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Itinéraires sépharades. Complexité et diversité des identités
Benbassa Esther
SUP
18,00 €
Épuisé
EAN :9782840506751
Si aucune identité n'est simple, celle des Sépharades l'est peut-être moins encore. Adeptes de la philosophie, de l'apprentissage des sciences, de l'éducation à la fois profane et religieuse, ils sont érigés en modèles par les penseurs des Lumières en Europe, qui voient en eux de possibles futurs citoyens. C'est toujours eux que les révolutionnaires émancipent en premier en France dès 1790. Issus de la péninsule Ibérique, après leur expulsion au XVe siècle, ils suivent des trajectoires et connaissent des vicissitudes multiples, créant des univers culturels imprégnés par leur environnement aussi bien musulman que chrétien. Ainsi gardent-ils les traces de ces passages avec une spécificité juive qui leur est particulière. Dans leurs lieux d'exil, allant de l'ouest de l'Europe jusqu'à l'est balkanique, en passant par l'Empire ottoman et le Maghreb, puis les colonies de l'Atlantique, ils assistent et participent aux changements qui s'y opèrent, prennent le mouvement de la modernité en marche. Juifs d'abord, puis, pour ceux qui sont forcés à la conversion en Espagne et au Portugal, juifs et chrétiens, juifs à la maison et chrétiens dehors, ou chrétiens tout court; juifs et musulmans, ou musulmans seulement. Ces départs et ces retours deviennent constitutifs de ces identités sépharades fluctuantes, mais qui par là-même ont su conjuguer les différents apports de leur "statuts religieux", portes d'ouverture ou d'accès à des sensibilités aux contours pluriels. L'Holocauste avait voué à l'oubli leur patrimoine aussi bien en Occident que dans les Balkans où ils s'étaient dispersés autrefois, cultivant leur particularité judéo-espagnole pendant des siècles. Ce sont les itinéraires de ces Sépharades sans patrie, mais toujours patriotes de leur mythologie ibérique, que cet ouvrage retrace à travers des destins individuels.
Dans le monde juif, la souffrance, ses représentations et sa ritualisation ont façonné au fil des siècles l'histoire d'un peuple et d'une religion, et plus encore l'idée que ce peuple se faisait de son histoire. Ce livre en suit dans la longue durée les méandres. Il y situe l'événement traumatique qu'a été la Shoah, venu réactiver une mémoire "lacrymale" dès lors jamais apaisée. Et Esther Benbassa analyse le lien indissoluble qui s'est finalement tissé entre le génocide et l'État d'Israël, sa politisation et sa transformation en une religion civile accessible à tous, un judaïsme "de l'Holocauste et de la Rédemption" - la Rédemption étant la création d'un État juif lui-même sacralisé. Au-delà du cas juif, ce livre fournit des clés de compréhension des diverses trajectoires mémorielles et identitaires d'aujourd'hui, aussi nécessaires ou inévitables qu'envahissantes et dont la mémoire du génocide est devenue le modèle. Cet usage de la souffrance comme identité engendre des devoirs de mémoire tyranniques, auxquels Esther Benbassa oppose le droit à un raisonnable oubli qui ne serait pas amnésie, mais confierait à une histoire enfin plurielle et partagée le dépôt de nos passés de souffrances.
Résumé : Dans le sillage des attentats de janvier 2015, la nuit tragique du 13 novembre a fait basculer la France dans une ère de violence, de deuil et d'anxiété. Dans un enchaînement de catastrophes, le pays paraît s'enfoncer lentement dans le chaos. Une secousse qui bouscule aussi les êtres, jusque dans leurs retranchements, faisant remonter les vécus enfouis qui se confondent parfois avec ceux des hommes et des femmes fauchés par les balles des terroristes. Qui donc étaient ces morts ? Leurs histoires interpellent les nôtres, les associant à celle de toute une nation en panique. Une femme venue d'ailleurs essaie de relire ce qui est arrivé à l'aune de ses errances passées, avec empathie, dans ses nuits désormais blanches. Elle croise les vies, les lieux, les époques, les libertés évanouies, la politique en berne, et refuse obstinément de céder au désespoir ambiant. Elle descend dans ses propres décombres pour redonner un peu de vie à ces morts dont l'ombre a pesé de tout son poids sur les événements des mois qui ont suivi. Célébration de la liberté, ce récit est aussi un regard sur le monde d'où la vie, malgré tout, sort victorieuse.
Une traversée de l'histoire et de la culture sépharades du Moyen Âge à nos jours. De la cohabitation des trois monothéismes dans l'Espagne musulmane et chrétienne à l'émergence des fanatismes musulman puis chrétien, en passant par le phénomène marrane, l'Inquisition, sans oublier l'effervescence culturelle et économique que connaissent le judaïsme ibérique et le monde judéoconvers, ce livre restitue les grands moments d'une aventure, celle du séphardisme, dans ses lieux de naissance et de développement, à la croisée de cultures plurielles. Terre des grandes oeuvres de la philosophie, de la littérature, de la poésie et de la liturgie, écrites en hébreu, en arabe et en roman, la terre d'Espagne a aussi été celle de la cabale, avec son oeuvre maîtresse, rédigée en araméen, le Zohar. Mais les expulsions dispersent bientôt les Sépharades en Europe, un peu dans le Maghreb, et surtout dans l'Empire ottoman où se construit une séphardité nouvelle - quoique liée à la créativité judéo-ibérique du passé - et s'épanouit une culture spécifique, dont le Me'am Lo'ez, véritable encyclopédie religieuse populaire judéo-espagnole, est l'un des plus beaux fleurons. La Seconde Guerre mondiale décime cette nouvelle aire culturelle, avec en son centre Salonique, appelée " ville-mère " du judaïsme oriental. L'ouvrage ne s'arrête pourtant pas là, de même qu'il ne limite pas son horizon aux Balkans. Il tente en dix chapitres, qui sont comme dix escales, de couvrir tout l'univers sépharade dont la langue et la culture sont en voie de disparition, et d'en traquer les ultimes vestiges aujourd'hui, telles certaines identifications avec le marranisme dans l'Amérique latine contemporaine. Réunissant en ce volume les textes des dix conférences annuelles prononcées sous son égide, le Centre Alberto-Benveniste met ainsi à la disposition du public quelques-unes des plus belles réalisations des dix premières années de son existence.
Alors que l'Amérique s'interroge sur l'héritage de la révolution fondatrice, et doit faire face à de grandes questions telles que l'expansion territoriale vers l'Ouest, l'industrialisation naissante, l'afflux massif d'immigrants ou encore la question de l'esclavage, les Américains manifestent un vif intérêt pour les deux révolutions qui secouent la France en 1830 et 1848. Ces événements font l'objet de multiples célébrations officielles et populaires aux Etats-Unis et donnent lieu à des débats passionnés dans la presse américaine, au Congrès et dans les milieux contestataires tels que les premiers mouvements ouvriers, les abolitionnistes ou encore le féminisme naissant. L'approche transnationale de Yohanna Alimi-Levy se démarque de l'historiographie traditionnelle et invite à penser autrement la démocratie américaine en soulignant la circulation d'idées entre les deux rives de l'Atlantique.