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Les cahiers de critique communiste : Classe ouvrière, salariat, luttes des classes
Artous Antoine ; Wilno Henri ; Fortino Sabine ; Cu
SYLLEPSE
8,00 €
Épuisé
EAN :9782849500224
Il y a encore peu de temps, parler de classes semblait totalement archaïque. On nous annonçait que la classe ouvrière et le prolétariat s'étaient fondus dans une vaste classe moyenne dont les conditions de vie ne cessaient de s'améliorer. Depuis, l'offensive néolibérale et la mondialisation capitaliste ont montré que ce rêve était fini. Non seulement les inégalités sociales n'ont pas disparu, mais le système les renforce. On ne peut toutefois s'en tenir à ce seul constat. Il est indéniable que les ouvriers de l'industrie n'occupent plus la même place. Et si le salariat s'est renforcé, il s'est également fortement diversifié. La notion de salariat est-elle équivalente à ce que, dans le passé, le mouvement ouvrier appelait classe ouvrière? Comment articuler l'analyse des rapports de classe et des rapports sociaux de sexe? Comment analyser l'offensive néolibérale de restructuration du rapport salarial? La référence à la centralité duconflit entre le prolétariat et le capital est-elledevenue obsolète, remplacée par des mouvementssociaux aux visages divers ou par les luttes de la "multitude"?
Artous Antoine ; Crémieux Léon ; Maler Henri ; Sab
Point n'est besoin de longs développements pour souligner que, au vu du bilan du siècle dernier, les rapports entre marxisme et démocratie sont problématiques. Pas seulement à cause des effets du stalinisme ou, plus généralement, du bilan du " socialisme réel ". Dès les années 1920, les dirigeants de la jeune révolution russe ont développé des pratiques politiques autoritaires et/ou des théorisations peu conformes à la démocratie la plus large dont, par ailleurs, ils se réclamaient. Et si Marx considérait que l'émancipation politique - l'instauration de la démocratie moderne e était " un grand progrès ", il a laissé bien des zones d'ombre sur son devenir dans la société future. En ce début du XXIe siècle, la démocratie apparaît comme une référence centrale de la (re) formulation d'un projet d'émancipation. Et cela, contre le capitalisme qui fonctionne comme une machine confisquant la démocratie. Mais ceux qui se réclament de Marx ne peuvent l'affirmer avec crédibilité que si, en même temps, ils reviennent à ce propos de façon critique sur leur propre histoire et leur propre référent programmatique et théorique.
Il est donc devenu banal de dire que Marx n'a pas laissé de théorie achevée de l'Etat et de la politique. Nombreux sont cependant les textes dans lesquels Marx apporte des éléments décisifs à l'analyse de la dimension politique d'une conjoncture et sur l'évolution des formes étatiques du XIXe siècle. Mais on ne trouve pas chez lui une théorie de l'Etat moderne équivalente à son analyse des rapports de production dans le " capital ". Cela laisse en suspens des problèmes d'importance. Ainsi, comment concevoir le lien entre le rapport salarial, la forme juridique et la représentation politique ? Il en est de même pour les phénomènes bureaucratiques. Cela lègue aussi un point aveugle sur une question cruciale : que faut-il entendre par dépérissement de l'Etat ? Antoine Artous aborde ces problèmes sans chercher à les esquiver, au travers d'un effort pour "faire parler les textes de Marx". Il ne s'agit pas de restituer une pensée mal comprise ou trahie. Il s'agit d'une lecture critique qui n'hésite pas à relever les lacunes, à mettre Marx à l'épreuve de sa postérité. Un dialogue ainsi s'organise avec des auteurs tels que Max Weber, Nicos Poulantzas ou Ernst Bloch. Pour Antoine Artous, l'?uvre de Marx ne peut sortir indemne de l'inscription historique du marxisme dans ce siècle. Croire le contraire serait illusoire. Elle apparaît néanmoins incontournable pour qui veut penser la formidable rupture dans l'histoire des sociétés que représente l'avènement de l'Etat moderne. Incontournable aussi pour qui veut réfléchir sur les perspectives politiques des luttes d'émancipation.
