Premier périodique spécialisé, en France, dans le domaine de la philosophie ancienne, Philosophie antique a pour vocation d'offrir aux travaux français dans ce domaine le lieu de publication et la visibilité dont ils ont besoin, mais aussi de contribuer au dialogue international cri publiant régulièrement des contributions étrangères, soit en français, soit dans leur langue originale. A l'instar des grands journaux internationaux, la revue constitue un instrument d'information en offrant un bulletin de lecture d'ouvrages importants parus dans la discipline. Une originalité de Philosophie antique est son ouverture tant à l'histoire de la réception de la philosophie ancienne qu'aux études sur l'historiographie et la méthodologie de la discipline, ainsi qu'à des essais mobilisant tel ou tel aspect de la philosophie ancienne. Tout en constituant un outil de travail disciplinairement solide, elle offre ainsi sur un mode innovant la possibilité de thématiser la présence de la philosophie ancienne â toutes les époques de l'histoire de la pensée. La revue publie des numéros thématiques, mais telle n'est pas son unique destination. Son ambition est en effet d'être l'écho des recherches cri cours, aussi bien de celles de chercheurs confirmés que de jeunes chercheurs.
Ce numéro rassemble des recherches récentes sur l'épicurisme. Ses principaux représentants antiques sont abordés : Epicure, Lucrèce, Philodème. Les grands domaines de la doctrine : canonique (rapport entre sensations et vérité), physique (composition de l'âme), éthique et politique (amour, thérapie des émotions), pédagogie (résumés de la doctrine). Les échanges et débats avec d'autres philosophies antiques sont abordés par trois articles (Aristote et son école, néoplatonisme et néopythagorisme).
Le stoïcisme est une philosophie née de la pratique et faite pour être appliquée. Toutes les doctrines antiques, si elles s'articulent à une manière de vivre, ne le font pas de manière aussi immédiate et rigoureuse. Cette étude s'emploie à le montrer en exhumant la théorie de la pratique implicite du stoïcisme, c'est-à-dire son analyse des conditions, des paramètres, des normes et des possibilités de transformation de nos activités. Pour ce faire, on suit le fil directeur d'un petit mot banal, "l'usage" (khrésis, usus) dans les textes et fragments stoïciens. Grâce à lui, on examine les divergences pratiques entre les stoïciens et Socrate, Platon, Aristote ou Epicure, et on parcourt l'ensemble du système stoïcien, de la théologie à la morale appliquée (les usages du vin), en passant par la cosmologie, la zoologie, la psychologie, la logique, la pédagogie et tous les aspects de l'éthique. Nos organes et nos facultés, les bienfaits de la Nature, la raison et l'argumentation, les vertus, ainsi que les circonstances, moyens et buts de nos conduites s'avèrent en effet tous et toujours susceptibles d'un ou plusieurs usages, que la philosophie cherche à répertorier et à organiser. Synthèse pratique de notre passivité par rapport à la providence et de notre activité par rapport au monde, l'usage est ainsi pour les stoïciens le site instable où se joue l'ajustement de l'homme à sa nature et à la Nature. Biographie de l'auteur Thomas Bénatouïl est maître de conférences à l'Université Nancy 2 et membre du Laboratoire de Philosophie et d'Histoire des Sciences -Archives Henri Poincaré (CNRS).
