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Lucien Rebatet. Le fascisme comme contre-culture
Belot Robert
PU RENNES
23,00 €
Épuisé
EAN :9782753542969
L?attribution du prix Nobel de littérature 2014 a fait resurgir les fantômes des années noires de l?histoire française. Patrick Modiano a été le premier écrivain à explorer les tabous de notre mémoire et à s?introduire dans l?imaginaire des collabos. Dans Place de l?Etoile, dès 1968, il évoque ainsi Céline et Rebatet, le maître et le disciple, deux prophètes de l?ordre nouveau nazi fondé sur le rejet de la culture des Lumières. Les historiens se sont ensuite emparés du dossier qui a suscité des débats animés. Parmi les sujets encore discutés et disputés la nature du régime de Vichy, les enjeux de la collaboration et l?existence d?un fascisme tricolore. Ce livre se propose de réexaminer cette question à travers la biographie d?une des plus éminentes figures de la collaboration : Lucien Rebatet (1902-1972). Critique d?art renommé, signature emblématique de l?hebdomadaire fasciste Je suis pari tout, il est l?auteur du best- seller de l?Occupation avec Les Décombres, pamphlet torrentiel célébrant la défaite comme la promesse d?une Europe "libérée" de la démocratie et du judéo-christianisme. Condamné à mort à la Libération, puis gracié, c?est en prison qu?il tente de devenir le "véritable" écrivain qu?il rêvait d?être depuis toujours en publiant chez Gallimard un-puissant et talentueux roman autobiographique, Les Deux Etendards. Rebatet en attendait un effet de rédemption littéraire et de relativisation de son engagement politique. Comme chez d?autres écrivains collabos, on observe aujourd?hui une tendance de la mémoire à opposer et à rendre inconciliables l?engagement et l?oeuvre. Comme si la culture pouvait immuniser contre le pire. Le point de vue de ce livre est différent, il défend l?idée que c?est en récusant cette vision binaire de l?itinéraire politico-littéraire de Rebatet que l?on peut accéder à la matrice originelle de son engagement : une vision crépusculaire de l?homme qui s?inscrit parfaitement dans l?idéologie pessimiste et agonique des fascismes européens. Or, cette conception n?a pu trouver audience en France autrement que sous la forme d?une contre-culture minoritaire, que ce soit sous la République ou sous Vichy, impuissante à ébranler les fondements de l?identité républicaine française.
La Résistance est plus qu'une page d'histoire. Le combat contre l'occupant a pris valeur de mythe et a forgé notre mémoire collective. Et pourtant, soixante-dix ans après les faits, il reste largement méconnu. Par exemple, que s'est-il vraiment passé le 18 juin 1940 ? Le plus grand maquis français, le Vercors, a-t-il été sacrifié ? Comment Frédéric Joliot-Curie a-t-il dissimulé les secrets de la bombe atomique à l'occupant ? Qui a trahi Jean Moulin en 1943 ? Qu'est-il advenu, à la Libération, du "Lion du 17e", seul résistant noir de Paris ? Il fallait le regard rigoureux d'un historien spécialiste de la Résistance pour la libérer de tout ce qui a fini par la rendre opaque. A la lueur d'archives récemment ouvertes, Robert Belot réinterroge quelques-uns des grands faits d'armes de la Résistance, aussi bien en France qu'en Afrique ou à Londres, affronte les controverses qu'alimentent encore ces années sombres tout en redonnant vie à des héros injustement oubliés. Le résultat est un tableau renouvelé de ce moment fondateur de notre identité républicaine.
Le 4 mars 1883, un journaliste confi ait au président de la République française, Jules Grévy, visitant les ateliers qui fabriquaient la statue de la Liberté , que cette " oeuvre merveilleuse immortalisera le nom de son auteur ". Il se trompait. Dès après sa mort, le nom de Bartholdi disparut. Cet artiste voué aux prouesses monumentales (1834-1904) fut rangé dans la catégorie des " académiques ". Le grand Rodin lui vola la vedette. Commença un siècle de solitude. C'est seulement au début du troisième millénaire que le statuaire et son oeuvre resurgirent . L'installation, en 2012, d'un modèle original de la statue de la Liberté au musée d'Orsay marque le début de la redécouverte. La création du nouveau musée de la Liberté, ouvert en 2019 à New York, s'inscrit dans cette dynamique. Ce livre a été écrit pour réparer un déni de mémoire . Fruit d'une longue enquête qui a mis à jour de nombreux documents inédits , il s'attache à situer l'artiste dans son temps et dans ses réseaux, à révéler ses engagements philosophiques et à décrypter le sens de ses oeuvres. Apparaît alors un homme beaucoup plus subtil et complexe , attachant et généreux, hanté par le souci de l'universalité.
