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L'utopie en jeu. Critiques de l'utopie dans le théâtre allemand contempoain
Baillet Florence
CNRS EDITIONS
29,00 €
Épuisé
EAN :9782271062093
Naufrage des utopies ", " mort de l'utopie ", tel est le diagnostic récurrent, voire irritant que dresse la critique théâtrale des deux Allemagnes à partir des années 1970, comme si l'utopie avait déserté la scène théâtrale allemande, comme si était trépassé un certain théâtre " politique ", susceptible de porter un regard critique sur la société qui l'entoure. Ce discours sur la " fin des utopies " ne revêtait évidemment pas la même signification en RDA et en RFA. À l'Est du Mur, il aurait exprimé les désillusions engendrées par la fossilisation du projet utopique dont témoignait le socialisme réel, notamment après la répression du Printemps de Prague en 1968 et l'affaire Biermann en 1976. A l'Ouest du Mur, où l'on n'assistait pas à l'effondrement d'une perspective utopique servant de fondement à tout un régime, le procès fait à l'utopie traduisait davantage (et traduit sans doute aujourd'hui encore) le sentiment plus diffus d'une longue et lente crise, ranimée par l'après-1968, lorsque furent déçus les rêves d'une autre société suscités par la contestation étudiante. Cet ouvrage est consacré à la critique des utopies telle qu'elle se manifeste, de manière différente, dans le théâtre de la RFA et dans celui de la RDA des années 1970 et 1980. Quatre pièces sont au cœur du propos : Hamlet-machine (1977) de Heiner Müller, Mercedes (1983) de Thomas Brasch, Grand et petit (1978) de Botho Strauss et Ni chair ni poisson (1980) de Franz Xaver Kroetz. Dans ce théâtre allemand contemporain, la question de l'utopie recoupe en effet les interrogations de l'écriture dramatique, à la jonction de l'esthétique et du politique.
Odön von Horvath (1901-1938) est un auteur majeur à (re)découvrir. Ecrivain de langue allemande au passeport hongrois, d'origine à la fois magyare, croate, allemande et tchèque, il témoigna du métissage culturel caractérisant l'Europe centrale et combattit sa vie durant toute forme de nationalisme. "Chroniqueur" de son temps, selon sa propre formule, il traversa la République de Weimar, vécut la montée du nazisme, s'exila, tout en posant un regard acéré et ironique sur son époque. D'où une oeuvre captivante, comprenant aussi bien des contes et des romans que des pièces de théâtre. Horvâah a su en particulier renouveler la tradition du théâtre populaire pour en développer une veine critique, qui n'a rien perdu de son actualité. Biographie de l'auteur Florence Baillet ancienne élève de l'ENS-Ulm, maître de conférences à l'université de Paris 8, est spécialiste du théâtre contemporain de langue allemande. Elle a déjà publié dans cette collection une monographie sur Heiner Müller.
Thomas Brasch (1945-2001) est l'auteur d'une oeuvre inclassable qui traverse les genres littéraires, les arts, les médias, et qui est à (re)découvrir. Fils d'un haut-fonctionnaire de la RDA, il s'est heurté à la censure du régime et son départ pour la RFA a été, un temps, sous le feu des projecteurs. Or, Thomas Brasch a toujours refusé d'être étiqueté, que ce soit comme écrivain est-allemand ou dissident de la RDA, comme auteur juif ou membre de la génération rock. Ses travaux artistiques (récits, poèmes, films, pièces de théâtre et traductions) sont façonnés pas une appréhension dialectique de l'histoire allemande et européenne- ainsi que de ses effets sur les biographies des individus : ils jouent avec l'intermédialité tout en entremêlant l'intime, le social et le politique. Première publication, en France, entièrement consacrée à Thomas Brasch, le présent volume donne à voir l'ampleur et la diversité de son oeuvre. Il met également en lumière la fonction de passeur entre les langues et les cultures qu'il assume à travers ses traductions et ses références intertextuelles multiples, à Heinrich Heine, à Bertolt Brecht, à Heiner Müller, à Tchekhov et à Shakespeare, mais aussi aux avant-gardes américaines ou russes. Les contributions réunies dans cet ouvrage s'appuient sur des matériaux d'archives inédits et permettent ainsi au lecteur d'entrer dans l'atelier de l'artiste.
