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ANTHOLOGIE HISTORIQUE ET CRITIQUE DE L'UTILITARISME. Tome 2, L'utilitarisme victorien (1838-1903)
Audard Catherine
PUF
28,90 €
Épuisé
EAN :9782130495987
Trois auteurs marquent le XIXe siècle utilitariste : John Stuart Mill, Henry Sidgwick et G.E. Moore. La tâche de ce deuxième volume, L'utilitarisme victorien, est de permettre l'accès à des textes qui continuent de féconder la philosophie morale contemporaine. Malgré son éducation " utilitariste " sous la tutelle de son père, James Mill, et de Bentham, et bien qu'il fût l'auteur du manifeste de la doctrine, L'Utilitarisme (1863), John Stuart Mill a développé dans son ?uvre en particulier dans sa Logique (1843), dans ses Essais et dans De la liberté (1839) une philosophie personnelle infiniment riche et complexe. Sa version de l'utilitarisme, " l'utilitarisme indirect ", pose que les hommes ne sont pas directement motivés dans toutes leurs actions par la recherche de la satisfaction. Henry Sidgwick est, probablement, l'un des plus grands philosophes du XIXe siècle, par la rigueur et la profondeur de ses analyses. Dans ses Methods of Ethics, il tente une synthèse ambitieuse entre le kantisme, qu'il qualifie d'intuitionniste en raison du rôle qu'y jouent les principes a priori, et l'utilitarisme. Synthèse toujours menacée par la dualité, insurmontable, selon lui, de la raison pratique. Quant à G.E. Moore, poursuivant le travail de Sidgwick d'émancipation de la philosophie morale à l'égard de la psychologie, il est considéré comme un des fondateurs de la philosophie analytique contemporaine.
Résumé : Ce livre est le manifeste d'une philosophie politique et morale qui cherche à concilier les deux termes antagonistes de la modernité : la liberté des individus et la nécessité de leur coopération équitable au sein des institutions politiques. John Rawls y renouvelle le sens et la portée de sa conception de la justice à la lumière de ce qu'il appelle le "fait du pluralisme". Il s'inscrit ainsi dans la tradition de défense du principe de tolérance et des libertés fondamentales.
Résumé : Le respect, une vertu certes, mais seulement si son objet en est vraiment digne. Il existe, en effet, une forme de respect, faite de conformité sociale ou de soumission aux hiérarchies qui relève purement du dressage. Lorsqu'il justifie une obéissance sans réflexion, sans discussion, le respect est la porte ouverte à l'irresponsabilité et à l'inhumanité. Ce n'est pas de ce respect-là dont il est question dans cet ouvrage. Il s'agit, au contraire, d'une prise de conscience qui me fait " reconnaître l'humanité dans la personne d'autrui comme en moi-même " selon Kant ou " le visage de l'autre qui m'oblige " pour reprendre les mots d'Emmanuel Lévinas. Ce respect-là est retenue, suspension de l'acte insolent, blasphématoire, violent ou destructeur. Il pose silencieusement, par un accord tacite, une limite à ne pas franchir : auto-limitation de notre pouvoir d'agir en reconnaissance d'une valeur absolue. Mais qui décide de ce qui a de la valeur ? Par cette question, nous voilà renvoyés aux racines mêmes du problème moral. Respect d'autrui, de soi, respect des droits et de la dignité de chacun, respect de la différence, de la vérité, de la loi ; autant de champs qui interrogent la morale, le droit, la politique, l'expérience littéraire, le sentiment du sacré. Dans cet ouvrage, on découvre à la fois la nécessité existentielle du respect et sa fragilité, ce qui l'asservit et l'aliène ; ce sentiment indispensable à notre vivre-ensemble, qui peut si aisément se dégrader en dépendance et en soumission, suscite ici une réflexion vigilante et sans concession.
Les démocraties occidentales traversent une grave crise de légitimité. La montée des inégalités comme celle des idéologies identitaires menacent aussi bien nos institutions que les valeurs qu'elles incarnent. Si l'ampleur de ces évolutions continue de surprendre ceux qui, après la chute du communisme en 1989, croyaient à une "fin de l'histoire" et au triomphe définitif d'une " révolution libérale " dans un monde globalisé, la crise était, à bien des égards, prévisible. Face à cette évolution inquiétante, quels recours avons-nous ? Publiée en 1971, la Théorie de la justice de John Rawls (1921-2002) a révolutionné la pensée politique et économique avec sa conception anti-utilitariste de la justice comme équité. Pour Rawls, l'égalité et la liberté, loin de s'opposer comme le soutiennent bon nombre de libéraux comme de socialistes, sont compatibles à condition qu'elles oeuvrent pour les plus défavorisés (le " principe de différence "). On a souvent interprété cette approche comme un pur produit, aujourd'hui dépassé, des valeurs et des espoirs des Trente Glorieuses. La thèse ici présentée est tout autre. Plus que le contenu de la théorie, elle interroge l'actualité et la radicalité politiques de la démarche de Rawls — Habermas parle à ce sujet d'une "braise radicale-démocratique" — et la relation constitutive entre raison et démocratie qui la sous-tend. Fidèle à l'inspiration de Rousseau et de Kant, Rawls nous invite à comprendre les principes fondateurs de la démocratie comme l'oeuvre des citoyens eux-mêmes et de leur raison. Bien loin d'être historiquement contingents et arbitraires, ces principes et les raisons d'y adhérer peuvent être réappropriés par chacun et justifiés comme les conditions de toute coopération humaine, même dans un contexte pluraliste. Cet empowerment est constitutif de la citoyenneté et impose une critique vigilante des institutions comme des pouvoirs politiques. Oser cet appel à "la raison humaine libre" (Kant) pour défendre la démocratie et les principes de justice, d'égalité et de liberté contre leurs ennemis était un geste " philosophiquement raisonnable " en 1971. En ce début du XXIe siècle, ne serait-il pas devenu encore plus indispensable et " politiquement radical" ?
