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La souterraine
Backès Jean-Louis
GRASSET
22,34 €
Épuisé
EAN :9782246008255
La Souterraine existe-t-elle ? C'est une ville, évidemment, que certains situent dans la Creuse. Mais c'est peut-être aussi une société secrète. Le narrateur rencontrera toutes sortes de gens (à commencer par le druide qui le mettra sur la piste). On lui parlera d'une reine morte en Afrique du Nord voici deux mille ans, d'un poète péruvien ou argentin qui un beau jour aurait décidé d'écrire en français parce qu'il ne savait pas ce qu'était une chrysolithe, d'un chef d'Etat qui aurait (mais où ? ) organisé les funérailles de Dieu. On lui racontera des histoires de vampires, de pierres sacrées, d'anthropophagie rituelle. Il erre à travers la France, va voir de vieux amis, découvre par hasard de curieux hurluberlus. Hurluberlus, ou sages ? Il n'en sait rien. Il s'embrouille dans son propre récit, parce qu'il y a aussi ce dont il ne veut pas parler et qui revient : une chute en montagne, deux corps déchiquetés. Est-ce que tout cela tient ensemble ? Est-ce qu'une secte mystérieuse, à laquelle appartiennent ses amis d'enfance, a décidé de lui faire subir, progressivement, une initiation ? Est-ce qu'il se raconte des histoires ? Est-ce qu'il se fait des illusions ? La Souterraine existe-t-elle ?
Résumé : "Tchoudak. Un mot magique. Sibylle est fière de le connaître. Qui peut le lui avoir appris, sinon Béloroukov ? Elle le prononce avec jubilation, comme elle prononce le prénom Zossima. Ne t'étonne pas si je te dis qu'elle me le révèle. Bien entendu, je le connais depuis longtemps. Il m'est arrivé de pester, parce que je ne lui trouvais pas d'équivalent. Les dictionnaires sont bavards ; ils ressemblent à ces marchands importuns qui veulent te vendre ce dont tu n'as que faire. Ils te proposent : excentrique, original, fantaisiste, hurluberlu... Ce n'est pas ça. Pas tout à fait ça. Sibylle me le fait comprendre par son exemple. Si une femme admire un homme, si elle en est amoureuse, elle ne dira pas de lui : "C'est un excentrique, un original, un fantaisiste, un hurluberlu". Est-ce que je me trompe ? Il n'y a pas de tendresse dans ces mots-là. Il ne peut pas y en avoir. Il peut y en avoir dans tchoudak. Ce n'est pas nécessaire, mais possible. C'est un mot qui fait chaud au coeur. Il pourrait fasciner parce qu'il a, en russe, des frères ou des cousins tout resplendissants de joie : "tchoudny" qui veut dire "merveilleux" ; "tchoudo" , qui veut dire "miracle" . Ne t'y trompe pas : un tchoudak ne fait pas de miracles ; il en rêve seulement". // A la suite du narrateur, c'est toute une galerie de tchoudaks que le lecteur découvre dans ce roman labyrinthique. A commencer par Zossima Béloroukov, peintre et écrivain rencontré en Russie au début des années soixante et qui ressurgit, trente-cinq ans plus tard, déguisé en valet de comédie au début d'une représentation d'opéra organisée en grand secret par des amateurs de musique baroque. Au fil des pages, Christophe Langlois, dit "le sage Melchior" , jardinier érudit issu d'une Afrique où vécurent ses ancêtres mais qu'il ne connaît guère qu'en imaginaton, Théophile Saran, prêtre catholique féru de mythologie antique, Gildas Deslandes, joueur de théorbe hanté par la quête du Graal, Joël Charron, passionné d'égyptologie, sans oublier plusieurs femmes tout à fait dignes du titre de tchoudatchkas, sont autant de figures inoubliables réunies par une intrigue en forme d'enquête sur un compositeur italien oublié : Bontempi, auteur du premier opéra représenté en Allemagne au XVIIe siècle. Lui aussi, au fil des pages, prend vie par le pouvoir de la rêverie - et s'avère avoir été un tchoudak de la plus belle eau. Le roman de Jean-Louis Backès, éblouissant de virtuosité, ne se résume pas. On y goûte à chaque page un plaisir devenu rare : celui de s'abandonner avec délices au bonheur de la fiction.