La question du regard au théâtre revêt une actualité nouvelle face aux expérimentations multimédiales contemporaines, qui multiplient les images sur la scène. Notre ouvrage aborde le sujet en tirant un fil du XIXe siècle jusqu'à nos jours, pour réinscrire ce théâtre dans une histoire culturelle de la perception. A partir de La Boîte de Pandore de Frank Wedekind et de ses mises en scène par Peter Zadek ou Michael Thalheimer, il s'agirait de pointer, au coeur de la crise du drame et de la naissance de la mise en scène modernes, l'avènement d'une logique de l'image, insistant sur la part du corps dans le regard et sur la matérialité du sensible, sur la présence plutôt que sur la représentation.
La maison d'édition L'Arche Editeur, fondée en 1949 par Robert Voisin, a joué un rôle de passeur de premier plan, notamment dans le cadre des transferts culturels franco-allemands. Des auteurs dramatiques majeurs, tels que Bertolt Brecht, Max Frisch, Peter Weiss ou Thomas Bernhard, ont été traduits et édités en France par le biais de L'Arche. Cette diffusion du théâtre germanophone a eu une influence importante sur le travail artistique des metteurs en scène et le système théâtral français. La trajectoire de L'Arche au XXe et XXIe siècles permet ainsi de retracer une histoire franco-allemande du théâtre. A partir de ce cas précis, le présent volume convoque des enjeux plus généraux. Il souligne d'une part le rôle qu'ont tenu la traduction et l'édition théâtrales, ces médiateurs souvent négligés, dans la naissance de réseaux transnationaux d'artistes et d'intellectuels au sein de l'Europe d'après 1945 : l'internationalisation des arts, en particulier du théâtre, repose en effet sur des phénomènes concrets, sur des pratiques, des réseaux, des constellations singulières d'événements et de personnes (auteurs, traducteurs, éditeurs, metteurs en scène, directeurs et compagnies de théâtre) qu'il s'agit de prendre en considération. Il met d'autre part en lumière la fabrique d'un théâtre transnational et permet de jeter un regard nouveau sur les histoires nationales du théâtre, voire d'interroger la manière dont a été écrite l'histoire du théâtre jusqu'à présent.
Jessus Catherine ; Gaude Thierry ; Fuchs Alain ; L
Résumé : Qu'est-ce que la vie ? Quelles sont ses origines ? Quelle est la frontière entre le "soi" et le "non-soi" ? Quel est le propre de l'homme ? Ce livre invite à un voyage au coeur du vivant qui plonge le lecteur depuis les toutes premières formes de vie sur terre jusqu'au sein de la complexité du vivant. Il donne à voir les applications étonnantes qui en découlent dans les domaines biotechnologiques et médicaux. Le lecteur parcourra ainsi l'immensité insoupçonnée de la biodiversité et les capacités extraordinaires des êtres vivants à s'adapter aux conditions les plus extrêmes. Il découvrira les liens de parenté entre organismes qui définissent l'arbre de la vie, les interactions entre les composants de tout être vivant, l'impact de l'environnement sur l'évolution et le fonctionnement des organismes, et les promesses d'innovations contenues dans ces révolutions scientifiques et technologiques Ce livre est le témoignage passionné d'une communauté de chercheurs en sciences de la vie qui espèrent donner le goût de la nature et susciter la curiosité vis-à-vis des terrains inconnus et immenses qu'il reste à explorer. C'est au prix d'une recherche qui requiert du temps, des prises de risque, de l'imagination, de la créativité et de la liberté que les grands tournants des sciences de la vie du XXIe siècle ont pris corps. Et c'est à ce prix que ces sciences continueront à être porteuses d'avenir et de progrès. Ce livre est le témoignage passionné d'une centaine de scientifiques qui ont contribué à sa rédaction pour partager leur émerveillement face aux découvertes et aux promesses portées par les sciences du vivant de ce début de siècle.
