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Patrimoine, Péril et Résilience
Belot Robert ; Martin Philippe
HEMISPHERES
26,00 €
Épuisé
EAN :9782377011407
Le patrimoine est aujourd'hui un enjeu majeur (culturel, économique, identitaire) pour les sociétés. Mais les récentes guerres, les manifestations de radicalisation, la désertion des sites ou les accidents montrent sa fragilité. L'incendie de Notre-Dame de Paris, les bombardements de musées ou de bibliothèques, les villages rasés sont autant de marques dans le paysage et les mémoires. Mais que faire après la catastrophe ? Laisser la ruine se patrimonialiser, reconstituer le patrimoine "d'avant", fantasmer sa mémoire, reconstruire en changeant ? Le choix de la réponse est essentiel pour la société, car il détermine ce dont on se souvient et pourquoi évite-t-on de se souvenir. Elle opte pour ancrer le passé et donc favoriser la reconstruction ; elle préfère prendre en compte le passé en laissant des traces de la destruction. La reconstitution, la reconstruction ou le maintien de la ruine est un acte patrimonial. Le patrimoine, plus que jamais, est une "histoire d'avenir". On envisage, dans ce volume, bien des types de patrimoines : bibliothèques, sites industriels, églises ou musées. Il nous fait parcourir aussi le temps et l'espace : depuis les plaines du nord de la France en 1914 jusqu'à Tombouctou envahi par des groupes islamistes. Il y a les monuments que la société valorise, glorifie, exploite même, et il y a les monuments qu'on délaisse, qu'on méprise, qu'on abandonne. Le phénomène récent de l' Urbex traduit une forme de résistance à une certaine fatalité de l'oubli frappant les "mémoriaux". Il nous fait découvrir les acteurs de cette approche. Ce volume est issu d'un séminaire qui a réuni étudiants et enseignants-chercheurs dans une logique d'échange de la parole, des idées et des thèmes. Son originalité vient aussi de son sujet novateur, en décalage par rapport au discours dominant sur les bienfaits de l'agir patrimonial pour les sociétés et les territoires, et du consensus qu'il est censé engendrer et conforter naturellement.
La Résistance est plus qu'une page d'histoire. Le combat contre l'occupant a pris valeur de mythe et a forgé notre mémoire collective. Et pourtant, soixante-dix ans après les faits, il reste largement méconnu. Par exemple, que s'est-il vraiment passé le 18 juin 1940 ? Le plus grand maquis français, le Vercors, a-t-il été sacrifié ? Comment Frédéric Joliot-Curie a-t-il dissimulé les secrets de la bombe atomique à l'occupant ? Qui a trahi Jean Moulin en 1943 ? Qu'est-il advenu, à la Libération, du "Lion du 17e", seul résistant noir de Paris ? Il fallait le regard rigoureux d'un historien spécialiste de la Résistance pour la libérer de tout ce qui a fini par la rendre opaque. A la lueur d'archives récemment ouvertes, Robert Belot réinterroge quelques-uns des grands faits d'armes de la Résistance, aussi bien en France qu'en Afrique ou à Londres, affronte les controverses qu'alimentent encore ces années sombres tout en redonnant vie à des héros injustement oubliés. Le résultat est un tableau renouvelé de ce moment fondateur de notre identité républicaine.
Pour arriver à l'image d'une France unie et réconciliée avec elle-même, que d'obstacles a-t-il fallu braver! Que de combats franco-français a-t-il fallu affronter! Que de rivalités ont dû être neutralisées! Pour rallier les hommes de l'armée des ombres à son symbole et convertir les "féodaux" de la Résistance à une logique d'Etat, le chef de la France libre a dû surmonter des difficultés inouïes. Ceux-ci avaient eu leur propre cheminement et avaient couru les risques les plus extrêmes. Ils entendaient, une fois sortis du monde clandestin, constituer le pôle autour duquel s'organiserait la renaissance politique. Le retour en grâce des partis ne leur en a pas laissé la possibilité. Il faut ajouter que la résistance et la non-accommodation n'ont pas toujours, en France, dans l'Empire ou à l'étranger, emprunté la voie gaulliste et s'y sont parfois même opposées. Bien loin de l'image qu'il a donnée de lui après guerre, le gaullisme n'a pas pu absorber toutes les postures du refus. La Résistance s'est longtemps pensée sans de Gaulle, sinon contre lui. Et le Général a lui-même été conduit, pour restaurer la République, à penser son action sans la Résistance, alors que d'aucuns l'accusaient de préparer l'avènement d'une dictature. L'histoire de la Résistance nous conduit à examiner cette ultime et toujours actuelle question: comment une élite nouvelle peut-elle transformer une révolte morale en un fait politique?
Le 4 mars 1883, un journaliste confi ait au président de la République française, Jules Grévy, visitant les ateliers qui fabriquaient la statue de la Liberté , que cette " oeuvre merveilleuse immortalisera le nom de son auteur ". Il se trompait. Dès après sa mort, le nom de Bartholdi disparut. Cet artiste voué aux prouesses monumentales (1834-1904) fut rangé dans la catégorie des " académiques ". Le grand Rodin lui vola la vedette. Commença un siècle de solitude. C'est seulement au début du troisième millénaire que le statuaire et son oeuvre resurgirent . L'installation, en 2012, d'un modèle original de la statue de la Liberté au musée d'Orsay marque le début de la redécouverte. La création du nouveau musée de la Liberté, ouvert en 2019 à New York, s'inscrit dans cette dynamique. Ce livre a été écrit pour réparer un déni de mémoire . Fruit d'une longue enquête qui a mis à jour de nombreux documents inédits , il s'attache à situer l'artiste dans son temps et dans ses réseaux, à révéler ses engagements philosophiques et à décrypter le sens de ses oeuvres. Apparaît alors un homme beaucoup plus subtil et complexe , attachant et généreux, hanté par le souci de l'universalité.
