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Atlas de la Révolution française. Tome 10, Economie
Béaur Gérard ; Laclau Alexandra ; Minard Philippe
EHESS
18,00 €
Épuisé
EAN :9782713212321
Libération ou catastrophe ? La question des effets économiques de la Révolution a fait couler beaucoup d'encre ; et le bilan, lesté d'une forte charge idéologique, contrasté et ambigu, n'est pas aisé à établir. D'un côté, les défenseurs d'une Révolution émancipatrice soulignent les carences, tares et vices d'un Ancien Régime dont les structures entravaient le progrès économique : " Il fallait briser ces chaînes. On les brisa. " Nécessité passablement téléologique, qui fait de la Révolution la transition presque obligée " du féodalisme au capitalisme ". Mais de quel type de capitalisme parle-t-on ? Et à trop vouloir célébrer les effets durables du déverrouillage, ne risque-t-on pas de passer facilement aux pertes et profits des perturbations conjoncturelles durement subies par les contemporains ? De l'autre côté, les pourfendeurs de la " catastrophe nationale " ont beau jeu d'insister sur la saignée démographique, la ruine des ports atlantiques, le ralentissement de la production manufacturière, et les déboires d'une agriculture en apnée. Mais prétendre de la sorte évaluer le " coût " de la Révolution, c'est s'obstiner à n'y apercevoir qu'un phénomène exogène, c'est oublier qu'elle a aussi des causes économiques et n'est pas sortie tout armée de l'esprit pervers de quelques apprentis sorciers. Sans ignorer le danger permanent d'instrumentalisation et le piège d'enjeux de mémoire toujours vifs, on a voulu ici dégager l'histoire économique de la Révolution de cette guerre de tranchées inexpiable. Rassembler toutes les pièces du dossier, donner à voir les résultats des dernières recherches : tel est l'objectif de ce travail, qui plaide ainsi pour une histoire sereine, non pas faussement apaisée ni mollement consensuelle mais dépourvue d'arrière-pensées, susceptible à la fois de mobiliser l'énergie des historiens et l'attention des citoyens.
Le but de cet ouvrage, issu d'une thèse réalisée sous la direction de Gérard Béaur, est d'analyser les processus d'accumulation et désaccumulation patrimoniale et de transmission du patrimoine au sein de la classe des petits propriétaires-exploitants durant la première moitié du XIXe siècle (1815-1860) dans le département de Seine-et-Oise. La période 1817-1852 correspond à la descendante d'un cycle Kondratieff. Au cours de cette période, la conjoncture des prix, de la rente et des salaires est favorable aux petits exploitants agricoles et plus particulièrement aux petits propriétaires pour deux raisons. En premier lieu, les petits cultivateurs sont parfois très performants (en particulier dans le nord de Paris). En second lieu, les petits exploitants, contrairement aux grands exploitants, ne sont que partiellement dépendants d'une conjoncture morose puisqu'ils ne commercialisent qu'à la marge leurs productions. Loin d'être voués à disparaître, les petits exploitants parviennent à se maintenir dans de bonnes conditions. Il semble qu'en définitive, la réussite des processus d'accumulation patrimoniale et de transmission du patrimoine dans la classe des petits propriétaires-exploitants est prioritairement commandée par la démographie différentielle des familles et que les processus d'accumulation patrimoniale sont intimement liés aux processus de transmission du patrimoine beaucoup plus qu'aux comportements d'épargne des ménages qui sont souvent mis en avant pour justifier l'existence des phénomènes de cycle de vie.
