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La Perfection
Baechler Jean
HERMANN
43,75 €
Épuisé
EAN :9782705680084
Extrait de l'introductionL'espèce humaine est génétiquement libre, au sens où l'humanisation n'est pas le déroulement d'un programme inné, mais le résultat d'un apprentissage effectué au sein de cercles culturels tout au long de la vie. L'expression directe et la preuve de la liberté humaine sont la culturalité et l'historicité, le fait conjoint que les humains sont les producteurs et les produits d'histoires et de cultures, car ainsi le veut leur nature définie par des virtualités. Celles-ci posent à l'espèce et à ses représentants des problèmes à résoudre. À cette fin, ils sont équipés par le vivant de tout ce qui est indispensable à la résolution des problèmes, par le recours à l'agir, au faire et au connaître. L'espèce est libre, finalisée et rationnelle, car le vivant a fait surgir de l'évolution une espèce non-programmée, problématique et appliquée à résoudre ses problèmes. Homo est, de nature et de fondation, agens, faber et sapiens, parce que sa liberté le place sous la contrainte d'avoir à inventer son humanité, à la soutenir et à lui trouver une destination.Une espèce libre et problématique est nécessairement faillible et défaille inévitablement dans la poursuite de ses fins et dans la mise en oeuvre des activités appropriées. En effet, la capacité des contraires est logiquement impliquée par la liberté, car les humains seraient programmés et non pas libres, s'ils ne pouvaient agir que bien, connaître que juste et faire qu'utile, sans jamais tomber dans le mal, le faux et le nuisible. Cette capacité est inexorablement exploitée, du fait que l'agir est soumis à l'incertitude des circonstances et des conséquences, que le connaître est une exploration toujours en cours, dont les individus n'ont jamais qu'une vue très partielle, et que le faire est condamné à la décrépitude et à l'obsolescence. De ce fait, la rationalité appliquée à la finalité échoue toujours, la condition humaine est disgraciée de fondation et l'imperfection sa marque originelle. Mais l'imperfection n'a de réalité et de sens que par rapport à la perfection, qui serait effective, si tous les problèmes humains trouvaient leurs solutions objectives, c'est-à-dire si toutes les fins de l'homme étaient atteintes par le concours d'efforts individuels et collectifs couronnés d'un plein succès. La perfection est première et l'imperfection seconde, car la conjecture serait absurde que le vivant ait pu sélectionner une espèce appliquée à mal résoudre ses problèmes et justifiée par ses imperfections. La logique et le bon sens inspirent la vision contraire d'une espèce aspirant à la perfection de ses accomplissements et empêchée de l'atteindre par sa liberté et par la difficulté de la tâche.La perfection et l'imperfection sont liées conceptuellement, mais elles n'ont pas le même statut. L'imperfection infligée à l'espèce par sa liberté lui pose un problème, dont la perfection est la solution, de même que la conflictualité lui fait rechercher la paix par la justice pour éviter la lutte à mort et que la rareté des ressources induite par l'ouverture des besoins lui pose un problème d'ajustement, dont la solution à inventer consiste dans la prospérité procurée par l'appropriation réciproque des biens et des ressources. La prospérité et la paix juste sont des fins de l'homme, en tant qu'elles résolvent deux problèmes impérieux de survie. D'autres fins sont de destination, qui procurent à l'existence humaine un sens et une justification, que ce soit le bonheur ou la béatitude. La perfection est une fin de l'homme, au même titre de solution d'un problème fondateur de l'humain, en l'occurrence un problème de survie. Si, en effet, les humains ne consacraient aucun effort à la perfection, l'imperfection triompherait absolument et la faillite frapperait toutes les solutions de tous les problèmes. L'espèce n'y survivrait pas, à supposer qu'une espèce aussi mal conformée ait pu apparaître dans l'arborescence du vivant. La perfection comme fin est au service de toutes les fins de l'homme, puisque toutes exigent, du fait de la faillibilité, des efforts de perfectionnement, pour prévenir que l'imperfection ne les ruine entièrement. Elle est une fin de service, mais son service est si pressant qu'elle doit occuper, dans l'architectonique des fins de l'homme, une place décisive.
