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L'éditeur
Balestrini Nanni
POL
17,00 €
Épuisé
EAN :9782867444654
Le 15 mars 1972, près de Milan, on trouve, dans la boue, sous un pylône électrique, le corps déchiqueté du célèbre et riche éditeur Giangiacomo Feltrinelli, apparemment tué par l'explosion prématurée de la bombe qu'il s'apprêtait à poser. Vingt ans après, quatre amis de l'éditeur veulent faire un film de cette période de l'Histoire - où, à la stratégie de la tension à coups d'attentats couverts par des franges de l'appareil d'Etat, ont succédé les "années de plomb" puis la déroute des partis armés et le déferlement des confessions de "repentis" - qui a marqué à jamais leur jeunesse. Ils en évoquent les tensions, les affrontements et tentent de retracer l'aventure politique de l'éditeur, engagé comme eux à l'extrême-gauche, de lui rendre son identité mystifiée, occultée par la presse de l'époque, de comprendre la signification emblématique de sa mort qui a marqué pour toute la gauche un tournant crucial et qui les a placés, eux aussi, face à des choix décisifs.
Résumé : Italie, années 1970. De manifestations en ouvertures de squats, de radios pirates en cocktails Molotov, de débats sur la lutte armée en répression policière, Les Invisibles trace le portrait de ces jeunes gens qui se jetèrent corps et âme dans la révolution. Dans une langue directe et flamboyante, ce roman fait vivre les deux faces de cette période, qu'on décrit aussi bien comme "un Mai 68 qui a duré dix ans", avec ses espoirs et son enthousiasme, que comme des "années de plomb" et leur cortège de morts, de prisonniers et de désillusions.
La violence est d'abord celle que subissent les textes dans le processus d'écriture utilisé par Nanni Balestrini; textes d'origines diverses, souvent des coupures de presse relatant les mêmes faits avec des mots et des points de vue différents, parfois des oeuvres littéraires, d'où il extrait des tronçons de phrases; la recomposition qu'il en fait tient du tissage, par la réapparition du fil à intervalles dans la texture; mais il s'agit d'un tissage irrégulier, ou souvent se croisent des fils d'origines très éloignées, et les rencontres fortuites, apparemment fortuites, engendrent des ruptures de sens et des sens nouveaux. Violence farte à la langue comme métaphore de la violence vécue au quotidien ou en situation de crise ? Sans doute, cela est plus que jamais évident dans cette oeuvre ou sont présentes violence existentielle de la maladie et de la mort, violence prédatrice de la guerre, violence sociale des insupportables inégalités de condition et l'exploitation du travail, violence réactionnelle de la rébellion individuelle ou de groupe et violence de la répression.
Du printemps à l'automne 1969, partant de la célèbre usine turinoise Fiat, la révolte ouvrière enflamme l'Italie et lance son cri de guerre contre la classe bourgeoise : nous voulons tout. C'est "l'automne chaud" , moment fort de la longue vague révolutionnaire qui va secouer la péninsule au cours des années soixante-dix. Au centre des luttes trône la figure de l'ouvrier-masse, emblème de la rage, de la spontanéité et de l'autonomie ouvrière, qui affirme le refus du travail et la destruction violente du système d'exploitation capitaliste. Par une narration sans répit, en prise directe avec la réalité des révoltes et la voix de ses protagonistes, Nanni Balestrini plonge au coeur de l'émergence linguistique et politique de ce nouveau sujet révolutionnaire, il fait entendre dans la chair même du texte le passage de la rébellion instinctive et individuelle du protagoniste à la dimension collective de la lutte. Expérimentation littéraire, ancrage historique et puissance de l'oralité font de ce roman l'un des témoignages les plus audacieux et vivants de la longue saison des révoltes.
4e de couverture : "- Les enfants ? Quels enfants... ? C'est pas nos enfants, Bobby. C'est pas les nôtres... J'ai des enfants. Je n'en ai plus. Je veux des enfants. Je n'en veux pas. La vie de famille c'est un truc de dingue, je te jure."
On peut tout exposer : quelques bibelots du second Empire, un recueil de photographies, un boudoir d'outre-tombe, une héroïne célèbre pour sa beauté, sa fatuité et sa fin lamentable. On peut tout exposer : une femme à la place d'une autre, la peur de son propre corps, une manière d'entrer en scène, l'ivresse de la séduction, un abandon, des objets qui rassurent, une ruine.
Résumé : Bertrand Schefer, qui est aussi cinéaste, a longtemps travaillé sur le scénario d'un film dans lequel il voulait raconter l'histoire d'un cher ami d'enfance qui s'était peu à peu coupé du monde et vivait en marge de la société, errant sans domicile fixe et sans travail. Son destin hantait Bertrand Schefer et sa figure grandissait en lui avec les années, absorbant ses forces. Il vivait avec ce qui était devenu comme un double obscur, une part d'ombre qui le dévorait de remord et de culpabilité. Grâce au cinéma il espérait en finir avec ce fantôme et se libérer du passé. Le film n'a pas pu se faire, mais de cet échec est sorti un texte, ce récit d'un homme hanté par un double dont la figure et les choix de vie radicaux ont fixé à jamais l'époque de la jeunesse. Entre le temps de l'éloignement et celui du retour, le narrateur retrace sous la forme d'un rapport factuel, comme pour donner de la réalité à sa mémoire trouée, l'histoire réelle et fantasmée d'une amitié fondatrice.
Résumé : "J'essaie peut-être de dire une chose impossible : être où je ne suis pas, parler avec les morts, aimer une inconnue. J'essaie, penché sur l'image, de fixer le point où la fiction prend corps. Des histoires liées à la photographie, au cinéma, à des images qui hantent la mémoire ; des récits en train de s'écrire, des enquêtes en train d'être menées, des scènes en train de se filmer ; des études de cas : Antonioni, Gus Van Sant, Chris Marker, Giacometti, Stendhal, Duras¿ Au fond de toute image, de tout récit, il s'agit avant tout de saisir l'absence, d'écrire la disparition". Bertrand Schefer.