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Ce qui advient. Fragments d'une approche
Axelos Kostas
ENCRE MARINE
29,00 €
Épuisé
EAN :9782350880112
Il y va principalement de ce qui advient et non pas de tel ou tel advenir, de tel ou tel devenir ou du devenir en général. Le même advenir contient les possibilités de différencier ce qui devient. Advenu, advenant et à venir, en chacun de ses lieux, en chacun de ses moments, il reste non-dit, impliqué dans le vide et l'impliquant, animant le dire et l'agir qui également le façonnent. Ce qui advient se tient aussi lié avec toutes nos actions et nos omissions quotidiennes et transquotidiennes, la fiction lui prêtant ses vêtements qui finissent par faire corps avec lui. Depuis les temps immémoriaux, sans le savoir ou sciemment, l'humanité cherche le secret de l'"être" et l'enjeu du "devenir". Des maîtres-mots agissants furent prononcés et suivirent leur cours. L'advenir lui-même ne peut pas être surplombé ni dans le présent ni dans le futur. Il provoque et inclut questions et réponses, interprétations et actions qui restent toutes en suspens. Biographie de l'auteur Né à Athènes en 1924, Kostas Axelos, a participé activement à la Résistance et à la guerre civile avant de s'installer en 1945 à Paris. Après des études de philosophie à la Sorbonne, il y enseigne de 1962 à 1973. Rédacteur en chef de la revue Arguments (1956-1962), il fonde et dirige la collection du même nom aux Éditions de Minuit (1960-2005), où paraissent aussi la plupart de ses livres. Parmi ceux-ci: Héraclite et la philosophie (1962), Le jeu du monde (1969), Systématique ouverte (1984), Lettres à un jeune penseur (1996), Notices autobiographiques "(1997) et ses deux derniers ouvrages, Ce questionnement (200,), et réponses énigmatiques (zoos)."
Les différents essais qui composent ce livre, à la fois divers et uni, interrogent les grandes métamorphoses du monde. Il est question, tout d'abord, du long chemin qui a conduit de la mythologie archaïque - à travers la tradition gréco-romaine et judéo-chrétienne - à la technologie moderne et ultramoderne. Le passé de l'homme, son présent et surtout son avenir font problème : l'être humain est destiné à connaître un changement. Ensuite, c'est l'aventure de la technique scientifique devenue planétaire qui est scrutée. Partie de l'Europe, la technoscience s'universalise. Mais qu'en est-il de l'Europe ? Dans quel état se trouvent ses formations les plus importantes ? Ainsi est posée aussi la question de la fin de l'art, dans toute sa dimension poétique. Une même structure et une même histoire - comportant des dimensions multiples et complexes - englobent ce qui est, se fait, se défait. Enfin, si notre époque marque une certaine fin, une clôture, elle nous appelle également à une nouvelle ouverture, ici esquissée.
Le jeu du monde se joue à travers les grandes puissances qui relient l'homme au monde - mythes et religion, poésie et art, politique, philosophie, sciences et techniques -, elles-mêmes, mises en mouvement par les forces élémentaires : le langage et la pensée, le travail et la lutte, l'amour et la mort, ainsi que le jeu de l'homme qui est joueur, jouet et déjoué. Le jeu "est" le jeu de l'être en devenir de la totalité fragmentaire et fragmentée du monde multidimensionnel et ouvert, il se déploie comme Dieu-problème, monde cosmique, homme dans le monde, histoire mondiale, être-néant, tout-rien, monde-immonde. Le jeu du monde contient et dépasse - en tant qu'horizon sans fond - tout jeu dans le monde, il broie et embrasse tous les jeux et toutes les règles, toutes les transgressions et tous les calculs, toutes les significations et toutes les interprétations, toutes les vérités - figures triomphales de l'errance. Jeu du temps, il supporte toutes les lectures massives ou cassées qui en sont données, mêmes celles qui l'occultent, et il révolutionne toutes les appellations. "Il" semble exiger pour être dit une pensée questionnante et planétaire, un langage à la fois encyclopédique et aphoristique, une écriture systématique et fragmentaire.
Quand point l'année nouvelle, chacun se soumet au cérémonial des voeux, interminables et impersonnels (la sacro-sainte triade santé-bonheur-réussite !), auquel se greffe la tragi-comédie des grandes résolutions dans une cascade déprimante de ne plus dont rien ou presque ne subsiste quelques jours après. S'y ajoutent les rituels et les folklores qui, sous toutes les latitudes et dans toutes les cultures humaines, leur font écho. Chacun s'y prête à chaque fois (cette répétition donne le vertige) avec un enthousiasme qui décroît en général au fil des ans. Et si, à l'heure d'entrebâiller la porte de Janvier, qui restera close un an encore, il devenait urgent et même vital de lever les yeux du compte à rebours universel pour passer du trompe-l'oeil de la carte de voeux et de la vraie-fausse résolution au rendez-vous enfin pris avec soi-même ? Et si dire oui, faire oui à la manière nietzschéenne, c'était simple comme le Nouvel An ? Telle est l'invitation philosophique que ce livre, écrit dans une langue volontairement accessible au plus grand nombre sans rien céder sur le fond de la pensée, adresse à toutes celles et à tous ceux qui souhaitent ne pas laisser filer indéfiniment, année après année, l'occasion de devenir ce qu'ils sont.
