Du printemps à l'automne 1969, partant de la célèbre usine turinoise Fiat, la révolte ouvrière enflamme l'Italie et lance son cri de guerre contre la classe bourgeoise : nous voulons tout. C'est"l'automne chau ", moment fort de la longue vague révolutionnaire qui va secouer la péninsule au cours des années soixante-dix. Au centre des luttes trône la figure de l'ouvrier-masse, emblème de la rage, de la spontanéité et de l'autonomie ouvrière, qui affirme le refus du travail et la destruction violente du système d'exploitation capitaliste. Par une narration sans répit, en prise directe avec la réalité des révoltes et la voix de ses protagonistes, Nanni Bolestrini plonge au coeur de l'émergence linguistique et politique de ce nouveau sujet révolutionnaire, il fait entendre dans la chair même du texte le passage de la rébellion instinctive et individuelle du protagoniste à la dimension collective de la lutte. Expérimentation littéraire, ancrage historique et puissance de l'oralité font de ce roman l'un des témoignages les plus audacieux et vivants de la longue saison des révoltes.
Résumé : Le 15 mars 1972, près de Milan, on trouve, dans la boue, sous un pylône électrique, le corps déchiqueté du célèbre et riche éditeur Giangiacomo Feltrinelli, apparemment tué par l'explosion prématurée de la bombe qu'il s'apprêtait à poser. Vingt ans après, quatre amis de l'éditeur veulent faire un film de cette période de l'Histoire - où, à la stratégie de la tension à coups d'attentats couverts par des franges de l'appareil d'Etat, ont succédé les "années de plomb" puis la déroute des partis armés et le déferlement des confessions de "repentis" - qui a marqué à jamais leur jeunesse. Ils en évoquent les tensions, les affrontements et tentent de retracer l'aventure politique de l'éditeur, engagé comme eux à l'extrême-gauche, de lui rendre son identité mystifiée, occultée par la presse de l'époque, de comprendre la signification emblématique de sa mort qui a marqué pour toute la gauche un tournant crucial et qui les a placés, eux aussi, face à des choix décisifs.
Balestrini Nanni ; Moroni Primo ; Revel Jeanne ; L
Livre d'histoires et d'analyses politiques, compilation de documents, tracts, chansons, articles de revues ou manifestes, témoignages à la première personne et au jour le jour d'une révolte, devenue "transformation radicale de la vie quotidienne, utopie, besoin de communisme, révolution sexuelle, lutte armée, etc. ", La horde d'or est un ouvrage de grande ampleur qui parcourt l'histoire politique italienne, depuis les prémisses des années 60 jusqu'à la fin des années 70, qui verront s'exténuer les espérances et les jubilations d'une génération "outrageusement" enthousiaste. Ouvrage transgenre ou transversal, La horde d'or permet de combler un "manque d'histoire" de la fin du XXe siècle, et apporte une information de première main et de première importance sur dix années qui ébranlèrent non seulement l'Italie, mais également l'Europe, et dont l'actualité resurgit, près d'un demi-siècle plus tard, dans les mouvements et les luttes du jeune XXIe siècle, pour signifier l'inanité des réponses institutionnelles qui ont été apportées à la crise "créative, politique et existentielle" à laquelle nous sommes confrontés.
La violence est d'abord celle que subissent les textes dans le processus d'écriture utilisé par Nanni Balestrini; textes d'origines diverses, souvent des coupures de presse relatant les mêmes faits avec des mots et des points de vue différents, parfois des oeuvres littéraires, d'où il extrait des tronçons de phrases; la recomposition qu'il en fait tient du tissage, par la réapparition du fil à intervalles dans la texture; mais il s'agit d'un tissage irrégulier, ou souvent se croisent des fils d'origines très éloignées, et les rencontres fortuites, apparemment fortuites, engendrent des ruptures de sens et des sens nouveaux. Violence farte à la langue comme métaphore de la violence vécue au quotidien ou en situation de crise ? Sans doute, cela est plus que jamais évident dans cette oeuvre ou sont présentes violence existentielle de la maladie et de la mort, violence prédatrice de la guerre, violence sociale des insupportables inégalités de condition et l'exploitation du travail, violence réactionnelle de la rébellion individuelle ou de groupe et violence de la répression.
Résumé : Autour de 1968, une certaine conception de la liaison entre le "mouvement ouvrier" et la révolution s'est définitivement effondrée. Pratiquement et théoriquement, la révolution comme dynamique de la classe ouvrière devenant classe dominante, libérant le travail et s'emparant des moyens de production existants est devenue irrémédiablement caduque. Une nouvelle période s'ouvrait alors. De nombreux groupes théoriques issus de l'ultra-gauche ou de l'anarchisme ont alors tenté de comprendre et de formaliser cette rupture : la révolution communiste signifiant désormais l'abolition du capital et de toutes les classes sociales, y compris le prolétariat lui-même, devant alors se nier dans sa propre activité et abolir ses fondements que sont la valeur et le travail. La révolution était devenue communisation, c'est-à-dire une abolition sans transition du capital dans la création de rapports communistes. .
Résumé : Ce rapport de Marx pour le conseil général de la Première Internationale illustre dans les grandes lignes la thèse de la plus-value qu'il développera plus tard dans Le Capital. Ce texte est une première approche de l'analyse de Marx du mode de production et de la contradiction entre valeur et travail. La différence entre le salariat et l'esclavage ne se distingue en fin de compte que dans la manière dont est extorqué le travail aux populations.
Müller-Brockmann Josef ; Malherbet Pierre ; Passer
Résumé : Dans les années 1920 sont posées en Europe les bases d'une typographie objective et fonctionnelle pour la communication visuelle. Partout, les avant-gardes embrassent la modernité et bouleversent tous les domaines de la création. Cette révolution visuelle trouve un nouveau souffle à l'issue de la Seconde Guerre mondiale en Suisse dans le design graphique. Le projet de transformation sociale des avant-gardes laisse place à une communication publicitaire qui hérite de la rigueur et de la simplicité de ses précurseurs. Les praticiens du style suisse entreprennent une véritable croisade pour défendre ces principes. Ce livre en est la plus remarquable expression. Ce manuel publié pour la première fois en 1981 est devenu très rapidement incontournable. il explique comment concevoir des grilles de mise en page pour composer du texte et des images. Un chapitre est consacré à la grille dans l'espace tridimensionnel. Son auteur offre ici aux designers un instrument qui répond facilement aux problèmes rencontrés dans la conception graphique.
Résumé : L'opéraïsme est un courant marxiste radical qui s'est développé dans l'Italie des années 1960 et 1970 comme tentative de confronter la théorie générale du capital avec "l'étude réelle de l'usine réelle" . En rapportant le comportement de lutte de la classe ouvrière à sa structure matérielle dans le rapport d'exploitation, le but des théoriciens opéraïstes était de comprendre "les nouvelles formes d'action indépendante de la classe ouvrière" . Ce livre fort bien documenté de Steve Wright raconte l'histoire de l'opéraïsme, nourri de toutes les luttes de l'époque, et s'efforce d'apprécier son apport dans le contexte des récentes mobilisations contre "le capital global" .