Résumé : Qu'est-ce que l'utilitarisme ? Philosophie du bourgeois, philosophie de l'homo oeconomicus, dénoncée, entre autres, par Marx, Nietzsche et Foucault ? Ou la seule philosophie morale de taille à concurrencer le kantisme et l'une des bases de l'éthique appliquée contemporaine ? L'utilitarisme a cherché à constituer une morale purement rationnelle, critique des croyances religieuses et des conventions sociales. L'exemple le plus illustre est celui de la justice pénale. Bentham, dans des textes révolutionnaires, soutient, à la suite de Beccaria, que la peine doit être proportionnée au tort commis par le coupable, non au besoin de vengeance de la victime et de la société. Dans le premier volume de cette Anthologie, Bentham et ses précurseurs, la filiation entre Bentham et les philosophes des Lumières est établie. De Shaftesbury et Hume à Beccaria et William Paley, on pourra prendre la mesure des continuités, mais aussi du génie du fondateur de ce radicalisme philosophique. Surtout, le lecteur aura accès aux textes majeurs de Bentham qui n'avaient jamais été traduits, en dehors du Panoptique et des Sophismes anarchiques écrits directement en français. On pourra ainsi apprécier combien l'utilitarisme a été et demeure un outil d'analyse et de critique de la morale ordinaire.
Dans ce second volume d'Attachement et perte, John Bowlby poursuit son travail sur l'importance de la relation parentale et le rôle qu'elle joue dans la santé mentale. Il étudie la séparation et l'angoisse concomitante: la peur d'une séparation imminente ou imaginée, la peur induite par les menaces parentales de séparation et l'inversion de la relation parent-enfant. John Bowlby réexamine les situations qui causent en nous un sentiment de peur et les compare à des observations du même ordre chez les animaux. Il conclut en montrant que la peur est suscitée le plus souvent par des situations inoffensives en soi mais qui servent à signaler l'accroissement du risque de danger.
La perte d'une personne aimée est toujours éprouvante et trop souvent aboutit à des perturbations émotionnelles durables et profondes, en particulier à de l'angoisse et de la dépression. Ce livre, troisième et dernier de l'oeuvre que John Bowlby a consacré au concept de l'attachement, décrit les réactions des enfants et des adolescents à la perte d'un parent en les comparant aux réactions des adultes à la perte d'un conjoint ou d'un enfant Une attention toute particulière est accordée aux perturbations du deuil aux différents âges et aux événements récents ou anciens qui les favorisent Les différents types de réactions ainsi que les circonstances qui aboutissent à des évolutions favorables ou perturbées s'avèrent être semblables à tous les âges. John Bowlby intègre à la théorie psychanalytique les notions les plus récentes tirées de l'éthologie, de la cybernétique et de la psychologie cognitive. Sa pensée stimulante est parfois controversée, mais elle a le mérite de conduire les cliniciens à une réflexion renouvelée sur les notions de perte, de deuil, de dépression, permettant des approches thérapeutiques nouvelles.
L'ouvrage aborde des situations cliniques diverses (victimes d'agressions violentes, de viol et d'inceste, réfugiés du Kosovo ou du Rwanda) rencontrées lors de prises en charge individuelles ou de groupe. Il décrit le travail de survivance grâce auquel le psychisme mobilise des défenses actives contre les expériences d'anéantissement et contre leur fascination. Il analyse les processus psychiques comme la subjectivation de la mort et sa liaison à la vie qui permettent aux personnes de se remettre à vivre. Il souligne également le travail de reliance par lequel la personne violentée parvient à se relier à la communauté humaine et à restaurer un sentiment d'appartenance à l'humanité qui avait été détruit.
Daniel Ligou est professeur émérite à l'Université de Dijon. Auteur de nombreux ouvrages, ses travaux et publications sur la franc-maçonnerie font autorité.