Angelus Silesius est le nom de poète que s'est donné à bon escient Johannes Scheffler, docteur en philosophie et en médecine, médecin à la cour impériale de Ferdinand III, prêtre ordonné en 1661, écrivain religieux, qui naquit en Silésie, à Breslau, en 1624, où il mourut en 1677. Le voyageur chérubinique - Der Cherubinischer Wandersmann - dont le seconde édition parue en 1675 (la première datant de 1657) contient 1676 distiques et brefs poèmes, est l'un des plus beaux livres de la poésie mystique européenne.
2 volumes sous coffret vendus non séparément Tome I Clémence Ramnoux consacra sa vie entière à l'étude et à la sémantique des penseurs présocratiques comme Héraclite, Empédocle ou Parménide, afin de remonter aux sources de la philosophie. Pour ce faire, elle élabora une méthode de recherche interdisciplinaire, redevable de l'histoire des religions, de la philologie, de la philosophie et de la psychanalyse. Dans ce premier volume se trouvent rassemblés les trois premiers ouvrages (La Nuit et les enfants de la Nuit dans la tradition grecque, Héraclite ou l'homme entre les choses et les mots, Mythologie ou la famille olympienne) de cette grande helléniste qui font toujours autorité. A chaque fois l'auteur a proposé de nouvelles traductions des textes présocratiques. Clémence Ramnoux n'étudie pas seulement l'évolution du mythos au logos, en s'attachant à démontrer le passage du nom des puissances divines à l'abstraction philosophique, elle s'est également intéressée aux fragments d'Héraclite en proposant une lecture non plus fondée selon la division traditionnelle - cosmologie, anthropologie, logique - mais sur une nouvelle méthode de groupement des formules de mots. Dès lors, elle éclaire les fragments d'Héraclite, en se mettant à l'écoute des mots, de leurs jeux, de leurs résonances, de leurs échos pour les entendre philosophiquement et les comprendre dans leur unité, nous faisant oublier le surnom que la tradition lui donnait : "Héraclite l'Obscur" . Dans sa présentation, Rossella Saetta Cottone dit la dette immense de la recherche française envers Clémence Ramnoux qui a su dépasser les clivages disciplinaires pour aborder une question capitale de notre culture comme celle de la naissance de la pensée rationnelle. Tome II Dans ce second volume consacré essentiellement aux études présocratiques, Clémence Ramnoux reconnaît l'apport de Nietzsche en montrant que le retour aux sources archaïques permet de comprendre comment de l'éloignement progressif des dieux vont naître les commencements de la philosophie. Cette dernière se détachera peu à peu du mythe (encore largement présent chez Platon), pour faire émerger la pensée abstraite, toujours en mutation, fille adultérine de la pensée archaïque. C'est à l'aune de ces rencontres agonistiques entre penseurs anciens que la philosophie s'affirmera. Dans une suite d'articles sur les présocratiques, on découvre ce glissement du mythe à la pensée rationnelle, déjà en germe avant Socrate. Avec la traduction commentée du Poème de Parménide, l'auteur montre l'importance de la transmission des textes anciens dont il faut aussi savoir faire une étude critique. Un choix d'articles peu connus, jusqu'alors dispersés et difficilement accessibles, permet de mieux comprendre les relations complexes - à la fois complices et novatrices - de Clémence Ramnoux avec la pensée contemporaine, notamment avec la psychanalyse et avec la philosophie de Bachelard. Cette nouvelle édition en deux volumes des oeuvres majeures de Clémence Ramnoux, entièrement revue et corrigée, est enrichie d'une Table de concordances des fragments orphiques, d'un Index des sources, d'un Index général, d'une Bibliographie raisonnée des oeuvres citées par l'auteur et d'une Bibliographie de ses oeuvres et des articles qui lui ont été consacrés.
Au début du XIXe siècle, l'Europe découvrit le bouddhisme, et bientôt les textes bouddhistes parurent mériter l'attention des philosophes, lesquels écrivirent et épiloguèrent sur le chemin bouddhique et son but ultime: le "nirvâna". Mais comme ils échouèrent à s'en faire une idée positive - car le "nirvâna" suppose l'expérience "sui generis" de la vie allégée de toute souffrance -, ils l'interprètent comme néant. Le bouddhisme était un nihilisme. Ainsi le voient Hegel, Cousin, Renan, Schopenhauer, Gobineau, et Nietzsche avec eux. Mais tandis que les uns (les chrétiens) s'offusquent d'une sagesse d'anéantissement, que d'autres, tel Schopenhauer, y voient avec faveur la confirmation de leur pessimisme, Nietzsche lui oppose une sagesse néo-païenne, dite "tragique". Si "tout est souffrance", comme le veut Bouddha, nier la souffrance, c'est nier la vie: la sagesse tragique implique la "volonté de souffrir", non, certes, que souffrir soit bon en soi, mais, parce que, sans la souffrance, rien de grand ne se fait.