Qu'est-ce que l'idéologie ? Ni une insulte ni un concept passe-partout mais la manière dont les hommes pensent, parlent et écrivent dès qu'ils font de la politique. Jean Baechler, chargé de recherches au C. N. R. S. et auteur du Suicide et des Origines du capitalisme, montre qu'il ne saurait y avoir de vie politique sans idéologie et que l'idéologie change avec les sociétés. Jadis l'idéologie pouvait accomplir ses fonctions par un simple parasitage de la mythologie, de la religion ou de la morale. Aujourd'hui , avec la disparition de toute langue commune, l'idéologie s'est transformée en système totalisant qui cesse de servir la politique pour asservir tout à la politique. Somme toute, l'idéologie est le prix que les hommes doivent payer pour pouvoir forger leur destinée au milieu des conflits et des incertitudes. Il arrive que ce prix soit excessif lorsque l'idéologie envahit et corrompt tout.
Par quels cheminements l'espèce humaine est-elle devenue ce qu'elle est aujourd'hui? Pour y répondre, Jean Baechler fait appel à l'archéologie, à l'ethnographie, à l'histoire et à la sociologie comparée. Son livre, porté par le savoir de toute une vie, reconstitue dans toute sa richesse la longue aventure de l'Homo sapiens depuis ses plus lointaines origines.Dans cette histoire universelle, déroulée sur des centaines de millénaires, l'auteur distingue trois ères successives. L'ère paléolithique, qui s'étend sur cent à deux cents mille ans, saisit l'homme dans son histoire naturelle, vivant en bandes et en tribus comme une espèce animale parmi d'autres, autonome, adapté à ses milieux et capable de résoudre tous ses problèmes. Une deuxième ère, déclenchée par la fin de la dernière glaciation, dure une dizaine de millénaires. Elle est marquée par l'émergence et l'extension du pouvoir politique, la constitution de royaumes et d'empires, le passage à la production alimentaire et artisanale, l'apparition de religions universelles. La troisième ère, commencée il y a environ cinq siècles, n'a pas atteint son terme. Elle a ouvert, d'abord aux Européens puis à tous les humains, une nouvelle étape de l'histoire humaine. Nous y vivons encore.Ce livre montre que, par-delà toutes les tribulations des sociétés anciennes et modernes, c'est la même nature humaine qui a produit les histoires les plus diverses. Il décrit l'émergence des grandes civilisations traditionnelles et en analyse l'évolution millénaire. Il observe dans l'histoire de la Chine la transition exemplaire de la tribu à l'empire, voie dont les autres civilisations se sont plus ou moins écartées. Par des détours imprévisibles, mais intelligibles, écrit Jean Baechler, l'Europe n'a pas connu l'unification impériale. Elle a exploré, en revanche, toutes les virtualités politiques pour aboutir à la modernité éclatée - scientifique, démocratique, individualiste - qui est toujours la nôtre.
Extrait de l'introduction:Soit une espèce animale - en l'occurrence Homo sapiens sapiens -, à qui les contingences intelligibles de l'histoire du vivant ont fait franchir un seuil de complexité neuronale, telle que ses représentants, ne trouvant plus inscrits dans leur génome les comportements indispensables à la survie, peuvent être déclarés libres, au sens où ils ne sont pas programmés génétiquement pour devenir ce qu'ils sont. L'espèce humaine présente cette particularité remarquable que sa nature est virtuelle et ses actualisations culturelles. La nature humaine est une matrice de virtualités, dont l'avènement dans le réel exige des cultures et des histoires. L'humanité est apte au langage, mais les humains doivent apprendre à parler des langues particulières dans des milieux culturellement définis. L'humanité est une espèce grégaire, mais ses représentants doivent inventer les groupes, les réseaux et les morphologies qui les cimentent en sociétés. Aussi bien, les conditions neuronales et biologiques des virtualités proprement anthropiques ne doivent pas être comprises comme des causes, mais comme des conditions de possibilité. Le cerveau ne produit pas la pensée comme le pancréas l'insuline, mais la pensée demeure dans un état virtuel, tant qu'un organe aussi complexe que le cerveau humain n'est pas apparu, qui puisse lui servir de canal. Une sonate est maintenue dans un état virtuel, jusqu'à ce qu'un piano la fasse entrer dans la réalité sonore.