Artous Antoine ; Solis Gonzales José Luis ; Salama
L'Etat capitaliste n'apparaît pas pour ce qu'il est. Sa nature est voilée. Il apparaît comme "à côté et au-dessus de la société civile" (Marx). Sa nature de classe est voilée parce que son apparente neutralité repose sur le camouflage des mécanismes d'extraction de la plus-value. Marx et Engels partent de la définition abstraite de l'Etat, le "capitaliste collectif en idée", pour appréhender le régime politique, lequel représente la forme concrète d'existence de l'Etat. Le régime politique est distinct de l'Etat, mais est en même temps sa forme d'existence concrète. Il est une manifestation de l'Etat, mais n'est pas l'Etat. Il est le résultat de luttes entre les classes et les fractions de classes, tandis que l'Etat résulte des rapports sociaux de la production capitaliste, il "dérive" du capital pour les Etats du centre et de l'économie mondiale pour ceux de la périphérie. C'est ce qui explique les multiples formes d'existence de l'Etat capitaliste, c'est-à-dire la multiplicité des régimes politiques : monarchie constitutionnelle, république, régime présidentiel, dictature militaire, dictature fasciste, etc. L'Etat est le garant du maintien du mode de production capitaliste, de la pénétration de marchandise dans l'ensemble de la société et de la reproduction sociale. Ses interventions se situent par rapport à ces nécessités. C'est pourquoi, il ne saurait se confondre, sauf rarissimes exceptions, avec le capital individuel. S'il est relativement autonome par rapport aux capitalistes et aux différentes classes sociales, il ne l'est pas par rapport au capital dans sa totalité, c'est-à-dire par rapport au mode de production capitaliste. Les auteurs de cet ouvrage reprennent à bras-le-corps la question de l'Etat, la confrontent aux différentes traditions marxistes et discutent de l'approche dite de la "dérivation", une avancée importante dans l'analyse de l'Etat.
Voici venu un temps de grands bouleversements politiques. En France en témoigne la longue séquence électorale que nous venons de connaître, au sortir de laquelle est né un nouveau paysage politique. L'élection d'Emmanuel Macron s'est accompagnée de multiples changements : effondrement du Parti socialiste, crise de la droite, difficultés du Front national, affirmation de La France Insoumise, le mouvement de Jean-Luc Mélenchon... S'impose une grande interrogation : Où vont les gauches ? Notre dossier engage la réflexion sur ce sujet sensible et décisif pour l'avenir. Dans ce numéro également, un saut outre-Atlantique pour prolonger cette même réflexion auprès d'autres gauches si peu lointaines, au Venezuela, au Mexique, et plus généralement à propos des populismes latino-américains... Questions d'ici et de là-basse font écho. Enfin, pour boucler un tour du monde, une escapade culturelle dans le Pacifique, avec Jack London.
Le premier âge du capitalisme, c'est celui qui, du XVe au milieu du XVIIIe siècle, voit l'Europe occidentale partir à l'assaut des continents américain, africain et asiatique. Dans ce premier tome, Alain Bihr se penche sur cette expansion en détail. Il montre comment, par le biais du commerce forcé et déloyal, de l'échange inégal ou, plus directement encore, par la réduction au servage ou à l'esclavage de leurs populations, les sociétés qu'elle a affectées ont vu leurs propres circuits d'échange perturbés, leurs structures productives altérées, leurs pouvoirs politiques traditionnels instrumentalisés ou détruits. Avec pour principal résultat de soutenir la dynamique de formation du capitalisme en Europe même. Loin de verser dans le misérabilisme, l'auteur insiste cependant sur la résistance que ces sociétés ont su opposer aux Européens. Résistance inégale, fonction de leur développement historique antérieur, auquel l'ouvrage prête à chaque fois une grande attention, en fournissant de la sorte un panorama du monde à l'aube des temps modernes. En dernier lieu, l'auteur souligne les divergences entre les Etats européens qui vont se lancer dans cette aventure, les rivalités et conflits qui vont les opposer et redistribuer les cartes entre eux à différentes reprises, les bénéfices fort inégaux qu'ils vont en retirer. Autant de points dont la pleine explication est renvoyée aux deux tomes suivants de l'ouvrage.