La trilogie de Matrix est-elle autre chose qu'une formidable machine commerciale? Oui, c'est une machine philosophique. Et cependant elle n'aurait pas eu le succès que l'on connaît s'il s'agissait seulement d'un film "pour philosophes". Au coeur de son propos, il y a bien sûr une question "éternelle" aux accents adolescents ("Comment savoir si la réalité n'est pas une vaste illusion?"); le film est saturé de lieux communs philosophiques et de références ouvertes ou occultes à toute la tradition: de Platon à Baudrillard en passant par Descartes. Mais tout cela ne suffit pas à en faire un film philosophique, ni de la philosophie mise en film. L'ambition des réalisateurs de Matrix était de fabriquer un "film d'action intellectuel". C'est bien de cela qu'il s'agit un film d'action qui, en mêlant allègrement la fable et le concept, le spectacle et la spéculation, produit des effets théoriques. Ces effets concernent des thèmes aussi variés que le réel et le virtuel, la liberté humaine et les raisons du choix, la cohabitation de l'homme et des machines, le statut des lois de la nature, la puissance de l'amour, le syncrétisme religieux. Si Matrix ne faisait qu'illustrer des philosophies toutes prêtes, les philosophes n'auraient rien à en dire: ils n'ont pas besoin d'attendre du cinéma qu'il leur apprenne leurs classiques. Mais le film fait beaucoup mieux: il fournit des protocoles d'expérience, il suggère sans les effectuer toutes sortes d'opérations et de constructions philosophiques. Entre science-fiction et philosophie, une forme de "philosophie-fiction": le kung-fu dans la Caverne de Platon. Matrix, machine philosophique peut se lire comme un manuel, une sorte de guide de l'utilisateur à l'attention de ceux qui ont aimé le film, qui l'ont détesté, ou qui se demandent simplement ce qu'on peut en penser. On y trouvera treize textes portant sur différents aspects philosophiques, et un glossaire des principaux symboles, concepts et personnages
Les sneakers sont bien plus que des chaussures dédiées aux sports ou aux loisirs. Elles sont les fétiches qui cimentent une communauté : celle des sneakerheads. Ces passionnés ont créé une sous-culture autour d'elles, au sein même de la culture hip-hop. La sociologue Yuniya Kawamura a bâti son livre au carrefour de plusieurs disciplines et thématiques : l'anthropologie, l'histoire, la technique, la communication, la marchandisation, la mode, le genre ou encore la jeunesse. Elle y décèle l'ensemble de la dynamique qui a fait passer les sneakers de la marginalité du Bronx à la culture de masse mondialisée. "Je suis ce que je porte à mes pieds", dit un membre de la sous-culture. Taille haute ou basse, épurées ou bariolées, ces chaussures peuvent exercer une emprise sur leur porteur, lui conférer un statut, mais aussi être revendues pour une somme extravagante. Les sneakers sont un mythe contemporain. Ce livre est la première étude universitaire nous invitant à en suivre les aventures.
La FMD poursuit ici deux démarches. La première consiste à inscrire dans la durée la journée d'étude grâce à la publication de ses communications. La seconde consiste à assumer sa vocation de transmission de l'histoire et de la mémoire dans la société civile en montrant la vitalité de la recherche, qui ouvre sur un dialogue interdisciplinaire enrichissant entre historiens, sociologues, médecins, enseignants, archivistes et bédéistes, complété ici par le regard de la société civile organisée que représente le CESE.
Combattant les peintres académiques qui exposent aux Salons officiels, J.-K. Huysmans s'est posé dans L'Art moderne en promoteur de l'" art vivant " et des impressionnistes. Son roman A rebours (1884) marque une dissidence d'antimoderne qui ouvre aux oeuvres les voies de l'imaginaire. Avec lui s'opère un renouveau esthétique : le regard s'émancipe comme en témoigne sa vision de G. Moreau et sa libre interprétation de ses Salomé.
Créé pour soutenir Vladimir Poutine, le parti Russie unie domine largement le paysage politique russe depuis plus de quinze ans. Résurgence du parti communiste de l'Union soviétique ou instrument entre les mains des dirigeants : quel rôle joue-t-il ? L'enquête, basée sur des entretiens et des observations auprès des représentants du parti, montre la situation inconfortable d'une institution qui ne cesse de se développer tout en restant sous le strict contrôle du pouvoir exécutif central. Elle apporte un éclairage nouveau sur les mécanismes de la domination politique à l'uvre dans la Russie de Poutine en insistant sur la place centrale occupée par les références étrangères dans la vie partisane : idéologie inspirée de la pensée conservatrice occidentale, primaires, dispositifs managériaux. A l'heure où les démocraties occidentales connaissent des transformations profondes, le cas de la Russie permet de poser un regard décentré sur la relation problématique entre un dirigeant et sa majorité.