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Le paysan, les pouvoirs, l'argent, 1614 -1815
Béaur Gérard
CHAMP VALLON
24,99 €
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EAN :9791026714187
La vie des paysans s'inscrit-elle vraiment dans une "histoire immobile" entre la fin des guerres de Religion et la chute de l'Empire ? Loin de la conception d'un temps arrêté qui a longtemps dominé dans les approches du monde de la terre - permanences, routines, traditions... -, ce livre, nourri des travaux récents de l'auteur et des recherches neuves des historiens ruralistes, place la société paysanne au coeur d'un processus de multiples transformations. Pouvoir de l'Etat, pouvoir de la seigneurie, pouvoir de l'Eglise, pouvoir de la communauté, pouvoir de la famille, pouvoir de la rente, du crédit, du salaire et de l'emploi, des marchés : tous ces aiguillons ébranlèrent la société dans son ensemble, le monde rural en particulier. Ils constituent aussi la trame de cette étude. La Révolution fut nullement la seule rupture : le séisme de 1789 et ses répliques ont été le produit d'une lente évolution marquée par l'altération des rapports d'argent entre la paysannerie et les pouvoirs, aussi bien que par celle des relations à l'argent de ces mêmes pouvoirs. Si cette double altération s'est accélérée durant le siècle des Lumières, 1815 marque l'achèvement d'un cycle de mutations inscrit dans une longue durée. En interrogeant les interrelations monétaires et financières qui unissaient ou opposaient la paysannerie à des pouvoirs en continuelle évolution, ce livre offre une histoire renouvelée des campagnes françaises tout au long de ces deux siècles décisifs qui séparent le temps du féodalisme du grand élan capitaliste.
Résumé : Ce livre rassemble, parmi d'autres, les contributions de Pierre Goubert, Jean Jacquart, Georges Lefebvre, Emmanuel Le Roy Ladurie, Robert Allen, Robert Bfrenner, Mark Overton. Sur le monde paysan et la Révolution agricole en France et en Grande-Bretagne aux XVIIe et XVIIIe siècles. Il s'ouvre sur une présentation de Gérard Béaur, directeur de recherches au CNRS. L'Histoire en revue propose des recueils d'articles de revues françaises et étrangères autour d'une grande question d'histoire. Choisis pour leur qualité de synthèse, leur clarté et la force de leur démonstration, des articles signés par les meilleurs auteurs permettent ainsi de faire le point des connaissances, en restituant les grands débats qui font de l'histoire une science vivante et critique.
Le but de cet ouvrage, issu d'une thèse réalisée sous la direction de Gérard Béaur, est d'analyser les processus d'accumulation et désaccumulation patrimoniale et de transmission du patrimoine au sein de la classe des petits propriétaires-exploitants durant la première moitié du XIXe siècle (1815-1860) dans le département de Seine-et-Oise. La période 1817-1852 correspond à la descendante d'un cycle Kondratieff. Au cours de cette période, la conjoncture des prix, de la rente et des salaires est favorable aux petits exploitants agricoles et plus particulièrement aux petits propriétaires pour deux raisons. En premier lieu, les petits cultivateurs sont parfois très performants (en particulier dans le nord de Paris). En second lieu, les petits exploitants, contrairement aux grands exploitants, ne sont que partiellement dépendants d'une conjoncture morose puisqu'ils ne commercialisent qu'à la marge leurs productions. Loin d'être voués à disparaître, les petits exploitants parviennent à se maintenir dans de bonnes conditions. Il semble qu'en définitive, la réussite des processus d'accumulation patrimoniale et de transmission du patrimoine dans la classe des petits propriétaires-exploitants est prioritairement commandée par la démographie différentielle des familles et que les processus d'accumulation patrimoniale sont intimement liés aux processus de transmission du patrimoine beaucoup plus qu'aux comportements d'épargne des ménages qui sont souvent mis en avant pour justifier l'existence des phénomènes de cycle de vie.
Libération ou catastrophe ? La question des effets économiques de la Révolution a fait couler beaucoup d'encre ; et le bilan, lesté d'une forte charge idéologique, contrasté et ambigu, n'est pas aisé à établir. D'un côté, les défenseurs d'une Révolution émancipatrice soulignent les carences, tares et vices d'un Ancien Régime dont les structures entravaient le progrès économique : " Il fallait briser ces chaînes. On les brisa. " Nécessité passablement téléologique, qui fait de la Révolution la transition presque obligée " du féodalisme au capitalisme ". Mais de quel type de capitalisme parle-t-on ? Et à trop vouloir célébrer les effets durables du déverrouillage, ne risque-t-on pas de passer facilement aux pertes et profits des perturbations conjoncturelles durement subies par les contemporains ? De l'autre côté, les pourfendeurs de la " catastrophe nationale " ont beau jeu d'insister sur la saignée démographique, la ruine des ports atlantiques, le ralentissement de la production manufacturière, et les déboires d'une agriculture en apnée. Mais prétendre de la sorte évaluer le " coût " de la Révolution, c'est s'obstiner à n'y apercevoir qu'un phénomène exogène, c'est oublier qu'elle a aussi des causes économiques et n'est pas sortie tout armée de l'esprit pervers de quelques apprentis sorciers. Sans ignorer le danger permanent d'instrumentalisation et le piège d'enjeux de mémoire toujours vifs, on a voulu ici dégager l'histoire économique de la Révolution de cette guerre de tranchées inexpiable. Rassembler toutes les pièces du dossier, donner à voir les résultats des dernières recherches : tel est l'objectif de ce travail, qui plaide ainsi pour une histoire sereine, non pas faussement apaisée ni mollement consensuelle mais dépourvue d'arrière-pensées, susceptible à la fois de mobiliser l'énergie des historiens et l'attention des citoyens.
