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Ecrits (1967-2022). Tome 3, 1990-2022
Baechler Jean ; Escudier Alexandre
HERMANN
39,20 €
Épuisé
EAN :9791037043238
Jean Baechler compte parmi les derniers grands auteurs de la sociologie classique. Comme les fondateurs des sciences humaines et sociales, son oeuvre mobilise tour à tour les registres de la philosophie, de la sociologie et de l'histoire. D'envergure encyclopédique, elle porte aussi bien sur la sociologie historique du politique, que les origines du capitalisme, la sociologie des religions, l'éthique, la métaphysique et l'épistémologie. Elle se caractérise par sa dimension comparatiste et diachronique, en ce qu'elle englobe toutes les formes d'organisation sociale (bandes, tribus, cités, royaumes, empires, nations), sur la plupart des grandes aires civilisationnelles, depuis le Paléolithique supérieur. Dans ce troisième tome (en deux volumes), les écrits historiques de Jean Baechler couvrent un large éventail de travaux sur le politique (démocratie, empire, féodalité, castes), le capitalisme, les mécanismes de marché, les relations internationales, la guerre, entre autres. L'approche diachronique et comparatiste qui caractérise son oeuvre s'y manifeste pleinement, après une identification conceptuelle des problèmes et une analyse sociologique des facteurs explicatifs. Pour Baechler, l'histoire se transforme en " gigantesque laboratoire " , où les hypothèses philosophiques et sociologiques sont mises à l'épreuve grâce à une étude minutieuse des faits, croisant structures agrégées, logique d'action des individus et intérêts et représentations des groupes.
Tout existant est contingent. Or, s'il n'y avait que du contingent, il n'y aurait rien. Donc le contingent implique l'absolu. L'exister est nécessaire, mais les existants contingents pourraient ne pas exister. La proposition ouvre sur une alternative fondamentale. Une branche est celle du Devenir, où l'absolu est le devenir perpétuel et le contingent l'ensemble en devenir de devenants éphémères. L'autre branche est celle de l'Etre, où l'exister nécessaire est ontologiquement séparé des existants contingents, selon deux modes radicalement distincts. Dans le mode contingent, l'Etre est transcendant aux étants et le Créateur de créatures. Dans le mode nécessaire, l'Etre inhabite des étants transitoires. L'Etre peut être conçu comme transcendant ou immanent. La métaphysique du Devenir fonde en raison une fin dernière, le bonheur, gagné par la voie séculière des sagesses. Celle de l'Etre la définit comme béatitude, poursuivie par la voie numineuse des religions. La science de l'éthique peut dès lors prendre appui sur le Devenir, au fondement des sagesses de la Chine, de l'Inde, de la Grèce, et sur l'Etre.
Extrait de l'introductionL'espèce humaine est génétiquement libre, au sens où l'humanisation n'est pas le déroulement d'un programme inné, mais le résultat d'un apprentissage effectué au sein de cercles culturels tout au long de la vie. L'expression directe et la preuve de la liberté humaine sont la culturalité et l'historicité, le fait conjoint que les humains sont les producteurs et les produits d'histoires et de cultures, car ainsi le veut leur nature définie par des virtualités. Celles-ci posent à l'espèce et à ses représentants des problèmes à résoudre. À cette fin, ils sont équipés par le vivant de tout ce qui est indispensable à la résolution des problèmes, par le recours à l'agir, au faire et au connaître. L'espèce est libre, finalisée et rationnelle, car le vivant a fait surgir de l'évolution une espèce non-programmée, problématique et appliquée à résoudre ses problèmes. Homo est, de nature et de fondation, agens, faber et sapiens, parce que sa liberté le place sous la contrainte d'avoir à inventer son humanité, à la soutenir et à lui trouver une destination.Une espèce libre et problématique est nécessairement faillible et défaille inévitablement dans la poursuite de ses fins et dans la mise en oeuvre des activités appropriées. En effet, la capacité des contraires est logiquement impliquée par la liberté, car les humains seraient programmés et non pas libres, s'ils ne pouvaient agir que bien, connaître que juste et faire qu'utile, sans jamais tomber dans le mal, le faux et le nuisible. Cette capacité est inexorablement exploitée, du fait que l'agir est soumis à l'incertitude des circonstances et des conséquences, que le connaître est une exploration toujours en cours, dont les individus n'ont jamais qu'une vue très partielle, et que le faire est condamné à la décrépitude et à l'obsolescence. De ce fait, la rationalité appliquée à la finalité échoue toujours, la condition humaine est disgraciée de fondation et l'imperfection sa marque originelle. Mais l'imperfection n'a de réalité et de sens que par rapport à la perfection, qui serait effective, si tous les problèmes humains trouvaient leurs solutions objectives, c'est-à-dire si toutes les fins de l'homme étaient atteintes par le concours d'efforts individuels et collectifs couronnés d'un plein succès. La perfection est première et l'imperfection seconde, car la conjecture