Notre site web sera en maintenance ce mardi 3 février après-midi. Les commandes enregistrées ne subirons pas de retard de traitement.
MALLARME : L'ENCRE ET LE CIEL
BELLET ROGER
CHAMP VALLON
15,00 €
Épuisé
EAN :9782903528959
Poète réputé difficile parce qu'on oublie souvent des pans entiers de son ?uvre, Mallarmé reste à découvrir. Ce livre tâche donc d'en embrasser tous les aspects, sans céder à la tentation de la synthèse réductrice ; sans avoir l'ambition mystificatrice de fournir de nouvelles " clés " de cette ?uvre ; et en refusant de spéculer autant sur une obscurité métaphysique que sur une obscurité calculée. Mallarmé est le permanent rappel qu'un poète tisse un texte avec des mots, que le sens n'est jamais donné et à trouver, que l'énigme est dans les mots, entre les mots. Mallarmé est le rappel qu'un texte - poème ou prose - est une réalité visuelle, imprimée, noir sur blanc, pictographique, et théâtre de signes, autant que rythme respiratoire et auditif ; et même qu'il joue et se joue de ces deux registres. Mallarmé, enfin, sait et dit que ce Jeu suprême, autonome et absolu, s'inscrit malgré tout sur fond de hasard universel perpétuellement nié.
... je ne te sais nul gré de faire de beaux vers. Tu les ponds comme une poule les oeufs, sans en avoir conscience (c'est dans ta nature, c'est le bon Dieu qui t'a faite comme ça)". G. Flaubert à Louise Colet, 18 décembre 1853 "Ce poème ("La Servante") est une mauvaise action, et tu en as été punie, car c'est une mauvaise oeuvre (...) tu as fait de l'art un déversoir à passions, une espèce de pot-de-chambre où le trop-plein de je ne sais quoi a coulé. Cela ne sent pas bon. Cela sent la haine". G. Flaubert à Louise Colet, 9-10 janvier 1854 "Il ne faut se fier aux femmes (en fait de littérature) que pour les choses de la délicatesse et de la nervosité. Mais tous ce qui est vraiment élevé et haut leur échappe (...) En résumé, ne t'en rapporte jamais à ce qu'elles diront d'un livre". G. Flaubert à Ernest Feydeau, 11 janvier 1859.
Kirkman Robert ; Brown Bruce ; Moore Tony ; Belleg
Résumé : Brit est la dernière ligne de défense du gouvernement dès lors que la sécurité du monde est en jeu. Lorsque des menaces surpuissantes envahissent notre sol, cette machine à tuer indestructible est LA solution. BRIT a l'âge de votre grand-père, est marié à une fille qui pourrait être votre soeur et ils élèvent un bébé ensemble entre une invasion d'E. Ts vicieux et de belliqueux robots géants !
Jules Vallès (1832-1885) aura été fidèle à son " serment " : il aura eu une vie prodigieusement remplie. Victime de son enfance, il n'a pas vécu en victime. Sans cesse, dans les moments dramatiques, qui n'ont pas manqué, et dans les autres, il a choisi sa vie. Il a mené une existence intense, toute de lutte _ de lutte contre : contre son temps, contre ce qui va de soi, ce qui se pense et se dit, contre ce qui empêche un homme de se dire et de le dire aux autres. Cette lutte contre ne pouvait aller, chez Vallès, sans un assentiment, une aspiration à autre chose ; sans une affirmation intérieure, tacite et forte. Quand il combat l'enfance malheureuse, battue ou martyre, quand il dit non à la fatalité de ce sort-là, c'est parce qu'il croit avoir vu d'autres enfances et parce qu'il rêve d'autres enfances possibles. L'Enfant est un récit et une projection d'enfance et, Vallès l'a dit, surtout un combat pour le droit : pour les droits imprescriptibles de l'enfant, pour le droit de l'enfant au bonheur. Ce combat est une constante de la vie de Vallès : on le trouve, écrit, avant la Commune, pendant la Commune, après la Commune. Roger Bellet, docteur ès lettres, professeur émérite à l'Université de Lyon II, y a dirigé un Centre de Recherches " Littérature et Idéologies au XIXe siècle ". Spécialisé dans la presse et la littérature française au XIXe siècle, il est fondateur en 1984 de l'Association et de la Revue Les Amis de Jules Vallès et a publié l'édition de Jules Vallès à la Bibliothèque de la Pléiade.
Toute la vie de Vallès est tendue vers la Commune. Lorsque les insurgés s'emparent de Paris, il devient maire du XIXe arrondissement. Le lendemain de l'insurrection, il est condamné à mort par contumace. Son journal, Le Cri du peuple, est interdit. Dans ce troisième volume autobiographique, après L'Enfant et Le Bachelier, l'auteur montre son héros, Jacques Vingtras, sur les barricades, dans le feu de l'action, au milieu des morts et des blessés. Son écriture rapide, sa vision fulgurante des scènes de combat, font de ce livre le cri de la Commune. Jules Vallès mourut, épuisé, à cinquante-trois ans, en murmurant: "J'ai beaucoup souffert."