Quand on étudie la présence dans un texte littéraire de ce qu'on appelle "mythe", à quel objet a-t-on réellement affaire? Examiner cette question en détail fait surgir mille autres questions. Pourquoi la théorie renvoie-t-elle constamment à Homère et à Hésiode? Dans quels textes de Platon rencontre-t-on le mot "mythe"? Pourquoi les Pères de l'Eglise n'ont-ils pas banni la mythologie? Quand le mot "allégorie" est-il apparu et à quoi a-t-il servi? Pourquoi le mot "mythe" a-t-il disparu de l'Europe occidentale à la fin de l'Antiquité et pourquoi a-t-il reparu avec le romantisme? Combien de sens a-t-il aujourd'hui? (Il est impossible de répondre à cette dernière question, nous dit l'auteur, mais il est bon de savoir pourquoi c'est impossible!) On aura compris que Jean-Louis Backès mène une enquête serrée sur l'histoire du mot "mythe" et de ce qu'il a pu désigner. Pour ce faire, il passe en revue les textes fondamentaux anciens et modernes, analyse les formes que peut revêtir un récit mythique et interroge les différentes techniques anciennes et modernes d'interprétation. Il termine par une étude sur la présence, dans les littératures occidentales, des mythes liés à l'idée de chaos et de cosmos. Les exemples sont empruntés uniquement aux littératures des grandes langues européennes, de l'Antiquité à nos jours. Principalement parce que, en Europe, la mythologie antique est à la fois soigneusement conservée et vigoureusement combattue. La question du "mythe" et des idoles n'a toujours pas perdu de sa force et vaut donc la peine d'être posée.
Un essai : Etude approfondie d'un grand texte classique ou contemporain par un spécialiste de l'?uvre : approche critique originale des multiples facettes du texte dans une présentation claire et rigoureuse. Un dossier : Bibliographie, chronologie, variantes, témoignages, extrait de presse. Eclaircissements historiques et contextuels, commentaires critiques récents. Un ouvrage efficace, élégant. Une nouvelle manière de lire.
L'expression roman du crime est claire, mais elle ne signifie rien de plus que : roman o est racont un crime . Sans pass, sans connotations, elle ne dsigne pas un genre littraire consacr. L'examen de quatre romans peut conduire lui donner un contenu plus prcis et plus riche. Mais le choix de ces romans n'est-il pas en partie arbitraire ?
Résumé : " Peins ma fille, peins... Le jour commençait à baisser quand elle s'était enfin arrachée d'une ancienne fièvre. Une grande toile en était sortie, comme elle n'en peindrait jamais plus, avait-elle aussitôt compris. Une simple bâtisse dans l'herbe rase d'un vert cru, une bergerie, peut-être, tombée du ciel comme un météore... " Ainsi peint Aimée Castain, bergère de Haute-Provence. La montagne est dans le paysage. La mer nappe l'horizon, invisible, brumeuse, à soixante kilomètres. Et partout, la tendre sauvagerie des collines, les oliviers, les bories, la tentation de la couleur. Saisir sur la toile la beauté du monde. Son mari Paul ne comprend pas bien cette passion nouvelle, mais Aimée s'y donne, entièrement, tout en surveillant son troupeau. Peu à peu, son talent franchit la vallée, les amateurs achètent ses toiles, les journalistes écrivent sur le prodige. Une candeur de touche, un talent singulier, comme offert, par l'insaisissable : l'école du ciel, peut-être... La narratrice et son compagnon, Daniel, avocat, cherchent comment fuir Paris et Marseille, la vie épuisante, éclatée. Dans un village de Haute-Provence, une maison leur apparaît, comme offerte elle aussi, par l'invisible. Elle sera leur point d'ancrage. Chaque matin est une promesse nouvelle. Puis Daniel s'enflamme pour l'oeuvre d'une artiste oubliée, une fille de métayers, née pendant la Grande Guerre, une simple bergère. La maison qu'ils viennent d'acheter fut la sienne. Un talent magnifique et méconnu aurait-il vécu entre ces murs ? Elisabeth Barillé nous entraîne à la rencontre d'Aimée Castain et nous livre le roman de la liberté, avec grâce et un sens unique des images : échapper à son histoire, traverser l'enfance, accomplir son destin.
