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De la servitude volontaire. Pertinence du Contr'un de la Boétie
Barsotti Bernard
ENCRE MARINE
24,99 €
Épuisé
EAN :9782350881744
De la révolte fiscale... à la philosophie. La Boétie a dix-sept quand l'essoufflement d'un mouvement populaire avec lequel il sympathise l'amène à s'interroger sur les raisons de ce qui ressemble à un reniement de l'aspiration à la justice et à la liberté, pire, à une sorte de "servitude volontaire". Armé d'encre et de philosophie, il tente d'éclairer le sens de cette attitude paradoxale, au cours d'une fulgurante enquête sur le comportement de la liberté humaine et le rapport complexe du peuple au pouvoir. Bernard Barsotti propose une relecture originale du Discours de la Servitude volontaire, en mettant l'accent sur la force interrogeante du texte, plutôt que sur les réponses que les interprétations les plus variées ont puy trouver. Ce qui compte, dans le Contr'Un, en plus de l'appel à la révolte politique et économique que les lectures marxistes et libertaires ont reconnu en lui, c'est l'invitation à questionner nos relations avec l'Etat et avec toutes les instances de domination qui "prennent soin" de nous. Le Discours est un aiguillon pour la pensée : La Boétie nous pousse moins à identifier les misons qui justifient la révolte dm soumis et des opprimés, qu'à essayer de comprendre pourquoi, de manière récurrente, tant de révoltes avortent.
Ce livre de Giuseppe Saponaro, paru en 2001 en Italie, méritait une traduction qui en prolonge l'élan salutaire. Le philosophe devenu peintre sul serio nous offre à lire un essai qui, contrairement à bien des ouvrages d'esthétique dont l'objet semble sans consistance et la logique sans force, croise réellement le savoir pratique et la réflexion philosophique. Voilà donc un livre pour tous ceux, professeurs et étudiants des Beaux-Arts, philosophes, esthéticiens amoureux de l'art, qui, convaincus que le Beau et le Vrai se marient, cherchent la raison de cette alliance libératrice. Il ne déplaira qu'au philosophe pour qui l'oeuvre d'art est un simple support herméneutique et à l'artiste qui n'aime pas se voir rappeler qu'une Nature existe... Kandinsky et Husserl, éclairés par une analyse croisée phénoménologique et picturale, nous conduisent avec force devant "la tâche de la vision pure et de la pensée pure, conditions essentielles de tout renouveau culturel authentique" . Ce volume contient la Leçon inaugurale de Husserl devant l'Université de Fribourg, La phénoménologie pure : son domaine de recherche et sa méthode. Giuseppe Saponaro, après des études à Paris et en Italie, a été professeur à la Faculté de Philosophie de l'Université "La Sapienza" de Rome. Il a traduit en italien de nombreux ouvrages français et ses travaux portent sur l'éthique, la logique ainsi que sur l'esthétique philosophique. Depuis 1984, il se consacre à la peinture et au dessin.
Quelle est cette puissance d'universalité, de vérité, d'équité, que nous nommons la "raison" ? La validité d'une si merveilleuse possession humaine n'a rien de naturel, mais s'inscrit dans une "histoire de la raison pure" que Kant avait ébauchée. Un étonnant chassé-croisé a lieu du XVIIe siècle à nos jours, où l'on voit d'un côté le rationalisme ontologique s'affaiblir en rationalisme transcendental, de l'autre l'empirisme sensualiste s'affaiblir en empirisme logique. On comprend mieux ensuite la tension pratique qui s'installe entre une éthique raisonnable et une morale rationnelle.
La vie humaine est-elle action ou création ? Le vivant se joue des lois physiques pour inventer une variété infinie de formes. Les êtres de sensibilité que sont le musicien et le peintre semblent prolonger en l'homme ce mouvement et, à travers l'expérience et l'invention de beautés nouvelles, offrir à notre existence sa forme la plus intense. Mais l'homme est un être de pensée, de volonté et d'action qui n'a de cesse de transformer son propre monde. A cette aune, contempler la nature, voire transfigurer l'univers sensible des émotions sonores et colorées, ne peut nous conduire qu'à mi-chemin de notre destinée. Philosophe et compositeur, l'auteur analyse cette dualité et son évolution, depuis la naissance de la modernité picturale et musicale chez Kandinsky et Schoenberg jusqu'aux avant-gardes récentes labellisées "musique contemporaine" . Contrairement aux idées reçues, si l'homme moderne se croit fort de sa puissance d'agir, c'est l'attitude esthétique qui semble finalement l'avoir emporté depuis le milieu du XXe siècle, à travers des formes musicales profondément aliénées car coupées de la corporéité fondamentale de l'être humain, où s'enracine le rythme. La danse, à la charnière du visuel et du musical, peut sans doute ici servir d'éclaireur à l'art en général, et à la musique en particulier.
