de Bonaventure dessinent moins une progression linéaire qu'ils ne suivent un " ordre du coeur ", Etienne Gilson propose ici, après un chapitre introductif de nature biographique qui cherche l'homme derrière l'oeuvre, un parcours circulaire autour du centre de la synthèse bonaventurienne, le Verbe, incarné en la personne du Christ. C'est ainsi que se trouvent abordés les thèmes fondamentaux que sont la critique de la philosophie naturelle, l'évidence de l'existence de Dieu et le problème de la science et de la volonté divines, mais aussi la création, les corps inanimés, les animaux, l'âme humaine, les anges, ou encore l'illumination, la grâce et la béatitude. Ces études convergent et culminent tout à la fois dans un dernier chapitre qui s'attache à saisir l'esprit de ce penseur. A l'encontre de l'argument qui consiste à qualifier Bonaventure de mystique pour le reléguer hors de l'histoire de la philosophie, Etienne Gilson se propose de recourir précisément à cet argument pour l'y réintégrer : le sentiment mystique, pénétrant en effet toutes les couches de l'édifice, est ce qui lui confère sa systématicité, et une systématicité telle que cette mystique spéculative bonaventurienne partage seule avec la doctrine thomiste le titre de synthèse de la pensée scolastique tout entière. Tendant toujours vers une métaphysique de la mystique chrétienne comme vers son terme ultime, cette pensée témoigne simultanément de la nécessité de la science et de sa subordination aux " ravissements mystiques ", et se situe à la rencontre des influences de saint François, de saint Augustin et des exigences systématiques des Sommes de Thomas d'Aquin. L'oeuvre de Bonaventure marque ainsi un moment capital dans le long progrès par lequel la théologie scolastique parvint à l'unité d'un système.