Les débats autour de la désinformation, des fake news et de la post-vérité risquent d'occulter une crise peut-être plus radicale que la crise de la vérité : la destitution de la réalité elle-même. Cette destitution commence avec la volonté prométhéenne de transformer la nature en environnement, et donc de détruire celle-ci. Elle prend bien d'autres formes, hétérogènes et indépendantes les unes des autres en apparence, mais qui en fait conjoignent leurs effets. L'artificialisme, le simulationnisme, le présentisme, le prédictionnisme, le fictionnisme, le négationnisme, le complotisme et le nihilisme sont les huit formes de destitution de la réalité analysées dans cet essai. Comme l'avait vu le psychanalyste Jacques Lacan, c'est la psychose qui guette l'humanité.
Comment conquérir puis gouverner une dizaine de cités, des nobles par milliers et près d'un million de sujets ? En Lombardie, entre 1515 et 1530, François Ier, Francesco II Sforza et Charles Quint ont buté sur la même question. La réponse offrait un prix de taille : une terre riche et peuplée, à la croisée des chemins de la Méditerranée, des Alpes et des plaines du Nord. Si la guerre fut destructrice et indécise, c'est que les autochtones opposèrent aux conquérants des défis à la hauteur d'une culture politique millénaire. Plus le temps passe, plus la Lombardie apparaît comme une des pièces incontournables de la formation de l'Europe moderne, entre exercice de la souveraineté, de la fidélité et de la médiation mais aussi expérience de la violence, de la servitude et de la résistance.
Résumé : Dans le monde entier, citoyens, militants et experts cherchent aujourd'hui à repenser nos sociétés et leur rapport à la nature à l'aune d'un usage et d'un gouvernement en commun des environnements et des ressources. Forêts et pâturages, terres et marais, lacs et rivières, pêcheries, systèmes d'irrigation : partout on redécouvre, expérimente, promeut leur gestion collective, avec l'espoir d'un avenir plus soutenable et plus démocratique. Ce monde des communs est à inventer, mais il hérite aussi d'une longue histoire que ce volume voudrait éclairer. Quelle place ceux-ci ont-ils occupée, en France et dans son Empire, sur la longue durée depuis le XVIIe siècle ? Comment les communs ont-ils évolué en lien avec les mutations de l'Etat et des marchés ? Quelles ont été leurs trajectoires dans le contexte des territoires colonisés par la France ? Et comment restituer toute la complexité des formes de gouvernement collectif des environnements, au-delà d'une conception parfois trop idéalisée des communs ? Une équipe d'historiens présente ici leurs résultats d'enquête sur tout ce pan encore trop méconnu de l'histoire sociale, écologique et politique de nos sociétés.
Résumé : L'histoire de la clandestinité intrigue, tant sont nombreuses les zones d'ombre, parfois artificiellement entretenues, et les pages méconnues, tandis qu'une poignée de clandestins a su polariser la curiosité du public et des historiens. Mais cette histoire est-elle seulement possible ? Chaque chapitre de ce livre, à sa manière, répond par l'affirmative, en retraçant la trajectoire d'un groupe politique, d'un mouvement structuré, avec une fortune variable, dans la dissimulation et par la pratique de l'illégalité. Contrairement à une impression première, les sources les plus diverses permettent d'en brosser une histoire incarnée, une histoire de l'intérieur, sans négliger pour autant le domaine des fantasmes que la lutte clandestine suscite immanquablement. Il s'agit là d'une conviction partagée par les auteurs, la compréhension de la clandestinité en politique se doit d'articuler, d'une part, les représentations propres aux mondes clandestins, qui, malgré leur diversité, peuvent être rassemblées dans l'expérience de cette lutte radicale et secrète, avec, d'autre part, les images de la lutte clandestine qui circulent à l'extérieur des groupes, que ce soit celles diffusées par le pouvoir ou les médias ou bien celles qui se développent au sein de la société et des différents mouvements sociaux. A travers l'exploration de la clandestinité comme modalité d'action politique, cet ouvrage expérimente une comparaison entre différents mouvements politiques dont les spécialistes dialoguent d'ordinaire trop peu ? anarchismes, résistances, mouvements révolutionnaires ou anticoloniaux ? en montrant l'existence de problématiques communes malgré les différents contextes. Il ambitionne également de fournir des clés pour comprendre la persistance de la menace clandestine, toujours actuelle, mais qui plonge ses racines dans une histoire longue et multiforme.