Résumé : Que lisait-on dans la France des années noires ? Comment expliquer la "faim de lecture" propre à la période de l'Occupation ? Quelle fut la part prise par le régime de Vichy dans la circulation, la diffusion, l'orientation des livres publiés ? Et celle de la Résistance dans la propagation des écrits clandestins ? Comment accéder à l'intimité des millions de lecteurs qui, cherchant à s'évader hors d'un quotidien éprouvant, trouvèrent alors refuge dans un ailleurs fait de phrases imprimées ? Stratégies et pratiques des éditeurs, querelles autour du patrimoine littéraire, réorganisation corporative de la chaîne du livre, listes d'interdictions et spoliations de l'occupant, écrivains partagés entre collaboration, accommodement, évitement, insoumission : Jacques Cantier signe la première histoire totale du livre et de la lecture entre 1939 et 1945, des politiques de censure mises en oeuvre par Vichy à l'ébullition culturelle de la Libération. Archives publiques, critiques littéraires, notes de lecture mais aussi écrits du for privé permettent de retrouver les traces intimes des actes de lecture : écoliers de la France rurale cherchant à élargir leur horizon, adolescents parisiens en quête d'initiation, prisonniers de guerre tentant de maintenir une vie de l'esprit, victimes de la persécution antisémite en quête de réarmement moral... Jacques Cantier montre qu'en dépit de la défaite, de la peur et des privations, la France continue à lire et à être le théâtre d'une foisonnante vie littéraire et intellectuelle.
Les écrans numériques nous sont aujourd'hui devenus indispensables. Disponibles, rapides, ils répondent infailliblement. Leur omniprésence, leur usage coutumier, ne permettent pas, au-delà des rituelles proclamations de risques d'addiction, d'apprendre à discerner les métamorphoses de nos vies qui se produisent par eux. Cet ouvrage nous invite à quitter notre position d'utilisateur et à chercher des éléments de compréhension de la transformation digitale dans les théories de l'écriture. A l'heure où le traitement par le signal, la rationalité technique et l'automatisation investissent de plus en plus nos interactions sociales, l'art de lire et de déchiffrer les signes, le travail d'appropriation du sens, fournissent un antidote, offrent des ressources insoupçonnées pour nous aider à développer une intelligence des contextes. Nos petits écrans du quotidien sont ainsi interrogés par Pierre-Antoine Chardel comme des expériences existentielles à part entière, engageant notre condition d'être interprétant, tout autant que l'avenir de nos sociétés démocratiques. Il est encore temps d'intervenir sur l'évolution de nos sociétés hyper-connectées en favorisant l'épanouissement des subjectivités créatives, dont l'avenir demeure à écrire, par-delà l'empire du signal qui croît.
En bref A l'heure où les islams se déchirent, et où les frontières d'Orient volent en éclat, une plongée dans l'histoire de la Question d'Orient. Le livre Depuis le XVIIIe siècle et jusqu'à aujourd'hui, la zone qui s'étend des Balkans à l'Afghanistan cristallise des tensions aussi bien internationales que propres à l'"Orient". Ce sont ces tensions que Jacques Frémeaux analyse dans cette synthèse innovante, en les replaçant dans le temps long. De la volonté de contrôle de la route des Indes à la convoitise des hydrocarbures qu'elle recèle, cette région n'a en effet cessé de faire l'objet d'affrontements entre les grandes puissances. Ce vaste espace a ainsi constitué, depuis l'entrée des flottes de la tsarine Catherine II en Méditerranée (1770), un champ disputé par la Russie et l'Angleterre, avant de se retrouver, après 1945, au cour du conflit opposant la Russie et les Etats-Unis. Mais, d'ouest en est, ce sont surtout des peuples qui se succèdent, qui se cherchent et se déchirent entre les séductions de la modernité et le refus que lui oppose la tradition. L'"Orient", qui s'affirme toujours plus comme exclusivement musulman, devient alors un objet de fascination et de peur pour un "Occident" dominateur et manipulateur. Après le temps des empires (ottoman, persan et moghol des Indes) est venu celui des Etats-nations, souvent nés dans la douleur. Mais aucun changement n'a mis fin au "grand jeu" géopolitique, jalonné d'épisodes majeurs, de l'occupation de l'Egypte par Bonaparte à la dernière guerre du Golfe, et dont de nouveaux chapitres s'écrivent sous nos yeux. Auteur Jacques Frémeaux, professeur à l'université Paris-Sorbonne (Paris-IV) est membre de l'Institut universitaire de France et de l'Académie des Sciences d'Outre-Mer. Il a notamment publié, parmi une vingtaine de titres, De quoi fut fait l'Empire. Les guerres coloniales au XIXe siècle (CNRS Editions, coll. Biblis, 2014) et La conquête de l'Algérie (2016). Arguments - Programme de l'agrégation en histoire contemporaine. - Clés pour décrypter les crises du Moyen Orient.