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LA WALKYRIE ET LE PROFESSEUR
ARRIVE MICHEL
CHAMP VALLON
16,00 €
Épuisé
EAN :9782876734685
Un village, près de Fribourg, en Allemagne. Le nazisme règne sur le pays, la guerre se prépare, puis éclate. Une petite fille réussit à être à peu près heureuse. Avec sa grand-mère, institutrice retraitée, elle apprend à écrire, aux deux sens du mot : elle trace avec délices les belles lettres de l'écriture gothique, et elle commence à composer des contes, sur le modèle des frères Grimm. Bientôt, hélas, sans qu'elle en décèle vraiment la cause, elle perdra, pour longtemps, le véritable don d'écriture qu'elle a eu jusqu'à l'âge de douze ans.. Une station de ski déserte, au début de l'été, une trentaine d'années plus tard. Un notable de province, professeur de pharmacie et expert en mycologie, entreprend d'étrangler sa maîtresse, qui vient de lui signifier son congé. Mais il manque d'expérience : elle survit.. La jeune femme qui vient d'échapper à la mort ne serait-elle pas la petite fille allemande qui ne pouvait plus écrire ? On se pose la question avec une insistance croissante en lisant les récits alternés que le professeur et la Walkyrie - elle aurait donc retrouvé le don de l'écriture ? - font de leur lune de miel passionnée et orageuse. . . Michel Arrivé, qui est linguiste de son état, et a beaucoup écrit sur le langage et l'inconscient, est aussi un spécialiste de Jarry. La Walkyrie et le professeur est son cinquième roman, après, notamment, Les Remembrances du vieillard idiot (Flammarion, 1977, Prix du premier roman), et Une très vieille petite fille (Champ Vallon, 2006).
Ce livre cherche à rendre compte de la démarche d'un linguiste cherchant à entrer par la voie du langage dans le domaine de l'inconscient. De ses lectures psychanalytiques, l'auteur a conservé les éléments qui lui semblent pertinents, en particulier une confrontation entre Freud et Jarry à propos d'OEdipe. Un point de vue original. Biographie de l'auteur Michel ARRIVÉ est l'auteur de nombreux ouvrages de linguistique dont, dans la même collection, A la recherche de Ferdinand de Saussure (2007).
Il faut de tout pour faire un immeuble: un architecte, un propriétaire, une concierge, et, surtout, des locataires. Le 26 bis rue Pougens, à Montrouge, abrite quinze familles. Au rez-de-chaussée, deux vieilles demoiselles infirmes dorlotent leur neveu, ce demeuré de Bornichet. Il se prépare consciencieusement au métier un peu inquiétant qui lui est promis à l'hôpital voisin. Au premier, le docteur Ménétrier et sa trop jolie femme Solange se déchirent, séparés à la fois par leurs différends sentimentaux et leur rivalité professionnelle. Dans une chambre de bonne du sixième, le vieux père Gandillot médite amèrement sur les raisons de l'exil auquel l'a condamné son aristocratique épouse. C'est un garagiste retraité de soixante-quinze ans, Joël Escrivant, qui a fait le projet d'écrire les histoires entrelacées de tous les locataires du "bel immeuble". Il découvre progressivement les joies et, surtout, les angoisses de la création littéraire. Réussira-t-il vraiment à mener son ouvrage jusqu'à son terme?
L'inconscient est structuré comme un langage". Depuis qu'il a été proféré, l'aphorisme lacanien a fait couler des flots d'encre. Surtout de l'encre psychanalytique : à quelques notoires exceptions près, les linguistes ont observé le silence. Comme si le langage allégué par Lacan - et, bien sûr, par Freud avant lui, quoique sous d'autres formes - n'avait aucun rapport avec celui qui fait l'objet de la linguistique. C'est le problème des rapports entre le langage et l'inconscient qui est, par un linguiste, posé dans ce livre. D'abord sous l'aspect de deux filières historiques : celle qui s'établit entre Saussure et Freud par les soins, après coup, de Lacan. Et celle qui serpente de Freud à Lacan par l'intermédiaire de ce grand livre méconnu qu'est L'essai de grammaire de la langue française de Damourette et Pichon. Après quoi sont étudiés trois problèmes spécifiques, entre tous révélateurs : le sens opposé des mots (pas seulement primitifs), les célèbres formules négatives de Lacan sur le rapport sexuel et le métalangage - de l'un et l'autre il est dit qu'"il n'y en a pas" -, enfin le problème du style dans ses rapports avec l'inconscient.
