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Le Bruit du temps
Mandelstam Ossip ; Schneider Jean-Claude
BRUIT DU TEMPS
13,00 €
Épuisé
EAN :9782358730365
Je n'ai pas envie de parler de moi, mais d'épier les pas du siècle, le bruit et la germination du temps..." Même s'il s'en défend, avec Le Bruit du temps, publié en 1925 et rédigé en Crimée dès 1923, Mandelstam signe son livre le plus autobiogaphique et donc la meilleure introduction qui soit à son oeuvre. Il y évoque le Pétersbourg d'avant la révolution et sa formation de poète: de la bibliothèque (russe et juive) de son enfance à l'étonnant professeur de lettres, V. V. Gippius, qui lui a enseigné et transmis la "rage littéraire". Mais le livre est aussi une éblouissante prose de poète, qui annonce Le Timbre égyptien. Une prose où le monde sonore du temps (concerts publics, mais aussi intonations d'acteurs, chuintements de la langue russe) constitue la base du récit, une prose qui jaillit d'un regard à travers lequel le monde semble vu pour la première fois, avec une étonnante intensité. Mandelstam compose ainsi une suite de tableaux d'une exposition sur la préhistoire de la révolution. Le livre s'achève au présent sous une chape d'hiver et de nuit ("le terrible édifice de l'Etat est comme un poële d'où s'exhale de la glace"), face à quoi la littérature apparaît "parée d'un je ne sais quoi de seigneurial" dont Mandelstam affirme crânement, à contre-courant, qu'il n'y a aucune raison d'avoir honte ni de se sentir coupable. Pourquoi traduire une nouvelle fois Le Bruit du temps alors qu'il existe déjà deux traductions en français, l'une, médiocre, dans une anthologie de proses de Mandelstam intitulée La Rage littéraire chez Gallimard, jamais rééditée; l'autre, extrêmement précise, par Edith Scherer, à L'Age d'homme, reprise dans la collection "Titres" chez Christian Bourgois? Sans doute parce qu'il fallait faire appel à un poète pour donner à entendre dans une langue d'une grande richesse, la musique et l'éclat si particuliers de cette prose. Nous avons commandé cette traduction nouvelle à Jean-Claude Schneider, admiré de poètes allemands comme Hölderlin, Trakl, Bobrowski, qui avait déjà traduit de Mandelstam, à La Dogana, des poèmes de Simple promesse et surtout le magnifique Entretien sur Dante, précédé de La Pelisse.
«Le classicisme est l'art de la révolution» écrit Mandelstam en 1922, dans un bref intitulé «le mot et la culture». Trista, son second recueil , qui rassemble les poèmes écrits pendant les années de la révolution et de la guerre civile, est l'illustration de ce paradoxe. Le titre, emprunté à Ovide, résume l'inspiration de ces poèmes, où, à travers les paysages et les visages découverts pendant ces années d'errance à travers la Russie, la Crimée et le Caucase, se dessine le thème de l'exil et de l'adieu au passé.
Ossip Mandelstam (1891 - 1938) - voix magique de ce cercle des poètes russes disparus du XXème siècle - a fait route avec la poésie depuis l'âge de quatorze ans jusqu'à sa mort dans un camp stalinien." (Eveline Amoursky, préface au Timbre égyptien d'Ossip Mandelstam, Actes Sud, 1995). Redécouvert dans les années cinquante, grâce aux efforts de sa femme qui avait retenu par coeur l'essentiel de son oeuvre, Ossip Mandelstam est très vite devenu un mythe, en Russie comme à l'étranger - le symbole de l'honneur de l'écrivain. D'éditions de plus en plus complètes en éditions définitives, la connaissance d'un des deux ou trois plus grands poètes russes n'en finit pas de s'enrichir régulièrement. Tout dernièrement, la Société Mandelstam a publié à Moscou quatre volumes consacrés à son oeuvre, dont un qui rassemble sa correspondance complète : 246 lettres écrites entre 1907 et 1938, dont beaucoup inédites en russe, missives adressées pour la plupart à ses proches - son père, sa mère, ses frères, sa femme, ses amis... - mais aussi à des revues, à des institutions littéraires, à des écrivains... Simples "mots", télégrammes, cartes postales, ces "lettres" de Mandelstam, loin de toute pose littéraire, sont le reflet de ses préoccupations du moment : questions à régler avec un éditeur, envoi de poèmes, paiement d'honoraires, échanges avec des confrères. L'objet des missives d'ordre familial ou personnel est circonstancié, précis : le plus souvent, il s'agit d'échanger des nouvelles dans un contexte très difficile, où les préoccupations matérielles pour eux et pour lui sont prégnantes, sans que leurs rapports se départissent jamais de tendresse et de sollicitude. Particulièrement poignants, les derniers petits mots griffonnés dans un camp de Sibérie quelques jours avant la mort du poète. Cette édition française, la première à ce jour, comportera aussi des traductions de poèmes inédits joints à la correspondance, une notice biographique, un index et une très riche iconographie comportant des fac-similés de cartes postales, de documents, de manuscrits et de photographies d'époque.
