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L'Amour d'un être mortel
Bataille Georges
CASCADES
6,00 €
Épuisé
EAN :9782917051139
L'Etre aimé dans ce monde dissous est devenu la seule puissance qui ait gardé la vertu de rendre à la chaleur de la vie. Si ce monde n'était pas sans cesse parcouru par les mouvements convulsifs des êtres qui se cherchent l'un l'autre, s'il n'était pas transfiguré par le visage "dont l'absence est douloureuse", il aurait l'apparence d'une dérision offerte à ceux qu'il fait naître : l'existence humaine y serait présente à l'état de souvenir ou de film des pays "sauvages". Il est nécessaire d'excepter la fiction avec un sentiment irrité. Ce qu'un être possède au fond de lui-même de perdu, de tragique, la "merveille aveuglante" ne peut plus être rencontrée que sur un lit. Il est vrai que la poussière satisfaite et les soucis dissociés du monde présent envahissent aussi les chambres : les chambres verrouillées n'en demeurent pas moins, dans le vide mental presque illimité, autant d'îlots où les figures de la vie se recomposent."
Réunis ici et augmentés de nombreux inédits, L'Expérience intérieure, Le Coupable et Sur Nietzsche, rédigés de 1939 à 1944, sont d'abord le journal d'une expérience : expérience de l'extase, du non-savoir, de l'érotisme, expérience de la guerre, expérience de Nietzsche tout à la fois. Jusqu'à sa mort, Bataille tentera de prolonger ce journal en Somme athéologique : rééditions, adjonctions, préfaces, plans de parution, ébauches marquent cette oeuvre sans cesse reconsidérée, sans cesse en projet, sans cesse en dialogue avec cette autre "somme", La Part maudite, que l'on trouvera dans les T7 à 10. Les Annexes du T6 replacent dans leur contexte plusieurs inédits ou des articles parus en revues, directement contemporains de "l'expérience". On y trouvera également tous les plans et projets de Bataille pour compléter cette Somme athéologique.
J'ai voulu m'exprimer lourdement. Mais je n'insinue pas qu'un sursaut de rage ou que l'épreuve de la souffrance assurent seuls aux récits leur pouvoir de révélation. J'en ai parlé ici pour arriver à dire qu'un tourment qui me ravageait est seul à l'origine des monstrueuses anomalies du Bleu du Ciel. Mais je suis si éloigné de penser que ce fondement suffit à la valeur que j'avais renoncé à publier ce livre, écrit en 1935. Aujourd'hui, en 1957, des amis qu'avait émus la lecture du manuscrit m'ont incité à sa publication. Je m'en suis à la fin remis à leur jugement."
Résumé : A la mort de son père, Pierre tombe sous la griffe d'une femme terrifiante et sulfureuse, à l'adoration dévoratrice : sa mère. Initié par elle à l'orgie et à la débauche, l'adolescent découvre une vie de perdition où se mêlent honte, jouissance, dégoût et respect. Face à un monde en dérive, perverti, comment aimer encore et apprendre à grandir ?
Réunis ici (dans les tomes V et VI) et augmentés de nombreux inédits, l'Expérience intérieure, Le coupable et Sur Nietzsche, rédigés de 1939 à 1944, sont d'abord le journal d'une expérience: expérience de l'extase, du non savoir, de l'érotisme, expérience de la guerre, expérience de Nietzsche tout à la fois. Jusqu'à sa mort, Bataille tentera de prolonger ce journal en Somme athéologique: rééditions, adjonctions, préfaces, plans de parution, ébauches marquent cette ?uvre sans cesse reconsidérée, sans cesse en projet, sans cesse en dialogue avec cette autre "somme", La Part maudite.Les annexes du tome VI replacent dans leur contexte plusieurs inédits ou des articles parus en revues, directement contemporains de "l'expérience". On y trouvera également tous les plans et projets de Bataille pour compléter cette Somme athéologique.
Résumé : Sans papiers, oui mais avec tout le reste, l'humour, l'énergie, la délicatesse, les pensées, les rêves entraperçus dans ces brefs instants de côtoiement, l'intimité passagère de qui est embarqué dans la même galère. Métie Navajo saisit, raconte, regarde, les yeux bien ouverts, décrit dans sa manière rapide, haletante, zigzaguante, étincelante, voit et montre, nous fait entrer un moment dans le monde qui défile autour d'eux. "Dans une vie ancienne", comme elle dit, même si seulement trois ans ont passé, Métie Navajo marchait sur les chemins du Mexique, sur les pas d'autres hommes : Tsotiles, Tseltales, Choles du Chiapas, Zapothèques, Mixtèques, Triquis d'Oaxaca.
Résumé : " Si le mot amour est prononcé entre eux je suis perdu ", dit le comte Mosca en voyant s'éloigner la voiture qui emporte la Sanseverina et Fabrice. Le propos de Stendhal méritait d'être analysé. Du rôle que joue l'amour dans l'apparition du langage, significatif dans le Véda comme dans les jeux de Brisset, à la valeur du silence dont témoigne la légende de Tristan et Iseut en passant par le pouvoir des mots d'amour tantriques, cet essai relève nombre des interactions de l'amour sur le langage. Chacun à sa manière, Blake, Fourier et Bataille démontrent qu'il n'est possible de dire l'amour qu'en transgressant le langage ordinaire. De leur côté, parlant d'amour, les sorcières comme les kabbalistes parlent à côté de ce qu'ils disent. A eux seuls ces décalages prouvent déjà que le langage de l'amour est une parole sacrée. Les poèmes gnostiques comme les romans de la Quête du Graal ou l'Hypérion de Hölderlin, par leur seule beauté, le confirment. Au reste, les adamites et les troubadours ne l'ont-ils pas associé à la musique des sphères ? Et si le langage lui-même n'était que le signe d'une blessure, d'une chute, le sang de l'Androgyne ?
Je n'ai jamais désespéré de la révolution autogestionnaire en tant que révolution de la vie quotidienne. Maintenant moins que jamais. J'ai la conviction qu'outrepassant les barricades de la résistance et de l'autodéfense les forces vives du monde entier s'éveillent d'un long sommeil. Leur offensive, irrésistible et pacifique, balaiera tous les obstacles dressés contre l'immense désir de vivre que nourrissent ceux qui, innombrables, naissent et renaissent chaque jour. La violence d'un monde à créer va supplanter la violence d'un monde qui se détruit. Nous n'avons été jusqu'à ce jour que des hybrides, mi-humains mi-bêtes sauvages. Nos sociétés ont été de vastes entrepôts où l'homme, réduit au statut d'une marchandise, également précieuse et vile, était corvéable et interchangeable. Nous allons inaugurer le temps où l'homme va assumer sa destinée de penseur et de créateur en devenant ce qu'il est et n'a jamais été: un être humain à part entière.
Christian Ferrer est argentin, sociologue et essayiste. Il est né en 1960 et enseigne la philosophie à la faculté de sciences sociales de Buenos Aires. Il a publié en Argentine et en Espagne des essais sur le langage libertaire, sur la violence technique, une anthologie de la pensée anarchiste. "Ce n'est pas l'image du fleuve qui collerait à l'anarchisme, mais plutôt celle du geyser, ou de l'inondation, de l'alluvion, de la rivière souterraine, du débordement, de la trombe marine, de la vague qui emporte tout, de la tête d'orage".