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Rimbaud sous la poussière de Dume
Arouimi Michel
L'HARMATTAN
20,50 €
Épuisé
EAN :9782343037448
Le "pouvoir magique" de Rimbaud est tourné en dérision par lui-même dans Une saison en enfer. Pourtant, cette magie se vérifie par ses effets dans l'oeuvre autobiographique d'un poète moderne, aussi éveillé que méconnu. Arion Dume, dans ses "carnets" de voyageur rédigés au fil des années, décrypte le réel avec une objectivité qui parvient à suggérer son sens le plus caché. Ce travail poétique paraît s'affranchir de celui de Rimbaud, dont l'empreinte est pourtant sensible dans maintes pages de Dume. L'intérêt de ces réminiscences, sans doute inconscientes, est dépassé par un phénomène étrange : quand les événements du hasard, notés par Arion au jour le jour, semblent transposer les moments clefs du destin d'Arthur. Arion incarne ainsi le "travailleur" qui pourrait succéder au Rimbaud "voyant" et poursuivre son oeuvre.
Le génie de quelques grands écrivains est d'avoir anticipé dans leurs oeuvres les diverses formes du terrorisme qui assombrit notre actualité. Ce don de divination, qui n'est pas si inconscient, n'est-il dû qu'à leur vision du cours de l'histoire, et des mythes qui s'y réfléchissent ? Quoi qu'il en soit, ce don est une arme, offerte à nos esprits, pour débrouiller le "noeud gordien" que le terrorisme représente aujourd'hui. Et cette anticipation poétique s'accompagne d'une critique du progrès de l'Occident, dans ses formes techniques ou sociales : une autre forme de terrorisme ?
L'Apocalypse a exercé un pouvoir de hantise dans l'imagination de grands écrivains, fascinés par la question de l'harmonie : celle de la forme littéraire, et celle du groupe humain, longtemps liée à l'idée du sacré. Ces deux plans sont associés dans la réflexion de Shakespeare, Eichendorff, Rimbaud, Conrad, Bosco, Ramuz, Carlo Levi, parmi les écrivains mentionnés dans le titre de cet ouvrage où sont encore cités les noms de Herman Melville, Nerval et Ernst Jünger. Le mystère de la perfection formelle de l'oeuvre, en l'occurrence littéraire, n'a jamais été plus présent que dans le conflit mythique de la Vierge et du Dragon, au milieu précis de l'Apocalypse. La structure symétrique de ce récit biblique serait une réponse, chargée d'intentions curatives, à une violence que l'on peut qualifier de fondatrice. Le questionnement du sacré, chez ces auteurs, accompagne donc celui du sens de l'art. Leur entreprise poétique est d'ailleurs fondée sur le pouvoir de leur écriture, analysé au fil des chapitres qui mettent à jour l'impact des grandes figures de l'Apocalypse dans leur mémoire. Or, l'image du cercle, associée par Ramuz à l'idée de l'art, est aussi celle des limites de nos destins humains : un problème sur lequel converge cet ouvrage où se voit jaugé le rapport, diversement assumé par ces auteurs, de la parole poétique et du mythe de la parole divine.Michel Arouimi est maître de conférences en littérature comparée à l'Université du Littoral depuis 1993. Après une thèse soutenue à l'Université de Paris VII sur les ambitions les plus novatrices de Kleist, Kafka et Melville, il a été chargé de cours à l'Université de Paris X. Deux thèses plus récentes, rédigées pour le dossier d'une habilitation à diriger des recherches (obtenue à l'Université de Paris XII), ont pour thème les réminiscences de l'Apocalypse chez Eichendorff et chez Conrad. Le fil conducteur des recherches de M. Arouimi, illustrées par de nombreux articles, est la question de l'Harmonie, remise en cause dans les oeuvres d'écrivains de diverses époques. L'ouvrage présent fait suite à un recueil d'essais sur les arts du spectacle : L'Apocalypse sur scène (L'Harmattan, 2002), et à une étude de l'oeuvre picturale et littéraire de Carlo Levi : Magies de Levi (Schena : Lanore, 2006).
Il ne s'agit pas de [... ] copier [Rimbaud], mais de le vivre ou de le revivre"... Cet aveu de C.F. Ramuz incite a repérer les remmiscences de l'oeuvre de Rimbaud dans celle de cet écrivain suisse, poète et romancier dont le projet littéraire est soutenu par une vision de l'art et du monde qui se rapproche de celle du Rimbaud "voyant". Ce désir de "revivre" Rimbaud semble avoir été partagé par Henri Bosco, qui reconnaissait d'ailleurs la grandeur de Ramuz. Le premier roman publié de Bosco comporte plusieurs références, imprégnées d'une ironie préoccupante, à des oeuvres fort connues de Rimbaud. Même si elles ne sont pas toujours conscientes, ces réminiscences, dans les poèmes et surtout les romans de Ramuz et de Bosco, sont autant de questions posées au mystère du poète et de l'homme Rimbaud, un mystère que rend peut-être moins obscur le regard de ces deux successeurs.
