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Au-delà de la brûlante chaleur. [récits et proses
Zanzotto Andrea
MAURICE NADEAU
20,00 €
Épuisé
EAN :9782862311401
... Merci de m'avoir adressé ton très beau livre, et pour le billet qui l'accompagnait. Ton vieux petit livre d'or, de laiton, d'humidité et de montagne romantique allemande est vraiment très beau [...] Je poursuivrai comme un fou, jusqu'à la fin, et, à mes amis, je ne peux rien garantir sinon une "fidélité" obsessionnelle. Pétrarquiste pris de folie, écris tes beaux vers, égare-toi dans ton contre-réformisme vénitien mué désormais en région paradisiaque, car tu es, toi aussi, un obsessionnel, et il n'y a rien à faire. A la fin, nous aurons sauvé une vie d'égarés, voilà en quoi consiste notre discours, qui ne connaît ni saison ni livres." "Il s'agit de portraits gravés d'une main ferme, il s'agit de "coeurs simples" mais riches d'humanité, ou des femmes de quelque façons détestables, ou, enfin, grotesques, chez lesquelles l'indignation éventuelle se travestit d'ironie. Extraordinaire est la faculté de saisir des gestes d'une certaine façon révélateurs des péripéties qui peuvent résumer le sens d'une vie..."
- Andrea Zanzotto : " Le Galaté au bois " (Il Galateo in bosco) Le titre, pour partie néologistique en français, emprunte au célèbre traité des règles de savoir-vivre de Monsignor Della casa, intitulé en italien Galateo, oppose culture (les règles sociales) et nature (bois touffu). Il s'agit du premier volet (1978) de la trilogie de la maturité du poète que le plus grand critique italien du siècle dernier, Gianfranco Contini a tenu à présenter. C'est aussi le seul recueil de cet ambitieux projet poétique à ne pas être aujourd'hui disponible en français. Les deux autres pans dudit triptyque, " Idiome " (1983) et " Phosphène "s (1986), sont tous deux présents en librairie. L'ouvrage prend pour thème un lieu défini, celui de la forêt du Montello situé au sud du bourg où le poète est né. Cette région s'avère particulièrement riche en sédiments historiques, échos, réseaux et figures. Là se dressent, par exemple, les ruines d'une grande abbaye où vécu Monsignor Della Casa, dans ces mêmes parages évolua la poétesse de la Renaissance Gaspara Stampa. Ce fut aussi un champ de bataille durant la première guerre mondiale et, de tout temps, un refuge pour les marginaux. Ces éléments, ici rapidement évoqués à titre indicatif, campent un sud et son histoire érodée reconduite à ses bribes surnageant dans l'histoire locale sous forme de fourmillantes historiettes, citations mémorables, épiphanies diverses. Cet enchevêtrement de temporalités dissemblables détermine un mélange stylistique familier aux lecteurs italiens : celui d'un plurilinguisme dont le Dante de la " Divine Comédie " est l'épigone. Autrement dit, la rencontre de styles diversifiés appartenant à des âges différents, tous dûment déhiérarchises dans une promiscuité généralisée mêlant mémoire littéraire, onomatopées, oralité : du sublime au trivial. Cet encyclopédisme langagier se révèle comme le juste rendu stylistique d'une histoire s'offrant tout à tour comme enfouissement et surrection, survivance et oubli, dont la faille périadriatique traversant de part en part la géographie concernée est aussi une métaphore seyante. Une syntaxe inattendue en résulte dans laquelle l'articulation est dévolue non au mot mais, le plus souvent, à des séquences verbales hétérogènes : accidenté, seul leurs heurts, chevauchements, juxtapositions, télescopages assoit le sens. L'histoire littéraire s'en trouve remaniée d'autant : paradoxalement, des styles distincts appartenant à des ères différentes finissent par y tenir un seul et même discours. Les styles mis en oeuvre sont ainsi arrachés à leur historicité pour vérifier la circulation du symbolique qu'ils viennent vérifier par-delà toute prétendue clôture : de langues en langages irréductibles. D'un italien d'une littérarité soutenue à un dialecte simplement parlé, par exemple. La critique italienne y a vu non seulement l'oeuvre maîtresse du poète de Vénétie mais également le chef-d'oeuvre le plus original de la poésie cisalpine du XXe siècle, qui en compte pourtant beaucoup d'autres. Au-delà, on peut tenir pareil recueil pour " généalogique " (dans une acception non nietzschéenne du terme) dans la mesure où prenant conscience du caractère suranné d'une tradition, l'européenne à travers l'italienne, ce recueil opère, idéalement et réellement, une synthèse de toutes les traditions précédentes, un peu comme Rabelais en son temps vis-à-vis de la tradition médiévale, et, cela, rien que pour donner un futur au genre poétique. Au reste, sa temporalité n'est-elle celle d'un futur antérieur (titre d'un célèbre poème de " Phosphènes " : " Futurs simples - ou antérieurs ") ? (Philippe Di Meo)