serait absurde que le vivant ait pu sélectionner une espèce appliquée à mal résoudre ses problèmes et justifiée par ses imperfections. La logique et le bon sens inspirent la vision contraire d'une espèce aspirant à la perfection de ses accomplissements et empêchée de l'atteindre par sa liberté et par la difficulté de la tâche.La perfection et l'imperfection sont liées conceptuellement, mais elles n'ont pas le même statut. L'imperfection infligée à l'espèce par sa liberté lui pose un problème, dont la perfection est la solution, de même que la conflictualité lui fait rechercher la paix par la justice pour éviter la lutte à mort et que la rareté des ressources induite par l'ouverture des besoins lui pose un problème d'ajustement, dont la solution à inventer consiste dans la prospérité procurée par l'appropriation réciproque des biens et des ressources. La prospérité et la paix juste sont des fins de l'homme, en tant qu'elles résolvent deux problèmes impérieux de survie. D'autres fins sont de destination, qui procurent à l'existence humaine un sens et une justification, que ce soit le bonheur ou la béatitude. La perfection est une fin de l'homme, au même titre de solution d'un problème fondateur de l'humain, en l'occurrence un problème de survie. Si, en effet, les humains ne consacraient aucun effort à la perfection, l'imperfection triompherait absolument et la faillite frapperait toutes les solutions de tous les problèmes. L'espèce n'y survivrait pas, à supposer qu'une espèce aussi mal conformée ait pu apparaître dans l'arborescence du vivant. La perfection comme fin est au service de toutes les fins de l'homme, puisque toutes exigent, du fait de la faillibilité, des efforts de perfectionnement, pour prévenir que l'imperfection ne les ruine entièrement. Elle est une fin de service, mais son service est si pressant qu'elle doit occuper, dans l'architectonique des fins de l'homme, une place décisive.
Résumé : Etrange destin idéologique que celui du capitalisme au cours de ce dernier quart de siècle : d'objet d'opprobre, le voici devenu la panacée à tous les maux qui accablent l'humanité. Alors que beaucoup tenaient, il n'y a guère, la chronique de sa mort annoncée, tous les pays désormais rivalisent d'ardeur pour l'adopter. Or, deux problèmes posés par le capitalisme et qui ont été l'obsession de ces géants de la sociologie historique que furent Karl Marx et Max Weber attendent encore une réponse. Le premier problème est celui, plus directement historique, de la genèse du capitalisme : pourquoi ce régime nouveau de l'économique a-t-il émergé en Europe à partir d'une certaine date, et non pas en une autre civilisation ni à une autre époque ? A cette question répond le tome premier, Les origines. Un vaste tableau historique et comparatiste, qui conduit le lecteur de la Grèce antique à la Chine en passant par le Japon, l'Empire Inca et l'Europe médiévale, dessine les traits distinctifs du capitalisme et la spécificité politique de son origine européenne : l'émergence d'une civilisation de l'individu et de ses droits. Le deuxième problème est la place et la portée du capitalisme dans cette phase de l'histoire de l'humanité qu'il est convenu d'appeler la " modernité ". A cette question s'attache le deuxième volume, L'économie capitaliste, qui retrace les diverses conditions et modalités économiques de la mondialisation du capitalisme, indépendamment des conditions politiques de la démocratie européenne occidentale qui fut son berceau. Jean Baechler révèle combien l'émergence et l'internationalisation, le passé et l'avenir de ce régime économique spécifique sont indissociables et conduisent à une nécessaire réflexion sur notre âge moderne. Car le capitalisme, loin du sentiment d'évidence communément nourri, demeure, par nombre de ses aspects encore enigmatiques, un objet privilégié de la réflexion historique et sociologique.
Du Grec de l'époque classique au Japonais de l'époque d'Edo, en passant par l'Occidental de la société contemporaine, l'humanité revêt de multiples visages et des identités très diverses. L'espèce humaine se distingue ainsi, dans le règne vivant, par sa nature, toujours virtuelle, qui s'actualise dans et par des formes culturelles particulières ; et l'actualisation culturelle de sa nature lui pose des problèmes dont dépend la survie, la perpétuation et la prospérité de ses représentants. L'homme est ainsi le résultat des efforts produits pour réaliser cette nature virtuelle. L'être humain est le produit de ses actions, ses factions ou ses cognitions et de celles de ses congénères. Etudier les moyens par lesquels l'homme se produit lui-même est donc d'une importance décisive. Telle est précisément la tâche que se donne Jean Baechler dans ce traité de philosophie. En découle une compréhension originale et neuve de la réalité humaine. A partir de la matière historique, Jean Baechler dévoile certaines énigmes propres à la nature humaine. L'analyse qu'il fait de l'agir, du faire et du connaître permet d'expliquer le règne humain avec une ampleur et une rigueur inédites : il devient possible de lui appliquer les démarches de la science.
