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Longtemps je me suis couché de bonne heure pour raisons de sécurité
Baumgartner Thomas
MONTE EN L AIR
5,00 €
Épuisé
EAN :9791092775112
Dans les aéroports, dans les gares, sur Internet ou en traversant la rue, à la boulangerie, dans nos rêves, le jour ou la nuit, au boulot, à l'école, chez ma mère, en vacances, au supermarché, au café, à la radio, à la télé, dans le hall, dans le jardin, à la piscine, on nous canalise, on nous empêche, on nous incite, on nous fait comprendre, on nous scanne, on nous demande de rester de l'autre côté de la ligne qui est là, on nous dévisage, on nous demande d'être ressemblant, on nous touche, on nous regarde dans le sac, on nous réclame la carte, on nous réclame l'autre carte, puis un justificatif, on nous demande de retirer le casque, on nous laisse attendre dans le sas, on nous regarde en coin, on nous fait inscrire notre nom là, et là, et là, on nous demande de ne pas sourire, on nous fait prendre un numéro, on exige qu'on reste à notre place dans la file. C'est ainsi, partout. Sauf au coeur de la littérature, la vraie, la grande. Elle échappait à cet air du temps, c'est terminé. Voilà quelques incipits de grands textes, introductions souvent fameuses, transformés légèrement et systématiquement. Et augmentés d'un léger suspense. Pour raisons de sécurité, évidemment.
Le son est une magie et une évidence. Fluidité insaisissable, il est matière disponible pour la littérature. Par le son, on entre dans le fantastique : saisi par l'oreille, le lecteur accepte la proximité d'une autre dimension et d'autres possibles. Les romans et les récits n'ont pas attendu les technologies de reproduction, de diffusion, de captation du son pour en faire le véhicule d'utopies et de légendes. Avec le progrès technique, le son se manipule, se stocke. C'est là que la radio entre en scène : avec elle, la parole se voit douée d'ubiquité, à la fois dans le studio et potentiellement dans le monde entier. Mais sait-on jamais qui écoute ? Voyage dans cet étrange pays de la radio et des sons en compagnie d'Homère, Rabelais, Francis Bacon, Samuel Beckett, Roland Dubillard, Jacques Roubaud, Denis Podalydès, Vincent Ravalec, Jean Tardieu, Roger Grenier, Roland Barthes, Eric Chevillard, François Bon, Dominique A, Jean Cocteau et bien d'autres...
Que peut-on ressentir lorsqu'on s'élance de la stratosphère à 39 kilomètres au-dessus du sol, pour plonger vers la Terre à la vitesse du son?Aujourd'hui, un seul homme au monde peut répondre à cette question: Felix Baumgartner. Le 14 octobre 2012, cet Autrichien subjuguait le monde entier avec son saut supersonique.Dans Ma vie en chute libre, son livre de témoignage, Felix Baumgartner dévoile tout sur la réalisation de la fameuse mission Red Bull Stratos. Il revient sur les mille et un tracas, les grandes joies et les peurs intenses qu il a dû affronter pour relever ce défi où, une fois de plus, il jouait sa vie.Ce sportif de l'extrême devenu champion du monde de base jumping revient sur son parcours et nous entraîne dans les coulisses des nombreux exploits qu'il a réalisés avant ce saut ultime.
L'historien antique visait d'abord à rendre compte de l'enchaînement des causes. Le clerc médiéval veut avant tout situer les événements dans le temps, souci lié à la conception chrétienne d'un temps qui a eu une origine, sa création par Dieu, une coupure essentielle, l'Incarnation, et se déroule selon un sens, orienté vers une fin. A côté de récits consacrés au passé mythique, puis historique de l'Angleterre bretonne, puis normande, s'invente dès la fin du XIe siècle une historiographie d'un nouveau type, en liaison avec l'extraordinaire aventure que furent la Première Croisade et, en 1099, la prise de Jérusalem. On passe alors à une pratique neuve d'une histoire écrite bien souvent, par des acteurs et/ou témoins. Dès la fin du XIIe siècle et au XIIIe siècle on verra (avec Robert de Clari, Villehardouin, Joinville) le vécu de l'historien - ou du mémorialiste ? - entrer en tension avec une grille de lecture préfabriquée. "Dire le temps" dans sa matérialité brute n'advient jamais. Aux purs marquages temporels se tissent inévitablement une pesée et une pensée du temps, révélant aussi bien le projet conscient de l'écrivain que le sens plus secret selon lequel il en a dévidé et retordu le fil.
Composé vers 1170, le Tristan de Thomas remodèle en profondeur une tradition déjà solidement constituée. Aux péripéties héroïques et amoureuses, l'écrivain préfère l'exploration minutieuse du désordre amoureux. D'un fragment à l'autre s'approfondissent la pitié, l'incompréhension et la peur qu'inspirent au moraliste la passion, ses tourments et ses pièges, et l'impossible maîtrise, au coeur de l'homme, des forces du désir. Le scénario des deux Folies se fonde sur une mémoire du texte tristanien dont le héros lui-même met en scène les moments clés. Mais peut-on impunément plier le langage au jeu dérisoire de la folie ? Tristan échoue à se faire reconnaître d'Yseut : l'instinct du chien est plus efficace que l'amour de la femme. Autre manière de dire l'impuissance du langage à révéler la vérité de l'être ?
Dans ce volumineux recueil de dessins, Aurélie William Levaux expose page après page des fragments de son intimité, partagée entre spleen et rage sourde. Mots raturés, écriture malhabile, encre dégoulinante, on retrouve les modalités chères à l'auteure. Mais contrairement au reste de son oeuvre, elles se passent ici des habituelles compositions complexes aux motifs raffinés, si caractéristiques de son travail. La Poutre de mon oeil prend le contre-pied de la ligne habituelle et assume le dépouillement à vif porté par le feutre aux couleurs criardes. Cette technique à la trajectoire sans ambages renforce le sentiment que pénétrer l'oeuvre d'Aurélie William Levaux, c'est accepter de se confronter à une sorte de brutalité gracieuse et que ses formes sont multiples. La vie de tous les jours est un matériau précieux (et si vaste ! ) pour qui sait y injecter la dose d'humour nécessaire à lui tordre le cou. Une bonne claque suivie d'un grand éclat de rire, voilà l'effet procuré par la lecture de La Poutre de mon oeil. Plus que revigorante, elle est absolument nécessaire.
Faisant suite au deux précédents ouvrages What The Fuck ! et What The Mega Fuck ! aux éditions le Monte-en-l'air en 2020, ce 3e opus de la collection WTF réunit des photographies en provenance du monde entier, collectées au fil de pérégrinations sur la Toile. Sur les réseaux sociaux et les sites Internet dont sont issues ces photographies, l'acronyme "WTF" précède souvent un contenu pour signifier l'effarement qu'il provoque. Cette interjection exprime autant l'incompréhension que le malaise du "voyeur" face à ces images. Leur accumulation souligne la course folle au partage de contenus "extra-ordinaires" pour un public anesthésié et pose la question de la dilution du sens de la photographie à l'aube du XXI ème siècle. Ces images incongrues sont vues par des millions d'internautes à un instant T, mais disparaissent définitivement au bout de quelques semaines. En éditant ces images dématérialisées et en les réunissant dans des ouvrages imprimés, la maison d'éditions Innocences s'approprie ces clichés et pose un acte de résistance face à la course à l'infini du Web. Innocences, à travers la publication de ces livres à tirage unique et numéroté, propose un véritable travail d'archiviste afin d'y consigner une certaine image de l'homme contemporain.