Ce qui singularise l'homme dans l'ensemble du règne animal, c'est qu'il se sait libre. Pourtant, il n'a de cesse d'interroger cette liberté. C'est la singularité de l'homme qui dessine l'axe essentiel de toute réflexion éthique. Dans cette perspective, Jean Baechler propose une double analyse du devenir et de la destinée humaine d'une part, et de la vie heureuse d'autre part. Cette réflexion est double dans la mesure où elle concerne autant l'individu que la société qui l'englobe. Les objectifs de l'éthique - ces "fins dernières" - sont à la fois le bien-être individuel et le souci de vivre selon le bien dans une société donnée. En d'autres termes, l'éthique se propose de guider l'individu selon des principes gouvernant l'action humaine en fonction de son appartenance à un groupe social déterminé. Dès lors, l'éthique se scinde en devoirs d'état et en choix de vie (religieux ou séculiers). Les deux exigences, prescrites à tout individu, imposent à l'éthologie humaine de s'achever dans une éthique de la personne. Cet essai constitue la pierre angulaire de l'?uvre de Jean Baechler, qui cherche à comprendre les spécificités éthiques et sociales de l'homme par rapport au monde animal. Cette réflexion aussi novatrice qu'originale a pour ambition de renouveler fortement les recherches éthiques actuelles, en philosophie comme en sciences sociales.
En quelques décennies, le jeu vidéo est devenu l'une des pratiques culturelles les plus prisées des adolescents. Sources de problèmes et d'inquiétudes pour les uns, simple loisir pour les autres, les pratiques vidéoludiques sont souvent l'objet de critiques et la cible de nombreux stéréotypes, malgré leur grande popularité. A partir d'enquêtes de terrain, cet ouvrage propose de déconstruire les présupposés sur le jeu vidéo afin de mieux comprendre sa relation avec ces adeptes singuliers que sont les adolescents et, depuis plusieurs années déjà, les adolescentes. De leur rôle dans la construction identitaire de jeunes joueurs aux représentations de l'adolescence dans les scénarios qu'ils proposent, les jeux vidéo révèlent alors leur complexité à la lumière des regards sociologiques et anthropologiques.
Malgré des avancées politiques et juridiques en faveur de l'égalité, la progression et la rétention des femmes dans les secteurs traditionnellement masculins demeurent inégales. Comment expliquer les écarts de progression de carrière des femmes dans ces milieux ? Dans les trajectoires de carrière, quels sont les enjeux qui peuvent expliquer la progression ou non des femmes ? Quelles sont les pratiques organisationnelles porteuses de changement ? Ce livre présente les résultats d'une recherche multidisciplinaire réalisée sur le terrain auprès d'organisations de divers secteurs. Dépassant l'étude des trajectoires individuelles, cette recherche permet de découvrir les dimensions contextuelles et culturelles des organisations qui influencent les parcours de carrière des femmes et la rétention en emploi. Loin de présenter une recette miracle ou un modèle unique pour corriger les situations inégalitaires au travail, la démarche proposée repose sur un processus dynamique et transformatif visant à répertorier au sein des organisations et de leur écosystème les éléments favorables à une meilleure inclusion des femmes dans différentes professions.
Les principes directeurs du présent livre sont la libre pensée et la libre expression, ouvertes, mobiles et affranchies des idéologies conservatrices ou progressistes". La guerre des sexes n'est pas morte : sous la pression de mouvements dénonciateurs ou en raison de clivages politiques grandissants, hommes et femmes semblent poussés à l'affrontement. Aussi nombreuses que soient les voix s'élevant pour arbitrer la rixe, celle de Camille Paglia connaît peu d'égales. Ce recueil convie à un riche programme : l'histoire du féminisme, les rapports entre l'inné et l'acquis, l'avortement, la chirurgie plastique, les femmes en politique, le sadomasochisme ou encore l'esthétique (qu'il s'agisse de la représentation évolutive des corps féminins dans l'histoire de l'art ou de l'étude de figures inspirantes, du buste de Néfertiti à la belle du Sud, en passant par Madonna et Germaine Greer). Pareille diversité atteste un apport précieux et original aux débats féministes et culturels contemporains.
