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COMMENTAIRE MOYEN A LA RHETORIQUE D'ARISTOTE
AVERROES
VRIN
112,00 €
Épuisé
EAN :9782711616107
Pour les philosophes arabes de tradition aristotélicienne, la rhétorique est le principal instrument de communication dans la cité. Permettant aux philosophes de s'adresser au reste des citoyens, gouvernants inclus, aux gouvernants de diriger les citoyens et aux citoyens de communiquer entre eux, elle donne les règles d'un discours d'ordre logique, mais d'une logique accessible à tous. Elle comporte une théorie du style. N'ayant pas d'objet spécifique, elle couvre tous les domaines de la connaissance et aborde, selon un point de vue qui lui est propre, aussi bien la politique que l'éthique, la psychologie ou la métaphysique. Le droit envisagé suivant ses différentes sources, la loi naturelle, la loi positive et la Loi révélée, est l'objet de sa part d'une attention spéciale. Averroès (520-595/1126-1198), philosophe et grand cadi de Cordoue, recueille et développe cet héritage dans son commentaire continu à la Rhétorique d'Aristote. C'est ce monumental traité de philosophie médiévale qui est mis ici à la disposition du public non arabisant et arabisant de façon à ce que puissent y avoir un accès rapide et facile non seulement ceux qui s'occupent de la doctrine rhétorique dans son ensemble, mais aussi ceux qu'intéresse tel ou tel secteur particulier du savoir.
Né à Cordoue en 1126, mort à Marrakech en 1198, médecin, cadi, juriste, philosophe et commentateur, Averroès (Ibn Rushd) a laissé une oeuvre capitale dans tous les domaines du savoir. Celui que l'on considère comme le plus grand philosophe aristotélicien du XIIe siècle est aussi le témoin d'une époque, celle de l'"Age d'or" de l'Occident musulman. Le Discours décisif est sans nul doute le plus représentatif de l'homme, de l'époque et de l'oeuvre.
Le volume rassemble les principaux textes d'Averroès (1126-1198), traduits de l'arabe, sur la question du savoir que Dieu a du monde : le connaît-il, et jusqu'où ? Dieu sait-il ce que sont les individus, les choses singulières, connaît-il le détail du réel ou n'en a-t-il qu'une connaissance globale, générale ? Ce problème majeur est l'un des points de conflit entre la philosophie et la théologie en Islam.
Un texte bref mais essentiel sur la nécessité de concilier la logique aristotélicienne avec l'Ecriture. A lire ou à relire dans un actuel débat où l'Islam, pour certains, signifie "fanatisme". La pensée rigoureuse d'Ibn Rochd plaide en faveur de l'examen critique concilié avec le respect littéral de la foi, et en faveur de l'exercice de la philosophie concilié avec l'orthodoxie religieuse. Il rappelle la nécessité de l'ésotérisme et le refus de la religion prise au pied de la lettre ou encore de l'argumentation théologique trop subtile. C'est dans cet esprit qu'oeuvreront Maimonide pour la religion juive et Thomas d'Aquin pour la chrétienne.
Averroès théologien est un philosophe engagé. Ce philosophe est à la fois réaliste et idéaliste, ce qui, à tout prendre, vaut mieux que naïf et fanatique. Les hommes politiques qu'il estime avoir façonnés intellectuellement sont censés partager avec la masse, et diffuser, en son sein, la « Loi générale et commune », c'est-à-dire la Loi religieuse, en même temps qu'ils adhèrent à la « Loi particulière » des philosophes - ce qui est une condition sine qua non de la préservation de leur pouvoir, qui a pour finalité l'avènement du vrai. C'est pourquoi l'activité philosophique doit être voulue par la Loi religieuse, dont la fin ne peut être que le bien général. Sans l'obligation de philosopher adressée par le Texte coranique aux «hommes de démonstration », la Loi religieuse ne serait pas vraie, et l'obligation d'adhérer à l'Islam n'aurait pas de pertinence rationnelle. Tel est le message final d'Ibn Rushd, philosophe et théologien musulman. Il ne paraît pas qu'il ait perdu beaucoup de son actualité.
Généralement cité pour mémoire, Francis Hutcheson (1694-1746) mérite d'être lu dans le texte. La question de la nature et des rapports du Beau, du Bien, du Vrai et du Juste se pose à lui dans un contexte renouvelé : il s'agit, dans le cadre de la théorie lockienne des idées, et contre la rationalité pratique d'un Hobbes ou d'un Mandeville, d'aller plus loin que Shaftesbury pour sauver la morale du relativisme. Identifier, au coeur de la vertu, la spécificité du sens et du sensible face aux calculs de la raison, telle est la tâche que Hutcheson s'est assignée. Sa postérité, de Hume et Kant, qui lui doivent beaucoup, s'étend jusqu'à la philosophie analytique, qui voit en lui l'initiateur original de questions actuelles.