Notre site web sera en maintenance ce mardi 3 février après-midi. Les commandes enregistrées ne subirons pas de retard de traitement.
L'Etat n'est plus rien, soyons tout. Suivi de "Un changement radical est à notre portée"
Vaneigem Raoul
CASCADES
6,10 €
Épuisé
EAN :9782917051092
Je n'ai jamais désespéré de la révolution autogestionnaire en tant que révolution de la vie quotidienne. Maintenant moins que jamais. J'ai la conviction qu'outrepassant les barricades de la résistance et de l'autodéfense les forces vives du monde entier s'éveillent d'un long sommeil. Leur offensive, irrésistible et pacifique, balaiera tous les obstacles dressés contre l'immense désir de vivre que nourrissent ceux qui, innombrables, naissent et renaissent chaque jour. La violence d'un monde à créer va supplanter la violence d'un monde qui se détruit. Nous n'avons été jusqu'à ce jour que des hybrides, mi-humains mi-bêtes sauvages. Nos sociétés ont été de vastes entrepôts où l'homme, réduit au statut d'une marchandise, également précieuse et vile, était corvéable et interchangeable. Nous allons inaugurer le temps où l'homme va assumer sa destinée de penseur et de créateur en devenant ce qu'il est et n'a jamais été: un être humain à part entière.
L'histoire des mouvements de résistance à l'Eglise et à l'imprégnation chrétienne n'a été abordée à ce jour qu'à l'ombre de la théologie et selon une perspective apologétique. Parce qu'elle participe du déclin des systèmes monolithiques, la déchristianisation permet d'étudier, en dehors des périls et de l'outrance polémique, des réactions sociales et individuelles longtemps oblitérées par l'empire de séduction et de crainte que Rome gouvernait au nom du Christ. " L'Eglise ne cesse d'être hantée par un passé qui la conteste. Le christianisme s'hellénise au IIe siècle en reniant sa judéité pour tomber sous la condamnation du catholicisme au IVe siècle, et nourrir contre le clergé constantinien la nostalgie des origines et les insurrections millénaristes. " Mais, sous le pouvoir de l'Esprit qui institue la prédominance du ciel sur la terre, s'agite aussi une indomptable volonté de vivre. Se jouant de ce que Deschner appelle " l'histoire criminelle du christianisme ", elle atteste la permanence d'un combat que ne travestissent plus aujourd'hui ni la mythologie chrétienne ni les idéologies de masse qui lui ont succédé pour un temps. " Raoul VANEIGEM
Les citations sont un hommage de la désinvolture à la paresse. " Voilà un exercice périlleux que celui d'arracher des citations à leur contexte d'origine, de les assembler entre elles et d'en livrer une anthologie ! Qu'importe, Raoul Vaneigem compose ses thèmes, les nourrit de bons mots avec insolence et intelligence, s'amuse parfois à quelque commentaire et fait du détournement un art de vivre... De Louis Aragon à Emile Zola en passant par Freud ou Confucius, l'auteur dérobe aux plus grands auteurs leurs mots et les offre aux lecteurs curieux.
Résumé : A la déshumanisation que le capitalisme propage en désertifiant la planète, l'expérience de sociétés autogérées oppose l'émergence de terres libres, affranchies du joug de l'Etat et du système économique qui détermine ses décrets. Des empires aux républiques, les modes de gouvernement du passé n'ont fait que moderniser la barbarie universelle aux dépens d'un bonheur individuel et collectif auquel aspirent des millions d'êtres. La société autogérée est la seule à pouvoir restaurer le devenir humain d'hommes et de femmes qui, réduits quotidiennement à l'état de marchandise, ont dû jusqu'à ce jour se contenter d'en rêver.