Tenant des carnets (un journal ?) depuis la jeunesse, je n'y ai jamais écrit que par spasmes, par bouffées, et dans une sorte d'état d'urgence. Brusques afflux de souvenirs, rêves ou lectures pareillement commentés, ce double qui n'a cessé de m'accompagner est bien aussi projet, que le livre entrevu ait abouti ou non, et interrogation sur ce projet même. Aussi m'a-t-il semblé que je ne pouvais extraire des fragments de ce long flux tout ensemble intermittent et proliférant sans tenter d'y introduire au moins un fil d'Ariane. Si le thème de la mémoire, chez l'être de souvenir qu'est, par définition presque, l'autobiographe, s'est imposé à moi, c'est que la mémoire m'est longtemps apparue comme la dépositaire de l'être même. Souvent, il va sans dire, ces plongées ou ces visitations fortuites s'accompagnent d'une réflexion sur la littérature. Au naïf émerveillement des premières années ici retenues - contemporaines de L'Adoration et s'aventurant à tâtons vers Le Retour - succède assez vite un soupçon qui, dû pour la plus grande part à la cruelle expérience de la mère internée, et qui va s'accusant dans ces pages mêmes, est tout près de s'en prendre au chant longtemps tenu pour " doré " d'une mémoire qui, par places traversée de nostalgie, entend bien pourtant ne se confondre avec aucun " passéisme ", sans cesse au contraire jouaillé, dénoncé que, pratiquement dès le début, est ce dernier. " J. B.
Dans quel régime vivons-nous depuis le printemps 2017 ? La question est légitime tant l'interprétation que fait le nouveau président des institutions de la Ve République vise à renforcer le pouvoir exécutif et le système de l'état d'urgence quasi permanent. En se plaçant au-dessus des partis, Emmanuel Macron abuse d'une formule éprouvée depuis 1790 puis 1793, et lors de chaque crise politique française grave, en 1795, 1799, 1815, 1851, 1940, 1958 et finalement en 2017-2019. Le pouvoir exécutif, en la personne d'un sauveur, tente de supplanter le pouvoir législatif que l'on décrédibilise en exagérant son inefficacité ou son éloignement du peuple, au risque de fragiliser la démocratie représentative. En adoptant la modération, celle du juste milieu, qui est censée réparer les excès des députés, un centre politique, semblable et différent selon les générations, s'invente lors de chaque crise. La saison des tourne-veste répète les mêmes recettes depuis deux cent trente ans, de 1789 à 2019. La vie politique française, malgré ce qu'en dit toute une tradition historiographique, n'est pas bloquée par une lutte handicapante entre droite et gauche, mais par un poison : celui d'un extrême centre, flexible, prétendu modéré mais implacable qui vide de sa substance démocratique la République en la faisant irrémédiablement basculer vers la république autoritaire. Le macronisme n'est pas une Révolution : c'est une vieille histoire.
Les débats autour de la désinformation, des fake news et de la post-vérité risquent d'occulter une crise peut-être plus radicale que la crise de la vérité : la destitution de la réalité elle-même. Cette destitution commence avec la volonté prométhéenne de transformer la nature en environnement, et donc de détruire celle-ci. Elle prend bien d'autres formes, hétérogènes et indépendantes les unes des autres en apparence, mais qui en fait conjoignent leurs effets. L'artificialisme, le simulationnisme, le présentisme, le prédictionnisme, le fictionnisme, le négationnisme, le complotisme et le nihilisme sont les huit formes de destitution de la réalité analysées dans cet essai. Comme l'avait vu le psychanalyste Jacques Lacan, c'est la psychose qui guette l'humanité.
La période qui voit le passage de la ville de l'Ancien Régime à la ville haussmannienne ou haussmannisée semble bien connue et les conditions de cette transformation ont été largement analysées. Schématiquement, on considère que le milieu urbain s'assainit tout au long du XIXe siècle, passant de la stagnation miasmatique encouragée par les activités artisanales à la dynamique industrielle symbolisée par la rectification urbaine qui associe percée, aménagement du réseau viaire, nettoiement généralisé de l'espace public grâce aux égouts et à la distribution de l'eau, renouvellement de l'air grâce aux grands mouvements urbains, humains et économiques. Cet ouvrage aborde la ville du point de vue de deux acteurs qui ont joué un rôle fondamental dans les transformations du milieu urbain : le médecin et l'ingénieur, en mettant en avant la cohérence et surtout les limites de leurs approches respectives, traduites par les dysfonctionnements connus par le milieu. Pour ce faire, l'auteur adopte un point de vue original, celui du sol et du sous-sol urbains, par opposition à l'air et à l'eau qui sont considérés depuis plus d'un siècle comme les principaux vecteurs de l'environnement et de la salubrité. L'évolution du milieu urbain, principalement étudiée dans le cas de Paris, révèle les limites des transformations mises en ?uvre au XIXe siècle. L'imperméabilisation du sol, la production de boues, les effets de l'assainissement ou le paludisme urbain traduisent l'échec (certes relatif) et les effets pervers du projet hygiéniste. En définitive, le milieu urbain échappe rapidement à la science.