Reprenant une expression célèbre de Térence, l'empereur Tibère aurait comparé l'exercice du pouvoir au fait de tenir un loup par les oreilles : sous la menace permanente du complot ou de l'usurpation, celui qui avait su parvenir au pouvoir devait savoir, pour s'y maintenir, déployer en permanence les qualités et les techniques les plus diverses sous peine de succomber. En cas de contestation, il n'y avait pas d'autre alternative que la victoire ou la mort, que ce soit pour l'empereur en titre ou pour celui qui entreprenait de prendre sa place. C'est cette histoire que ce livre se propose de raconter et d'analyser afin d'en mettre en valeur les ressorts secrets ? les fameux arcana imperii ? mais aussi le langage officiel fait de gestes, de pratiques et de mots d'ordre destinés à assurer la paix et la longévité d'un règne, ou à justifier la révolte. Depuis Auguste jusqu'aux Sévères, durant les trois siècles étudiés ici, complots et éliminations jalonnent l'histoire impériale. Une analyse précise permet de mettre en lumière les logiques qui les sous-tendent. Au gré des variations du consensus dont bénéficie l'empereur, des styles de gouvernement se dégagent, mais aussi des profils de concurrents, hommes et femmes ? car ces dernières jouent un rôle clé et payent un lourd tribut à la stabilité du pouvoir. Dans un régime sans constitution, qui prétend, au début, poursuivre inchangée sa forme républicaine, un langage du pouvoir et de sa contestation se crée et s'installe dans les pratiques. Il constitue, règne après règne, comme une nouvelle tradition. Sources littéraires variées en grec ou en latin, inscriptions ou graffitis, programmes monumentaux ou frappes monétaires, c'est avec une richesse inouïe que l'Antiquité nous a légué son témoignage sur les pratiques impériales, nous permettant d'en lire l'histoire avec une précision qui ne laisse de nous surprendre et de nous parler aussi de notre monde contemporain.
Dans quel régime vivons-nous depuis le printemps 2017 ? La question est légitime tant l'interprétation que fait le nouveau président des institutions de la Ve République vise à renforcer le pouvoir exécutif et le système de l'état d'urgence quasi permanent. En se plaçant au-dessus des partis, Emmanuel Macron abuse d'une formule éprouvée depuis 1790 puis 1793, et lors de chaque crise politique française grave, en 1795, 1799, 1815, 1851, 1940, 1958 et finalement en 2017-2019. Le pouvoir exécutif, en la personne d'un sauveur, tente de supplanter le pouvoir législatif que l'on décrédibilise en exagérant son inefficacité ou son éloignement du peuple, au risque de fragiliser la démocratie représentative. En adoptant la modération, celle du juste milieu, qui est censée réparer les excès des députés, un centre politique, semblable et différent selon les générations, s'invente lors de chaque crise. La saison des tourne-veste répète les mêmes recettes depuis deux cent trente ans, de 1789 à 2019. La vie politique française, malgré ce qu'en dit toute une tradition historiographique, n'est pas bloquée par une lutte handicapante entre droite et gauche, mais par un poison : celui d'un extrême centre, flexible, prétendu modéré mais implacable qui vide de sa substance démocratique la République en la faisant irrémédiablement basculer vers la république autoritaire. Le macronisme n'est pas une Révolution : c'est une vieille histoire.
Tenant des carnets (un journal ?) depuis la jeunesse, je n'y ai jamais écrit que par spasmes, par bouffées, et dans une sorte d'état d'urgence. Brusques afflux de souvenirs, rêves ou lectures pareillement commentés, ce double qui n'a cessé de m'accompagner est bien aussi projet, que le livre entrevu ait abouti ou non, et interrogation sur ce projet même. Aussi m'a-t-il semblé que je ne pouvais extraire des fragments de ce long flux tout ensemble intermittent et proliférant sans tenter d'y introduire au moins un fil d'Ariane. Si le thème de la mémoire, chez l'être de souvenir qu'est, par définition presque, l'autobiographe, s'est imposé à moi, c'est que la mémoire m'est longtemps apparue comme la dépositaire de l'être même. Souvent, il va sans dire, ces plongées ou ces visitations fortuites s'accompagnent d'une réflexion sur la littérature. Au naïf émerveillement des premières années ici retenues - contemporaines de L'Adoration et s'aventurant à tâtons vers Le Retour - succède assez vite un soupçon qui, dû pour la plus grande part à la cruelle expérience de la mère internée, et qui va s'accusant dans ces pages mêmes, est tout près de s'en prendre au chant longtemps tenu pour " doré " d'une mémoire qui, par places traversée de nostalgie, entend bien pourtant ne se confondre avec aucun " passéisme ", sans cesse au contraire jouaillé, dénoncé que, pratiquement dès le début, est ce dernier. " J. B.
Résumé : Les figures souvent grotesques créées par James Ensor s'animent. Elles évoquent la mer du Nord, Ostende la ville balnéaire et ses habitants évanouis, le retour du carnaval ou le célèbre Bal du Rat mort. Libérées des tableaux où leur apparition continue à nous surprendre, elles haussent parfois le ton entre les murs d'une baraque abandonnée, se répondent et s'affrontent. Elles aimeraient régler de vieux comptes. Elles interpellent un visiteur à la nature incertaine. Tout à la fois ancrées dans leur époque et hors du temps, les voix interrogent, avec une ironie d'outre-tombe, la disparition des corps qui un jour les habillèrent. Avoir connu semblable mascarade est-il possible ailleurs qu'en un rêve où l'on croisera les ombres de Proust, Rilke, Roth, Celan ou Perec bien vivant, installé à la terrasse d'un café ?