Ce livre comble [... ] une lacune dans notre connaissance de l'innovation agronomique dans la France des Lumières. Avec cet ouvrage, érudit et maîtrisé, Thierry Michel s'affirme comme un fin connaisseur des expérimentations engagées au xviiie siècle pour stocker et nettoyer les grains. A cet égard, il figure comme un expert sur un sujet très technique. [... ] il s'est intéressé aux pratiques, au ras des fermes, pour reconnaître concrètement la portée des préceptes inculqués aux producteurs de céréales par les élites. Il n'a pas craint de constituer un corpus capable de lui donner les moyens de mesurer le degré d'adoption des nouveaux outils et de comprendre les logiques qui présidèrent à leur usage. Ainsi, par le prisme d'une enquête singulière et originale, ce livre introduit subrepticement dans une thématique plus large, extrêmement ambitieuse, celle des chemins empruntés par l'innovation et des voies qui ont assuré les progrès de la disponibilité en nourriture, spécifiquement en céréales, dans l'Occident moderne après les effroyables épreuves du tournant du xviie siècle. Par un croisement habile d'histoire économique, d'histoire sociale, d'histoire intellectuelle et d'histoire des techniques, il nous entraîne dans un mouvement révélateur des petits pas qui ont changé l'agriculture française à la fin de l'Ancien Régime". Gérard Béaur
Cet ouvrage analyse les itinéraires comparés des coopératives agricoles en France et en Italie, entre le développement des premières organisations formellement constituées à la fin du XIXe siècle et les années 1950, qui voient les acteurs professionnels et les pouvoirs publics s'emparer définitivement de cet instrument crucial de modernisation du secteur primaire. A l'encontre d'une histoire traditionnellement centrée sur les aspects institutionnels et politiques du mouvement coopératif, ce volume s'intéresse aux formes d'organisation économique et sociale des campagnes comme moyen pour éclairer les pratiques des agriculteurs-coopérateurs. Une approche comparée des cas italien et français permet d'explorer la nébuleuse - vaste et hétérogène - des premières expériences de coopération et de suivre l'émergence progressive d'un statut sociétaire spécifique. L'ouvrage approfondit ensuite l'étude des coopératives, en centrant le regard sur le cas exemplaire du latifondo céréalier de la Sicile intérieure, qui permet d'observer l'influence des structures agraires sur les formes de l'action collective. Par un jeu constant sur les variations d'échelles, sont ainsi étudiées à travers le prisme des coopératives agricoles les transformations des campagnes françaises et italiennes, au cours de la première moitié du XXe siècle.
L'Homme poursuit l'enquête engagée dans le précédent numéro : quelle est donc cette curieuse chimère à deux têtes qui orne sa couverture depuis sa fondation ? Selon Claude Lévi-Strauss, qui l'a choisie, il s'agirait d'un "dieu Tortue" de la culture pré-colombienne Coclé, en Amérique centrale. Que sait-on de cette culture et de ses productions graphiques ? A quel genre de dieu, et à quel genre de tortue, correspond ce personnage ? Et que dire de la bicéphalité joyeuse et hypnotique qui le caractérise ? Richard G. Cooke et Carlo Severi apportent quelques éclaircissements sur ces questions. Trois "Etudes & Essais" forment le coeur de ce numéro, illustrant une nouvelle fois l'ouverture épistémologique de notre revue. Camille Chamois explore à quelles conditions ethnographiques, philosophiques et psychologiques une théorie perspectiviste peut envisager la multiplicité de points de vue d'êtres différents, humains ou non humains. Abigaël Pesses nous conduit ensuite chez les Karen de Thaïlande et nous présente un curieux motif dessiné sur l'envers d'un plateau de riz, dans lequel toute une cosmologie se voit sobrement condensée afin de guider les morts sur le chemin de l'au-delà. Sophie Blanchy et Haddad Salim Djabir, pour leur part, restituent les échanges cérémoniels qui rythment et organisent les relations entre groupes de descendance sur l'île de Mohéli dans l'archipel des Comores, de même que le processus historique de la préservation de ces usages sous l'influence de riches marchands étrangers. Laurent Berger, enfin, clôt ce numéro par un nouveau commentaire critique du livre de Charles Stépanoff, Voyager dans l'invisible. Techniques chamaniques de l'imagination (La Découverte, 2019), en réexaminant la corréla¬tion entre naissance de la hiérarchie et mode de médiation reli¬gieuse. Il est ainsi question de cosmologies, dans ce numéro, et de la matière cérémonielle et picturale par laquelle une population figure - et donc rend disponible - le monde relationnel qu'elle habite et qu'elle produit.
Septembre 1993 : Serge Moscovici devient docteur honoris causa de l'université de Séville. Le discours qu'il prononce alors allie bilan critique de la théorie des représentations sociales. retour réflexif sur son propre parcours et nouveaux horizons de recherche. Avec ce texte inédit. Moscovici érige la psychologie sociale, dont il est l'un des fondateurs, en véritable anthropologie du monde contemporain.