La France, pays le plus nucléarisé au monde, manifeste à l?égard de l?atome un étrange paradoxe. Tout en frémissant d?horreur à l?évocation de la bombe et des problèmes écologiques posés par l?industrie nucléaire, elle accorde un large consensus au nucléaire civil et militaire. Où trouver les racines de cette attitude ? Est-ce la nécessité de redresser le pays et de lui rendre sa dignité à la Libération qui a suscité un enthousiasme général pour la science et la technique ? Dès 1945, le "gaullisme technoscientifique" et le communisme militant du prix Nobel Frédéric Joliot-Curie s?allièrent pour fonder le Commissariat à l?énergie atomique (CEA), tandis que les journalistes et les artistes vantaient en choeur les futurs bienfaits de l?atome pour l?humanité. A cette communion progressiste succédèrent bientôt l?ère du soupçon, puis de la défiance envers la "civilisation de la puissance" et l?équilibre de la terreur. Cette période où l?atome n?avait pas encore perdu son innocence a profondément marqué l?imaginaire français. Soixante-dix ans après Hiroshima et la création du CEA, ce livre unique par la nouveauté et l?exhaustivité de ses sources donne pour la première fois à comprendre l?histoire, singulière et troublante, du mariage de la France et de l?atome.
L'"Affaire suisse" constitue l'une des crises les plus graves de la Résistance. En 1943, les grands mouvements de Résistance de la zone sud qui viennent de donner naissance aux Mouvement Unis de la Résistance (MUR), sous l'impulsion de Henri Frenay, décident d'implanter une "ambassade" à Genève, en territoire neutre. Elle doit permettre à la Résistance intérieure d'accéder à des sources de financement américaines, de recevoir des matériels divers (armes etc.), de transmettre des renseignements aux Alliés et à la France combattante. Elle est soutenue par Allen Dulles, le patron des services secrets américains et le représentant personnel de Roosevelt. Mais à un moment où les relations entre de Gaulle et l'allié outre-atlantique sont teintées de méfiance, cette initiative suscite de violents débats au sein des états-majors de la France du refus. Jean Moulin, chargé d'unifier l'ensemble de la Résistance sous la seule autorité du chef de la France libre, parle de "trahison". Les incriminés accusent à leur tour Jean Moulin de commettre un "crime" contre la Résistance, dès lors que ce dernier menace l'existence de la "Délégation". Le soupçon s'installe durablement et insidieusement au coeur de la Résistance. Aujourd'hui encore, l'épisode suscite toujours la polémique. Quel fut le rôle exact de cette Délégation suisse? A-t-elle constitué une menace pour le général de Gaulle? Fut-elle un cheval de Troie américain? Grâce à des archives exceptionnelles, il est enfin possible de jeter toute la lumière sur ces luttes fratricides et, chemin faisant, de découvrir au quotidien les réalités du combat résistant. Biographie de l'auteur Robert Belot est historien de la Deuxième Guerre mondiale. Il est l'auteur notamment de: La France sans de Gaulle (Fayard, 2006), Les Résistants (Larousse, 2005), Henri Frenay. De la Résistance à l'Europe (Seuil, 2005). Gilbert Karpman, spécialiste de l'histoire de la cryptologie, a pu décoder les télégrammes qui transitaient entre la France et la Suisse.
Epiphénomènes d'une mutation sociétale, fruit de l'économie numérique, les tiers-lieux interpellent les décideurs publics territoriaux sur l'attitude à adopter, de l'intérêt bienveillant à une tutelle complète. L'ouvrage réunissant une équipe pluridisciplinaire de chercheurs présente un matériau empirique original sur cette réalité émergente, encore mal connue : celle de la multiplication des tiers-lieux dans les villes et hors des centres métropolitains. Il pose de nouvelles questions, encore peu traitées dans la littérature, en s'intéressant à la trajectoire sociale des fondateurs d'espaces de coworking, aux nouvelles manières des jeunes générations de travailleurs du numérique de conjuguer leurs aspirations de liberté et d'épanouissement dans les domaines professionnel et privé, ainsi qu'à leurs nouveaux rapports à la collaboration, au travail, au territoire, à la mobilité et aux questions écologiques.