En 2010, Lula quittait la présidence du Brésil avec 80% d'approbation et des indicateurs économiques au beau fixe. Moins d'une décennie plus tard, Dilma Rousseff qui lui a succédé est destituée par un coup d'Etat parlementaire et Lula est emprisonné à la suite d'un procès politique. Pire, l'élection présidentielle de 2018 a livré le pays à un militaire d'extrême droite. Que s'est-il donc passé? ? fabio luis barbosa dos santos tente d'y répondre en brossant le portrait des mandats du Parti des travailleurs à la tête du pays. Il montre la dérive d'un parti qui fut le centre de gravité des luttes sociales au début des années 1980 pour finir par devenir le "bras gauche" de l'ordre en vigueur au cours des années 2000. Essai sur l'histoire récente du Brésil, ce livre revient aussi sur l'arrivée au pouvoir de Jair Bolsonaro et scrute le chapitre brésilien du glissement mondial vers un néolibéralisme toujours plus violent, autoritaire et inégalitaire.
Si bell hooks est connue pour son engagement féministe, l'articulation de cet engagement avec les pratiques dans le domaine de l'éducation et de la pédagogie a été peu débattue en Europe. Ce livre est un recueil d'essais sur la pédagogie de l'émancipation qui aborde non seulement l'importance du féminisme dans les salles de classe mais aussi l'articulation de la théorie et de la pratique dans la lutte féministe afro-américaine. hooks y parle de solidarité et d'économie politique, et de la façon dont la pédagogie des opprimés à laquelle elle a été formée par Paulo Freire peut s'appliquer à l'émancipation des Afro-américaines. Des cas particuliers y sont décrits pour souligner l'importance de l'enseignant·e dans la pratique de la liberté. La traduction de cet ouvrage présente un intérêt bien au-delà du monde universitaire francophone. bell hooks est une enseignante-chercheuse mais son travail trouve une résonance tant dans la théorie que dans les pratiques politiques. Ainsi, Apprendre à transgresser parlera aux lecteurs·rices intéressées par le féminisme, par les pratiques éducatives et par les stratégies antiracistes. C'est d'ailleurs ce qui la distingue de beaucoup d'ouvrages féministes publiés en français : le déploiement de la théorie en pratique de l'enseignement et la transformation de la salle de classe en lieu d'émancipation Les pratiques éducatives françaises et la singularité des élèves dans le contexte scolaire ont été débattues en France ces deux dernières années, et ce livre apporte un regard différent en décrivant des stratégies d'enseignement dans un monde multiculturel. Par ailleurs, l'intérêt du public pour l'intersectionnalité et le féminisme antiraciste s'est développé en France. Le modèle universaliste français étant réinterrogé et la question de l'identité plus que jamais d'actualité, l'ouvrage constitue une contribution importante au débat, que ce soit dans le champ disciplinaire des sciences humaines et politiques et dans le milieu associatif féministe, LGBT et antiraciste.
Concluant sa somme sur le premier âge du capitalisme, Alain Bihr explore dans les deux volumes du troisième tome la constitution d'un premier monde capitaliste. Sont ainsi examinées en premier lieu les différentes formations d'Europe occidentale qui ont été, tour à tour, motrices de l'expansion outre-mer. Les avantages respectifs dont ces formations en ont tiré parti renvoient à leurs relations conflictuelles et aux rapports de force entre les ordres et classes qui les constituent. La Grande-Bretagne, s'appuyant sur les Provinces-Unies et les acquis de sa révolution bourgeoise, finit par en sortir victorieuse, au détriment de la France. Sont ensuite mis en relief le statut semi-périphérique et la forte hétérogénéité des formations d'Europe baltique, centrale, orientale et méditerranéenne. Toutefois, certaines d'entre elles (la Savoie, la Prusse, la Russie) pourront réunir des conditions leur permettant, par la suite, de jouer dans la "cour des grands". L'ouvrage examine enfin les principales formations sociales marginales, affectées par l'expansion européenne mais encore capables d'y résister et de se développer selon leur logique propre. Ce qui explique à la fois pourquoi le capitalisme n'a pas pu naître dans la Chine des Ming et des Qing, en dépit d'atouts évidents, et pourquoi, en se fermant, le Japon féodal a au contraire préparé les conditions de son rapide rattrapage capitaliste à l'époque Meiji.