Lapointe Pascal ; Dupont Christophe ; Boileau José
L'information est un service public essentiel. Sans information, comment prendre des décisions éclairées sur les enjeux de société de l'heure ? La question est devenue encore plus importante à l'heure des réseaux sociaux, qui fournissent de l'information en abondance, mais sans vérifications ni préférences pour des sources crédibles. Pour ce faire, il faut des journalistes et des médias dignes de ce nom. Comment la nouvelle génération de journalistes va-t-elle réussir à se sortir de cette situation ? Comment trouver du travail et des contrats lucratifs tandis que les médias peinent à survivre et à trouver un "modèle d'affaires " ? Que signifie concrètement devenir journaliste indépendant, ou pigiste, ou entrepreneur, dans la crise actuelle des médias ? Quelles sont les habiletés dont un "nouveau journaliste " a besoin, au-delà des compétences de base qu'on enseigne dans les écoles de journalisme ? Comment la nouvelle génération de journalistes va-t-elle réussir à maintenir la liberté de la presse à travers ce dédale ? S'ils peinent à trouver du boulot, qu'ils deviennent journalistes indépendants, les nouveaux journalistes tireront-ils leur épingle du jeu ? Cet ouvrage s'adresse aux journalistes indépendants, pigistes ou blogueurs ou aux équipes qui songent à créer un nouveau média. Il leur apportera ce temps essentiel de réflexion pour mieux saisir les enjeux de la profession et relever leurs manches, à l'heure de la communication planétaire, des algorithmes et des inquiétudes sur l'avenir de la profession.
Les principes directeurs du présent livre sont la libre pensée et la libre expression, ouvertes, mobiles et affranchies des idéologies conservatrices ou progressistes". La guerre des sexes n'est pas morte : sous la pression de mouvements dénonciateurs ou en raison de clivages politiques grandissants, hommes et femmes semblent poussés à l'affrontement. Aussi nombreuses que soient les voix s'élevant pour arbitrer la rixe, celle de Camille Paglia connaît peu d'égales. Ce recueil convie à un riche programme : l'histoire du féminisme, les rapports entre l'inné et l'acquis, l'avortement, la chirurgie plastique, les femmes en politique, le sadomasochisme ou encore l'esthétique (qu'il s'agisse de la représentation évolutive des corps féminins dans l'histoire de l'art ou de l'étude de figures inspirantes, du buste de Néfertiti à la belle du Sud, en passant par Madonna et Germaine Greer). Pareille diversité atteste un apport précieux et original aux débats féministes et culturels contemporains.
Malgré des avancées politiques et juridiques en faveur de l'égalité, la progression et la rétention des femmes dans les secteurs traditionnellement masculins demeurent inégales. Comment expliquer les écarts de progression de carrière des femmes dans ces milieux ? Dans les trajectoires de carrière, quels sont les enjeux qui peuvent expliquer la progression ou non des femmes ? Quelles sont les pratiques organisationnelles porteuses de changement ? Ce livre présente les résultats d'une recherche multidisciplinaire réalisée sur le terrain auprès d'organisations de divers secteurs. Dépassant l'étude des trajectoires individuelles, cette recherche permet de découvrir les dimensions contextuelles et culturelles des organisations qui influencent les parcours de carrière des femmes et la rétention en emploi. Loin de présenter une recette miracle ou un modèle unique pour corriger les situations inégalitaires au travail, la démarche proposée repose sur un processus dynamique et transformatif visant à répertorier au sein des organisations et de leur écosystème les éléments favorables à une meilleure inclusion des femmes dans différentes professions.
L'amour virtuel, un amour véritable ? Certains affirment tomber amoureux en ligne. Mais est-ce là de l'amour véritable ? L'amour, soutient-on, est désir du bien de l'autre. Il nécessite l'amour de soi, il amène à vouloir être près de l'être aimé, il exige une reconnaissance mutuelle et vise une personne concrète et autre que soi. On le décrit également comme étant inconditionnel, durable, voire incontrôlable (c'est lui qui nous contrôle), toujours pauvre et irrationnel. Que signifient et qu'impliquent ces caractéristiques ? Surtout, les retrouve-t-on toutes dans les relations d'amour virtuelles ? Plus encore, quelle vision de l'amour le virtuel pousse-t-il à adopter ?