Résumé : L'entrelacement si dru des stylèmes sublimes - haïs mais qui survivent - et des stylèmes comiques qui les corrigent et contredisent est la défense la plus solide que Zanzotto a pu dresser contre le plus terrifiant de ses lui-mêmes (...) Cependant, l'effet le plus important de cet entrelacement, produit parla haute fréquence de la succession des styles, n'est pas tant de protéger ou de dissimuler que d'abolir toute délimitation d'un champ sémantique quelconque. Le lecteur est mis dans un état d'estrangement de ses habitudes sans précédent. Pier Paolo Pasolini
Tout au long de sa vie, comme Pier Paolo Pasolini, Eugenio Montale ou Italo Calvino, Andrea Zanzotto a multiplié les essais critiques sur des auteurs étrangers ou italiens ressentis comme proches : Michel Leiris, Henri Michaux, Antonin Artaud, Fernando Pessoa, Joseph Conrad, Félix Guattari, Gilles Deleuze, Jacques Lacan, Giuseppe Ungaretti, Giacomo Leopardi, Umberto Saba, la science-fiction, etc. Loin de tout académisme, le poète y reconnaît le noyau spécifique de chaque oeuvre prise en compte. D'une acuité et d'une originalité étonnante, le point de vue du poète surprend par la justesse de son propos, la richesse de son information, l'étendue de sa curiosité et son encyclopédisme. Dans ces essais, nous pouvons également, parfois, identifier des déclarations de poétique transversales. Ces réflexions ont aidé à la réalisation de l'oeuvre poétique du poète italien. Au-delà, dans l'affligeante insuffisance des outils critiques disponibles sur la littérature et la poésie italiennes, cet ensemble constitue un précieux viatique pour le lecteur français soucieux d'approcher cette tradition.
Zanzotto Andrea ; Lorenzini Niva ; Demarcq Jacques
Venise, peut-être recueille les textes qu'Andrea Zanzotto a consacrés à Venise et à la Vénétie. Mais il s'agit d'une autre Venise, peut-être : à la fois vue de très près et comme vue du ciel, prise dans un cadre plus vaste ? une ville reliée, inscrite dans le temps intime et historique, dans la matière et dans l'espace. Venise n'est pas un joyau détaché, elle doit s'approcher de l'extérieur, ne se comprend qu'à travers sa lagune et son ancrage dans sa région, la Vénétie, site de terribles batailles de la première guerre mondiale et, plus tard, haut lieu de la lutte partisane. Venise, peut-être témoigne d'une certaine idée de l'écologie, du paysage et de l'habitation, où l'homme et la nature interagissent et se confrontent, où ville et nature sont le lieu d'une passion et d'un combat intimes et politiques.
Au début des années 2000, La Quinzaine littéraire de Maurice Nadeau a ouvert ses colonnes à une rubrique régulière d'Alain Joubert, intitulée La Boîte noire. Il y relatait une lecture particulière de certains romans noirs, ? le plus souvent oubliés par la critique, s'interrogeant sur les liens avec d'autres oeuvres ou situations, sachant que chaque événement contient par nature sa boîte noire, révélatrice du "masqué", du "dissimulé" ou de "l'inconscient" qui ont provoqué son existence. Pour l'auteur, une vérité non exprimée s'y dissimule et un nouvel éclairage pouvait donc en dessiner les contours. Aux quinze chroniques ici réunies (2002-2004), se sont ajoutés deux textes également publiés par La Quinzaine littéraire dans ses numéros spéciaux d'été de "l'écrivain en colère" (été 2002) et du "roman policier" (été 2003). 17 photos de Nicole Espagnol accompagnent, dans une sorte d'écho visuel, chaque début de texte.
Résumé : Apolline Avenarius sort d'études de cinéma avec un but précis : devenir un auteur célèbre. Pour cela, elle mise tout sur une idée : partir à la recherche d'Alfred Hayes. Il est romancier, scénariste et poète américain, totalement oublié. Apolline sera à la source de sa résurgence. Elle cherche par tous les moyens à mettre son plan à exécution. Pour cela, elle embarque Pierrot, un prof de fac qui rêve de la mettre dans son lit, et Hank, un écrivain flamand qui vit ses dernières heures. Mais on ne déterre pas les morts si facilement... D'un quartier chic de Rome aux sommets en feux de Los Angeles, A la Recherche d'Alfred Hayes entraîne le lecteur dans la course démesurée de la narratrice vers l'objet de son obsession.
Dans un style brut et une ambiance solaire, on suit Arthur, un cinéaste français d'une vingtaine d'années, débarqué avec sa fiancée, Ana, dans un Liban explosif et brûlant d'interdits. Un voyage initiatique sur fond de tirs et de conflits sentimentaux mais aussi une quête désespérée du bonheur pour cette génération quelque peu égarée.
Vivre, ce mot auquel on ne pense pas tous les jours prend une dimension particulière quand, mourir, l'autre mot auquel on se refuse de penser tous les jours, se présente à soi avec une certaine persistance. Le soir venant, veille de la nuit la plus longue...