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La berceuse et la clairon. De la foule qui écrit
Beck Philippe
BRUIT DU TEMPS
29,00 €
Épuisé
EAN :9782358731065
Sous-titré « De la foule qui écrit », La Berceuse et le clairon est un livre riche, exigeant et érudit, qui peut se lire comme un prolongement de sa poétique propre, déjà affirmée dans Contre un Boileau qu?il a publié en 2015. Mais c?est aussi un livre passionnant et important pour tous ceux (et ils sont plus nombreux qu?on ne croit) qui s?interrogent sur le devenir présent de la littérature comprise « comme un processus d?intensification du langage ». La question : quelle peut être la place du grand écrivain, du héraut dans un monde où chacun est autorisé à écrire, à imprimer ? Le titre du livre est explicité dans l?« Avertissement » : « La multitude qui écrit est-elle un immense orchestre, et joue-t-il, se joue-t-il une berceuse tyrannique, tout le monde contribuant à son propre sommeil, au sommeil collectif peuplé de rêves, ou bien s?agit-il d?une harmonie de clairons, d?un ensemble d?avertissements vif et ?cacophonique?, la partition des cauchemars qui interdisent la berceuse en marquant l?absence du bonheur ? » L?ouvrage, comme l?écrit Beck lui-même, est à double entrée : il est à la fois une réflexion exigeante sur ce que signifie le désir d?expression littéraire, dans un monde où de plus en plus de personnes écrivent, rivalisent d?écriture, et une « chrestomathie », une anthologie qui convoque de nombreux auteurs, extrêmement divers, autour de ce thème. Le livre est en deux parties : la première pose le problème de la multitude littéraire en esquissant une analyse de l?élan expressif qui fonde ce que Beck appelle un « individualisme expressif ». La seconde répond à la question en étudiant des postures caractéristiques d?écrivain : Thoreau et Emerson, le Bartleby de Melville, le Journal de Manchette, etc. Aussi ce livre de réflexion sur « la littérature maintenant » peut-il se lire comme une sorte de généalogie de la littérature, ou plutôt de ce qui la fonde, « le besoin d?expression ». En philosophe qui n?hésite pas à remonter aux origines, avec la liberté de l?essayiste (Montaigne est souvent cité), Beck nous fait ainsi vagabonder de la préhistoire (à travers Leroi-Gourhan) jusqu?à Verlaine, Mandelstam (et son essai « De l?interlocuteur ») et aux avant-gardes (qu?est-ce qu?une forme neuve ?). Il faut insister sur la singularité de cette pensée. Beck pense avec les outils de la philosophie mais il pense en poète, par images, avec une agilité qui fait penser parfois au Mandelstam de l?Entretien sur Dante. Ce sont des images intuitives qui décrivent matériellement et de manière fulgurante la poésie : « Le nerf optique est une trompette marine, dont le cordeau seul unit la main et le vent. » Et qui mêlent le plus savant au plus simple : l?ours Colargol est convoqué aussi bien que Schwitters et que Jacob Boehme ou Kant.
Etes-vous à l'écoute de vous-même ? Connaissez-vous vos besoins, vos "demandes" à votre égard ? S'appuyant sur la Communication Non-Violente de Marshall Rosenberg, l'auto-empathie consiste à identifier avec bienveillance nos émotions et leurs sources, à comprendre ce qu'il se passe en nous avant d'en déduire une action adaptée à nos sentiments. Les relations avec autrui se font alors plus harmonieuses ! Ce livre synthétique propose d'apprendre à s'écouter avec respect en pratiquant l'auto-empathie au quotidien, et ce, afin d'harmoniser la musique de la communication interpersonnelle. De nombreuses mises en situation et exercices vous aideront à prendre soin de vous au coeur de vos relations !
Résumé : Il arrive que de la musique dicte des poèmes plutôt que l'inverse. Le dicté (le noteur) compose ce qu'il reçoit de la musique dictante, mais elle ne sait pas ce qu'elle dicte au langage sans doute, comme une Muse basculée : elle forme un ensemble chaque fois condensé d'impressions, de pensées et d'informations. Le noteur (qui essaie d'entendre le chant des Sirènes sans plonger ou s'abîmer en mer) transcrit aussi bien la densité de la musique même, qui n'est pas retirée du monde. Chaque pièce (de Bach, Haendel, Scarlatti, Schumann, Kurtag et Alii), livrant sa matière en vrai, jouée par des interprètes-des géographes manuels- est bien, en quelque façon, une réplique au monde comme il va, et le poème dicté une réponse à la réponse, une description de description, pour ainsi dire. Dans l'intervalle de la musique au poème s'esquissent des propositions graciées, des éléments de science-fiction maintenant.
