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La transition préméditée
Ben Saïd Mahmoud
L'HARMATTAN
12,00 €
Épuisé
EAN :9782296119383
L'espoir fut éphémère avec la junte. Eminemment instable, son chef renie ses engagements et veut se présenter à la présidentielle. Les Guinéens se lèvent, outrés. La transition entre donc en commotion. Le 28 septembre 2009, une répression préméditée s'abat sur un meeting pacifique. La sauvagerie est inénarrable : 156 morts, 1.399 blessés, 109 femmes violentées. L'ONU reconnaît des crimes contre l'humanité et envisage la saisine de la Cour pénale internationale. Mais déjà, le 3 décembre, une fusillade a éclaté au sein de la junte, et son chef a reçu dans la tête une balle tirée par son propre aide de camp. Justice divine ? Quoi qu'il en soit, ces événements n'ont pas que des effets pervers : nous pouvons transformer les deuils qu'ils nous ont infligés en ciment pour souder nos liens, les douleurs en énergie pour nous émanciper.
Peut-on imaginer un monde dans lequel l'art, l'érudition, la culture ne trouveraient pas leur place, où toute forme de création serait interdite, et où celui qui réfléchit au devenir de l'homme serait réduit au silence ? Ce monde est celui dans lequel évolue l'artiste, personnage principal de l'oeuvre théâtrale de Khider Ben Si Said. L'artiste est tourmenté car il n'est pas libre, étouffé par les censeurs, les technocrates, les ignorants et autres philistins, et il s'en ouvre à la voix, sa conscience. Traqué encore et toujours, même lorsqu'il renonce à montrer la lumière, l'artiste, abandonné par ses derniers soutiens, choisira de s'imposer le silence pour enfin faire entendre sa voix. Cette pièce, dans laquelle on peut voir un état des lieux de la vie intellectuelle de certains pays, pose la question de l'obscurantisme et du terrorisme de la pensée. L'artiste est-il partout libre ?
Pour Khider Ben Si Said, l'auteur, que ce soit par sa poésie ou à travers le théâtre, écrit pour démontrer des vérités occultes. Il est dans le jeu interdit. Il s'engage, par ses rimes, à apporter toute sa contribution pour restaurer un patrimoine banni dans son propre espace. Préparer le terrain d'un élan vers la renaissance, telle est la mission du poète qui, luimême renaissant de ses cendres, embellit des sentiments malheureux dans le but de faire croire à un triomphe sur l'agonie.
En passant par la voie des élections d'un régime militaire à un régime civil, la Guinée a fait un grand pas vers la démocratie. Mais cet exploit a révélé nombre de nouveaux défis. Ce livre se focalise sur la présidentielle de 2010 et les législatives de 2013, après un survol des organes et instruments de la transition. Il formule des recommandations pour relever les défis du système électoral, en s'appuyant sur des données de première main recueillies en Guinée et au Sénégal. Le récit des événements, soigneusement synthétisé, est renforcé par des analyses impartiales. Dans un sens, cet ouvrage peut être considéré comme le troisième et dernier volume de la série La Guinée en marche, dont le but est de délivrer des informations sur les sept années du changement, entre décembre 2006 et janvier 2014.
La théorie de Comte, tant critiquée de nos jours pour son scientisme anachronique, demeure méconnue. Le travail d'historien des sciences qu'il engage l'amène à déstabiliser l'idée de système, à faire face aux connaissances approchées et à associer les normes de la certitude à celles du relatif. Comte va de la sorte se positionner comme précurseur de deux grandes figures de la philosophie des sciences et qui sont : Bachelard et Claude Bernard. Le premier élabore sa théorie en intégrant l'approximation, rencontrée par Comte, comme expression d'une certitude incertaine, le second penchera de l'autre côté. Il va se positionner davantage comme le défenseur irréductible de la théorie de la science positive ; il le fait d'ailleurs mieux que son fondateur. Ce "Newton de la physiologie" arrivera à résoudre, selon les normes positives, des questions biologiques laissées en suspens par Comte, telles celles inhérentes au substrat vital responsable de l'unité : l'organisme et celles qui concernent la continuité entre le monde des végétaux et celui des animaux. En plus d'une théorie de la science, Comte développe une pensée sociale. Celle-ci doit faire face à l'inaccompli de ses visions projectionnelles du temps, consacrées par la loi des trois états. Le telos pacifiste et universaliste vers lequel elles s'acheminent normalement est paradoxalement déstabilisé par la rétrogradation théologique, par les guerres sanguinaires et le colonialisme que Comte qualifie de "monstruosité" sociale. Il tente de faire face à une telle situation par un projet de démilitarisation des moeurs. La paix n'est pas pour lui une affaire de contrats et de décisions, mais d'une homogénéisation des valeurs émanant d'une réclamation profonde des peuples, qui aboutirait à ce qu'il appelle "la coopération humaine". Celle-ci est capable de superposer à la société politique une autre plus noble et plus vertueuse, celle de sages et de décideurs, à l'écoute de l'opinion publique, systématisant et propageant sa vitalité et son amour pour autrui et l'orientant vers la vénération de toute l'Humanité.