Cet ouvrage couvre presque cent années de l'histoire tourmentée de la péninsule coréenne, du début du XXe siècle à l'orée du nouveau millénaire. Témoignage exceptionnel, il a été écrit par la propre soeur de la compagne du Guide suprême, feu Kim Jong Il. Mais, du père héritier de propriétaires fonciers, choisissant très tôt le communisme contre ses intérêts de classe, aux enfants et petits-enfants éduqués au Nord, astreints à une vie de reclus avant de parvenir à fuir, les destins dramatiques de cette famille font largement écho aux tragédies individuelles de l'immense majorité des Coréens de l'époque. Cette émouvante narration à quatre mains – la première partie retranscrit le journal de la mère de l'auteure – est aussi un puissant manifeste : celui d'une lignée de femmes déterminées à s'arracher aux plaies de la misère et aux pesanteurs du patriarcat, et qui, au moins un temps, auront eu sincèrement foi en la société nouvelle qu'elles se proposaient de bâtir.
Quels sont les enjeux de santé liés aux migrations actuelles, non seulement pour les migrants, mais aussi pour les structures qui les prennent en charge ? L'originalité de cet ouvrage est de réunir universitaires et acteurs de terrain pour répondre à cette question, en faisant dialoguer observations ethnographiques et mises en application cliniques. A partir de parcours migratoires et de leur incidence sur la santé, et en prenant en compte les vécus psychiques de migrant(e)s dans des contextes extrêmement variés, expériences et travaux rendent compte des différentes modalités de confrontation des professionnels de la santé et des chercheurs (médecins, psychiatres, psychologues, infirmiers, assistantes sociales et anthropologues), dans diverses situations d'accueil et de soins, face à la variété des parcours et du vécu des traumatismes, de l'expatriation, de l'exil clandestin, de la précarité sociale et la maladie.
Explicitant la philosophie et les critères de son approche, Zafrani écrit lui-même à ce sujet : "Nous nous sommes proposés, tout au long de nos études et de nos recherches, de réaliser à la fois une analyse raisonnée des situations et une synthèse équilibrée des phénomènes afin de servir la science et la conscience historique, la mémoire collective et un patrimoine culturel qui nous est cher, à mille égards. Cela, nous l'avons fait avec le projet d'une quête des lieux de dialogue, de rencontres des hommes et des idées, d'espaces de convergences entre cultures et civilisations qui sont autant d'espaces de fidélités, de liberté et d'universalisme." Haïm Zafrani, auteur notamment de Deux mille ans de vie juive au Maroc, Juifs du Maroc. Vie sociale, économique et religieuse. Etudes de taqanot et responsa, et de Juifs d'Andalousie et du Maghreb, a consacré toute son existence à ses recherches et à l'enseignement, en étant toujours soucieux de transmettre son savoir. Son engagement, en la matière, qui était une forme de militantisme, ne peut qu'inciter à la réflexion tous ceux qui se soucient aujourd'hui d'histoire, de culture, de patrimoine, de diversité, de paix et de fraternité en ces premières décennies du XXIe siècle. Une urgence d'autant plus vitale pour l'humanité que l'enracinement culturel est devenu un enjeu capital dans le monde ultra-connecté. L'on ne peut que saluer et se réjouir de l'initiative prise par Mustapha Saha de consacrer un ouvrage à ce "penseur de la diversité", et de présenter, avec sa belle plume et le sens de la formule qui le distingue, l'homme dont il était familier depuis fort longtemps, et une oeuvre féconde dont il a une connaissance intime et qu'il rappelle avec une remarquable précision. Mohammed Kenbib.
Depuis que j'ai arpenté la médina de Fès un petit matin de printemps, alors qu'elle s'éveillait presque, j'ai été touché par la grâce. Et il m'a sauté aux yeux que cette ville méritait bien davantage d'attention qu'elle n'en reçoit Depuis, j'y suis revenu à plusieurs reprises et l'ai arpentée de long en large. Parler de Fès, écrire un livre sur Fès est presque devenu pour moi une obsession. Les guides sur le Maroc s'étendent assez largement sur cette cité, mais c'est, me semble- t-il, avec une approche utilitaire, mercantile, destinée à un rapide passage touristique. Fès vaut mieux que cela. Fès est le coeur du Royaume, son âme, le souffle spirituel du Makhzen. Elle en est aussi la conscience, l'histoire, le souvenir vivant. Fès mêle toutes les populations, de l'aristocrate à la peau blanche et à l'accent caractéristique, citadin et rural à la fois, au descendant d'esclave noir, au juif converti et au " blédard " au teint basané, chassé du Rifpar le dénuement et travaillant comme un forçat pour un salaire de misère. Je me suis donné la mission de faire découvrir l'âme de Fès, ce qui fait sa personnalité, sa singularité, ce qui la distingue de ses concurrentes. Plus encore : de dévoiler ses secrets ..." Didier Destremau