La philosophie des sciences de Bachelard, "exception française" coincée entre les deux grands massifs contemporains de la phénoménologie et de la philosophie analytique, fait figure de parent pauvre de la théorie contemporaine de la connaissance. Loin des jugements figés dont elle fait l'objet - scientisme reniant la philosophie, ou au contraire internalisme rivé au sujet -, l'auteur, en révélant la densité méconnue, notamment en France, du dialogue que Bachelard a entretenu avec la pensée de Husserl, fait de la pensée bachelardienne un témoin exceptionnel de la séparation de plus en plus irrémédiable entre les données de l'expérience phénoménologique et les constructions formelles de la science du XXe siècle, événement central qui a marqué le devenir de la philosophie de notre temps. Voir Bachelard aux prises avec la "pureté" husserlienne sur les questions du phénomène, de l'intentionnalité, de la temporalité ou de l'origine de la connaissance, nous livre des enseignements inattendus sur la portée du prétendu abîme entre philosophie des sciences et phénoménologie.
Le terme "technoscience", abondant dans les discours militants et journalistiques, absent des discours internes aux pratiques scientifiques, parfois utilisé par des philosophes ou des sociologues, est récent. Le substantif apparaît au milieu des années soixante-dix. Il est souvent chargé d'affects et d'une axiologie implicite: il constitue souvent une arme de lutte (nommer les phénomènes techniques et/ou scientifiques de ce nom c'est déjà, dans bien des contextes, les "dénoncer" ), mais est-il aussi le lieu d'une élaboration conceptuelle précise et consistante pour accueillir ce qui nous arrive et qu'on désigne ainsi? Et ce qui nous arrive sous ce nom est-ce, localement, une reconfiguration de la représentation des rapports entre sciences et techniques, ou bien aussi, plus largement, une manière nouvelle d'expérimenter quelques énigmes fondamentales (comme celle de l'Invention, ou bien encore celle de la Puissance)? On veut manifester dans ce livre l'ambiguïté fondamentale d'une "figure" aux facettes multiples - la technoscience -, qui traverse les registres de l'épistémologique, de l'économique et du politique,, pour assumer des inflexions proprement métaphysiques et même eschatologiques.
Cette autobiographie est celle d'un philosophe du bonheur. Mais elle n'est pas un traité ni une démonstration, elle est le récit concret d'une vie singulière. Cette vie est en même temps sa propre invention, saisie et voulue comme telle. Elle met en scène les actes de rupture, les créations et les fulgurances qui sont en fait le déploiement même du Désir et de la liberté. Dans le mouvement concret de la vie, dramatique ou comblée, prend place aussi le mouvement de la réflexion. L'auteur suit le fil mnémonique de sa propre pensée et rend compte du travail et de la gestation de chacun de ses livres. L'oeuvre qui a exprimé et construit la vie heureuse est ici éclairée en retour par cette vie même. Une vérité, ni morale ni psychologique, prend forme peu à peu: au-delà de toutes les idéologies du siècle, une philosophie du sujet et de la liberté peut être à la fois le miroir d'une vie et la source même de cette vie. C'est la pensée de la liberté heureuse qui crée et la liberté vraie et la joie.
Pour les philosophies théologisées, mixtes de religion et de philosophie, que sont les philosophies modernes, telles celles de Descartes, de Kant, de Hegel, et à l'exception de celle de Montaigne, l'aléatoire ne saurait être au coeur de la réalité puisque, pour l'être transcendant et omniconnaissant, Dieu, tout ce qui arrive et arrivera est de toute éternité, comme déjà arrivé. Si, au contraire, l'on revient à la philosophie libérée de la religion, c'est-à-dire à la manière grecque de philosopher, on est amené à ne pas limiter le champ de l'aléatoire à la zone humaine: on le voit au coeur de la réalité, c'est-à-dire au coeur des mondes innombrables qui s'inscrivent au sein de la Nature infinie elle-même, omnigénératrice et qui, comme le poète improvisant à mesure, avance dans l'incertain.
Angelus Silesius est le nom de poète que s'est donné à bon escient Johannes Scheffler, docteur en philosophie et en médecine, médecin à la cour impériale de Ferdinand III, prêtre ordonné en 1661, écrivain religieux, qui naquit en Silésie, à Breslau, en 1624, où il mourut en 1677. Le voyageur chérubinique - Der Cherubinischer Wandersmann - dont le seconde édition parue en 1675 (la première datant de 1657) contient 1676 distiques et brefs poèmes, est l'un des plus beaux livres de la poésie mystique européenne.