Résumé : " Une petite fille nous aborde : Qu'est-ce que vous cherchez ? Elle a un regard joueur et curieux, je lui explique. Ici, il y a des années, sous le régime khmer rouge, c'était un hôpital, et j'ai enterré de très nombreux corps dans des fosses. Puis l'eau a englouti ce lieu, et on a bâti des maisons. Elle joue avec un petit bout de bois, un peu gênée : Je sais. On dort sur les morts. La nuit, parfois, on les entend parler. J'insiste un peu : Mais tu as peur ? Elle sourit : Non, on n'a pas peur, on les connaît. " C'est à un voyage hors du commun que nous convient Rithy Panh et Christophe Bataille, huit ans après leur livre L'élimination - un voyage vers l'enfance et vers les rizières où furent tués, par l'idéologie, la faim et la violence, 1, 8 millions de Cambodgiens. Le grand cinéaste cherche les lieux où furent enterrés les siens : le tombeau de son père, dans la glaise ; la fosse où furent englouties sa mère et ses soeurs. Mais aussi le grand banyan où il s'abrita, désespéré, à treize ans, avec ses boeufs - sur cette colline, les khmers rouges n'osaient pas s'aventurer. Rithy Panh et Christophe Bataille roulent à travers le pays, s'arrêtent, parlent avec les bonzes, questionnent les villageoises âgées, grattent la terre et trouvent des ossement, des tissus ensanglantés. L'oubli guette, et la négation. Et Rithy Panh poursuit son chemin, cherchant la paix avec les morts et tissant un rapport unique avec les vivants, qu'il côtoie, victimes, bourreaux, complices, anciens cadres khmers rouges : le travail de connaissance ne cesse pas, à hauteur d'hommes. D'une conversation écrite avec Noam Chomsky à des échanges avec le père Ponchaud, d'un entretien avec Robert Badinter aux lettres enfantines rangées dans une sacoche de cuir, d'une méditation sur l'idéologie aux visites aux femmes-devins, les auteurs nous offrent un grand livre.
Soudainement devenus riches, les Kampf donnent un bal pour se lancer dans le monde. Antoinette, quatorze ans, rêve d'y participer mais se heurte à l'interdiction de sa mère. Plus que le récit d'une vengeance, {le Bal }(1930) compte parmi les chefs-d'oeuvre consacrés à l'enfance.
Résumé : "J'ai longtemps cru qu'il suffisait d'être deux pour faire un enfant. Eve, Adam ; un instant d'éternité. La vie s'est chargée de me détromper : à 27 ans, comme de plus en plus de femmes, j'ai dû demander l'aide de la médecine pour tenter d'être mère. A l'hôpital Saint-Vincent-de-Paul, j'ai rencontré une gynécologue obstétricienne, Sylvie Epelboin. Elle a suivi ce long chemin avec moi. Un chemin qui a duré des années, qui a eu la peau de mon mariage, mais qui a créé un lien unique entre le docteur Epelboin et moi, entre la soignante et la patiente". "Et moi, Elise, je me souviens de ce premier jour, de votre entrée avec Simon, dans mon cabinet. Vos regards, votre jeunesse, cette envie, et devant vous, la médecine, le temps... ". Vingt-cinq ans plus tard, Elise propose à Sylvie de croiser leurs regards sur cette aventure, de mêler l'intime à la médecine. D'un côté, Elise, jeune adulte, jeune mariée, confrontée à une épreuve à laquelle elle n'était pas du tout préparée, hantée par les réminiscences d'épisodes très douloureux de son histoire. De l'autre côté, Sylvie, passionnée, engagée, féministe et mère, à l'origine d'un des premiers centres de fécondation in vitro en France, aussi attentive aux progrès de la Science qu'aux questions éthiques qui les traversent. "Nous avons écrit toutes les deux, soucieuses de raconter au plus juste cette histoire d'intimité médicalement assistée. Peuvent s'y reconnaître les femmes à qui l'enfant se refuse, celles qui ont enfin mené à terme ces grossesses rêvées, et, bien sûr, les médecins, chercheurs, biologistes, qui, d'une manière ou d'une autre, ont leur place dans cette épopée inouïe qu'est l'Assistance Médicale à la Procréation".