Iduna et Braga. De la jeunesse " est un essai ou, pour le dire plus exactement, une tentative de faire sentir au lecteur ce que peut être la jeunesse, non seulement en s'adressant aux jeunes comme ferait un philosophe-roi, mais bien dans la manière de décrire la jeunesse même, son intensité progressive et batailleuse à même chacun. C'est le pari du livre : d'être jeune dans les mots suivis qui reconstituent la force de la vivacité et de l'effort de l'existence qui s'interdit l'usure, le désabus, la complaisante fatigue dans l'inquiétude. Mariée à l'inventeur du poème, Iduna apporte la pomme de jouvence aux dieux mortels qui risquent de vieillir. Nous (les humains reportés) sommes ces dieux usés et usants que le poème dans la langue doit réveiller aux forces non disparues de l'inquiétude pensive et de l'adresse. L'idée de la poésie, c'est l'idée d'un langage qui rajeunit à mesure qu'il pense ce qu'il dit dans le rythme d'un corps. Toutes les propositions sur la nature de la jeunesse (il y en a également, le livre s'y risque) deviennent, à mesure qu'elles se formulent, la vérification qu'être jeune, c'est éprouver la physique du poème dans la pensée. (Philippe Beck)
Il y a ici tout ensemble une pensée et une tenue, l'une et l'autre accidentées et blessées selon ce qu'aujourd'hui sont le monde et le poème (...) : il suffit qu'il y ait là pensée, poème de pensée et de pesée sur la pensée d'une difficulté (celle d'un monde abîmé, de la guerre et aussi des trous qu'elle a faits dans les hommes et dans la poésie) (...) pour écarter sans hésiter ce reproche de surréalisme qu'on a pu faire à Beck. (...) "Surréalisme" implique (au moins souvent) une magie verbale produisant un insensé suressentiel et sursensé : ici au contraire, aucune magie, mais plutôt un pilonnement, un concassement de mots maniés très délibérément et récités de même, le plus souvent en un staccato serré qui enchaîne le discontinu tout en le préservant, recitativo secco (...) Car il y a de l'idiome (...) dans ce maniement de langue, dans son malmènement, dans son calcul et dans son toucher crissant, piquant, poissant ou floconneux. De l'idiome : du sens qui serait pour un seul - mais si c'est du sens, c'est pour un autre quand même."
Ce recueil, composé de notes des années 1952-2005 qui n'avaient pas été retenues lors des choix précédemment opérés par Philippe Jaccottet, parachève la publication de ses cahiers et complète donc l'ensemble constitué par les trois volumes de La Semaison et celui des Observations et autres notes anciennes, tous parus aux éditions Gallimard.
Je n'ai pas envie de parler de moi, mais d'épier les pas du siècle, le bruit et la germination du temps..." Même s'il s'en défend, avec Le Bruit du temps, publié en 1925 et rédigé en Crimée dès 1923, Mandelstam signe son livre le plus autobiogaphique et donc la meilleure introduction qui soit à son oeuvre. Il y évoque le Pétersbourg d'avant la révolution et sa formation de poète: de la bibliothèque (russe et juive) de son enfance à l'étonnant professeur de lettres, V. V. Gippius, qui lui a enseigné et transmis la "rage littéraire". Mais le livre est aussi une éblouissante prose de poète, qui annonce Le Timbre égyptien. Une prose où le monde sonore du temps (concerts publics, mais aussi intonations d'acteurs, chuintements de la langue russe) constitue la base du récit, une prose qui jaillit d'un regard à travers lequel le monde semble vu pour la première fois, avec une étonnante intensité. Mandelstam compose ainsi une suite de tableaux d'une exposition sur la préhistoire de la révolution. Le livre s'achève au présent sous une chape d'hiver et de nuit ("le terrible édifice de l'Etat est comme un poële d'où s'exhale de la glace"), face à quoi la littérature apparaît "parée d'un je ne sais quoi de seigneurial" dont Mandelstam affirme crânement, à contre-courant, qu'il n'y a aucune raison d'avoir honte ni de se sentir coupable. Pourquoi traduire une nouvelle fois Le Bruit du temps alors qu'il existe déjà deux traductions en français, l'une, médiocre, dans une anthologie de proses de Mandelstam intitulée La Rage littéraire chez Gallimard, jamais rééditée; l'autre, extrêmement précise, par Edith Scherer, à L'Age d'homme, reprise dans la collection "Titres" chez Christian Bourgois? Sans doute parce qu'il fallait faire appel à un poète pour donner à entendre dans une langue d'une grande richesse, la musique et l'éclat si particuliers de cette prose. Nous avons commandé cette traduction nouvelle à Jean-Claude Schneider, admiré de poètes allemands comme Hölderlin, Trakl, Bobrowski, qui avait déjà traduit de Mandelstam, à La Dogana, des poèmes de Simple promesse et surtout le magnifique Entretien sur Dante, précédé de La Pelisse.
Du temps a-t-il passé encore? Toujours la tempête. Et quelqu'un s'y fraie un chemin pour nous rejoindre tous les trois au premier plan, à l'abri du vent. Est-ce lui? Oui, c'est Gregor, nom de résistant: Jonathan, et il porte quelqu'un d'autre dans ses bras. Est-ce elle? Oui, c'est Ursula, nom de résistante: Sneena, la Neigeuse, sa soeur. Et elle n'est plus en vie. Ou: Elle est encore en vie, pour un instant, à moins que je me trompe?, debout, affaissée, assise, couchée, mourante. Ses parents, mes grands-parents, reprennent peu à peu leurs esprits. Et les deux disent:"Je le savais"."
Publié en 1907, deux ans après Monteriano, Le plus long des voyages est le roman le plus autobiographique de Forster, et celui qu'il était "le plus heureux d'avoir écrit", si l'on en croit l'"Introduction de l'auteur" qu'il lui adjoignit en 1960, publiée ici pour la première fois en français.