?Quels sont les secrets d'une vocation ? Par quels chemins mystérieux voyage-t-elle ? Devenir galeriste, est-ce un appel, un destin, ou le résultat des hasards successifs ? A priori, être galeriste c'est vivre entre l'économie et l'esthétique, c'est être partagé entre les échanges et le coeur. Quel impératif l'emporte et comment passer du numéraire à l'esprit, du matériel au spirituel ? A travers quelques anecdotes et faits saillants d'une carrière de vingt ans, l'auteur tente de répondre à ces questions.
Dans un contexte économique caractérisé par la mondialisation où les fusions, délocalisations et liquidations d'entreprises sont autant de risques pour les managers, la ressource principale de l'entreprise reste la connaissance. Véritable capital technique, social et culturel, il convient de la préserver, de l'enrichir et de la transmettre. Le capital mémoire de l'entreprise ouvre la voie au management des savoirs, à la gestion des connaissances et à l'ingénierie de la mémoire organisationnelle qui, chacun dans son domaine, cartographient les compétences et les savoirs que recèle l'entreprise et en définissent les enjeux stratégiques. Loin d'être un tout homogène, la mémoire de l'entreprise emprunte à de multiples sources, individuelles ou collectives, se pourrit de cultures conflictuelles et se fixe sur des supports composites - simples récits d'anecdotes, documents de presse ou institutionnels (affiche, film d'entreprise, banque de données...). Par-delà les clivages culturels, les querelles de territoires, les tactiques du secret, les justifications plus ou moins excusables de l'oubli, cet ouvrage montre en quoi la mémoire constitue, pour l'anticipation stratégique et la construction identitaire des collectifs de travail, un facteur-clef dé la communication d'entreprise. L'exemple des Chantiers de l'Atlantique de Saint-Nazaire illustre toute là complexité et la richesse du capital mémoire d'une grande organisation.
Perrat Benoît ; Pitte Jean-Robert ; Guillot Pierre
Résumé : Grand chef cuisinier aux côtés des Escoffier, des Rambert et des frères Rouzier notamment, le Bressan Benoît Perrat (1873-1957) exerça son art dans les restaurants de tout premier ordre (Lyon, Genève, Paris, York, Berlin, Dresde) puis dans les cours princières et royales d'Europe centrale de la Belle Epoque (Saxe, Bavière, Roumanie, Hongrie). Contraint par la Grande Guerre à quitter ceux qu'il avait somptueusement servis, il retrouve ses terres natales et s'installe quelque temps après à Vonnas (Ain), la "Mecque de gueule", où il tiendra jusqu'à la Seconde Guerre mondiale toujours avec panache et distinction, jusqu'au raffinement ultime, la table et le Grand Hôtel Moderne. Il y rédigera sa célèbre "rhapsodie culinaire et gastronomique", Cornus en Bresse (1932) ? rééditée en 2002 ? et en 1938 sa Hongrie gourmande, restée inédite et publiée ici pour la première fois. Ce recueil surprenant assemble une centaine de ses recettes magyares récolées au gré de ses rencontres, de ses pérégrinations, de ses affectations et de ses enchantements. Récolées... ! C'est peu dire. Benoît Perrat y atteste surtout le "véritable esprit de la gastronomie qui est un patrimoine vivant, en évolution constante, ouvert à toutes les influences extérieures qui sont découvertes, apprivoisées, domestiquées, puis intégrées". C'est donc à une savoureuse déclinaison des riches spécialités danubiennes, parfois "métissées de Bresse", que Benoît Perrat convoque ses lecteurs, au premier rang desquelles le fameux gulash, et bien sûr le paprika, piment-roi de la cuisine magyare. Il les invite surtout à mettre avec lui la main au fourneau puis la serviette au cou.
Immobile face à sa femme, il attend les premières séries de l'après-midi. Six mois qu'elle est partie. Elle n'a jamais donné de nouvelles et lui, comme un con, il garde sa photo sur la télé. II s'entend lui chuchoter "ils m'ont viré, tu te rends compte, ces salauds", et il est sûr d'apercevoir aux commissures de ses lèvres l'ébauche désolée d'un sourire. Ici, on voudrait s'aimer et on ne sait pas bien comment ; on parle sans toujours trouver les mots ; on s'accroche au quotidien comme on peut. Au fil des quinze histoires qui composent ce recueil, on croise des individus qui donnent parfois l'impression de marcher à côté de leur propre existence. Le propos est grave, souvent drôle, toujours tendre.