Je n'ai pas le goût des confessions, elles offrent trop de gages à un spectacle où ma démarche même renierait son propos. Je n'ai en revanche aucune raison de dissimuler l'attrait qu'a toujours exercé sur moi la tentative de Montaigne de se peindre sur le vif, en dépit des couleurs que le monde lui imposait. Ce désordre d'émotions et de pensées, j'ai choisi de les aborder par le biais des passions auxquelles je demeure le plus attaché: l'amour, l'amitié, la volonté de vivre... ; et à travers ce qui les corrompt: la peur, l'argent, la présomption de l'esprit. Mon questionnement est sans réponses, mais j'ai, au plus profond de mes doutes, quelques certitudes. Peut-être est-ce suffisant au c?ur d'une époque qui, présentant, comme nulle autre pareille, les symptômes d'un pourrissement universel, cherche, au crible de ses désillusions, les signes d'une civilisation humaine qui tente maladroitement et naïvement de s'instaurer.
Dans les montagnes du Sud-Est mexicain, une brèche s'est ouverte sur une scène inamovible depuis des siècles. Le 1er janvier 1994, San Cristobal de Las Casas et six autres villes du Chiapas ont reçu une secousse terrible, les Indiens s'étaient rebellés et ils marchaient là. De longues tresses abondantes se répandaient sur les chemises café de l'uniforme, sous la casquette. Des pantalons noirs et des bottes. C'étaient les insurgées; elles avaient le regard sûr, non plus le regard fuyant ou suppliant de l'Indienne dans la ville. Vêtues de l'uniforme vert et café, elles se regroupaient comme leurs companeros, jeunes et habillés comme elles, avec des armes, comme elles, indiens Finalement, comme elles : "Nous sommes des soldats de l'Armée zapatiste de libération nationale. Nous luttons pour notre peuple, pour que la situation s'améliore."
Il n'y a aucun principe absolu, il n'y aucun critère qui ait des fondements fermes et définitifs ; les êtres humains ne peuvent chercher refuge dans rien qu'ils n'aient produit eux-mêmes. Il faut en finir avec la recherche de cohérences doctrinales impeccables, douter face à tout discours qui dissimule ses contradictions internes au lieu de les proclamer et regarder avec horreur les utopies qui rêvent de sociétés parfaitement harmonieuses. Subvertir les fonctionnements habituels et les usages établis, occuper les espaces, transformer les lieux de passage en lieux de rencontre et de parole, tout cela délie une créativité collective qui invente immédiatement de nouvelles manières d'étendre cette subversion et de la faire proliférer. Agiter les eaux de l'anarchisme pour qu'elles ne s'assoupissent pas dans un sommeil complaisant et ne cessent jamais d'être turbulentes. Rien ne saurait être remis au lendemain de la révolution, car elle n'est pas située dans l'avenir, elle n'a que le présent pour unique demeure et elle se produit dans chaque espace et chaque instant que l'on parvient à soustraire au système. La révolution n'est plus un but à atteindre, elle est toute dans le trajet lui-même.
Résumé : Jusqu'alors inédit en français, Au pied du mur est le dernier tome des mémoires d'Abel Paz, combattant de la guerre d'Espagne et figure de l'anarchisme, qui, après avoir tenté de prendre part à une résurgence précaire de résistance libertaire au régime franquiste, devient l'un des nombreux témoins du quotidien des geôles de la dictature nationale-catholique. Ses souvenirs de la période 1942-1954 éclairent les relations de solidarité, les rapports de pouvoir et les débats houleux entre prisonniers (notamment au sein de la CNT), mais aussi, durant cette période tragique et décisive, les errements et bifurcations du mouvement anarchiste et de la solidarité internationale.
Résumé : Sans papiers, oui mais avec tout le reste, l'humour, l'énergie, la délicatesse, les pensées, les rêves entraperçus dans ces brefs instants de côtoiement, l'intimité passagère de qui est embarqué dans la même galère. Métie Navajo saisit, raconte, regarde, les yeux bien ouverts, décrit dans sa manière rapide, haletante, zigzaguante, étincelante, voit et montre, nous fait entrer un moment dans le monde qui défile autour d'eux. "Dans une vie ancienne", comme elle dit, même si seulement trois ans ont passé, Métie Navajo marchait sur les chemins du Mexique, sur les pas d'autres hommes : Tsotiles, Tseltales, Choles du Chiapas, Zapothèques, Mixtèques, Triquis d'Oaxaca.