Résumé : La grande figure de la poésie russe, Ossip Mandelstam, né à Varsovie en 1891 de parents juifs, connaîtra un tragique destin après ce voyage dans le Caucase qu'il aime tant. En 1930 il écrit un cycle de 12 poèmes, Armenia, publié en revue, avant d'imaginer l'Epigramme à Staline qui lui vaudra un exil en Sibérie où il meurt en 1938. Giuseppe Caccavale a réalisé 5 albums (30 x 43 cm), reprenant les typographies des poèmes en russe à la mine de plomb, doubles pages qui sont autant d'interprétations artistiques de l'oeuvre littéraire. Le livre consiste en une suite de reproductions à l'identique des carnets ouverts dans un format homothétique. Viennent en addenda la reprise des textes russes et les traductions en français, italien, anglais et allemand, dans une typographie contemporaine.
C'était le paysage humain qui l'émouvait. II semble que la Beauté, pour toucher les sens de Flush, dût être condensée d'abord, puis insufflée, poudre verte ou violette, par une seringue céleste, dans les profondeurs veloutées de ses narines; et son extase, alors, ne s'exprimait pas en mots, mais en silencieuse adoration. Où Mrs. Browning voyait, Flush sentait; il flairait quand elle eût écrit. "Virginia Woolf, Flush, une biographie,1933."
Professeur de littérature américaine, traducteur et essayiste, Marc Amfreville est l'auteur de Charles Brockden Brown. La part du doute (Belin, 2000), Herman Melville, Pierre or the Ambiguities. L'ombre portée (Ellipses, 2003), et Ecrits en souffrance (Michel Houdiard, 2009). En 2006, il a reçu le prix Maurice Edgar Coindreau pour sa traduction du livre de Monique Truong, Le Livre du sel, Rivages, 2005.
Ayant par miracle survécu à cinq années de Goulag, Julius Margolin (1900-1971) est l'auteur d'un témoignage majeur, Voyage au pays des Ze-Ka, écrit dès son retour à Tel-Aviv en 1946. On y quittait Margolin à la sortie du camp, à l'été 1945, sans savoir comment se terminerait son odyssée. Luba Jurgenson a retrouvé et rassemblé des textes inédits de l'auteur relatant le retour, "Le chemin vers l'Occident, Slavgorod, Lodz, Varsovie, Paris, Marseille, après une année passée dans l'Altaï où il fut assigné à résidence à sa libération. Mais aussi une autobiographie inachevée,"Huit chapitres sur l'enfance", qui sont comme un prélude à"l'éducation européenne"de Margotin, permettant de comprendre le cadre social et intellectuel à l'intérieur duquel se forgera le récit de l'expérience fondamentale, celle de la confrontation de l'individu à la violence d'Etat."
Du temps a-t-il passé encore? Toujours la tempête. Et quelqu'un s'y fraie un chemin pour nous rejoindre tous les trois au premier plan, à l'abri du vent. Est-ce lui? Oui, c'est Gregor, nom de résistant: Jonathan, et il porte quelqu'un d'autre dans ses bras. Est-ce elle? Oui, c'est Ursula, nom de résistante: Sneena, la Neigeuse, sa soeur. Et elle n'est plus en vie. Ou: Elle est encore en vie, pour un instant, à moins que je me trompe?, debout, affaissée, assise, couchée, mourante. Ses parents, mes grands-parents, reprennent peu à peu leurs esprits. Et les deux disent:"Je le savais"."
Une partouze géante au fin fond de l'Ouest américain, un combat de moissonneuses-batteuses, une expédition en sous-marin nucléaire, la construction d'un château en béton, un face-à-face improbable avec Marilyn Manson, les promenades d'un escort boy avec un malade en phase terminale: autant d'évocations d'une Amérique déjantée dont Chuck Palahniuk s'est fait le chroniqueur. Dans ce recueil d'histoires vraies où se mêlent subversion, tendresse, humour décapant et exhibitionnisme, il démontre combien la réalité peut dépasser l'imagination et dévoile ainsi l'envers du décor de ses romans. Il nous fait découvrir une autre Amérique, dont les héros illuminés ne sont pas si éloignés de nous. On ne ressort pas indemne de ce voyage au bout du bizarre et du tragique.