Les textes rassemblés dans ce recueil, des poèmes si l'on veut, illustrent un thème que rabâchent aujourd'hui les médias : celui des catastrophes naturelles et des mutations dont notre civilisation serait responsable. Les visions rapportées dans ces textes sont moins des rêves subis que des désirs conscients, vaguement inquiétants, provoqués par les réalités les plus immédiates ou par les images dont se couvre notre monde.
Comme à son habitude, Marie est la première à se proposer pour venir faire les courses avec moi, deux autres jeunes du groupe nous accompagnent. C'est un soir du mois de novembre, il fait froid, nous parlons du temps, va-t-il neiger ou non? L'ambiance est détendue, je raconte une anecdote personnelle Marie, assise à côté de moi se tourne brusquement et me lance froidement "On n'en a rien à faire de ta vie!" Sur le coup je me tais, je ne comprends pas l'agressivité de ses paroles, je passe à autre chose mais au fond de moi je suis blessée. Que s'est-il passé? Pourquoi de telles attitudes, la sienne, la mienne? Pour quelles raisons cela me touche-t-il autant?.
Perrat Benoît ; Pitte Jean-Robert ; Guillot Pierre
Résumé : Grand chef cuisinier aux côtés des Escoffier, des Rambert et des frères Rouzier notamment, le Bressan Benoît Perrat (1873-1957) exerça son art dans les restaurants de tout premier ordre (Lyon, Genève, Paris, York, Berlin, Dresde) puis dans les cours princières et royales d'Europe centrale de la Belle Epoque (Saxe, Bavière, Roumanie, Hongrie). Contraint par la Grande Guerre à quitter ceux qu'il avait somptueusement servis, il retrouve ses terres natales et s'installe quelque temps après à Vonnas (Ain), la "Mecque de gueule", où il tiendra jusqu'à la Seconde Guerre mondiale toujours avec panache et distinction, jusqu'au raffinement ultime, la table et le Grand Hôtel Moderne. Il y rédigera sa célèbre "rhapsodie culinaire et gastronomique", Cornus en Bresse (1932) ? rééditée en 2002 ? et en 1938 sa Hongrie gourmande, restée inédite et publiée ici pour la première fois. Ce recueil surprenant assemble une centaine de ses recettes magyares récolées au gré de ses rencontres, de ses pérégrinations, de ses affectations et de ses enchantements. Récolées... ! C'est peu dire. Benoît Perrat y atteste surtout le "véritable esprit de la gastronomie qui est un patrimoine vivant, en évolution constante, ouvert à toutes les influences extérieures qui sont découvertes, apprivoisées, domestiquées, puis intégrées". C'est donc à une savoureuse déclinaison des riches spécialités danubiennes, parfois "métissées de Bresse", que Benoît Perrat convoque ses lecteurs, au premier rang desquelles le fameux gulash, et bien sûr le paprika, piment-roi de la cuisine magyare. Il les invite surtout à mettre avec lui la main au fourneau puis la serviette au cou.
Dans un contexte économique caractérisé par la mondialisation où les fusions, délocalisations et liquidations d'entreprises sont autant de risques pour les managers, la ressource principale de l'entreprise reste la connaissance. Véritable capital technique, social et culturel, il convient de la préserver, de l'enrichir et de la transmettre. Le capital mémoire de l'entreprise ouvre la voie au management des savoirs, à la gestion des connaissances et à l'ingénierie de la mémoire organisationnelle qui, chacun dans son domaine, cartographient les compétences et les savoirs que recèle l'entreprise et en définissent les enjeux stratégiques. Loin d'être un tout homogène, la mémoire de l'entreprise emprunte à de multiples sources, individuelles ou collectives, se pourrit de cultures conflictuelles et se fixe sur des supports composites - simples récits d'anecdotes, documents de presse ou institutionnels (affiche, film d'entreprise, banque de données...). Par-delà les clivages culturels, les querelles de territoires, les tactiques du secret, les justifications plus ou moins excusables de l'oubli, cet ouvrage montre en quoi la mémoire constitue, pour l'anticipation stratégique et la construction identitaire des collectifs de travail, un facteur-clef dé la communication d'entreprise. L'exemple des Chantiers de l'Atlantique de Saint-Nazaire illustre toute là complexité et la richesse du capital mémoire d'une grande organisation.
Au matin du 22 mars 2016, en se rendant à son bureau, Caroline Choplin monte dans le dernier wagon de la rame de métro qui s'arrêtera brusquement à la station Maelbeek. Elle ne le sait pas encore, mais ce choix involontaire lui sauvera la vie. Trois ans après le double attentat qui a frappé la capitale belge, elle revient sur les émotions ressenties ce matin-là et celles des jours et des mois qui ont suivi le choc.