Résumé : " Une peinture est un tout organisé, un ensemble de formes (lignes, surfaces colorées...) sur lequel viennent se faire ou se défaire les sens qu'on lui prête. Le contenu de cet ensemble n'est pas un équivalent d'émotion, de sensation, il vit de lui-même. Ces relations entre les formes sont un transfert de relations de l'univers à une autre signification. Dans ce qu'elle a d'essentiel la peinture est une humanisation du monde. " Pierre Soulages (1948) Voici réunis, dans leur variété, leur constante et exemplaire rigueur, quelques-uns des textes et entretiens de Pierre Soulages. Ils explicitent pour nous son oeuvre immense.
"Ils ne mouraient pas tous mais tous étaient frappés", écrit La Fontaine dans sa fable Les Animaux malades de la peste. Jean-Luc Ducher nous explique la même chose à propos de l'anxiété, peste psychologique des temps modernes, en tout cas souffrance émotionnelle universelle. Rédigé de manière concrète et accessible, ce livre pratique deviendra votre guide pour mieux comprendre et surmonter votre anxiété, ou aider un proche." Christophe André Les réponses à toutes vos questions sur votre anxiété, qu'elle soit légère, gênante dans certaines situations, envahissante ou très perturbante dans votre vie. Des techniques faciles à mettre en oeuvre pour rendre votre quotidien plus agréable à vivre.
Résumé : Qu'est-ce qu'une attaque de panique ? Quel est son effet sur le cerveau et le corps ? Quelles sont les méthodes les plus efficaces pour y faire face ? Dans le domaine des troubles anxieux, les Thérapies Cognitives et Comportementales sont la méthode la plus éprouvée pour apaiser son esprit et retrouver confiance en soi, quand on en a le plus besoin. Ce guide vous permettra de diminuer l'impact et la fréquence des attaques de panique grâce à des exercices simples et utilisables dans tous les contextes, et des stratégies de relaxation, de pleine conscience et d'acceptation. Il vous donnera des conseils sur le sommeil, l'alimentation, l'exercice physique et vous montrera comment vous exposer de façon progressive à ce qui déclenche vos peurs, pour les apprivoiser.
Soumaille Suzy ; Bondolfi Guido ; André Christophe
A petites doses, l'anxiété est normale et même nécessaire. Elle nous protège contre les dangers et nous booste avant une échéance. Toutefois, quand elle se fait excessive, cette émotion devient nuisible. Anxiété généralisée, trouble panique, anxiété sociale, phobies, trouble obsessionnel compulsif : chez près d'une personne sur cinq, les troubles anxieux induisent une souffrance ainsi qu'une difficulté à fonctionner au quotidien. A force de se faire du souci pour tout et pour rien, les angoissés accumulent les évitements et voient leur vie se rétrécir. Ils sont guettés par l'épuisement et la démoralisation, avec un risque élevé de basculer dans la dépression. Symptômes, causes, diagnostic, traitements efficaces et prévention des rechutes : connaître sa maladie est le premier pas pour sortir du cercle vicieux de l'anxiété. Ce livre accompagne les patients tout au long de leur parcours vers le retour au calme. Il constitue aussi un soutien pour leurs proches, souvent démunis face à des peurs qui les dépassent.
Caroline Foran vit avec une anxiété paralysante depuis ses vingt ans. Incapable de quitter la maison pour aller chercher du lait jusqu'à son impossibilité d'occuper un poste de rédacteur en chef, elle nous livre ici comment elle s'en est sortie. Pour ceux qui doivent faire face au même combat, l'auteure explore ce qu'est l'anxiété, ses déclencheurs et les différents traitements (thérapie cognitivo-comportementale ou TCC, acupuncture, régime alimentaire, médicament) - elle examine avec honnêteté et humour ce qui a fonctionné pour elle et nous donne un compte rendu sans fioritures.