Le Bon Marché, les Galeries Lafayette, le Printemps, Le Bazar de l'Hôtel de Ville : ces enseignes aux noms évocateurs désignent des grands magasins. Temples de la consommation et symboles d'une société qu'ils ont contribué à produire, ils attirent depuis la fin du XIXe siècle des clients à la recherche d'affaires, parfois, et de distinction, souvent. Mais les grands magasins sont aussi des lieux de travail. Or, de ses travailleuses, on connaît peu le quotidien, sauf à se contenter des observations faites il y a plus de cent trente ans par Emile Zola dans Au Bonheur des Dames. A partir d'une longue enquête de terrain par entretiens et observation participante, cet ouvrage invite le lecteur dans les rayons d'un grand magasin prestigieux, que l'on appellera le Bazar de l'Opéra, afin d'y découvrir le travail de la vente (ses techniques, ses contraintes, mais aussi ses réjouissances) et les trajectoires de celles qui l'effectuent. Son objectif est de contribuer à la compréhension d'un travail, celui de la vente, et d'un ensemble de la société française, celui des employés de commerce.
Hourmant François ; Lalancette Mireille ; Leroux P
Au Canada, les selfies du premier ministre Justin Trudeau sont devenus un marqueur de son identité politique et une ressource stratégique. En France, Nicolas Sarkozy, et plus récemment Emmanuel Macron, ont multiplié les couvertures de Paris Match, accédant avant même d'être élus au statut de célébrités politiques, n'hésitant pas à jouer sur les ressorts de la peopolisation pour asseoir leur visibilité et leur légitimité. Entre scandalisation et médiatisation promotionnelle, une nouvelle économie politique de la célébrité s'est imposée aux leaders politiques, désormais soumis à ces "tyrannies de l'intimité" dont parlait déjà Richard Senett à la fin des années 1970, comme au panoptisme des réseaux sociaux. En croisant les analyses et les regards transatlantiques, en confrontant les trajectoires - celles de Louise Michel et de Rachida Dati, de Marine Le Pen et de sa nièce Marion Maréchal Le Pen, d'Emmanuel Macron et de Justin Trudeau - il s'agit alors de tenter comprendre ce que la culture de la célébrité fait à la politique. Dévoiement de la politique pour les uns, appauvrissement du débat, disqualification du discours au profit des logiques émotionnelles, danger de démagogie par l'hypertrophie des affects, propension à l'exhibitionnisme des prétendants et au voyeurisme des électeurs, l'irruption de la "topique de la célébrité" peut aussi être considérée comme un outil de revitalisation de la politique à l'heure du désenchantement démocratique et de la crise de la représentation.
Une histoire du peuple de Bretagne, de la Préhistoire à nos jours. Les histoires de Bretagne ne manquent pas... Mais celle-ci adopte un point de vue inédit : celui des paysans, des ouvriers, des marins, celui des hommes et des femmes sans histoire, sans papiers. Elle porte attention aux plus humbles, pas seulement aux puissants ; s'intéresse à la vie concrète et aux rêves qui s'y enracinent, pas seulement aux couronnements et aux batailles ; risque d'autres chronologies ; ruine quelques évidences... La crise économique de l'âge du fer, l'arrivée des Bretons en Armorique, la condition paysanne pendant la féodalité, la révolte des Bonnets rouges, la traite négrière, la Révolution et la Chouannerie, le développement du chemin de fer, l'émigration bretonne, la Grande Guerre, la Résistance, la crise du modèle agricole breton, Notre-Dame-des-Landes... Autant de moments de notre histoire examinés d'un oeil neuf. Emergent ainsi de nouvelles figures, émouvantes ou pittoresques, jusque-là noyées dans l'anonymat des siècles. Et de nouveaux sujets : manger à sa faim, lutter pour sa dignité, découvrir de nouveaux horizons, accéder au savoir, devenir citoyen... Pas de jargon, un rythme de lecture facile : cette histoire a été rédigée avec le souci de s'adresser au plus grand nombre tout en obéissant à la rigueur du métier d'historien. Ce livre a été rédigé par trois historiens et un journaliste : Alain Croix, Thierry Guidet, Gwenaël Guillaume et Didier Guyvarc'h. Ils sont les auteurs de nombreux autres ouvrages dont, chez le même éditeur, l'Histoire populaire de Nantes.